Le chômage, angle mort des débats sur "les gilets jaunes"

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2,6 millions de personnes sont concernées par le chômage de longue durée.
2,6 millions de personnes sont concernées par le chômage de longue durée. (Crédits : Eric Gaillard)
L'arsenal de mesures présenté récemment par Emmanuel Macron est destiné à soutenir le porte-monnaie des revenus modestes. Mais le chômage de longue durée est loin d'être un épiphénomène en France rappelle le cercle des économistes.

Pouvoir d'achat, fiscalité, retraites. Depuis le début du mouvement des "gilets jaunes", tous ces thèmes sont régulièrement mis en avant dans les débats et l'agenda politique. Pour répondre à quelques revendications de ce mouvement social inédit, Emmanuel Macron a annoncé en début de semaine une batterie de mesures pour doper le pouvoir d'achat des travailleurs aux revenus modestes et des personnes touchant des petites retraites notamment.

> Lire aussi : Smic, CSG, heures supp : une opération déminage à 10 milliards pour Macron

Pourtant, le chômage reste un sujet de préoccupation majeur pour des milliers de Français. Lors d'un débat organisé par le Cercle des économistes ce jeudi 13 décembre, Louis Gallois, venu avec sa casquette de président de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale, a expliqué que "si le chômage de longue durée (*) concernait plusieurs millions de personnes. Il était absent des discussions sur les gilets jaunes." Par ailleurs, de nombreuses entreprises ont dû mettre une partie de leurs salariés au chômage partiel ces dernières semaines. Selon de récents chiffres communiqués par le ministère du Travail, 766 entreprises avaient fait une demande auprès du gouvernement, au 10 décembre pour mettre leurs employés au chômage partiel. Ce qui représente environ 20.185 salariés et 9 millions d'euros versés par l'Etat.

Le difficile retour à l'emploi des chômeurs de longue durée

Le calvaire du retour à l'emploi des chômeurs de longue durée est régulièrement pointé du doigt par les experts et les économistes. Louis Gallois a rappelé que "le chômage de longue durée est la gangrène du modèle social français." Et cela est loin d'être un épiphénomène. Selon les dernières données de Pôle emploi, cela concernerait 2,6 millions de personnes à la fin du troisième trimestre sur près de 6 millions d'inscrits en prenant en compte toutes les catégories. Ce qui représentait 42% du total des inscrits. Une part qui s'est accentuée après la crise malgré les bonnes performances économiques de 2017.

Plus inquiétant encore, le nombre de chômeurs de très longue durée (supérieure à deux ans) ne cesse de s'accroître depuis plus de 20 ans. Il est passé de 329.000 en 1996 à 872.000 en 2018 pour ceux inscrits depuis plus de trois ans. Pour ceux inscrits à l'opérateur public entre deux et trois ans, leur nombre est passé de 327.000 à  517.000. sur la même période. Au total, il y a d'ailleurs plus de chômeurs de longue durée si on fait la somme des deux dernières catégories.

Par ailleurs, ces chiffres ne prennent pas en compte tous ceux qui ne sont même plus inscrits à Pôle emploi, soit parce qu'ils ne recherchent pas d'emploi par découragement, soit parce qu'ils ne sont pas disponibles rapidement pour travailler ou n'y trouvent pas un intérêt financier. C'est ce que l'on appelle le "halo du chômage".

> Lire aussi : Retour à l'emploi : le calvaire des chômeurs de longue durée

Bilan des territoires "zéro chômeurs"

A l'occasion de la mise à jour d'un manifeste, le cercles des économistes a rappelé "qu'il n'y pas de fatalité au chômage de masse." Parmi les pistes évoquées pour lutter contre ce phénomène, figure la mise en place des territoires zéro chômeurs de longue durée portés par l'ONG ATD Quart Monde. Louis Gallois en a profité pour tirer un premier bilan de ces expérimentations. Il a d'abord rappelé "qu'un chômeur de longue durée coûte presque aussi cher que sa mise à l'emploi."

Partant de ce constat, l'ancien haut fonctionnaire a expliqué que ce dispositif avait permis de créer environ 600 emplois. Ce qui peut paraître peu mais il a souligné que cette mesure était encore à l'état d'expérimentation sur seulement 10 territoires. Dans une récente synthèse, l'association en charge de la mise en oeuvre des territoires zéro chômeur de longue durée indique que "après 18 mois d'expérimentation, l'ensemble des dix territoires ont permis à 936 des 1711 personnes privées durablement d'emploi identifiées (54 %) de sortir de la privation d'emploi." Outre la réinsertion professionnelle des personnes éloignées du marché du travail, le document souligne que ce dispositif peut représenter un gain pour le Trésor public.

"Nos premiers calculs, prudents et avec un abattement de 15 %, soulignent qu'au cours de l'année 2017, l'embauche d'une personne privée durablement d'emploi occasionnait un gain de plus de 18.000 euros pour les finances publiques, rendant quasiment nul le coût résiduel pour l'économie de notre pays. "

Malgré ces promesses de réinsertion, ces emplois souffrent encore d'un manque de financement. Les entreprises à but d'emploi qui encadrent ces travailleurs "montrent des besoins de fonds propres pour le démarrage et les investissements qui n'avaient pas été véritablement anticipés" ajoute  l'actuel président du conseil de surveillance de Peugeot. Le prochain enjeu est l'extension de ce dispositif à d'autres territoires. A ce propos, le Président de la République Emmanuel Macron a annoncé, lors de la présentation de sa stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté, que cette expérimentation allait être élargi au début de l'automne :

Alors des initiatives [...] encore insuffisamment déployées, sont là, et qui disent tout le contraire, « Territoires zéro chômeur de longue durée », qui a permis de renouer avec l'esprit de 1988, en remettant l'insertion, l'accompagnement vers l'emploi au cœur de notre système de minima sociaux [..] les investissements suivront pour être à la hauteur de l'élargissement des expérimentations évoquées tout à l'heure, en particulier Territoires zéro chômeur et toutes les autres.

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(*) Un chômeur de longue durée est un actif au chômage depuis plus d'un an. A partir de 24 mois, on parle de chômage de très longue durée.

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Commentaires
a écrit le 16/12/2018 à 10:12 :
Il y a a pas mal de FI et de chemises brunes dans les ronds points qui crient au reversement de la republique et au son de "MACRON DEGAGE". La democratie se fait dans les urnes pas dans la rue.
a écrit le 15/12/2018 à 11:36 :
perso, je pense qu'une partie des mesures va taper à coter de la cible : je suis dans un grand groupe, je suis informaticien (pas taper, svp…) et je vais avoir une prime de 1000€ en janvier au titre de la prime Macron.

Est ce que je suis dans la cible prioritaire ? je ne pense pas.

Après je ne vais pas cracher dessus, on est toujours content de toucher 1000€. Mais les travailleurs pauvres, je ne pense pas qu'ils soient dans les grands groupes. Une partie s'y trouve (je pense aux employés de la grande distribution, mais vas t'elle donner une prime à ses employés ? Mais Total, ou bien les grands groupes bancaires. Quelle est la proportion de travailleur pauvre dans ces grands groupes ?

Il y aurait eu une condition de revenu, et le solde pour alimenter le financement d'un chèque énergie, ça aurait été plus complexe, mais plus adapté pour aider ceux qui en ont vraiment besoin.

Pour le moment, la seule mesure bien ciblé c'est l'engagement des banques à limiter les frais sur les populations en difficulté, en attendant de savoir où est l'arnaque...
Réponse de le 15/12/2018 à 16:45 :
" Une prime exceptionnelle de 1000€”, c’est Noël pour les gueux ! Sauf que cette prime défiscalisée et sans cotisations sociales est facultative, ne la verseront que les employeurs qui le veulent. Super pour eux : s’ils avaient déjà prévu d’en verser une, ils le feront mais sans cotisations, la belle affaire. S’ils ne le voulaient pas, aucun problème ". (Frustration 12/12). Pour le plafonnement des frais bancaires, " mesure bien ciblée " : les frais indus il y aurait bien plus à dire, mais entre banquiers on de comprend ...
a écrit le 14/12/2018 à 14:46 :
on cherche des sous partout, mais si depuis plus de 40 ans on s'était penché sur ce que coûte nos hommes et femmes politiques les largesses qu'ils s'accordent (pas de CSG sur leur mandat,retraite après 6 mois, retraites importantes des présidents et sénateurs, corporatisme pour les bons emplois bien payés et plus encore et tout ce que j'ignore, et sur les ronds-points dans le froid on a des vieillards qui ont travaillés toute leur vie pour des salaires de misère et qui sont là pour leurs enfants. Personnellement il est plus que clair que le Nouveau Monde c'est bien les Gilets Jaunes et non les partis que nous avons mis en place.
a écrit le 14/12/2018 à 13:26 :
Les gilets jaunes ne sont pas les pauvres( revenu médian 1540 euros )mais des zadistes anarchistes ... les vrais pauvres , en priorite les femmes seules avec enfants sans emplois , méritent toute notre attention . Il faut s'occuper des vrais problèmes .
a écrit le 14/12/2018 à 12:37 :
vue mon age j'ai connu les semaines à 45h mais il y avait du travail et tout c'est dégradé par la suite ,la mondialisation a tout détruit, industries petits commerces maintenant il n'y a pas du travail pour tous faut réduire le temps de travail ......ig metal a obtenu les 28 heures
a écrit le 14/12/2018 à 11:34 :
Il ne faut pas oublier les chômeurs seniors car après 50 ans il est difficile de retrouver un emploi surtout pour les femmes car on est trop vieux, trop d'expériences ce qui fait peur aux employeurs. C'est mon cas et dans le privé les retraites en subissent les inconvénients et l'on se retrouve avec une retraite minable car ils nous manquent de nombreux trimestres et je ne parle pas des indépendants qui n'ont pas le droit au chômage donc qui ne cotisent plus les dernières années de leur vie.
a écrit le 14/12/2018 à 11:18 :
35H vaste connerie, qui a rendue les rapports sociaux détestables. La note se paye actuellement.
Réponse de le 14/12/2018 à 12:28 :
je vous informe qu'en Allemagne on est à 28 obtenu par ig metal
Réponse de le 14/12/2018 à 14:29 :
La connerie a été de sortir des 35 heures effectives.

Actuellement la durée moyenne de travail pour un travailleur à plein temps est de 39 heures, ce qui n'empêche pas le travailleur français d'être le plus productif au monde.

Même en ajoutant les temps partiels on reste à une moyenne de 37h semaine qui est une des plus forte au monde.

S'il y a autant de chômage en France c'est qu'on a préféré presser comme des citrons peu de salariés, plutôt que d'alléger les durées de travail en employant plus de monde.

Et ce n'est pas avec Macron qui défiscalise les heures sup et déplafonne les durées de travail, que la tendance va s'inverser.
a écrit le 14/12/2018 à 10:59 :
Quand on délocalise à tour de bras et que plus d'un million et demi d'emplois industriels sont supprimés, le chômage massif est assuré, celui de longue durée aussi. Il faut prendre des mesures pour réindustrialiser la France, soutenir les TPE et PME qui sont les sous-traitants des industriels, faciliter la formation des gens. Et Arrêter cette immigration africaine et ce droit du sol qui fichent le bazar, faits au départ pour casser le niveau des revenus des salariés, et qui dérive complètement dans le communautarisme et la violence.
En clair il faut agir contre ces décisions irresponsables, immigration incontrôlée et délocalisation massive, définir enfin un plan de formation et soutien à la création d'entreprises, mais pour cela il faut une stratégie industrielle de long terme, créer un vrai ministère de l'industrie, remettre la main sur le système banquier et financier qui parasite l'économie des nations d'Europe, drainent ses richesses vers les USA, et accélère le chômage massif.
Réponse de le 14/12/2018 à 14:37 :
L'immigration a toujours fait le bonheur des patrons il y a 40 ans comme aujourd'hui. Bien des artisans ferment les yeux sur les papiers de leurs employés;, cela les arrange bien d'utiliser cette main d'oeuvre bon marché. Il serait nécessaire d'embaucher des fonctionnaire efficaces sur le recouvrement de la TVA et l'utilisation de ce personnel compressible à merci. il conviendrait également de taxer le chiffre d'affaires (pas les bénéfices ) des entreprises françaises délocalisant leur production pour réimporter celle ci. Cela baisserait les prix de ces produits français réimportés. Ce n'est pas la TVA qu'il faut ajouter à ces produits car dans ce cas, c'est le consommateur qui paierait.
Réponse de le 14/12/2018 à 17:51 :
@trambdx

Les restaurateurs et hôteliers aussi :

Confrontés à une pénurie de main-d’œuvre, restaurateurs et hôteliers demandent aux pouvoirs publics de faciliter l’obtention des autorisations de travail pour les étrangers sans papiers.
« 130 000 emplois sont à pourvoir dans le secteur de l’hôtellerie-restauration. » Le constat, dressé par Didier Chenet, président du Groupement national des indépendants (GNI) hôtellerie-restauration, est alarmant : restaurants et hôtels peinent à recruter.
a écrit le 14/12/2018 à 10:26 :
Les Francais voulaient une semaine de travail de 35 heures, ils l'ont eue et encore mieux, une semaine de travail a zero (sous les mieux conditions dans l'UE).
a écrit le 14/12/2018 à 10:23 :
Il est illusoire de promettre la prospérité et le plein emploi aux peuples européens et de laisser les frontières commerciales grandes ouvertes.
Réponse de le 14/12/2018 à 11:06 :
Pourtant la majorité des pays du niveau economique de la FRANÇE ont un niveau de chômage tres bas
a écrit le 14/12/2018 à 9:34 :
Il y a deux catégories de gilets jaunes : a) les gens qui travaillent dur et qui n'arrivent plus à joindre les deux bouts : ceux-là, on les comprend et tout le monde veut que le gouvernement les aide, parce que c'est son boulot, et au nom de l'Egalité, et de la Fraternité. Et puis il y a b) les retraités qui s'agitent parce qu'ils meurent d'ennui, les aigris, les révolutionnaires en peau de lapin, et les apprentis dictateurs : ceux-là, on leur dit M… ! au nom de la Liberté.
Réponse de le 14/12/2018 à 11:38 :
j'espère pour vous que lorsque vous aurez 50 ans ou + vous ne tomberez pas au chômage ! les retraités ont souvent des activités après 62 ans mais elles sont bénévoles ce qui n'améliore pas leur pouvoir d'achat. Ils ne meurent donc pas d'ennui mais n'arrivent pas à boucler leur fin de mois ! Votre commentaire est déplacé.
Réponse de le 14/12/2018 à 14:51 :
Si ils travaillent, c'est leur patron qui doit les payer correctement, ce n'est pas à l'Etat de le faire (fonctionnaires excepté bien sûr)!!! Les retraités peuvent avoir des retraites faibles , mais comme la plupart ont eu une vie professionnelle normale ayant exercé une activité durant les 30 glorieuses où le chômage était faible, on peut se demander en fait qui sont ils réellement? Pour quelles raisons n'ont ils pas cotisé ou mal? Des patrons mal intentionnés qui n'ont pas réellement envoyé leur dû aux différentes caisses, des passages aux caisses des indépendants en ayant "oublié" de cotiser? ce sont surtout les femmes qui sont dans ces situations dramatiques d'autant qu'elles ne disposent que d'une pension de réversion.
a écrit le 14/12/2018 à 9:10 :
Ce n'est pas en mettant des niches fiscales sur les heures sup et les primes que nous allons resoudre le probleme en plus on augmente les inegalites PAR contre on maintient les privileges elus,anciens presidents; ministres Le mille feuille administratif , agence d'etat etc
a écrit le 14/12/2018 à 7:46 :
Il y aura du chomage tant qu'on appliquera pas la note n°6 du CAE, page 12. Qui le comprendra?? Et en plus, on augmenterait le pouvoir d'achat.
Réponse de le 14/12/2018 à 7:52 :
"Et en plus, on augmenterait le pouvoir d'achat. " On a vu effectivement ce que donne l'application de cette note. La taxation de l'énergie a tout du mauvais impôt : assiette étroite, taux faramineux.
Réponse de le 14/12/2018 à 16:33 :
Votre taxation de l'énergie qui est zéro taxée, on a compris que le pouvoir d'achat y gagne et l'emploi aussi : carbur, électr, gaz, fuel…..
Réponse de le 15/12/2018 à 9:02 :
Attention, il y a deux mesures; augmenter le prix de l'énergie ET réduire le cout du travail, à niveau constant. Cela correspond à la notion de "double dividende" utilisée par Mireille Chiroleux Assouline. C'est effectivement difficile à comprendre et surtout à expliquer.
a écrit le 14/12/2018 à 5:53 :
Le chômage de masse a commencé sous la Présidence de Giscard, suite aux chocs pétroliers où le taux a dépassé les 3% incompressibles. Le traitement a été d’une part de mettre à la retraite anticipée les plus « vieux », privant ainsi le pays de gens expérimentés, alors que les lycées professionnels (C.E.T. à l’époque) ne trouvaient pas d’enseignants qualifiés pour former les élèves aux métiers dont les entreprises avaient besoins. Pensant probablement que ce phénomène était éphémère, le chômage a été largement indemnisé, sans contrepartie de la part des demandeurs d’emplois. La gauche est arrivée au pouvoir… Elle ne pouvait philosophiquement pas changer de cap... Le travail au noir n’était pas sanctionné, il était même suggéré… Les pouvoirs successifs jouant la carte de la paix sociale.
Pendant ce temps, la France perdait peu à peu ses marchés protégés des anciennes colonies et les progrès technologiques étaient tels (numérisation des outils, informatique, nouvelles formes de managements, agressivité commerciale de pays comme le Japon…), qu’il fallait traiter le moyen de renflouer les caisses de l’Etat (privatisations de St Gobain, BNP,…), et d’organiser ce chômage de masse en créant l’ANPE… Bref, de « professionnaliser le chômage.
L’article, le démontre bien lorsqu’il développe le problème du chômeur sans emploi depuis plusieurs années. Celui-ci devient parfois même un professionnel de l’aide publique… Où la somme des différentes aides dont il bénéficie sont si proches du salaire qu’il toucherait en travaillant, que plus rien ne le pousse à « traverser la rue » pour en trouver.
Ces aides sont tellement multiples et de sources tellement différentes (Etat, Région, Département, Communes, organismes sociaux…) et probablement ni interconnectées, ni mentionnées sur la feuille d’impôts, qu’on peut penser que les pouvoirs publics sont incapables de mesurer objectivement les ressources exactes de chaque bénéficiaire et d’en tirer des conclusions pour agir.
En attendant, ces millions de personnes en souffrance et l’argent dépensé pour les aider, pris sur les actifs, entraînent de multiples fractures sociales révélées par le mouvement des gilets jaunes. Elles sont tellement nombreuses que même les journalistes les plus impliqués n’arrivent pas à les formaliser.
Lorsque le Président Macron dit que c’est depuis 40 ans que le malaise existe, il a raison. Il en est victime, mais lorsqu’on devient Président, on hérite de l’actif, mais aussi du passif. Je crois qu’il vient d’en prendre conscience!
Réponse de le 14/12/2018 à 7:55 :
Un début de solution serait d'exiger un travail d'intérêt public en contrepartie de l'indemnisation du chômage. Voire des minima sociaux.
Réponse de le 14/12/2018 à 9:58 :
"Le chômage de masse a commencé sous la Présidence de Giscard, suite aux chocs pétroliers où le taux a dépassé les 3% incompressibles"

Choc petrolier en 1973 ,ce qui n'a pas empêché trois ans plus tard sous Giscard:

Le gouvernement Chirac ( le bruit et les odeurs ,quelques années plus tard dans les meetings,comme quoi ) autorise le regroupement familial sous plusieurs conditions (durée de résidence, ressources, logement, ordre public, santé). Cette décision est actée par un décret du 29 avril 1976 signé notamment par le Premier ministre, Jacques Chirac, et par le ministre du Travail, Michel Durafour 42 ans plus tard Giscard dans sa bio qui est sortie cette année :

" À ce moment-là, l'idée de réunir les membres d'une famille d'immigrés paraissait naturelle. Mais à l'heure où l'immigration explose dans le pays, elle pose question. Avec le recul, Valéry Giscard d’Estaing lui-même regrette cette initiative. «L’idée en soi était juste et généreuse […] Mais elle a été mal appliquée, et j’ai eu le tort de ne pas plus surveiller l’application ; j’en ai donc la responsabilité […] Nous visions le noyau familial tel que nous le connaissons et nous avons vu arriver des noyaux familiaux totalement différents », a-t-il ainsi déclaré".
Réponse de le 14/12/2018 à 10:43 :
Souvenirs! En 65 nous n'avions plus de dette et en 70 le secteur public pesait 19% des emplois et 25% de la richesse (Concorde, début du spatial, caravelle, nucléaire militaire, les grandes infrastructures..), les pouvoirs publics démarrèrent un audacieux programme nucléaire en réponse au choc pétrolier de 74. Après la guerre les grandes nationalisations spolièrent la bourgeoisie industrielle de ses biens ce qui à mon sens justifia peut être?? la privatisation de la création monétaire (loi dite Pompidou Rothschild) qui fut comme un petit vers dans le fruit dont les gigantesques conséquences se font sentir de nos jours par la disparition de cette puissance publique au profit du privé..Je pense que des historiens expliquent cela mieux que moi. Cette situation fut aggravée par une politique de disparition de l'industrie au profit des services : Eloge du carburateur de M.B.Crawford - Ed la découverte.
Réponse de le 14/12/2018 à 12:41 :
"Un début de solution serait d'exiger un travail d'intérêt public en contrepartie de l'indemnisation du chômage. Voire des minima sociaux. .."

Solution à quoi?
Surement pas au chômage de masse et de longue durée qui ne sera résolu que par la création de millions d'emplois.

Les emplois aidés qui sont des formes de travail d'intérêt public sont en passe d'être supprimés partout ou ce sera possible et les territoire zéro chômeurs en dehors d'un succès d'estime ne sont pas généralisés... forcément ça coute un peu d'argent public et il faut bien financer le CICE, la flat taxe et autres "babioles".
a écrit le 13/12/2018 à 20:47 :
On ne va quand même pas parler du chômage quand même!
Si les gilets jaunes savent bloquer des rond-points c'est qu'ils savent traverser la rue.
a écrit le 13/12/2018 à 20:45 :
quid du plan de formation de 15 milliards qui est en cours de négociation avec les régions, si je ne me trompe ?
on pouvait par ailleurs lire, le 22 septembre, dans Ouest France, que les entreprises du bassin rennais peinent à recruter dans tous les secteurs.
est-ce que la France se focalise trop sur les l'emploi qualifié et ne crée pas assez de jobs non qualifiés/sous-payés/très précaires comme dans les autres pays ?
en avril et septembre 2016, Le Figaro a fait des articles sur le fait que les entreprises avaient du mal à recruter en CDI car les chercheurs d'emploi tendent à préférer les jobs temporaires (parce-que mieux payés, notamment). la préférence pour l'emploi non permanent doit contribuer au taux de chômage.

sinon, pour info, un article de ce jour sur les fortes inégalités territoriales d'activité économique aux USA :
https://www.cbsnews.com/news/half-of-america-hasnt-recovered-from-the-recession/
les créations d'entreprises et d'emploi sont concentrées dans un nombre limité de territoires.
a écrit le 13/12/2018 à 19:05 :
va falloir arreter, la!
les gilets jaunes c'etaient des gens ulceres par les 30 cents que devait prendre en 2019 pour sauver les ours blancs, en depits des torcheres en russie et en afrique et en depit du charbon chinois
bref, ca aurait au moins sauve le deficit
mainetant c'est distribution de cadeaux, et chacun vient avec sa doleance sur le prix de la baguette a la boulangerie a cote, ou la longueur des vacances de printemps pour le petit dernier
a écrit le 13/12/2018 à 18:43 :
Pression sur l'emploi = pression sur les salaires = baisse de la consommation et tout ceci dans un schéma classique de forme automatisée donc en effet nos millions de chômeurs sont peut-être même la cause principale mais à long terme, le truc que les néolibéraux sont paramétrés à ne pas penser, trop fatiguant.

La précarisation du travail via des autoentrepreneurs misérables et des CDD non renouvelables va par ailleurs favoriser l’épargne, si c'est possible, et pas la consommation la non plus. La survie du citoyen n'est pas un phénomène favorisant l'économie d'un pays.

Mais le chômage permet de tenir les salaires bas et en néolibéralisme dans lequel hommes d'affaires et politiciens sont copains voir même ont un rapport de maitre à valet comme on le voit actuellement, ce sont les marchés financiers et donc la marge bénéficiaire de l'actionnaire qui décide.

Mais bon tant qu'on aura des flaques au lieu d'avoir des présidents de la république on aura du chômage de masse car ce que riche veut riche a en UE.
Réponse de le 14/12/2018 à 7:59 :
je ne suis pas convaincu qu'une économie fondée à l'excès sur la seule consommation soit durable ni tenable.
Réponse de le 14/12/2018 à 8:24 :
"je ne suis pas convaincu qu'une économie fondée à l'excès sur la seule consommation soit durable ni tenable. "

Oui vous êtes convaincu qu'il faut donner le maximum de fric aux banquiers afin que ceux-ci puissent s'évader fiscalement.

Bref je vous vois vous n'êtes qu'un obscurantiste.

SIgnalé.
Réponse de le 14/12/2018 à 12:50 :
Je ne vois pas sur quoi pourrait être basée une économie saine, si ce n'est sur le commerce et la consommation.

Le dernier volet restant est la finance et la dette. C'est un modèle possible (cf USA et Chine), mais je ne pense pas, au vu de l'histoire des crises du XXeme et XXIeme siècle, que ce soit un modèle durable et tenable.
Réponse de le 14/12/2018 à 13:07 :
Je ne suis pas convaincu que Monsieur Blasé soit Lemieux placé pour parler sur les thèmes économistes.
Je signale donc.
Réponse de le 14/12/2018 à 13:43 :
@ multipseudos: bien entendu je signale votre harcèlement.
Réponse de le 18/12/2018 à 10:45 :
Vu que je peux pas me débarrasser du boulet dois je commencer à vous harceler pour exiger le retrait de mon commentaire ?

ON est chez les fous là oui, mais ça vient pas de moi les gars c'est juste votre mode de fonctionnement qui tombe sur un os légitime.

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