Le gouvernement veut baisser l’indemnisation des arrêts maladies pour les fonctionnaires
latribune.fr
Le ministre de la Fonction publique, Laurent Marcangeli, a détaillé ce mercredi les mesures souhaitées par le gouvernement pour faire des économies (photo d'archive).
Le gouvernement prévoit plusieurs mesures d'économies sur la fonction publique en 2025, comme l'a confirmé le ministre de la Fonction publique Laurent Marcangeli ce mercredi. Parmi elles, la baisse de l'indemnisation des arrêts maladies, qui passerait de 100% à 90%.
La fonction publique ne sera pas épargnée par les mesures destinées à renflouer les caisses de l'État en 2025. Laurent Marcangeli, le ministre de la Fonction publique, les a détaillées ce mercredi au micro de RTL. Ainsi, le gouvernement a décidé de réduire l'indemnisation des arrêts maladies pour les fonctionnaires.
« L'indemnisation des agents publics en arrêt maladie va baisser, nous passons de 100% à 90% », a-t-il déclaré. Et d'ajouter : « C'est un amendement qui a été voté au Sénat et que j'ai défendu ».
Autre mesure : le gel de la valeur du point d'indice sur l'année 2025, mécanisme qui sert au calcul du salaire de base des fonctionnaires. « Nous ne sommes pas en capacité aujourd'hui de [l']augmenter », a justifié le ministre. La dernière revalorisation remonte à 2023. Elle avait été de +1,5%, après +3,5% l'année précédente et douze ans de gel quasi ininterrompu. Des hausses jugées d'ailleurs insuffisantes par les syndicats dans un contexte où l'inflation moyenne a oscillé autour de 5% en 2022 et en 2023.
Enfin, les fonctionnaires devront aussi faire l'impasse sur la Garantie individuelle du pouvoir d'achat (Gipa). Cette prime, instaurée en 2008, a pour but de garantir aux agents publics le maintien de leur niveau de rémunération lorsque leur traitement indiciaire a évolué moins vite que l'inflation sur une période de quatre ans. « Elle n'a pas été versée en 2024 et il n'est pas prévu de la verser en 2025 », a précisé Laurent Marcangeli. Au moins 188.000 agents en avaient bénéficié en 2023 pour un montant annuel moyen de 663 euros, selon un rapport de la direction générale de l'administration et de la fonction publique (DGAFP) datant de novembre dernier.
Économies à la clé
En termes d'économies budgétaires, ces mesures représenteront « 800 millions d'euros pour le non-versement de la prime Gipa et 900 millions euros pour les 90% de versement (d'indemnités) pour les personnes en maladie ordinaire », a indiqué Laurent Marcangeli.
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« Par ailleurs vous n'avez pas de mesures catégorielles sur l'année, qui coûteraient quelques centaines de millions d'euros, et la non-revalorisation du point d'indice, si on revalorisait le point d'indice, cela coûterait à peu près 3 milliards d'euros », a ajouté le ministre.
Il faut dire que le gouvernement de François Bayrou envisage un effort budgétaire important pour cette année 2025. Il est chiffré à plus de 50 milliards d'euros, dont environ 32 milliards via des mesures d'économies (le reste provenant de recettes supplémentaires). Objectif : ramener le déficit public à 5,4% du produit intérieur brut (PIB), contre 6,1% estimé pour 2024.
Reste que ces nouvelles mesures ne semblent pas de nature à redorer le blason de la fonction publique, qui attire de moins en moins les candidats. Un rapport de France Stratégie, organisme de conseil placé auprès du Premier ministre, a même averti début décembre d'un « risque d'aggravation » du phénomène si rien n'est fait dans les années à venir. Parmi les facteurs répulsifs : la rémunération des agents publics jugée insuffisante.
D'autres mesures bel et bien abandonnées
La situation aurait toutefois pu être pire pour les fonctionnaires. Laurent Marcangeli a confirmé l'abandon de certaines mesures souhaitées par le précédent gouvernement de Michel Barnier. Notamment le fait de passer à trois jours de carence pour les agents en arrêt, contre un actuellement. « On ne reviendra pas là-dessus », a assuré le ministre. Il a également confirmé que l'exécutif renonçait à la suppression de 4.000 postes dans l'Éducation nationale, mais souhaité le maintien de la création de 2.000 postes d'AESH (accompagnants d'élèves en situation de handicap).
Ces dernières décisions ont été prises par le Premier ministre François Bayrou dans le cadre de ses concessions au Parti socialiste (PS) pour tenter d'obtenir un accord de non-censure sur le budget. Rien ne lui garantit toutefois qu'il échappera au renversement, comme son prédécesseur.
Alors que des négociations étaient en cours, le parti à la rose a annoncé s'en retirer ce mardi en fin d'après-midi. En cause : le durcissement des discours et des mesures de l'exécutif sur le sujet sensible de l'immigration. Une situation qui assombrit l'issue du projet de budget 2025, qui est d'ailleurs déjà menacé de censure par La France insoumise et les Écologistes. Mais attention : si « on n'a pas de budget, alors aucune des décisions nouvelles qui ont été annoncées ne peut être remplie », a rappelé lundi François Bayrou. Ce qui vaut pour les « bonnes » comme pour les « mauvaises ».