Quelles relations commerciales entretiennent la Grèce et la France ?

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La France a enregistré un excédent commercial bilatéral avec la Grèce de 1,5 milliard d'euros en 2014
La France a enregistré un excédent commercial bilatéral avec la Grèce de 1,5 milliard d'euros en 2014 (Crédits : Reuters)
La Grèce est l'un des rares pays avec qui la France affiche un excédent commercial. Une sortie de la Grèce de la zone euro pourrait mettre fin à cette « domination ».

En 2014, la France a accusé un déficit commercial de 53,8 milliards d'euros. Signe de sa perte de vitesse dans le domaine du commerce extérieur, elle affiche un déficit bilatéral avec la plupart de ses partenaires européens. Ce fut le cas, sans surprise, avec l'Allemagne, le premier exportateur mondial, avec qui la France enregistrait un déficit de 16 milliards d'euros mais aussi avec la Belgique (8 milliards d'euros), l'Italie (6 milliards d'euros), le Portugal (1 milliard d'euros) ou encore la Pologne (1,3 milliard d'euros). Avec l'ensemble des pays de la zone euro, le déficit s'élève à 38 milliards d'euros.

Avec la Grèce, la situation est différente. La France affiche en effet avec ce petit pays - son PIB ne représente que 2% du PIB de la zone euro - un excédent commercial bilatéral ! Il s'élevait à 1,5 milliard d'euros en 2014 selon les Douanes. Certes, cet excédent est une goutte d'eau par rapport aux 53,8 milliards d'euros de déficit constaté l'année dernière. Mais la balance commerciale tricolore est à ce point dégradée - elle est en déficit depuis 2003 - qu'il serait malvenu de se passer de cet avantage. Même minime. La Grèce reste, de loin, notre premier excédent commercial dans la zone euro, devant le Luxembourg (1 milliard d'euros) et le 2ème dans l'Union européenne, derrière le Royaume Uni (10,7 milliards d'euros), indique le Trésor.

Des exportations et des importations quasiment identiques

En 2014, les exportations françaises vers la Grèce se sont élevées à 2,1 milliards d'euros, soit 0,49% des exportations totales estimées à 427 milliards d'euros. La France exporte principalement de la viande, des préparations pharmaceutiques - ce sont en partie des transferts interentreprises -, des parfums, des produits de raffinage du pétrole, des produits sidérurgiques, chimiques et des véhicules automobiles.

Qu'importe-t-on de Grèce ? Devançant les préparations pharmaceutiques, l'aluminium est le premier bien que la France importe de Grèce. Viennent ensuite des produits agroalimentaires, essentiellement. Citons ce que les Douanes appellent les " autres préparations et conserves à base de fruits et de légumes ", les produits de la pêche et de l'aquaculture, les produits laitiers et fromages. Quelques produits industriels sont également importés, tels que des parfums, des produits de toilette, des articles de coutellerie et des produits du raffinage du pétrole. Au total, les importations de produits grecs ont légèrement dépassés 626 millions d'euros. On notera la similarité des produits exportés et importés.

Menaces sur l'excédent commercial

Cet excédent est-il menacé ? On peut légitimement l'envisager si la Grèce sort de la zone euro. En effet, en cas de Grexit, un double phénomène devrait découler d'un retour à la drachme ou de toute autre monnaie nationale grecque. Fortement dévalué par rapport à la monnaie unique, le niveau de la prochaine monnaie limiterait considérablement les importations. La priorité devrait être donnée aux importations de produits énergétiques, que la France n'exporte pas.

En revanche, choc de compétitivité oblige, les exportations seraient relancées, à condition que les partenaires commerciaux acceptent d'être payés avec la nouvelle monnaie grecque. Selon certains économistes, le gouvernement grec aurait déjà négocié un accord d'échanges de devises avec la Russie, qui lui fournirait les devises étrangères dont l'économie aurait besoin pour continuer à commercer avec le reste du monde.

Une compétitivité-prix retrouvée ?

Avec cette dévaluation, et à condition que les salaires ne s'envolent pas - le risque est assez peu élevé compte tenu de l'importance du secteur public -, certains secteurs retrouveraient une compétitivité-prix perdue depuis l'entrée de la Grèce dans le zone euro. C'est par exemple le cas du secteur de la réparation navale, fortement concurrencé par les chantiers turcs et croates, et du secteur agricole. C'est particulièrement vrai pour les fruits et légumes, qui représentent le tiers des exportations grecques du secteur. Depuis l'adhésion de la Grèce à la Communauté économique européenne (CEE) en 1981, les prix de ces produits, par ailleurs faiblement protégés par la Politique agricole commune (PAC) se sont alignés sur ceux des autres pays de la CEE. Un tel choc de compétitivité permettrait également de stimuler le tourisme que les incertitudes actuelles sur le sort du pays, fragilise. Selon la confédération du tourisme grec (SETE), les réservations de dernière minute ont chuté de 30% à la fin du mois de juin. En 2014, la Grèce a accueilli 24 millions de touristes, ce qui constitue un record. Selon la confédération, leurs dépenses ont généré 13,5 milliards d'euros de recettes.

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Commentaires
a écrit le 09/07/2015 à 16:06 :
Avec la rigueur qui sévit dans mon pays depuis plus de 5 ans, on a renoncé à remplacer notre vieille Clio de 11 ans par le nouveau modèle. Une exportation de moins pour vous.
En plus, pendant cette période, nous n'avons pas fait les 2 ou 3 voyages qu'on aurait fait normalement (ma femme et moi, nous adorons votre pays et nous avions l'habitude de le visiter tous les deux ans)
Autant de croissance en moins pour vous.
Et, évidemment, les premières victimes de notre baisse du pouvoir d'achat furent les fromages, les vins et les parfums francais.
heureusement, nous pouvons encore acheter des livres francais et voir des films francais au cinéma
a écrit le 09/07/2015 à 9:04 :
Et pendant ce temps-là, Hollande passe à la télé tous les jours en se prennant pour le Zorro grec. Cela lui évite de parler des problèmes de la France, n'est-ce pas :-)
a écrit le 09/07/2015 à 8:46 :
Bof , si c est pour nous acheter des produits bien réels avec de l'argent prêté jamais rendu , cela s'appelle du don et pas du commerce.Si pour être en excedent commercial , nous en sommes réduits à donner , alors là on est vraiment mal barrés !
a écrit le 08/07/2015 à 23:50 :
Des déficits avec le Portugal, la Belgique et la Pologne... décidément on est tombés bien bas...
a écrit le 08/07/2015 à 18:15 :
Le jour où je verrais peut être, un bocal de Feta Grecque en GMS .... cet article sera crédible !
a écrit le 08/07/2015 à 18:15 :
Le jour où je verrais peut être, un bocal de Feta Grecque en GMS .... cet article sera crédible !
a écrit le 08/07/2015 à 18:09 :
La 1ere perte sera la meilleure !
a écrit le 08/07/2015 à 17:12 :
Le feuilleton Grèce, quelle aubaine pour Hollande ! plus de politique intérieure française ni de ses aléas dans son horizon, le bonheur quoi !
a écrit le 08/07/2015 à 17:11 :
je sais pas si vous etes comme moi mais j'ai remarqué que notre héros Alexis porte une montre suisse de la marque richard mille. Ce monsieur a du gout de belle chose!
a écrit le 08/07/2015 à 17:09 :
Un petit circuit du commerce: fabrication au Luxembourg d’un produit industriel puis revendu à la filiale d’un groupe français en Grèce, conclusion nous voilà importateur puis exportateur et cela n’est qu’ un exemple parmi tant d’autres. A cela se rajoute le transfert de la filiale vers la France des bénéfices qui elle même versera des dividendes à des actionnaires étrangers soit institutionnels soit privés qui peut-être investirons dans des appartements en France mais également à des investisseurs français qui vont acheter hypothèse un véhicule fabriqué en Allemagne en Italie…. ou investir dans des logements en Espagne aux US en France etc etc le système est bien trop « voyageur » pour ne retenir qu’une ligne, même si cette dernière à son importance mais sur le fond toute relative. Autre point la déroute financière de nombreux contrats validés!!par un système mis au point par l’Etat par exemple en Irak du temps du tandem Saddam/Jacques et la pas de communication de Bercy une vraie déroute d’ailleurs je n’ ai jamais compris que des journalistes ne se penchent pas sur le pb des contrats politiques jamais ou partiellement honorés sur le plan financier restant à la charge du budget donc du contribuable, entreprises ou particuliers. Autre point et peut-être le plus important la balance des paiements. Dans cette affaire grecque notre balance commerciale se dégraderait mais commencer à faire de la politique qui n’est rien de plus que de l’aumône ne fait que montrer combien la France est dégradée sur le plan du commerce international et cela malgré les innombrables discours de droite comme de gauche sur nos actions pour inverser cette courbe mais le politique n’est pas le seul fautif le Medef à également sa part de responsabilité car l’impossibilité de fournir des produits demandés à l’exportation en type, qualité et quantité ne sont pas une invention ou création du politique mais de l’industriel
a écrit le 08/07/2015 à 16:14 :
oui parfaitement si le Grexit se réalise le dimanche prochain alors je parie mordicus que le Frexit est sera au rendez vous le mois prochain après lea fete d'auto satisfaction du 14 juillet et il s'en suivra le Spexit et le Itexit. Je suis sur et certain mordicus ^_^
a écrit le 08/07/2015 à 16:14 :
Peu à peu on passe à connaître les choses, petit à petit les arrogances commencent à se fondre, comme un glacier en été…. c'est bien pour mieux comprendre les vrais enjeux de tout ce drame.
a écrit le 08/07/2015 à 15:47 :
La France perdra un ami sympa comme on en a tous,toujours prêt à faire la fête mais jamais la quand le serveur présente l'addition.
a écrit le 08/07/2015 à 15:40 :
La Grèce achète avec l'argent qu'on lui donne et bien laissons cet argent aux français qui achèterons plus de viande avec un pouvoir d'achat amélioré.

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