L'emploi, grand oublié du "Grand débat national"

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(Crédits : Reuters)
Les 4 grands thèmes et les 82 questions proposés par le gouvernement pour cadrer sa grande consultation nationale semblent quasiment passer à côté des problématiques du travail et de l'emploi. Pourtant, difficile d'oublier qu'une grande part de la population française se sent concernée par la question du chômage.

Fiscalité, transition écologique, réforme de l'État et des services publics, citoyenneté et démocratie. Depuis le 15 janvier, ces quatre thèmes sélectionnés par le gouvernement doivent occuper une place de choix dans le grand débat. L'exécutif a ainsi entamé une période de consultations et d'échanges décisive, jusqu'au 31 mars, alors que le mouvement des "Gilets jaunes" se poursuit plus de deux mois après le premier week-end de mobilisation nationale le 17 novembre dernier.

Pour tenter de calmer la colère de ce mouvement social inédit, Emmanuel Macron avait annoncé le 10 décembre dernier une série de mesures destinées à doper le pouvoir d'achat des travailleurs aux revenus modestes et des foyers touchant des petites retraites. Mais ces annonces n'ont pas suffi à apaiser les tensions toujours bien visibles depuis le début de l'année.

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Dans sa "lettre aux Français", le président de la République a bien rappelé que "la  lutte contre le chômage doit être notre grande priorité, et que l'emploi se crée avant tout dans les entreprises, qu'il faut donc leur donner les moyens de se développer". Pour autant, le sujet du travail ou de l'emploi n'a pas été retenu dans les quatre thèmes alors que la population active est estimée à 29,6 millions de personnes selon les derniers chiffres de l'Insee. Par ailleurs, sur les 82 questions recensées sur le site dédié au Grand débat,  aucune ne porte sur ces deux sujets.

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Les appels se multiplient

Depuis plusieurs jours, des organisations lancent des appels pour introduire toutes ces questions dans le cadre du Grand débat. Dans un communiqué de presse publié ce mercredi soir, le président du réseau national des chambres de métiers et de l'artisanat (APCMA/Assemblée permanente des chambres de métiers et de l'artisanat), Bernard Stalter, a demandé que "de l'économie et de l'emploi soient ajoutés au grand débat national". Il propose ainsi d'alimenter la consultation sur "cinq thèmes autour de l'entreprise, notamment de proximité", rappelant que, "alors qu'ils contribuent à la vie et à l'équilibre des territoires, trop d'artisans sont aujourd'hui en dessous des minima du Smic".

Il y a un mois, à Paris, lors d'une rencontre organisée par le Cercle des économistes, Louis Gallois, venu avec sa casquette de président de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale, avait expliqué que "si le chômage de longue durée (*) concernait plusieurs millions de personnes. Il était absent des discussions sur les 'Gilets jaunes'". La multiplication de ces remarques soulignent que le chômage et l'emploi sont loin d'être inscrits à l'agenda politique, alors que cela reste un sujet de préoccupation majeur pour une bonne partie de la population.

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Des territoires toujours en souffrance

Malgré une forte accélération de la croissance en 2017, de nombreux territoires ont continué à souffrir du chômage. D'après une étude du service des statistiques du ministère du Travail publiée à l'automne dernier, des zones d'emploi avec de très forts taux de chômage persistent dans les régions des Hauts-de-France, d'Occitanie et de Provence-Alpes-Côte-d'Azur. Les auteurs du document soulignent que, en 2017, "huit des dix départements ayant les plus hauts taux de chômage se situent dans ces trois régions".

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce phénomène particulièrement ciblé sur quelques territoires. Dans un article récemment mis en ligne par l'Insee, deux économistes ont étudié l'évolution de l'emploi dans les secteurs exposés et abrités de la concurrence internationale en France sur la période 1999‑2015.

Il apparaît que de nombreux emplois dans l'industrie ont été détruits ces 20 dernières années frappant des zones d'emploi très spécialisées. Leurs travaux rappellent que "sans surprise, les régions françaises traditionnellement industrielles (Hauts‑de‑France, Grand‑Est et Île‑de‑France) subissent la plus profonde restructuration, tandis que l'emploi industriel résiste mieux à l'ouest." Par ailleurs, d'autres zones d'emploi ont résisté comme à Toulouse (aérospatiale), Figeac (aérospatiale) et Saint-Nazaire (construction navale).

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Commentaires
a écrit le 19/01/2019 à 11:08 :
en France il y a encore trop de zones d onbre ou internet ne passe pas aujourdhui les entrprises et la vie social n esxite pas sans la fibre donc l emploies en subit les consecances,,? DESORME OU ON COTININUE A PAYE LES CHOMEURS CORECTEMENT SOIT ON LEURS DONNE UN SALAIRE MINIMUN POUR VIVRE? IL FAUT FAIRE UN CHOIX DANS CERTAINE ZONE FRANCAISE L EMPLOIES A DISPARUS ?IL VAS FALLOIR PRENDRE UNS DESITION ET FAIRE UN CHOIX DE SOCIETE OU L UN OU LAUTRE???
a écrit le 18/01/2019 à 12:28 :
La révolte en cours est un cri d’adieu face à un système a bout de souffle.
Emmanuel Macron a déclenché ses réformes en annonçant taxes sur taxes, ils ont eu l’impression d’avoir affaire non plus à un être humain mais à une machine. Ils ont vu en lui une machine à réformer aussi mécanique que le système dans lequel ils vont être broyés. L’individu fragile a aujourd'hui le sentiment que dans le système qui se prépare, il n’aura pas sa place. Il ne pourra pas vivre. Il sera broyé par la grande machine consumériste mondiale, la grande machine technocratique mondiale, la grande machine bancaire mondiale, la grande machine informatique mondiale, la grande machine médiatique mondiale. Les Gilets Jaunes savent que bientôt ils vont être mis au chômage et être remplacé par des machines. Le président n’innove pas suffisament et est soumis a Bruxelles: pour lui, être pauvre est une affaire individuelle, résultat d’un calcul rationnel d’un individu, sa situation n’est explicable que par un défaut de volonté. La pauvreté serait un choix, une responsabilité individuelle, en rien un risque selon ce gouvernement. Il y a deux millions de travailleurs qui sont pauvres, le travail est en réalité loin de protéger de la pauvreté. Emmanuel Macron considère qu'il y a des pauvres "légitimes" et d’autres "illégitimes". Or, dans une certaine mesure, nous sommes tous responsables de la pauvreté dans notre pays, qui est la conséquence d’un système qui creuse les inégalités. Dans un pays aussi riche que le nôtre, il n'est pas acceptable que près de 14% de la population soit pauvre. La classe moyenne est en train de disparaître et les inégalités entre riches et pauvres se creusent de manière inquiétante. Le monde qui se prépare va être de plus en plus dur, de plus en plus en froid, de plus en plus glacial. Les durs s’en tireront. Les petits, les fragiles seront broyés. Ils auront droit au revenu universel.
a écrit le 18/01/2019 à 9:01 :
Non: "L'emploi, grand oublié de la politique des LREM."

C'est plus juste tout en validant votre titre mais permettant en plus de mieux le comprendre.

LE chômage de masse permet de faire baisser les salaires et donc d'augmenter la marge bénéficiaire des milliardaires. Pas la peine d'aller chercher plus loin avec nos benêts de dirigeants, lrem et autres d'ailleurs puisque tradition française.

Ah oui et ça permet aussi de nous diviser entre nous grâce aux médias de masse qui aboient que les français sont des méfiants générant un dumping social venant d'europe de l'est.

Que des bonnes choses pour l'oligarchie en sommes, ils ont tout intérêt au chômage de masse français.
Réponse de le 18/01/2019 à 9:33 :
"que les français sont des méfiants"

Lapsus puisque je voulais écrire "feignants". Mais en effet on est de nature plus méfiants que de nombreux autres peuples, certainement pour cela que les politiciens ont besoin de chômage de masse pour nous tenir. Ce qui pourrait expliquer la différence avec les autres pays de l'UE.
a écrit le 18/01/2019 à 8:09 :
Les absents sont aussi: l'immigration et l'appartenance à l'union européenne.
a écrit le 17/01/2019 à 23:53 :
Les grandes enseignes suppriment beaucoup de postes dans toute l’Europe: la crise économique progresse ... la précarité aussi ainsi que le chômage.

Peut être que la solution pour lutter contre ce fléau sont les formations et la mobilité , pour ceux qui ne peuvent pas se lancer à leur compte , bien que la concurrence est rude dans tous les secteurs.
a écrit le 17/01/2019 à 22:22 :
C est pas un débat c est une opération de communication
a écrit le 17/01/2019 à 22:22 :
C est pas un débat c est une opération de communication
a écrit le 17/01/2019 à 20:54 :
C'est quelque chose dont Macron préfère ne pas parler.... on se demande bien pourquoi.
Au demeurant je ne me souviens plus quand la ministre de l'emploi a commenté les chiffres du chômage pour la dernière fois.

A chaque fois que Macron s’occupe de chômage c'est pour affirmer qu'il faut "responsabiliser" les chômeurs, les culpabiliser parce que s'ils restent chômeur c'est le leur faute !

Il l'a redit devant les maires dans l'Eure. Chez lui, il suffit de traverser la rue, et du boulot on en trouve, plein, partout et bien payé !

Ce qui me conforte dans l'idée que ce type vit sur une autre planète.
a écrit le 17/01/2019 à 19:27 :
L'emploi ? C'est quoi ce mot? Il n'existe plus parce que plus rien n'y est associé, tout ce qui faisait un "emploi" a été détruit par les idées libérales, la mondialisation, la négation de l'homme, son remplacement prévu par les robots. Restent les esclaves sans droits de nos sociétés industrielles, de services...
a écrit le 17/01/2019 à 19:20 :
toute le programme de macron et sois dissant pour faire repartir l emploie , pour l instant on n an pas vue l emploie reprendre les experts avant la crise des gilets jaunes nous dissait que la France devieneTactractives; mais sarkosie et hollande nous on dit la meme chose:? mais non pas bloque le pouvoir d achat des Français : macron croie fermement qu en APAUVRISANT LES PAUVRES CELA VAS FAIRE DES MIRACLES ECOMOMIQUE MAIS?J AI BIEN PEUR QU IL PRENNE SES DESIRS POUR DES REALITES? MAIS ON DOIT LUI LAISSE ENCORE DU TEMPT? MAIS EN AURAS T IL LE TEMPT???
a écrit le 17/01/2019 à 19:13 :
Les chambres de métiers voilà un acteur dans la chaine de l'entreprise et de l'emploi qui doit être supprimé. Beaucoup d' acteurs historiques qui ont eu à une époque lointaine une position utile ne sont plus aujourd'hui un acteur indispensable, bien au contraire un maillon de plus qui ne peut qu'alourdir les démarches et surtout les charges directes ou indirectes en l'occurrence des TPE.
a écrit le 17/01/2019 à 18:24 :
C'est fort exact

Mais attention au risque de collision dans l'équation globale. L'emploi est intimement lié à l'employeur donc à l'investissement industriel, donc ... à la fiscalité des entreprises, aux charges patronales, à l'ISF, à l'attractivité du pays, à la flexibilité des salariés, ...

L'Etat n'est pas un magicien qui saura résoudre toutes les contradictions.
Réponse de le 18/01/2019 à 6:30 :
"L'Etat n'est pas un magicien qui saura résoudre toutes les contradictions"LOL!
.
J'aurais formulé différemment:l'état c'est celui qui a crée toutes les contradictions et qui a tué l'emploi.Quand on regarde le CICE,je trouve que les emplois sauvés coutent cher.

Et je passerai sur tous les organismes qui s'occupent de ceux qui travaillent:collectivités,CCI et autres chambres,thinks tanks etc,qui coutent un pognon de dingue a ceux qui bossent.

Enfin au niveau des charges sociales,la sécu et la retraite pèsent de moins en moins au profit de cotisations bidon style cotisation pour les gras syndicats
a écrit le 17/01/2019 à 18:21 :
oui
isoler les pbs, ca pose souci; on ne resoud pas les pbs, on les deplace
en entreprise on appelle ca ' silo thinking'
et ya des methodes.... mais bon, ca suppose que les gens aient envie de regler les pbs, et soyons honnetes, sous les cris et les larmes, y a des situations qui arrangent bien certains..........hum, Lenine etait deja aussi cynique

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