Le gouvernement va-t-il tenir ses promesses budgétaires en 2024 ? Rien n'est moins sûr. Pour éteindre la fronde des agriculteurs, le Premier ministre Gabriel Attal a finalement décidé de sortir le carnet de chèques après une première salve de mesures annoncée la semaine dernière. L'enveloppe des propositions annoncées ce jeudi devrait avoisiner les 400 millions d'euros selon un premier chiffrage de Bercy. Ce montant comprend les 150 millions d'euros de soutiens aux prélèvements obligatoires des agriculteurs et le coût de l'abandon de la détaxe sur le gazole non routier (GNR). À cette somme vont s'ajouter les remboursements partiels des taxes sur ce gazole chiffrés à 200 millions d'euros, a avancé le ministère des Finances.
En face, la FNSEA, principal syndicat agricole en France, a appelé à la levée des barrages. Mais les tensions sont loin d'être retombées et le malaise de la profession est toujours aussi profond. Malgré les aides européennes et les subventions de l'Etat, l'agriculture française subit de plein fouet les effets désastreux du réchauffement climatique et des tensions géopolitiques. Les représentants des agriculteurs ont annoncé qu'ils allaient être particulièrement attentifs dans les prochaines semaines sur les prix payés aux producteurs. Et ils ne veulent plus se contenter des promesses.
Dans ce climat de défiance, le gouvernement pourrait à nouveau devoir faire des rallonges budgétaires en 2024 pour les secteurs soumis à la fin progressive de la niche fiscale sur le gazole. Pour le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, la fin du « quoi qu'il en coûte » n'est peut-être pas pour demain. Depuis le printemps 2023, Bruno Le Maire ne cesse de marteler qu'il faut cesser d'ouvrir les vannes budgétaires. Mais le « quoi qu'il en coûte » est comme le sparadrap du capitaine Haddock du ministre des Finances. Il cherche à s'en débarrasser mais n'y arrive pas.