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ÉconomieFrance

Croissance : dans cinq ans, où en sera la France ?

Photo de Fabien Piliu

Fabien Piliu

Publié le 12 juillet 2017 à 09:59 - Mis à jour le 12 juillet 2017 à 18:55

Le Quotidien Numérique

13 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Selon l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), le taux de croissance annuel moyen du PIB devrait atteindre 1,6% en moyenne en France entre 2017 et 2022.

Le quinquennat a à peine commencé que les économistes tentent déjà d'estimer les effets de la politique économique promise lors de la campagne présidentielle. Selon les prévisions de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) publiées mercredi, le taux de croissance annuel moyen du PIB devrait atteindre 1,6% en moyenne en France sous le quinquennat Macron.

Selon ses estimations, l'activité progresserait "dans une fourchette comprise entre 1,5% et 1,8% avec une accélération sur la période 2019-2020 avec la montée en charge des mesures fiscales et du plan d'investissement" de 50 milliards d'euros. Elle "ralentirait en 2021-2022 sous l'effet de l'intensification de la consolidation budgétaire au-delà de 2020". Si ces prévisions se réalisent, l'activité progresserait à un rythme bien plus élevé que lors du quinquennat précédent. En effet, entre 2012 et 2017, le PIB a augmenté de 1,04% en moyenne chaque année.

Des effets à court et long terme

Alors que le contenu de la réforme du marché du travail n'est pas encore connu, et ses effets potentiels encore moins, l'OFCE estime que cette accélération de l'activité permettrait de faire reculer le taux de chômage. Il passerait de 9,2 % de la population active en 2017 à 7,6 % en 2022.

"Il nous est difficile d'anticiper précisément les effets de la réforme du marché du travail. D'une part, le projet de loi d'habilitation n'est pas très informatif quant à ce que sera au final la réforme du marché du travail. De nombreuses pistes sont évoquées, mais le détail de chaque paramètre a son importance et il nous est, pour le moment, mal connu. Ensuite, en matière de réforme du marché du travail, la science économique ne nous instruit pas très précisément sur les effets que l'on peut attendre. La complexité d'une réforme du marché du travail et la contextualisation nécessaire ne permet pas une quantification, même approximative", indique l'OFCE.

L'Observatoire rappelle qu'une telle réforme n'a pas mécaniquement des effets immédiats. "De plus, on soupçonne que les effets seront longs à se manifester. Pour cette raison, cette réforme, pourtant emblématique et au centre de la stratégie du nouveau gouvernement, joue marginalement sur notre évaluation. Nous assumons cette limite, d'autant que nous avons intégré autant que nous le pouvions - c'est-à-dire lorsque des éléments empiriques même fragiles nous donnent un signe probable - les effets des réformes structurelles, notamment le plan de formation ou la baisse de l'impôt sur les sociétés. Ainsi, notre analyse fait la part belle à des effets de court terme (à travers la demande) ou, de plus long terme, à travers les effets d'offre (coût de production, coût du capital, investissement public)".

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De son côté, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT a un point de vue plus précis sur la question. Dans un entretien accordé à Paris Match, il estime que a réforme du code du travail ne créera pas massivement des emplois, ajoutant que les " verrous " à l'embauche souvent invoqués sont " surtout dans la tête " des représentants du patronat.

" A chaque fois, les responsables patronaux se sont livrés à une course à l'échalote pour demander davantage de souplesse et le chômage n'a pas baissé pour autant ", explique-t-il.

L'effet du CICE

Dans ce contexte de reprise, le situation des finances publiques s'améliorerait. "Le déficit public passerait de 3% du PIB en 2017 à 1,4% en 2022, avec une année 2019 où le déficit franchirait à nouveau la barre des 3% pour une année, atteignant 3,5% du PIB en raison de la transformation du Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) en baisse de cotisation", estime l'OFCE.

Cette transformation suppose en effet que, lors de l'année de transition, l'Etat aura à supporter à la fois la baisse de cotisations pour l'année en cours et le remboursement du CICE pour les précédentes, les créances pouvant être remboursées jusqu'à quatre ans après le versement des salaires.

Une baisse des prélèvements obligatoires

Rappelons que dans son document d'orientation budgétaire transmis mardi au Parlement, le gouvernement d'Edouard Philippe vise un déficit de 3% en 2017 et de 0,5% du PIB en 2022. Toujours selon l'OFCE, cette baisse du déficit entraînerait celle de la dette publique. Elle se maintiendrait aux alentours de 96% du PIB jusqu'en 2019, avant de commencer à décroître à partir de 2020, pour atteindre 92% en 2022.

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Quant aux prélèvements obligatoires, ils passeraient de 44,3% de PIB en 2017 à 43,6%, la principale mesure étant la suppression de la taxe d'habitation pour 80% des ménages dont le coût est évalué à 10 milliards d'euros (0,44 point de PIB) en régime permanent,  tandis que "les dépenses publiques se réduiraient de 2,3 points de PIB sur la période 2017-2022 et de 2,7 points de PIB, si on prend 2016 comme année de référence", selon l'OFCE.

Fabien Piliu

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