"La place des partenaires sociaux dans les réformes est insuffisante", déplorent les économistes

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Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes
Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes (Crédits : DR)
Une trentaine d'économistes réunis à Aix-en-Provence ont appelé dimanche le gouvernement à ne pas négliger les partenaires sociaux lorsqu'il entreprend des réformes.

"Nous pensons que la place des partenaires sociaux dans les réformes mises en œuvre aujourd'hui est insuffisante et nous souhaitons leur redonner toute leur place, notamment dans la réforme de l'assurance-chômage et celle des retraites", ont déclaré les membres du Cercle des économistes, dont certains ont inspiré la politique économique d'Emmanuel Macron, à l'issue des 19è Rencontres économiques d'Aix.

"On ne peut pas capter la discussion sociale uniquement au niveau de l'Etat", a insisté Jean-Hervé Lorenzi, président de ce cercle, en précisant dans son discours de clôture qu'il s'agissait "d'une légère critique adressée à notre gouvernement".

"Renouer avec le lien social"

Pour "renouer le lien social" dans la foulée du mouvement des "gilets jaunes", le Cercle des économistes, qui réunit une trentaine de chercheurs, souhaite l'organisation de "conventions citoyennes de manière régulière, en incluant le tirage au sort et avec présence obligatoire".

Les fractures sociales, l'urgence d'une transition écologique face au réchauffement climatique et les risques liés à la surpuissance des géants du numérique ont figuré au cœur des débats qui ont réuni près de 300 intervenants sur trois jours.

"Nous ne souhaitons pas que le monde soit dirigé par une vingtaine d'entreprises technologiques", a expliqué Jean-Hervé Lorenzi, alors que la déclaration demande un débat sur la possibilité de démanteler les groupes monopolistiques, comme cela existe aux Etats-Unis, ainsi qu'une convention internationale sur la cybersécurité.

Les économistes proposent aussi "une Europe des projets" comprenant la création d'une agence franco-allemande pour les innovations de rupture, sur le modèle de la Darpa américaine (l'agence de recherche technologique du Pentagone), et le lancement d'un grand emprunt en euros".

Ce dernier "pourrait être utilisé en faveur de la transition énergétique" et servirait au passage à accroître le rôle de la monnaie unique dans les échanges internationaux, encore dominés à 70% par le dollar, justifient-ils.

Augmentation de la taxe carbone

Pour lutter contre le réchauffement de la planète, les économistes (reprenant une position du président de la République) plaident pour "un prix plancher sur le marché européen du carbone", et souhaitent que ce prix connaisse "une augmentation progressive mais définitive".

Enfin, ils veulent que l'accord de libre-échange entre l'UE et le Mercosur, très contesté à cause de ses conséquences potentielles sur le climat et les agriculteurs, "fasse l'objet d'une ratification par les Parlements des États membres, en plus du vote au Parlement européen".

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Commentaires
a écrit le 08/07/2019 à 12:22 :
Les économistes de gauche requièrent la participation des partenaires sociaux de gauche : comme c'est bizarre . . .
a écrit le 08/07/2019 à 10:40 :
Les partenaires sociaux? Quel numéro de téléphone? Les mammouths de l'après guerre n'ont pas su ou voulu s'adapter aux évolutions de la société..Résultat: les soviets en jaune.
a écrit le 08/07/2019 à 9:40 :
Les partenaires sociaux complices sont inexistant car remplacer par le GJ chaque samedi!
a écrit le 08/07/2019 à 9:20 :
Les partenaires sociaux à savoir les spectateurs de l'effondrement des conditions de travail et des salaires.

Macron peut se passer de votre hypocrisie puis ça vous permettra peut-être de faire revenir.

"Nous ne souhaitons pas que le monde soit dirigé par une vingtaine d'entreprises technologiques"

TU m'étonnes il n'y en a aucune européenne !

OLigarchie européenne dégénérée campée sur ses seuls intérêts condamnée de ce fait à décliner.

Et au lieu de faire revenir l'argent de l'évasion fiscale afin de relancer l'économie qu'est-ce qu'on fait en UE ? On pleure, on chouine, on se plaint sans arrêt...
Réponse de le 08/07/2019 à 12:30 :
Un ponx occupe la place de 2 ou 3 citoyens du secteur civil . . . Je n'ai jamais vu un fonctionnaire être vendu à l'export ! Ça se saurait !
a écrit le 08/07/2019 à 8:58 :
Sachant que les "partenaires sociaux" ont une représentativité insignifiante, je ne vois pas avec quelle légitimité démocratique ils pourraient s'exprimer. Les gilets jaunes ont obtenu plus de résultat en quelques semaines de mobilisation que tous les collaborateurs sociaux en quelques années. Tant qu'il n'y aura pas de régulation significative des marchés financiers, aucune confiance ne pourra être rétablie. Tout est sérieusement régulé dans notre système, sauf la finance qui fait de la politique en se permettant de détruire l'économie de certains pays.
Réponse de le 08/07/2019 à 18:08 :
"Sachant que les "partenaires sociaux" ont une représentativité insignifiante"

Un peu plus quand même en effectif que les partis politiques.Les évolutions récentes du marché du travail ont ainsi pu jouer un rôle dans l'affaiblissement des structures syndicales.comme le 1% seulement des salariés en intérims et 2% chez les salariés en CDD,ou les secteurs difficiles par exemple ,4,1% seulement des salariés étaient syndiqués dans le secteur de l'hôtellerie et de la restauration .Sans oublier , les échecs successifs des syndicats face aux gouvernements de Nicolas Sarkozy, François Hollande comme Emmanuel Macron ont pu décourager les salariés.
a écrit le 08/07/2019 à 8:50 :
Des explications complexes, une amorce de débat idéologique bien franchouillard, et, hop!, voilà comment on noie le poisson quand on est économiste.
Et pourtant, le problème est bien là : les déficits sociaux mettent la solidarité en péril.
Et le gouvernement s'en occupe, puisque les économistes, qui parlent si bien, ne le font pas.
a écrit le 07/07/2019 à 23:54 :
Les réformes dont ce gouvernement se vante se rapportent à des domaines qui ne sont pas de son ressort; comme ses prédécesseurs, il s'arroge le droit de se substituer aux partenaires sociaux; le problème de la France est celui du coût du travail, que les précédents gouvernements ont largement contribué à alourdir en espérant la divine surprise de la Reprise. Le fonctionnement foireux de la République française ne permet pas d'espérer une amélioration de la situation: imaginez-vous la prime aux résultats pour nos élus? Imaginez-vous, il est vrai, un Bernard ARNAULT prétendre à un ministère ou même à la présidence de la république?
a écrit le 07/07/2019 à 18:50 :
Si les partenaires sociaux ont moins de place qu'avant, c'est peut-être parce que la gestion paritaire a fini par planter les caisses de retraite et l'assurance chômage, qui sont grave en déficit.
La vérité, c'est que ces gens là n'ont pas bien travaillé, éventuellement avec la meilleure volonté du monde, et que le gouvernement reprend la main, puisqu'il y a un problème à résoudre.
Ce n'est pas plus compliqué que cela, et Mr Lorenzi et les autres économistes dans leur tour d'ivoire pourrait faire l'effort de s'en apercevoir.
Après tout, c'est leur boulot.
Réponse de le 07/07/2019 à 20:41 :
La gestion paritaire n'est pas parfaite mais il n'en reste pas moins que c'est le gouvernement qui décide des budgets de fonctionnement, des taux de prélèvement sociaux, de la création d'une dette sociale (RDS...), des ages de retraite légaux et des trajectoires budgétaires.

Si le gouvernement de Macron reprend la main c'est parce qu'il a des projets très définis et politiquement très orientés.
Il veut réduire drastiquement la part des prélèvements sociaux obligatoires pour assurer une couverture "basique" et renvoyer aux assurances privées la couverture "de confort".
Avec toujours cet a priori fou parce que jamais réalisé: délivrons les riches du devoir de solidarité, et ils le rendront au centuple aux pauvres...

Idem pour l'assurance chômage et la retraite. Un couverture sommaire et trouée, qui sera sous contrôle de l'état (à commencer par le contrôle de l'argent des cotisations...). Et pour le reste, des assurances privées facultatives pour ceux qui peuvent.
a écrit le 07/07/2019 à 16:56 :
OUI ... mais ! L'économie punitive ne marche pas. Ne pas confondre "taxes" et alternatives crédibles , pour le même "prix"!
a écrit le 07/07/2019 à 16:37 :
Une "réforme" n'est pas une adaptation, c'est une idéologie, il est compréhensible que l'on soit méfiant!
a écrit le 07/07/2019 à 15:48 :
Peut on déplorer la place des économistes d'écoles très incertaines dans les reformes? Même s'ils sont de bons élèves. De théories il ne faudrait jamais faire des dogmes.


Ca va ça, ça passe?

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