Le programme du Front national est-il similaire à celui du Programme commun des années 1970 ? (4/5)

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Difficile de comparer, comme l'a fait le président du Medef, le programme économique du Front National avec celui du programme commun PCF/PS des années 1970. Une époque ou l'euro n'existait pas.
Difficile de comparer, comme l'a fait le président du Medef, le programme économique du Front National avec celui du programme commun PCF/PS des années 1970. Une époque ou l'euro n'existait pas. (Crédits : DR)
Pierre Gattaz, président du Medef, a comparé, comme d'autres avant lui, le programme économique du Front national à celui du Programme commun de la gauche des années 1970. La comparaison est-elle justifiée?

Mardi 1er décembre, dans un entretien au quotidien Le Parisien, le président du Medef Pierre Gattaz a jeté un pavé dans la mare en déclarant :

« Je ne m'exprime pas sur la politique mais sur le programme économique du Front national. Et là, je dis attention, car il me rappelle étrangement le Programme commun de la gauche de 1981. Retour de la retraite à 60 ans, augmentation de tous les salaires avec notamment une hausse du smic de 200 euros, retour au franc, augmentation des taxes d'importation... C'est exactement l'inverse de ce qu'il faut faire pour relancer la croissance économique du pays. »


Déjà, on l'a un peu oublié, le dimanche 19 avril, intervenant sur Canal +, François Hollande lui-même avait lancé : « Mme Le Pen parle comme un tract du Parti communiste des années 1970 ».

Un petit jeu des comparaisons qui n'a pas épargné les rangs de l'ex-UMP dont plusieurs dirigeants, depuis quelque temps, attaquent le programme économique et social du FN, le qualifiant «d'extrême gauche ». Ce fût notamment le cas de Nicolas Sarkozy et de Jean-François Copé en son temps.

Mais où se situe la vérité ? Est-il exact que le programme économique et social du FN ressemble à celui du programme commun PS/PCF/PRG des années 1970 ? Tentative de réponse, bien qu'il soit très difficile d'établir un parallèle entre deux époques totalement différentes.

Le programme commun PC-PS a été signé en 1972

Sur le plan économique et social, dès 1972, le PCF et le tout nouveau Parti Socialiste, né au congrès d'Épinay un an plus tôt, ont signé un « programme commun » de gouvernement. Ils seront ensuite rejoints par les Radicaux de gauche (PRG).

La rupture de ce programme commun se produira en 1977 (voir ci-après la vidéo de l'INA avec Georges Marchais).

Le programme prévoyait ainsi des nationalisations :

«Pour briser la domination du grand capital et mettre en œuvre une politique économique et sociale nouvelle, rompant avec celle qu'il pratique, le gouvernement réalisera progressivement le transfert à la collectivité des moyens de production les plus importants et des instruments financiers actuellement entre les mains des groupes capitalistes dominants.»

Un programme qui, malgré la rupture de 1977, sera de fait en partie appliqué à l'arrivée au pouvoir de François Mitterrand en 1981.

Mais que dit le parti de Marine Le Pen en 2015 ? Le FN propose juste de nationaliser les entreprises en difficulté - il évoquait Florange, PSA, etc. -, les sociétés d'autoroutes et « temporairement » le secteur bancaire « pour assainir les pratiques bancaires ».

Le programme est donc nettement moins ambitieux que celui du PS-PC qui visait des pans entiers de l'économie.

Il y a d'autres points communs entre les deux programmes... Mais ce n'est pas réellement une surprise sur certains sujets.

Ainsi, sur le pouvoir d'achat, quelle formation politique ne va pas promettre de l'améliorer? Dans les années 1970, le programme PS-PC ne voulait plus aucun salaire à temps complet au-dessous de 1.000 francs, mais n'évoquait pas de baisses de cotisations, peu à la mode alors. Le FN, lui, préconise d'augmenter de 200 euros les salaires inférieurs à 1,4 Smic, via une baisse des cotisations sociales salariales - constitutionnellement discutable - qui serait compensée par une cotisation sur les produits importés, soit, en fait, une TVA sociale.

Concernant la retraite à 60 ans, elle faisait partie des revendications PS-PC (l'âge légal de la retraite était alors fixé à 65 ans) et un retour à l'âge effectif de 60 ans pour liquider sa retraite est également mentionnée dans le projet du FN.

Le FN ne dit pas : "Au-dessus de 4 millions, je prends tout ! »

On peut également noter des similitudes en matière fiscale. Mais, là aussi, ce n'est pas étonnant puisque, en général tous les partis politiques prônent un allègement de l'impôt pour les moins favorisés et/ou les classes moyennes.

Ainsi, le FN souhaite une plus grande progressivité de l'impôt sur le revenu avec l'instauration de nouvelles tranches sur les hauts revenus.

Le projet PS-PC, lui, prônait des « allègements » pour la « population laborieuse » et Georges Marchais prétendait taxer à 100 % les revenus de plus de 40.000 francs. C'est le fameux « au-dessus de 4 millions, je prends tout ! » qui représente un programme nettement plus ambitieux.

Idem pour les entreprises, si le duo PS-PC voulait davantage taxer le « grand capital », le FN, lui, veut instituer une progressivité de l'impôt sur les sociétés et même imposer une taxe de 15% sur les résultats nets « des 50 plus fortes capitalisations boursières », taxe qui serait affectée à « une réserve spéciale de réindustrialisation ».

La question des frontières, celles de l'Europe, celles de l'Euro

Mais c'est sur la question des frontières en général et de l'Europe en particulier que la comparaison est la plus difficile à effectuer.

Au niveau de la politique monétaire européenne, les années 1970 peuvent être considérées comme préhistoriques. Il n'existait rien ou si peu. L'Union douanière a été créée en 1968, et, en 1972, il avait été institué le Serpent monétaire européen - ancêtre du Système monétaire européen - qui avait pour but de limiter à 2,25% les fluctuations des taux de change monétaires entre les pays membres de la Communauté économique européenne (CEE).

Le programme PS-PC n'était pas opposé au Marché commun; simplement, il préconisait d'œuvrer "pour l'instauration d'un contrôle des mouvements de capitaux dans le Marché commun afin de préserver celui-ci des courants spéculatifs et de faire obstacle aux prises de contrôle des secteurs vitaux de l'économie par des groupes multinationaux".

Plus généralement, au niveau mondial, rappelons que l'Organisation mondiale du commerce (OMC) n'existait pas (elle a été créée en 1995) et on ne parlait pas encore de "mondialisation des échanges". Le programme PS-PC préconisait le "développement - largement ouvert à l'échelle mondiale - des échanges et de la coopération [qui] correspond aux exigences du progrès économique et social".

Cependant, le programme s'autorisait une dose de protectionnisme :

«Le recours à des restrictions quantitatives et à une protection douanière renforcée sera réservé à des situations exceptionnelles le rendant nécessaire.»

En 2015, la donne a complètement changé : l'Union européenne et la zone euro ont été instituées, les droits de douanes ont été largement abolis ou, à tout le moins, abaissés.

C'est donc dans le contexte d'une économie française largement intégrée que le FN veut renouer avec un "protectionnisme stratégique qui sera ajusté, ciblé et flexible", via l'instauration de droits de douane « afin de rétablir une juste concurrence avec les pays dont l'avantage concurrentiel est issu du moins disant social et des manipulations monétaires ».

Mais c'est surtout sur l'euro que le Front national fait entendre sa différence avec ces préconisations:

« La France doit préparer, avec ses partenaires européens, l'arrêt de l'expérience malheureuse de l'euro, et le retour bénéfique aux monnaies nationales qui permettra une dévaluation compétitive pour oxygéner notre économie et retrouver la voie de la prospérité. Le couple franco-allemand doit jouer ce rôle moteur dans cette concertation et cet arrêt programmé de l'expérience de l'euro.»

Bien entendu, sur ce point, aucune comparaison n'est possible avec les années 1970. Outre l'inexistence de l'euro à cette époque, l'inflation forte rendait la pratique des dévaluations plus risquées, notamment pour le pouvoir d'achat, mais elle était courante, et la droite de gouvernement y recourait souvent également.

Le temps du "franc fort" attaché au mark ne viendra que dans les années 1980 et sera une des raisons de la rupture entre le PS et le PC. Le programme commun PS-PC des années 1970 s'occupe, du reste, assez peu de la question monétaire.

Après une longue période libérale,  le virage social du FN

Reste que, d'une façon générale, il est tout de même extrêmement difficile d'appréhender le programme social et économique du Front national.

Certes, depuis l'accentuation de la crise, ce programme s'est doté d'oripeaux sociaux pour mieux capter un électorat totalement désabusé par les partis classiques. Mais cette posture sociale est relativement récente.

Dans les années 1990, Jean-Marie Le Pen, alors président du FN, affichait au contraire un libéralisme économique à tout crin, voyant son modèle dans les politiques menées par Reagan aux Etat-Unis et Thatcher en Angleterre.

Le président d'honneur du FN a d'ailleurs régulièrement critiqué sa fille qui aurait trop cédé à la mouvance "chevénementiste", entrée relativement récemment au FN, et à l'origine de cet opportun virage social.

Mais différentes chapelles continuent de s'opposer au sein du parti. Et il y a une forte demande de réécriture - pour le modérer - du programme économique et social, notamment sur la question de l'euro. Donc, il reste difficile de s'y retrouver dans un programme un peu "attrape-tout".

L'irremplaçable rôle d'intégrateur du PCF

Enfin, il reste un point crucial, éthique même, à souligner. Et il n'est pas d'ordre économique.

A l'instar du Parti communiste d'antan, le FN se veut le parti des « petites gens », de ceux qui souffrent et subissent la crise. Or, le Parti communiste français des années 1970 avait peut-être tous les défauts du monde : il était stalinien, très fermé aux évolutions de la société, volontairement aveugle sur ce qui se passait derrière « le rideau de fer »... Mais il a joué un immense rôle d'intégration de la classe ouvrière à la nation. Les structures extrêmement délocalisées du PCF, présentes sur quasiment tout le territoire, ont permis à des milliers de personnes défavorisées de se former, de se doter d'une conscience politique, d'accéder à la culture, d'être fiers. Du fait de son implantation dans la population ouvrière - avec son important relais que constituait la CGT - , il a également permis à des milliers d'immigrés de s'intégrer dans la société française. Il tenait certes un discours de classe, mais pas de haine de l'autre.

Certes, en 2015, le Front national a su capter un électorat populaire victime de la crise. Mais il est loin, très loin, de se retrouver dans un rôle similaire à celui du PCF des années 1970.

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Pour aller plus loin:

[ VIDEO ] Mitterrand et Marchais signent le Programme commun (archives de l'INA, 1972)

[ VIDEO ] Georges Marchais rompt le Programme commun (archives de l'INA, 1977)

[ VIDEO ] Georges Marchais rompt le Programme commun (archives de l'INA, 1977)

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Commentaires
a écrit le 01/04/2017 à 21:40 :
Le FN veut nationaliser les grands secteurs clé de la Nation?
Interdire la peine de mort ou l'autoriser?
Faire entrer la citoyenneté en entreprise, comme les lois Auroux?
Réduire le temps de travail?
Alors c'est pareil? C'est quoi cette question?
Il faudrait comparer aux programmes Fillon, Macron...et là, il y a des rapprochements clairs
a écrit le 04/12/2015 à 8:19 :
Je suis démocrate Républicaine et Européenne.

Je ne voterai pas pour le FN ni pour aucun parti prônant la sortie de l’euro, pour une raison simple, j’appartiens à la classe moyenne, je ne suis pas riche, mes économies de toute une vie de travail sont placées dans l’assurance vie en unité de compte Euros pour améliorer ma retraite. J’appréhende une sortie de l’euro pas négociable, des dévaluations du franc pas maitrisées qui réduiraient à zéro cet effort d’épargne.

Je suis plus âgée que Madame Lepen je connais les méfaits des dévaluations a répétition avant le nouveau franc de De Gaule et après l’arrivée de la Gauche et des Socialistes en 80. L’avantage des augmentations de salaires est très éphémère tout de suite suivies d’une augmentation générale des denrées de première nécessité produites en France, il faut bien que tous bénéficient d’une augmentation. Je ne parle pas des produits importés, les ordinateurs les Smartphones, l’essence… qui atteindraient des prix inaccessibles…

Les taux d’intérêts augmenteraient aussi, je ne parle pas de la dette de la France, songez que l’Etat et les banques ont émis des obligations à 17% en 1981. Impossible pour un particulier d’obtenir un prêt pour le logement dont le prix double tous les 6 ans. A l’inverse sur le long terme le prix remboursé peut être compensé par la plus value immobilière. Les grandes entreprises ont cessé d’investir, on a assisté à une désindustrialisation, à l’augmentation du chômage, de la pauvreté, des régions entières sinistrées !

Je ne voterai pas pour le FN ni pour aucun parti s’engageant au retour de la retraite à 60 ans. C’est un engagement totalement démagogique en l’état de la démographie depuis la pilule en 1975 et du principe irréversible de la retraite par répartition. C’est prendre les électeurs pour des pingouins ! En 1940 on comptait 1 retraité pour 4 actifs en 2050 on comptera 124 cotisants pour 100 retraités insupportable ! Songez pour retrouver les conditions de la création du système 1 pour 4 il faudrait reporter l’âge de la retraite à 78 ans ! C’est inenvisageable. Pour autant le recul de l’âge de la retraite est inéluctable, avec une dose d’augmentation des cotisations, et un recul du niveau des pensions, panachage indispensable pour assurer la pérennité du système, chacun, actifs, employeurs, retraités prenant sa part du fardeau.

Je ne voterai pas pour le FN qui refuse l’immigration. C’est encore une position totalement démagogique au regard de la démographie, ou alors une incapacité à organiser notre futur. Du fait de la stagnation des naissances, et du départ progressif des papys boomers à la retraite, la population active ne progresse plus. Pendant que la population dans son ensemble passe de 62,16 millions en 2008 à 73,56 millions en 2060 la population en âge d'activité passe de 36,52 millions à 37,68 millions. Il apparait clairement que la France ne dispose pas d'une réserve d'actifs suffisante. Comme on ne peut espérer une reprise de la natalité qui comblerait le déficit dans un délai inférieur à 20 ans, La France devra nécessairement faire appel à l'immigration et ceci de manière d'autant plus urgente si la moindre reprise économique se profilait à l'horizon. Madame Merkel, dans une situation analogue ne tient pas un autre raisonnement. C’est difficile, long à organiser, on ne peut attendre la fin de la période d’essai souhaitée par les électeurs du FN.

Enfin, c’est une question d’éthique personnelle, Républicaine je me méfie des oligarchies familiales genre Syrie ou Corée du Nord. J’ai aussi du mal à accorder ma confiance à des personnes qui se font élire au parlement européen, alors qu’elles aspirent à détruire l’Europe.
a écrit le 03/12/2015 à 10:37 :
"Et là, je dis attention, car il me rappelle étrangement le Programme commun de la gauche de 1981".

Oui enfin, c'est surtout son père Yvon qui lui a rappelé car celui-ci était déja le patron du Medef de l'époque (CNPF) pendant la période Mitterrand.Qui a dit que la reproduction des élites n'existait plus ?
a écrit le 03/12/2015 à 9:46 :
un article dans ' challenges' il y a un an montrait que 80% du programme economique du fn etait celui de meluchard
pas etonnant vu que l'objectif du fn, c'est de lui piquer les voix des ouvriers... et ca marche.....
pour le reste, effectivement on a la chance d'avoir le resultat historique entre 1981 et 83, y compris des hausses d'impots qui ont suivi pour redresser le pays ( taxe a 70% a l'irpp), mais sur des seuils que la france a deja atteints ( taxe a 75% !!!!)
sinon, on a d'autres exemples: venezuela, argentine, etc... a la difference qu'ils ont des matieres premieres pour se procurer des devises... la france n'a rien
Réponse de le 03/12/2015 à 10:32 :
"un article dans ' challenges' il y a un an montrait que 80% du programme economique du fn etait celui de meluchard"

Depuis l'arrivée Philippot d'ailleurs car avant , le FN était plutôt de tendance libérale.
a écrit le 03/12/2015 à 7:52 :
La réponse au malaise de la société réside dans l'acceptation de déplacer le curseur sur plus de libéralisme économique afin de libérer la société, redonner le goût d'entreprendre, et de remettre la responsabilité individuelle à l'honneur. Les partis conservateurs comme le PS, les Républicains et le FN, ignorent cela par manque de courage.
Il est vrai que le FN du point de vue économique, n'est pas à la hauteur. L'immense majorité des électeurs du FN ne sont pas sensibles à l'économie seules les thèses nationalistes l'emportent.
Du point de vue économique le FN se rapproche du front de gauche.
Je dis donc aux électeurs qu'ils voteront contre l'UMPS et pour le FN de gauche.
a écrit le 02/12/2015 à 22:23 :
Hé les p'tit gars du PS et les gauchos, vous voulez voir le FN baisser et bien mettez vous au travail, arrêtez les copinages, ayez une conduite irréprochable et occupez vous des Français (pas que pour leur faire les poches) et de la France.
a écrit le 02/12/2015 à 22:15 :
Très drôle Gattaz, les licenciement augmentent à la même vitesse que la montée du FN. Il n'est nullement besoin d'en faire des tonnes. Un point c'est tout.
a écrit le 02/12/2015 à 21:27 :
Ma Gattaz me paraît peu crédible pour donner des leçons d economie : voilà plus de 40 ans que sa politique ultra libérale est mise en oeuvre et avec quel résultat ? Pauvrete accrue, violence en expansion, dégradation de la démocratie, radicalisation idéologique, surexploitation de la planète. Je n adhère pas aux idées de Marine Le Pen mais je pense que celles de Gattaz sont pires parce qu elles nous conduiront à des catastrophes sans précédents.
a écrit le 02/12/2015 à 20:08 :
Etat d'urgence du parti socialiste fin 2015 ? Similaire au programme de sécurité citoyenne du FN en 2014...
a écrit le 02/12/2015 à 19:40 :
En 81 nous n'étions pas dans la nasse de l'administration Bruxelloise et nous pouvions être en désaccord avec les USA! Maintenant pour s'en sortir il faut être plus subtil et jouer le jeu en attendant une issue!
a écrit le 02/12/2015 à 18:50 :
En 1981, j'avais 26 ans, ma génération n'avait connu que la droite,la campagne de peur développée par la droite n'a pas empêche les Français à l'époque de voter pour la gauche qui symbolisait l'espoir et le renouveau! Aujourd'hui, certes le contexte est différent mais le raz le bol est bien présent et la campagne de dénigrement orchestrée , par les vieux partis usés de droite et de gauche contre le Front national risque bien de produire l'effet inverse en 2015 voir demain en 2017!
a écrit le 02/12/2015 à 18:26 :
Si cela pouvait être vrai...Ce serait trop beau.
a écrit le 02/12/2015 à 17:35 :
Les Français n'ont rien à perdre en votant pour le FN, L'UMPS, 30 ans de pouvoir,
résultat 6 millions de chômeurs ou précaires, une dette abyssale, une désindustrialisation
inquiétante , une école déboussolée qui n'assimile plus les populations venant d'horizon
divers. Montée de la délinquance, fuite des jeunes vers l'étranger etc etc
Comment les politiques venant de l'UMPS peuvent-ils encore critiquer le FN ?
a écrit le 02/12/2015 à 17:25 :
Avant de me faire taxer de facho et compagnie, ce que je vais écrire n'a pas pour but de défendre le FN (même si je comprends aisément que cela puisse être interprété de cette façon par certains rageux/trolls). Je remets simplement en question le rôle des journalistes à la lecture de cette suite d'articles sur le programme du FN.

C'est en effet amusant de voir tant de journaux faire tout ce qu'ils peuvent pour détruire le FN et son programme. Même si je n'ai rien contre la presse engagée, là on est quand même à mon goût trop dans le militantisme...
Bref une fois les bases posées sur les grands principes, je me permets juste de donner mes quelques opinions sur votre travail de journaliste:

- Premier constat: vous n'auriez pas à vous abaisser à cette campagne anti-FN si les hommes politiques des partis conventionnels (avec qui vous déjeunez régulièrement, ce qui avouons le est idéal pour l'indépendance) faisaient leur travail et respectaient leurs promesses car le FN n'existerait tout simplement plus. Mais ca pour s'en rendre compte, faudrait arrêter le copinage... Au lieu de dire que ce que le FN propose est complétement ridicule, autant se demander pourquoi le FN en est à proposer ce genre de programme et surtout pourquoi il est devenu le premier parti de france avec ce même programme...

- En vous évertuant à démontrer que finalement le FN a des idées, certes d'un autre temps pour certaines (mais pas toutes selon vos autres articles) mais communes à celles des autres partis, ne faites vous pas en réalité sans le vouloir campagne pour le FN qui devient un parti comme les autres ? Dire que le FN a des idées du PS et des Républicains, c'est dire que le PS et les Républicains ont des idées du FN ce qui ramène donc le vote FN à un vote PS/Rép... je vous laisse suivre ma pensée

- Pour finir car je vois de là certains s'agacer, j'espère simplement que pour des raisons d'équité avec les autres partis, on aura droit d'ici ce weekend à un même passage au microscope du programme des autres partis et de leurs nombreuses incohérences (de la même façon que les mairies FN sont passées à la loupe quand on préfère tourner la tête pour ne pas voir ce qui se passe dans les autres mairies) --> ce n'est pas de la rhétorique: tous les élus devraient être suivis à la loupe et pas seulement certains, cela serait un cas de discrimination me semble-t-il, mais cela n'engage que moi.

Bref sans espérer voir mes commentaires pris en compte, ça fait quand même du bien de dire certaines choses
Réponse de le 02/12/2015 à 18:06 :
Monsieur,
Merci pour votre commentaire. Le FN est à la veille, sans doute, de diriger au moins une région (et sans doute plus) en France.
Aussi, il a semblé normal à un média comme La Tribune, spécialisé dans l'économie, de se pencher davantage qu'à l'ordinaire sur le programme économique de ce parti nouveau venu dans la gestion de grandes collectivités.
Rassurez-vous, chaque jour ou presque, La Tribune analyse également les propositions économiques et sociales des autres partis, comme le PS ou "Les Républicains. Vous pouvez vous référer à notre papier du jour sur le "contre choc fiscal " proposé par Nicolas Sarkozy ou à nos papiers, plus anciens, analysant le "pacte de responsabilité" proposé par le gouvernement Valls.

La Tribune est là pour délivrer des faits objectifs: faire connaître le contenu exact d'un programme et en faire l'analyse. Le citoyen est libre alors de voter en connaissance de cause. Nous n'avons pas la prétention avec nos articles de vouloir le faire changer d'avis. Nous informons, c'est tout. C'est notre métier.
Si vous jugez nos articles tendancieux ou mauvais - je rappelle que la consultation de La Tribune est gratuite - n'hésitez pas à aller sur des sites qui vous conviennent mieux.
Respectueusement et merci de nous avoir suivi... jusqu'ici.
a écrit le 02/12/2015 à 17:10 :
Je trouve que les articles qui tentent de descendre les propositions du Front National fleurissent sur ce site et aussi sur d'autres...
Bizarre, bizarre (je précise, je vote pourtant Modem)....
Réponse de le 02/12/2015 à 20:49 :
Je ne trouve pas que cet article "descende" les propositions du FN puisqu'il nous explique benoitement qu'en matière économique son programme est moins extrémiste que celui de la gauche au début des années 80... La vérité c'est que ce programme était déjà périmé il y a 35 ans, il est maintenant totalement anachronique.
a écrit le 02/12/2015 à 16:19 :
Le FN monte parce qu'il a un programme simple et lisible. Ce qui n'est pas le cas de la concurrence.
Réponse de le 02/12/2015 à 17:07 :
Un programme simpliste à la portée de ceux qui ne réfléchissent pas plus loin que le bout de leur nez. Mais les programmes de la gauche, notamment PCF des années 70 visaient clairement la même clientèle. Et qui a oublié les menées anti-immigrés du PCF dans ces années-là ?
Réponse de le 03/12/2015 à 10:50 :
"Et qui a oublié les menées anti-immigrés du PCF dans ces années-là ? "

Il y a eu effectivement l'histoire du bulldozer à Vitry s/seine dans les années 80 et un foyer de travailleurs immigrés.L'ensemble des partis politique de l'époque avait critiqué l'attitude de la municipalité communiste. Aujourd'hui , il suffit de sortir sur l'A86 a Vitry zone industrielle pour s'apercevoir très rapidement que ce foyer existe toujours avec une population multiplié par trois ou quatre.
a écrit le 02/12/2015 à 16:18 :
Ouf! A question stupide le journaliste est passé bien près d'une réponse en écho. Comment considérer une seule seconde de pareilles fadaises ? Que Gattaz en délire oubliant même l'histoire la vraie, que Hollande en panique après avoir usé toutes ses cartouches pense à cette énormité comme ultime rempart, soit, ce sont des politiques et l'on s'apperçoit bien cette fois qu'ils dérivent alors que nous les pensions crédibles, mais qu'un journaliste appuie de telles sottises est un affront à son journal. D'autant que le même continue de qualifier le Front National, le parti de Marine Le Pen, "d'extrême droite". La gauche est-elle d'extrême droite ?? Il faudrait se mettre d'accord ou éviter de telles inepties.
Réponse de le 02/12/2015 à 16:55 :
le parti NSDAP était un parti de de travailleur....
Réponse de le 02/12/2015 à 17:27 :
L'extrême-droite n'a en effet de droite que le nom.
La droite est represéntée par des notions de libéralisme et capitalisme.

Le FN est un parti nationaliste, qui séduit son électorat en lui promettant plus d'acquis sociaux (augmentation du SMIC retraite à 60 ans,...). Comme le PS somme toute. La différence est que pour le socialisme non extrêmiste, ces proposition sont pour tout le monde et que pour le FN cela ne concernerait que ce que ce parti appelle "Français"
Réponse de le 02/12/2015 à 20:39 :
@Morgan : oui, NSDAP = Parti National Socialiste des Travailleurs Allemands.
a écrit le 02/12/2015 à 16:12 :
Et la comparaison avec le NSDAP? on peut l'avoir car on s'en rapporche
Création de milice à Bezier. Attaque contre le planning familial
a écrit le 02/12/2015 à 15:56 :
Bel article. Merci !
Le PCF avait même une école en son sein pour former ses cadres, pour tirer des ouvriers au plus haut niveau des instances du parti. Ce parti avait quand même une cause et une identité, ce n'était pas surjoué comme le parti socialiste aujourd'hui.

Quand je vois maintenant que même le secrétaire du PCF est un fils de député, et le nombre ridicule d'ouvriers présents à l'Assemblée Nationale... Affligeant.

Gattaz, premier mendiant de France, ferait mieux de se taire.
a écrit le 02/12/2015 à 15:48 :
Pierre Gattaz, président du Medef, moi je compare les milliards, du crédit d'impôt sur les emplois "fictifs", que vous avez détournés aux aventures Ubuesques des avions renifleurs des années 1970. Voila ça c'est fait.
Réponse de le 02/12/2015 à 17:16 :
les entreprises seraient sans doutes ravies de renoncer aux soi-disant cadeaux des crédits d'impôts de tous ordres si leur taxation "de base" était ramenée à des niveaux plus comparables à ceux de leurs homologues européennes. Autre manière de dire les choses, les entreprises (allemandes, britanniques...) sont taxées 50, les entreprises françaises taxées 100. Ce n'est pas le fait de leur rendre 20 sous forme de crédit d'impôt qui arrange vraiment les choses (même si c'est mieux que de ne pas leur rendre). Le CICE a juste permis de ramener le coût horaire français juste en dessous (quelques centimes) du coût horaire allemand. Ce n'est pas ça qui permettra aux entreprises d'investir massivement pour rattraper des années de sous-investissement liées aux coûts salariaux beaucoup trop élevés (alors que, vu la gamme des productions françaises, ils devraient être 20 à 30% moins élevés que les coûts allemands, à peu près au niveau espagnol).

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