LA TRIBUNE - Vous posiez vous-même la question en mai sur votre blog : « Baisse des prix à venir, oui mais quand ? » Y voyez-vous plus clair aujourd'hui sur le « pic » de l'inflation et, surtout, la baisse des prix pour les consommateurs ?
MICHEL-EDOUARD LECLERC- Beaucoup de confusion d'abord sur ce sujet si important pour les Français ! La grande hausse des prix alimentaires atteindra effectivement son pic dans les mois à venir. Les 17% de hausse des prix résultent de l'application des accords commerciaux négociés en mars. Les distributeurs ont échelonné cette répercussion, selon leur concurrence locale ou nationale. On arrive au bout. Donc au deuxième semestre, normalement, après le pic de l'été, nous aurons un reflux de l'inflation générale. Mais attention, la baisse de l'inflation ne veut pas dire qu'il y aura réduction des prix. Pour les consommateurs, il faudra encore patienter quelques mois... Cet été, il n'y aura ni grand soir de la baisse des prix, ni septembre vert.
N'est-ce pas incompréhensible pour les consommateurs ?
Oui, mais la contradiction se situe au niveau des pouvoirs publics. La loi française organise les discussions entre industriels et grands distributeurs au cours d'un cycle annuel. Normalement, il n'y a pas de dérogation. Il y a même des contentieux quand on ne respecte pas cette règle. Mais l'année dernière, contre toute attente, le gouvernement a ouvert la boîte de Pandore en autorisant à renégocier à la hausse, jusqu'à trois ou quatre fois de suite les tarifs, ce qui a abouti à quelques hausses vertigineuses, jusqu'à 30% pour les huiles, les pâtes, etc.