"La France déteste qu'on la force", répond Sapin à Schäuble

Le ministre français des Finances et les politiques de tous bords ont été exaspérés par les propos du ministre allemand, qui a déclaré jeudi que "la France serait contente que quelqu'un force le Parlement" à adopter de dures réformes.

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Le vocabulaire de la punition, de la sanction, de la contrainte, c'est ce qui fait détester l'Europe, a encore déclaré le ministre français.
"Le vocabulaire de la punition, de la sanction, de la contrainte, c'est ce qui fait détester l'Europe", a encore déclaré le ministre français. (Crédits : PHILIPPE WOJAZER)

"La France serait contente que quelqu'un force" son Parlement à réformer. Par ces mots, le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble s'est attiré l'ire de la classe politique française. Les partis de gauche et d'extrême droite français ont condamné vendredi 17 avril ses déclarations.

Le ministre des Finances Michel Sapin, qui assisté également à Washington à des réunions du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, a assuré à l'AFP que "la France déteste qu'on la force".

"Le vocabulaire de la punition, de la sanction, de la contrainte, c'est ce qui fait détester l'Europe", a encore déclaré le ministre français.

"Connaissant bien Wolfgang Schäuble, c'était plutôt une forme d'encouragement", a conclu Michel Sapin sur le ton de la plaisanterie.

Quelques heures plus tôt, sur le réseau social de microblogging Twitter, le patron du parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis s'était lui exclamé :

"Bismarck d'opérette"

Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche (extrême gauche) à la présidentielle de 2012 a a de son côté estimé dans un communiqué que Wolfgang Schäuble, qu'il a qualifié de "Bismarck d'opérette" sur Twitter, devait "présenter des excuses au peuple français". Il s'était déjà fait remarquer en décembre en demandant sur le réseau social à la chancelière allemande Angela Merkel de "la fermer", après les déclarations de cette dernière concernant un manque... de réformes en France et en Italie.

Le vice-président du Front national (extrême droite) Florian Philippot a estimé de son côté dans un communiqué que les déclarations du ministre allemand "compromettent gravement l'honneur de notre pays" et "laisse apparaître un visage hideux : celui de la haine des peuples et de la Liberté".

(Avec AFP)

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