Grève des fonctionnaires : front syndical contre la réforme des services publics

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(Crédits : Reuters)
L'ensemble des syndicats de la fonction publique, peu convaincus par la promesse d'Emmanuel Macron de rapprocher les services publics des citoyens, ont appelé à manifester massivement ce jeudi 9 mai pour dénoncer une réforme qui desservira, selon eux, les usagers. Il s'agit de la première manifestation unitaire depuis le 22 mai 2018.

Une mobilisation unitaire qui pourrait n'être « qu'une étape » : les fonctionnaires sont appelés à faire la grève et à manifester partout en France, ce jeudi 9 mai, contre le projet de loi censé « moderniser » leur statut, qui sera au menu de l'Assemblée nationale à compter du 13 mai.

S'il s'agit de la quatrième journée nationale d'action dans la fonction publique depuis le début du quinquennat d'Emmanuel Macron, après celles du 10 octobre 2017 et des 22 mars et 22 mai 2018, « c'est la première fois que le gouvernement se retrouve confronté à toutes les organisations syndicales qui rejettent un projet de loi », relève Mireille Stivala (CGT), évoquant une « situation inédite ».

Les neuf syndicats de la fonction publique (CGT, CFDT, FO, FSU, Solidaires, Unsa, FA-FP, CFE-CGC, CFTC) dénoncent une réforme à "la portée très grave", tant pour les agents que pour l'avenir des services publics. Au contraire, le gouvernement a présenté son texte, qui facilite notamment le recours aux contractuels, comme une nécessité pour rendre l'administration « plus attractive et plus réactive face aux nouvelles attentes » des Français.

Lire aussi : Réformer la fonction publique : la méthode "agile" du gouvernement

Une mobilisation "dans la durée"

Les syndicats ont d'ores et déjà prévenu que la journée de jeudi ne serait « qu'une étape d'une mobilisation dans la durée » pour dire non à ce projet de loi présenté en Conseil des ministres le 27 mars et demander au gouvernement qu'il « ouvre enfin des négociations sur de nouvelles bases ».

Près de 150 manifestations sont prévues dans toute la France, selon les syndicats. A Paris, le cortège s'élancera à 14h de la place Denfert-Rochereau, à destination des Invalides. « Des appels à manifester ont été lancés dans de nombreux secteurs, bien au-delà de la fonction publique », qui rassemble quelque 5,5 millions d'agents dans ses trois versants (Etat, hospitalière, territoriale), a dit à l'AFP Baptiste Talbot, secrétaire général de la fédération CGT des services publics.

Ils concernent la chimie et le commerce, mais aussi les cheminots ainsi que les retraités, qui manifesteront aux côtés des enseignants, des soignants, des douaniers, des agents des finances publiques ou encore des fonctionnaires territoriaux, pour défendre leurs missions et des services publics de qualité.

Dans le primaire, "environ 15% de grévistes"

Chez les enseignants, le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a dit tabler sur une grève « d'une certaine importance », anticipant un taux de grévistes « d'environ 15% » dans le primaire, « moins » dans le secondaire. Une « forte mobilisation est attendue dans les établissements hospitaliers », a déclaré à l'AFP Patrick Bourdillon de la CGT santé/action sociale, qui a déposé un préavis de grève national reconductible « spécifique aux urgences et aux Samu ».

Depuis plusieurs semaines, des mouvements de grève essaiment aux urgences, notamment celles de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) mais aussi de Nantes, Strasbourg et Lyon, où les soignants réclament davantage de moyens pour faire face à l'engorgement de leurs services. « On a atteint un point de non-retour », a ajouté M. Bourdillon, dénonçant des services « en train d'exploser ».

Une "boîte à outils" pour privatiser

Sur le projet de loi, les syndicats critiquent « un passage en force » du gouvernement, qu'ils accusent de vouloir une fonction publique alignée sur les règles du privé, au détriment du statut de fonctionnaire et de l'indépendance des agents. Bernadette Groison (FSU) parle de « désaccord profond avec l'orientation choisie par le gouvernement sur l'avenir de la fonction publique » et Gaëlle Martinez (Solidaires) d'un texte « qui fait l'unanimité contre lui ».

À la CFDT, Mylène Jacquot cite « l'élargissement du recours au contrat » comme « vrai désaccord » tandis qu'à FO, Christian Grolier dénonce la surdité d'un « gouvernement anti-fonctionnaires » et que Luc Farré (Unsa) voit dans le texte une « boîte à outils » pour « privatiser à terme la fonction publique ».

Objectif : 120 000 suppressions de postes

Le projet de loi sera au menu de l'Assemblée nationale à compter de lundi prochain en première lecture. Le gouvernement souhaite le faire adopter avant l'été pour une entrée en vigueur au 1er janvier 2020. Il s'inscrit dans un objectif de suppression de 120.000 postes de fonctionnaires d'ici à 2022.

Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin a qualifié « d'atteignable » cet objectif le 26 avril, alors qu'Emmanuel Macron s'était dit la veille prêt à « l'abandonner », demandant au gouvernement « son analyse d'ici l'été ».

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Commentaires
a écrit le 11/05/2019 à 12:35 :
travail des enseignants en plus des cours
je me rappelle de mon parcours scolaire en primaire et secondaire jusqu'à la troisième en collège rural : les instituteurs et PEGC faisaient tous une heure d'étude" avec tous les élèves de 16H30 à 17H30 tous les jours de classe , pendant laquelle ils préparaient leurs cours , corrigeaient les devoirs , surveillaient le travail des élèves et les aidaient si besoin . cette pratique a été abandonnée , et les pauvres enseignants d'aujourd'hui sont contraints de travailler leurs préparations et corrections hors de l'école .
mon père instit a ainsi pu profiter de ces heures d'étude pour son travail scolaire et libérer du temps supplémentaire pour animer des activités post-scolaires de musique, chant , danses folkloriques , cinéma dans les villages alentours , et même préparation militaire élémentaire pour les jeunes du canton .
un temps vraiment révolu !
a écrit le 11/05/2019 à 11:30 :
L'état bien mauvais gestionnaire!


Un fonctionnaire coute deux fois moins qu'un contractuel puisqu'il n'y a pas de charges a payer.En supprimant 120000 postes,Macron aurait fait un gros trou dans la caisse!
a écrit le 10/05/2019 à 9:02 :
.... a part les nantis , QUI n'est pas contre Macron ?
a écrit le 09/05/2019 à 18:31 :
1980 > 2,6 millions de fonctionnaires, 2016 > 5,6 millions : c'est une blague ?
(Insee)
Réponse de le 09/05/2019 à 19:32 :
Merci de compléter votre analyse
1980 : 22 millions d actif
2016 : 29 millions

La part à doublée dans les années 90 mais très fort ralentit depuis les années 2000

Balancer des chiffres Bruts avec pour analyse c est un blague, mériterait qu on vous dise la même chose sur votre post.
Réponse de le 09/05/2019 à 20:05 :
@Tipano
vous oubliez la hausse vertigineuse des chômeurs et des retraités.
je vous plains
Réponse de le 10/05/2019 à 7:35 :
A zelectron
Decidement, l analyse c est pas votre truc.
Restez comme.vous etes.
En quoi les fonctionnaires sont responsables des retraites ? Du chomage ?
Sinon, il y a aussi plus de voitures en circulations aussi, et plus d offres d emplois.
a écrit le 09/05/2019 à 17:58 :
entièrement d'accord avec deldongo dans le classement international pisa sur la transmission des savoirs la France traîne au fond du classement comme dans le privé il faut que les profs soient évalués chaque année avec des objectifs, des résultats avec évaluation annuelle et contrôle du travail réellement effectué mettre fin à la politique des syndicats de l'enseignements qui demandent que les profs, les maîtres obtiennent toujours la moyenne lors des contrôles académiques un grand ménage est nécessaire dans l'éducation nationale comme toutes les autres chu, police, sous-préfecture, impôts. ..
Réponse de le 09/05/2019 à 18:33 :
Non les enseignants ne sont pas pantouflards, même si comme dans chaque corporation il y a des bons et des moins bons. Mais ils sont pis sans arrêt entre la marteau du ministère de l'EN, rempli lui de fonctionnaires limités pondant des tas invraisemblables de directives, et l'enclume d' élèves dont le niveau est effectivement souvent bas, provenant entre autres du "bisounoursisme" distillé depuis "80% au bac" et de populations très hétérogènes. Des places sont libres si c'est si bien que çà, concours ouverts à tous.
a écrit le 09/05/2019 à 16:11 :
une solution infliger une raclée a LAREM et son dieu jupiter dans les urnes le 26 MAI
Réponse de le 09/05/2019 à 18:15 :
nos dignitaires ont déja sacrifié notre agriculture ! la finances gouverne et soignent leur apanage c est tout ! aucune vision pour l avenir
Réponse de le 09/05/2019 à 18:17 :
nos dignitaires ont déja sacrifié notre agriculture ! les financiers gouvernent et soignent leur apanage c est tout ! aucune vision pour l avenir
a écrit le 09/05/2019 à 14:10 :
quand je vois l(emploi de temps de mon petit fils depuis un mois je pense qu'il faut secouer la fourmilière apres ils pourront parler salaire .pourquoi ,,,, ne pas faire les bacs blancs pendant les vacance de Pâques ,,,EN PLUS son annee scolaire s'arrete le 12 juin
a écrit le 09/05/2019 à 12:39 :
Quand il n'y a pas d'autre moyen d'expression que "la rue" et "la grève" entre deux élections, peut on avoir confiance en l'avenir? Seul le R.I.C. résoudra la problème!
a écrit le 09/05/2019 à 12:20 :
réformer la fonction publique ?
pour la territoriale , la solution consiste à diminuer la dotation de l'Etat de 5% par an pendant 5ans et en gelant tous les impôts locaux sur cette période .les élus locaux sauront faire les choix utiles lorsqu'ils y seront contraints ...
pour la fonction publique d'Etat , geler tout recrutement dans toutes les administrations qui n'appartiennent pas au régalien : justice , intérieur , armée , finances , diplomatie .en contre partie autoriser organiser les transferts de personnels inter services et inter administrations .
il convient aussi de décentraliser sur le territoire les ministères non régaliens : par exemple l'agriculture à Rennes, les anciens combattants à Metz , l'industrie et commerce à Lyon , la santé à Marseille , l'écologie à Bordeaux , l'éducation nationale à Lyon , l'outre mer à Nantes , la culture à Lille , l'enseignement supérieur et recherche à Toulouse .
quant à l'hospitalier , tout ce qui n'est pas médical et paramédical doit être dévolu à la sous-traitance privée .
il est plus que temps de dégraisser le mammouth , avant que le FMI et les autorités européennes nous imposent une solution grecque .
Réponse de le 09/05/2019 à 14:11 :
Vous oubliez que l'état pour faire des économie donne ces attributions aux collectivités locales sans les financements et sans réduire leur part d'impôts. Je ne vois pas comment ce que vous dites peut fonctionner... En revanche en éliminant des hauts fonctionnaires... Ex éliminer un ministre réduit de son salaire et de tout ceux de son cabinet... Mais bon faut pas rêver. Surtout en voyant le train de vie de notre roi de F.. eux pardon président... Combien mobilise t'il de force de l'ordre pour un de ces déplacement et pourquoi? Si il venait à disparaître la France ne s'arrêterait pas pour nous !!!
a écrit le 09/05/2019 à 11:42 :
macron et un gestionnaire de passage, la seule facon de le bloque dans sa mauvaise gestion c est de manifeste par tous les moyen possible/, :mitterand avaIs dit apres moi il n y auras que des gestionnaires;/?CELUI QUI N A PAS LE COURAGE DE SE REBELLER N A PAS LE DROIT DE SE LAMENTER/// CHE GUEVARA///
a écrit le 09/05/2019 à 11:41 :
Voilà encore et toujours les mêmes à se plaindre, à pleurnicher, à faire grève en permanence, Malade imaginaire avec un absentéisme culturel, m'en foutisme au service médiocre... Nos chers 6 millions de fonctionnaires ne sont que des égoïstes, des assistés de l'état assis sur des avantages et des privilèges d'un notre temps qui n'ont aucun sens de l'intérêt général ne souhaitant pas participé aux réformes dont à tant besoin notre pays. Il est urgent de réformer la fonction publique comme territoriale et de les aligner sur le droit privé (temps de travail, jours de carence, licenciement, etc...) Puisqu’ils ne sont pas content ! Avec le salarial du privé là ! ils seront content ! A REFORMER D'URGENCE !!!
Réponse de le 09/05/2019 à 18:55 :
La règle du jeu : plus il y a de fonctionnaires et plus il y a de chômeurs
a écrit le 09/05/2019 à 11:17 :
quand on vois macron sur les affiches de larem c'est jésus avec les apôtres il ferait mieux de s'occuper de tous les français et soigner les fonctionnaires police... infirmiers ...enseignants ..j'ai une petite fille qui était prof après 17 ans de carrière elle jette l'éponge trop d'investissement et peut de considération pour un salaire de misère macron revenez sur terre
a écrit le 09/05/2019 à 11:06 :
les rentiers intouchables sont dans la rue, et continuent de presser le peuple avec leurs avantages indus......1789 n'est pas loin
Réponse de le 09/05/2019 à 18:17 :
Fait gaffe quand même car avec la plupart de tes commentaires ici , tu seras surement un des premiers à y passer.
a écrit le 09/05/2019 à 11:03 :
Cela fait une dizaine d'années que les salaires des fonctionnaires sont bloqués.Quelle autre profession supporterait cela?Sans compter sur la réforme des retraites qui va ruiner encore un peu plus les fonctionnaires.Macron a enfin compris qu'il ne servait a rien de supprimer 120000 postes de fonctionnaire.Il faut au contraire renforcer la FP en lui donnant plus d'autonomie et plus de moyens.
Réponse de le 09/05/2019 à 16:44 :
Le traitement des fonctionnaires n'est pas bloqué puisqu'il s'accroît automatiquement grâce à l'ancienneté.
Réponse de le 09/05/2019 à 18:20 :
@Robinson

Dans le privé ,il y a aussi l'ancienneté, plafonné pécuniairement à 15 ans maxi,par notre cher Balladur en 1995.
a écrit le 09/05/2019 à 11:00 :
Les enseignants 4mois de congés et la garantie d'emploi. Et quoi de mieux? Entre 18 heures et 15 heures par semaine. 1 devoir corrigé par mois. Qui dit mieux?k
Réponse de le 09/05/2019 à 12:18 :
"15 à 18 heures par semaine" ? Face aux élèves, mais il faut ajouter toutes les préparations de cours les corrections (souvent 1/semaine/classe), les conseils de classe, les rencontres avec les parents, les réunions diverses liées au travail ou imposées par l'administration, ... " 4 mois de congés" incluant aussi le temps de préparer l'année suivante, le temps pris par les passages d'examen, ... Tout cela pour un salaire assez faible, dans une ambiance souvent très difficile vu le comportement asocial de trop d'élèves. Si cela vous fait rêver, allez-y, les concours sont ouverts à tous.
Réponse de le 09/05/2019 à 14:32 :
C'est une provocation?Sachez qu'avec la préparation de cours et les mises a niveau,les professeurs peuvent compter jusqu'a 40 heures par semaine et un seul véritable mois de vacances.C'est un des métiers les plus épuisants,c'est pour cela qu'il y a des difficultés de recrutement.
a écrit le 09/05/2019 à 9:44 :
J'ai une jeune amie qui est institutrice en région parisienne depuis deux ans et qui sort l'argent de son salaire pour décorer sa classe. Tout va bien les gars pas de souci !

D'avoir confier la gestion de notre État aux serviteurs de la finance (LREM et avant...) est un véritable désastre.

Vite un frexit pour l'électrochoc salutaire !

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