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Les entreprises ont plus embauché que prévu en septembre, malgré une dégradation des conditions économiques

latribune.fr

Publié le 20 octobre 2023 à 12:09 - Mis à jour le 20 octobre 2023 à 18:13

Le nombre de déclarations d'embauche de plus d'un mois (hors intérim) a augmenté de 2,6% entre septembre et août et de 3,5% entre septembre et juin, a indiqué ce vendredi l'Urssaf.

Le nombre de déclarations d'embauche de plus d'un mois (hors intérim) a augmenté de 2,6% entre septembre et août et de 3,5% entre septembre et juin, a indiqué ce vendredi l'Urssaf.

Reuters

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Le mois de septembre a connu plus d’embauches que celui d’août et des trois précédents mois, indique l’Urssaf dans son dernier baromètre économique publié jeudi. Un phénomène qui détonne avec l’inquiétude ambiante d’une baisse de l’activité économique à venir.

L'emploi fait de la résistance. Alors que les nuages s'accumulent dans l'économie et que les entreprises commencent à montrer des signes de faiblesse, le nombre de déclarations d'embauche de plus d'un mois (hors intérim) a augmenté de 2,6% entre septembre et août et de 3,5% entre septembre et juin, a indiqué ce vendredi l'Urssaf, dans son dernier baromètre économique. Les embauches restent stables (+0,1%) au troisième trimestre. Pour rappel, ce chiffre était de +0,8% entre le premier et le deuxième trimestre.

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« Nous avons été agréablement surpris car nous nous attendions à un ralentissement mais, finalement, les données que nous avons recueillies ne sont pas si négatives. Nous voyons une bonne dynamique à court terme même si la tendance reste baissière par rapport à 2022, qui s'est avérée être une année avec beaucoup d'embauches », analyse Alain Gubian, directeur des statistiques de l'Urssaf, interrogé par la Tribune.

En effet, sur un an, les déclarations d'embauche de plus d'un mois ont diminué de 2,8% mais leur niveau reste néanmoins supérieur de 13,5% à celui du dernier trimestre 2019, juste avant le déclenchement de la crise Covid.

Reste que «cela montre une bonne résilience des entreprises qui ne perçoivent pas de signaux suffisamment négatifs pour freiner ou geler leurs projets d'embauche», ajoute le directeur des statistiques.

Une rotation vers le CDD

Le marché du travail n'est cependant pas immobile. Il effectue notamment une légère rotation vers les CDD, en septembre, dont le nombre augmente de 3 % sur un mois, et décroît de 1,1 % sur un an. Alors que le nombre de CDI n'augmente « que » de 2,3 % sur un mois et décroît, quant à lui, de 2,2% sur un an.

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Autre dynamique, le nombre des déclarations d'embauche de plus d'un mois s'accroît encore dans les entreprises de moins de 20 salariés (+0,7%) tandis qu'il diminue dans celles de plus grande taille (-0,3%), toujours au troisième trimestre. Par secteur, le nombre des déclarations d'embauche de plus d'un mois accélère dans l'industrie (+2,7% après +1,7% au trimestre précédent) alors qu'il est en repli dans le BTP (-1,1% après +1,7%). Il continue de progresser modérément dans le tertiaire (+0,6%, après +0,5%).

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Un chômage historiquement bas, mais qui tend à augmenter

Cette demande toujours croissante pour la main d'œuvre est l'une des composantes qui maintiennent un taux de chômage historiquement bas en France, à 7,2% de la population active au deuxième trimestre selon l'Insee, soit 2,2 millions de personnes.

Mais ce chiffre pourrait bientôt remonter. Ainsi, l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) affirmait le 17 octobre qu'après plusieurs années de baisses consécutives, les économistes s'attendent ainsi à un retournement en 2024. Au total, près de 53.000 postes pourraient être détruits l'année prochaine contre 140.000 créations en 2023, et plus de 500.000 en 2022 dans le sillage du rebond post-Covid.  Les statisticiens tablent sur une hausse du chômage rapporté à la population active de 0,7 point entre fin 2023 et fin 2024. Le taux au sens du Bureau international du travail (BIT) passerait ainsi de 7,2% à 7,9%.

Parmi les causes de ce possible retournement, l'OFCE estime que la fermeture du robinet des aides (chômage partiel, PGE, fonds de solidarité) et la moindre prise en charge des embauches d'apprentis devraient réduire le nombre de créations d'emplois. A cela, s'ajoute le resserrement de la politique monétaire qui assombrit les perspectives d'embauches des entreprises. Enfin, la mise en œuvre de la réforme des retraites depuis le premier septembre dernier va apporter plus d'actifs. Mais ce surcroît pourrait être difficilement absorbé par le marché du travail en période de croissance atone.

Des perspectives économiques qui s'assombrissent pour les entreprises

En effet, l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) a révisé à la baisse ses prévisions de croissance du produit intérieur brut pour 2024, à 0,8% contre 1,2% au printemps dernier. S'agissant de 2023, l'institut a très légèrement révisé sa prévision à la hausse à 0,9%, contre 0,8% en avril.

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Et ce ralentissement économique a déjà des conséquences sur la santé des entreprises. Ainsi, selon les chiffres d'octobre de la Banque de France, les défaillances dépassent de 61,9% leur niveau de 2019 pour les très petites entreprises (TPE, moins de 10 salariés), de 79,1% pour les petites entreprises (10 à 49 salariés), de 55% pour les moyennes entreprises (50 à 249 salariés) et de 92,6% pour les entreprises de taille intermédiaire (ETI) et les grands groupes. Cette hausse des faillites ne constitue cependant qu'un effet « rattrapage » selon l'institution, après la période de crise sanitaire où redressements et liquidations judiciaires avaient été limités par l'abondance d'aides publiques versées aux entreprises.

Reste que cette dégradation du tissu économique pourrait provoquer une baisse du nombre d'embauches, et in fine, une augmentation du taux de chômage, dans les prochains trimestres.

(Avec AFP)

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