Hôpital : le salaire net moyen des soignants a bondi de 6% en 2020 mais les attentes des professionnels sont toujours aussi fortes

Lors de la première phase de la pandémie, les rémunérations des personnels soignants dans les hôpitaux publics ont été revalorisées grâce aux "primes Covid" et, dans une moindre mesure, avec le "Ségur de la santé". Les personnels des hôpitaux publics ont gagné en moyenne 2.463 euros net pour un temps plein. Mais le système semble toujours fragile, avec des professionnels qui ont déjà donné rendez-vous au gouvernement ce mois de septembre.
(Crédits : Pixabay)

Emmanuel Macron en avait fait l'une de ses promesses de campagne, en promettant notamment "un investissement historique pour revaloriser les soignants et reconstruire l'hôpital" et ainsi "poursuivre le sauvetage de l'hôpital". Tandis que l'été et la rentrée ont encore été marqués par l'épuisement des personnels et la surcharge de travail dans les hôpitaux, les conditions financières semblent, elles, sensiblement s'améliorer, selon les données délivrées par les instances publiques.

Cette amélioration se traduit d'abord sur le salaire net moyen des 1,1 million d'agents de la fonction publique hospitalière. Celui-ci a en effet augmenté de 5,9% en 2020, soit "la plus forte croissance depuis plus de dix ans", selon des chiffes publiés ce mercredi par l'Insee et la Drees.

C'est "la plus forte croissance en plus de dix ans" pour les personnels des hôpitaux publics. Après deux années de baisse, leur salaire a rebondi à 2.463 euros net en moyenne pour un temps plein, presque 150 euros de plus qu'en 2019.

Les primes plus efficaces que le Ségur

Une "forte hausse" qui résulte principalement des "primes Covid" de 500 à 1.500 euros versées après la première vague épidémique à "environ quatre agents sur cinq", expliquent les deux organismes de statistique publique.

Le "Ségur de la santé", négocié mi-2020, a joué dans une moindre mesure, avec l'augmentation générale entrée en vigueur en deux temps - 90 euros en septembre, puis 183 en décembre.

Exclus de cette revalorisation, les personnels médicaux (pharmaciens et dentistes inclus) ont vu leurs revenus moins progresser (+2,8%) que les autres agents.

Ces "oubliés du Ségur" avaient d'ailleurs fait l'objet d'un rapport sénatorial, pointant l'amertume persistante et des inégalités dans ces revalorisations.

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L'écart entre les hommes et les femmes de l'hôpital s'est réduit

Néanmoins, les hausses forfaitaires ont davantage profité aux agents les moins rémunérés, qu'ils soient contractuels (+8,5%) ou fonctionnaires de catégorie C (+8%).

Les "disparités salariales" ont par conséquent légèrement diminué, surtout chez les hommes, "surreprésentés parmi les plus hauts salaires".

L'écart entre hommes et femmes s'est également réduit, passant sous le seuil des 20%: dans l'ensemble, les salaires des femmes sont encore inférieurs de 19,1% à ceux des hommes, mais "à profil identique" la différence se réduit à 3,4%.

Le Samu s'attend à un automne difficile

Pour autant, la situation est loin d'être apaisée pour le gouvernement qui va devoir affronter la fronde des professionnels dès la rentrée. D'abord, l'automne s'annonce "compliqué" pour les services d'urgence, les services mobiles d'urgence et de réanimation (Smur) et le 15, dont les équipes "sont essorées", a mis en garde lundi le président de l'association Samu-Urgences de France (SUdF) Marc Noizet, successeur du ministre de la Santé François Braun à la tête de l'organisation.

"Cet automne va être sans aucun doute très compliqué, on ne regarde pas forcément l'avenir avec le sourire", a dit à l'AFP le Dr Noizet, également chef du service des urgences de Mulhouse (Haut-Rhin).

Sans être en mesure encore de donner un bilan chiffré d'activité pour les services d'urgence pendant les mois d'été, le Dr Noizet a indiqué que "vraisemblablement, l'activité au mois d'août des services d'urgences a été un peu moins importante qu'attendu", alors qu'en revanche les centres 15 ont connu "une augmentation d'activité toujours importante par rapport à 2021".

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L'hôpital dans la rue le 27 septembre

Ceci peut s'expliquer notamment par l'expérimentation de la "régulation systématique préalable", en demandant aux personnes malades d'appeler le 15 plutôt que d'aller aux urgences directement.

Enfin, fin juillet, les trois syndicats hospitaliers signataires du Ségur de la santé (FO, CFDT, Unsa) ont déclaré lundi avoir "convenu d'une journée de mobilisation" fin septembre et réclamé au gouvernement "d'ouvrir de nouvelles négociations", notamment sur les salaires et les effectifs. Celle-ci aura lieu le 27 septembre prochain, avec de possibles préavis de grèves.

L'intersyndicale demande à l'exécutif "d'ouvrir de nouvelles négociations sur les conditions de travail, les salaires, les effectifs et l'attractivité des métiers", à l'hôpital comme dans le secteur social, "dans la continuité" du Ségur, qui s'est traduit par plus de 12 milliards d'euros de revalorisations pérennes pour deux millions de salariés.

(Avec AFP)

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Commentaires 3
à écrit le 15/09/2022 à 6:59
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Les enseignants eux sont passés à la trappe. Comme d'habitude. Maintenant on entend dire par le Ministre de l'Enseignement sur les chaines TV et journaux "" qu'un enseignant à 10 ans d'ancienneté est en milieu de charrière. Il a un problème.

à écrit le 14/09/2022 à 19:50
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" le salaire net moyen des soignants a bondi de 6% en 2020" Pas de bol ,il y aura 15% la hausse du gaz et de l'électricité cet hiver ,la aussi ça bondi.

à écrit le 14/09/2022 à 18:58
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Moins de technocrates et plus de soignants. Toutes ces statistiques, tout ces chiffres, ces études qu'il faut mener, ces coûts qu'il faut calculer et-c... ne peuvent que faire chuter la santé. Plus on est informatisé et plus on en demande aux gens ex...

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