Plan de relance : il faut conditionner les aides !, plaident syndicats et opposition

Absence de contreparties liées à l'emploi selon le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, "écologie laissée en plan" pour l'ONG Green Peace, ou à l'inverse "choc d'investissements verts" d'après l'eurodéputé LREM Pascal Canfin... Retrouvez, ici, les principales réactions au plan de relance de 100 milliards d'euros du gouvernement, présenté ce jeudi.
Il y a de la colère et le chômage pèse sur la tête de beaucoup de gens, a aussi estimé le syndicaliste, questionné sur le climat social actuel.
"Il y a de la colère" et "le chômage pèse sur la tête de beaucoup de gens", a aussi estimé le syndicaliste, questionné sur le climat social actuel. (Crédits : GONZALO FUENTES)

Alors que le plan de relance de 100 milliards d'euros pensé par le gouvernement comme une réponse à la crise provoquée par la pandémie et visant à "préparer la France de 2030" est dévoilé, dans les détails, ce jeudi, les réactions politiques et syndicales n'ont pas tardé.

À l'image de Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, qui, l'un des premiers, s'est exprimé sur ce plan. Ce dernier, estime-t-il, ne comprend pas de contreparties en matière d'emploi, tandis que le premier ministre Jean Castex a déclaré, ce jeudi sur RTL, que l'objectif était d'en créer 160.000 en 2021.

  • "On donne des sous et on verra ce qui se passe", déplore Martinez

"Toutes ces aides - ça fait beaucoup de milliards - ne sont pas associées à des contreparties, on donne des sous et on verra ce qui se passe", a dénoncé Philippe Martinez, numéro un de la CGT interrogé sur France 2, en regrettant l'absence d'annonces pour les salariés de "la deuxième ligne, je pense aux caissières, aux salariés des commerces, aux aides à domicile, agents de sécurité".

L'aide de 4.000 euros pour toute embauche par les entreprises d'un jeune de moins de 26 ans n'est "pas conditionnée à une embauche en CDI", a-t-il cité en exemple.

"On a donné de l'argent à Air France, à Renault, c'est quoi la conséquence? C'est des suppressions d'emplois. Ça va servir à ça les aides publiques?".

Lire aussi : La France soutient Air France à hauteur de 7 milliards d'euros : "ce n'est pas un chèque en blanc", dit Le Maire

  • Plus nuancé, le député Mathieu Orphelin s'inquiète lui aussi du manque de contreparties...

Matthieu Orphelin, député ex-LREM, co-président du groupe Écologie Démocratie Solidarité à l'Assemblée nationale, a loué auprès de Reuters un "effort important pour la transition écologique qui permettra de relancer de gros chantiers comme celui de la rénovation des logements". "C'est bien, poursuit-il, mais ça ne peut pas se limiter à deux ans, il faudrait le poursuivre pendant au moins dix ans."

Au sujet de la baisse annoncée des impôts de production, ce proche de l'ancien ministre Nicolas Hulot dit s'inquiéter du manque de contreparties :

"Nous sommes inquiets concernant les 20 milliards de baisse d'impôts de production, qui auraient dû selon nous être liées à des contreparties sociales, écologiques, fiscales et de relocalisation, au moins pour les 100 premières grandes entreprises."

  • ... tout comme le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure...

Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste (PS), dénonce également sur franceinfo l'absence de "conditions à la baisse de fiscalité pour les entreprises". "Ce qui ne va pas, explique-t-il, c'est le manque de contreparties [...]".

  • ... et le patron de FO, qui parle de conditionner les aides

Sur RTL, le secrétaire général de Force ouvrière (FO), Yves Veyrier a dit s'attendra à ce que les aides publiques soient conditionnées dans le cadre de la relance à "la création d'emplois et à une non-suppression d'emplois effectifs".

"Ce serait, a-t-il poursuivi, de l'eau dans le sable, sinon."

  • L'ONG Green Peace juge "l'écologie laissée en plan"

Autre réaction au détail du plan ce jeudi : celle de l'ONG environnementale Green Peace qui, dans un communiqué, déplore que l'écologie soit "laissée en plan".

"Malgré l'argent débloqué [30 milliards d'euros réservés à la transition écologique, Ndlr] Greenpeace France estime que ce plan est une occasion manquée de rompre avec une économie productiviste et fortement carbonée incompatible avec les objectifs fixés par de l'Accord de Paris. Greenpeace France dénonce notamment le greenwashing et les fausses solutions du gouvernement.", explique l'organisation par écrit.

  • Julien Bayou, chef de file des Verts, parle d'un "plan de relance à l'envers"

"Un plan de relance à l'envers, qui ne tire pas les leçons de la crise". Voilà comment qualifie le secrétaire national d'EELV Julien Bayou le plan présenté par le gouvernement Castex. "Les 30 milliards sont ponctuels, affirme-t-il, tandis que les cadeaux aux entreprises polluantes (20 milliards d'impôts de production) seront pérennes."

  • L'eurodéputé LREM Pascal Canfin se félicite d'un "choc d'investissements verts"

Une prise de position qui tranche avec celle de l'eurodéputé LREM Pascal Canfin, qui qualifie, sur Twitter, le plan de "choc d'investissements verts", qui permettra de "créer des emplois, d'accélérer la transition écologique et d'aligner notre économie avec l'Accord de Paris".

  • "Un bel élan à concrétiser !", s'enthousiasme la CPME

Dans un communiqué paru ce jeudi, la Confédération des PME (CPME) s'est réjoui de la baisse annoncée des impôts de production, qualifiée d'"avancée majeure réclamée de longue date" et qui permettra de renforcer la "compétitivité des entreprises françaises."

L'organisation salue également "l'effort financier visant à soutenir la relocalisation de la production industrielle", dont la réussite est conditionnée, notamment, à l'allègement des "contraintes administratives".

La CPME souligne, par ailleurs, "l'importance du plan jeune".

En bref, il s'agit, au sujet de ce plan, d'"un bel élan à concrétiser !", s'enthousiasme la Confédération.

  • L'U2P réclame la mise en place d'un "comité de suivi" du plan

"France Relance" ? Un "bon point de départ", estime, dans un communiqué publié ce jeudi, l'Union des entreprises de proximité (U2P), qui réclame pour autant l'instauration d'un comité de suivi afin de "vérifier l'efficacité des mesures et de s'assurer que l'ensemble des catégories d'entreprises, notamment les 3 millions d'entreprises de proximité [représentées par l'U2P, Ndlr] soient bien associées à la relance".

  • Le député LFI Adrien Quatennens raille l'action du gouvernement...

Sur Twitter, le député LFI Adrien Quatennens a accusé le président de la République de reprendre à son compte les idées de son parti, sans les appliquer réellement. "La planification, la relance à 100 milliards... et demain la 6e République ?! Si seulement #Macron pouvait reprendre les idées de la @FranceInsoumise pour autre chose que des effets d'annonce...", a ironisé le député sur le réseau social.

  • ... quand le porte-parole du RN attaque l'Europe

Invité de Sud Radio mardi, le porte-parole du Rassemblement national (RN) a jugé peu probable l'effort de relocalisation et de réindustrialisation souhaité par le gouvernement, tant que ce dernier doit rendre des comptes à l'Union européenne :

  • Le patron du PCF veut "contrôler l'utilisation [des] 100 milliards"...

Pas question de donner un blanc-seing au gouvernement pour le secrétaire national du PCF Fabien Roussel qui, dans un tweet, fustige le premier ministre Jean Castex, lequel "présente les 100 milliards comme un 'cadeau pour la France'". "Quand c'est notre argent, ce n'est pas un cadeau", poursuit le député :

  • ... tandis qu'Éric Woerth, député LR, pose la question du financement

"Est-ce que la relance n'est pas une bombe à retardement ?", s'est interrogé le député LR Éric Woerth au micro de Sud Radio. Il propose au gouvernement de présenter, en parallèle du plan de relance, un "plan de financement de tout ça".

"Même avec de l'argent pas cher, à un moment donné, il faudra bien rembourser", a-t-il fait remarquer.

  • Patrice Bessac, maire de Montreuil, lance un appel pour les "quartiers populaires"

"J'interpelle le Premier ministre Jean Castex sur les annonces de son plan de relance, a déclaré, sur Twitter ce jeudi, le maire PCF de Montreuil, Patrice Bessac. La Seine-Saint-Denis paie le lourd tribut de la crise sanitaire et économique. Soyez courageux, faites des annonces fortes pour les entreprises de nos quartiers populaires !"

Dans un communiqué, celui qui est également président de l'Établissement public territorial Est Ensemble appelle l'État à apporter une "aide concrète et immédiate" aux entreprises des quartiers populaires.

(Avec AFP et Reuters)

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Commentaires 13
à écrit le 04/09/2020 à 11:26
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En parlant de syndicat : Il est l'une des figures syndicales du combat d'Ascoval, l'aciérie de Saint Saulve dans le Valenciennois. Bruno Kopczynski, ancien élu CFDT, est soupçonné d'avoir détourné entre 300.000 et 400.000 euros du comité d'entrepr...

à écrit le 03/09/2020 à 20:59
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Il faudrait en effet conditionner les aides, notamment à l'engagement des syndicats de ne pas faire grèves dans les entreprises en difficulté pendant une période à déterminer. Il ne faut pas oublier que la SNCF, Air France ...sont aussi plombés par...

à écrit le 03/09/2020 à 19:55
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les syndicats ne cherche qu'un chose, se faire mousser mais quand le pays flanche, il n'ont qu'une envie, le faire couler avec leur combat d'arriere garde... martinez n'a jamais rien fait de ses dix doigts si ce n'est faire braire les entreprises......

à écrit le 03/09/2020 à 18:50
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Il est scotché au 19ème siècle La lutte des classes , l'URSS, etc le regard fixe , toujours en arrière. Que rien ne change, un système unique d'opposition systématique un credo, dépassé,

le 04/09/2020 à 10:19
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Logique, puisque le patronat est lui resté au 18ème siècle.La lutte des classes existe toujours et est encore plus d'actualité aujourd'hui ,même si certain tentent de l'effacer en faisant croire que l'on est tous potes.Le vote de classe existe aussi...

à écrit le 03/09/2020 à 18:50
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Pour Martinez, les aides doivent être versées en contrepartie de l'embauche d'ouvriers encartés à la CGT.

à écrit le 03/09/2020 à 15:50
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Ce pauvre Martinez et son organisation sont devenus des parasites sociaux : jamais contents et toujours dans l'opposition stérile !

le 03/09/2020 à 16:11
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Le gouvernement serait plus inspiré de classer la CGT et LFI comme organisations terroristes, ça permettrait d'avancer un peu dans ce pays de fous.

à écrit le 03/09/2020 à 12:22
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Il attend toujours le grand soir... à la soviétique.Jamais constructif. Triste analyse.

à écrit le 03/09/2020 à 11:48
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pour financer ca on peut commencer par confisquer les c hateaux et le parc immobilier des syndicats et les 30 milliards de la formation et je propose une taxe de reduction des inegalites, qui serait de 10% sur les salaires des fonctionnaires rentie...

à écrit le 03/09/2020 à 10:03
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"Toutes ces aides - ça fait beaucoup de milliards - ne sont pas associées à des contreparties, on donne des sous et on verra ce qui se passe", a dénoncé Philippe Martinez" Oui, comme le CICE qui a été pérennisé par ce gouvernement soit 20 milliard...

le 03/09/2020 à 18:19
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@ lachose ; Fonctionnaire peut être....Le pays brûle , l' urgent c' est de sauver des boites avec des milliards...Et ainsi minimiser le chômage cancer de notre société . Pour le CICE les entreprises Françaises sont les plus taxées au mon...

à écrit le 03/09/2020 à 9:44
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"pas conditionnée à une embauche en CDI" Vous avez laissé passer on ne sait comment les "CDI à missions" devant lequel le CDD passe pour une avancée sociale majeur.

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