Le sexisme ordinaire au travail recule... lentement
Irène Frat
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Une femme sur deux se dit très affectée et a déjà connu un sentiment d'injustice, de colère ou d'humiliation.
Reuters
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Une femme sur deux se dit très affectée et a déjà connu un sentiment d'injustice, de colère ou d'humiliation.
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Y a-t-il des solutions pour tordre le cou au sexisme ordinaire en entreprise - celui qui consiste, en des propos, souvent considérés comme anodins, des attitudes ou des décisions, à enfermer les femmes dans des stéréotypes de genre ? Oui, répondent les quelque 200 organisations - d'Axa à Engie, d'Orange à Fnac Darty, de Thales à la SNCF, de Sanofi à LVMH, Siemens et Sodexo, entre autres - employant plus d'un million de salariés, qui ont rejoint le collectif #StOpE (Stop au Sexisme dit Ordinaire en Entreprise), lancé en 2018 par Accor, EY et L'Oréal France. « Les grands groupes doivent donner l'exemple », tranche d'ailleurs Anne-Sophie Beraud, Senior Vice President, Diversity, Equity, Inclusion & Social Care au sein de Accor. Et ils peuvent même avoir une influence concrète, sur le terrain... Ainsi, « parmi nos 40 000 salariés, nombreux sont ceux qui travaillent chez des clients et ils sont invités à signaler des situations de sexisme ordinaire, aussi bien dans nos bureaux qu'en mission à l'extérieur », relève Eve Delahais, directrice RSE pour Capgemini France, entreprise qui a signé l'acte d'engagement #StOpE en 2019, après de premiers accords sur l'égalité professionnelle hommes/femmes, dès 2011.
Nouveau venu dans le collectif, le Crédit Mutuel Alliance Fédérale a signé en janvier dernier.
Le groupe, également membre de l'Association Française des Managers de la diversité (AFMD), a lancé une première action de sensibilisation. « Nous avons aussi déjà des référents harcèlement sexuel et nous allons approfondir leur formation notamment en matière de sexisme ordinaire », ajoute-t-elle. Ces premiers pas seront suivis d'autres.
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L'acte d'engagement que signent les organisations rejoignant le collectif - dont le but est aussi le partage de bonnes pratiques - consiste en effet à déployer huit actions prioritaires, dont, d'abord, afficher et appliquer le principe de tolérance zéro vis-à-vis de ce phénomène de société, qui touche évidemment aussi le monde du travail. « Et quand c'est le dirigeant qui le dit, les équipes suivent... », assure Brigitte Grésy, qui accompagne ces organisations, en tant que spécialiste des questions de sexisme au travail et également ancienne présidente du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes.
Irène Frat