General Electric : la première réunion sur le plan social empêchée par une centaine de salariés

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(Crédits : Vincent Kessler)
Plusieurs centaines de salariés de General Electric ont empêché lundi matin la tenue à Belfort de la première réunion d'information sur le plan social qui doit frapper de plein fouet le site.

Mouvementé. Ils étaient une centaine de salarié de General Electric à empêcher, ce lundi 17 juin, au matin, la tenue à Belfort de la première réunion d'information sur le plan social qui doit toucher le site industriel. Cette première réunion d'information et de consultation, qui devait lancer officiellement le plan social annoncé fin mai par le groupe américain, devait débuter à 9 heures mais des salariés ont bloqué l'entrée de la salle où elle devait se tenir, et la direction a décidé peu après 9 heures de l'ajourner. Plusieurs centaines de salariés étaient rassemblés sur le site, selon le journaliste de l'AFP, la direction évaluant leur nombre à 800, les syndicats à 1.500. Antoine Peyratout, directeur général de GE Power, a regretté, sous les huées de salariés, que n'ait pas pu se tenir "un débat serein et constructif" et a annoncé la convocation d'une nouvelle réunion dans les prochains jours.

"Aujourd'hui, c'est la première bataille, on voit qu'on a des armes, que vous êtes avec nous", a lancé aux salariés Philippe Petitcolin, délégué CFE-CGC, les exhortant à "faire plier" GE. "La première bataille est gagnée", a ajouté Francis Fontana, délégué Sud Industrie. Il y a dix jours, les salariés avaient empêché pendant plusieurs heures le départ d'une turbine à gaz de l'usine de Belfort pour protester contre ce vaste plan social, qui doit conduire à la suppression de 1.050 emplois en France, dont 800 dans l'entité belfortaine produisant des turbines à gaz. Ce lundi, l'intersyndicale CFE-CGC, CGT, Sud a également adressé une lettre ouverte au président de la République Emmanuel Macron, dans laquelle elle dénonce "la mort annoncée de l'entité gaz, aux effets dévastateurs pour le bassin d'emploi de Franche-Comté" et "appelle à l'action de l'Etat pour contraindre General Electric à respecter ses engagements fixés dans l'accord de 2014, contrepartie conditionnant le rachat de la branche énergie d'Alstom".

Le "silence radio" du gouvernement

L'acquisition du pôle énergie d'Alstom s'était accompagnée de la promesse de GE, restée non tenue, de créer 1.000 emplois nets en France d'ici à la fin de 2018. Dans son courrier, l'intersyndicale demande aussi à l'Etat de contraindre GE à "s'engager en termes d'investissement et de créations d'emplois sur les axes de diversification (après-vente turbines à gazaviation, hydrogène, nucléaire)". Les syndicats déplorent le "silence radio" du gouvernement depuis la visite du ministre de l'Economie Bruno Le Maire, à Belfort le 3 juin, et l'appellent à prendre ses responsabilités dans le "désastre actuel".

Les syndicats de General Electric Belfort et les élus locaux doivent organiser un "grand rassemblement" le 22 juin à 14 heures à Belfort, en soutien aux salariés du site. GE emploie quelque 4.300 salariés à Belfort, dont 1.900 dans l'entité qui fabrique des turbines à gaz.

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Commentaires
a écrit le 22/06/2019 à 18:28 :
Il faut renationaliser ALSTOM ne serait-ce que pour protéger les intérêts stratégiques français qui n’auraient jamais dû être honteusement bradés :
Cela concerne entre autres les énergies renouvelables, mais aussi les turbines à vapeur et alternateurs des centrales nucléaires françaises et le système de tracking des sous-marins français : Il y a risque évident de blocage pour les pièces de rechange et la maintenance de nos centrales nucléaires et de nos sous-marins en cas de désaccord avec la politique des États-Unis …
Jamais De Gaulle ou Pompidou n’auraient permis cette vente. Montebourg avait raison contre Macron et Hollande, apôtres de la mondialisation naïve …
a écrit le 17/06/2019 à 19:41 :
Fermeture total de l'usine. Pronto.
a écrit le 17/06/2019 à 16:55 :
On livre des " batailles " de pelochons. Pauvres syndicats toujours sur la ligne Magino..au lieu de négocier pied à pied les compromis réalistes. Le plus grotesque c'est de mes entendre supplier un gouvernement auquel ils crachent à la face quotidiennement.
Réponse de le 17/06/2019 à 20:28 :
Je vous souhaite de ne pas en avoir besoin un jour et ne compter que sur vos petits bras....!
a écrit le 17/06/2019 à 16:38 :
""Aujourd'hui, c'est la première bataille, on voit qu'on a des armes, que vous êtes avec nous", a lancé aux salariés Philippe Petitcolin, délégué CFE-CGC"

Que le fossé est devenu abyssal entre organisations syndicales et salariés, ils ne se connaissent même pas...

Et en France nos syndicats ne se remettent toujours pas en question totalement intégrés au sein de la grande compromission.

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