Relance : une rallonge de 300 millions d'euros pour soutenir l'industrie

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La nouvelle enveloppe de près de 300 millions d'euros repose cette fois sur un cofinancement à égalité: pour un euro fourni par l’État, il y aura (...) un euro fourni également par les régions, a souligné le ministre de l’Économie Bruno Le Maire devant la presse, en saluant la qualité de cette coopération entre l’État et les régions.
La nouvelle enveloppe de près de 300 millions d'euros repose cette fois sur un cofinancement à égalité: "pour un euro fourni par l’État, il y aura (...) un euro fourni également par les régions", a souligné le ministre de l’Économie Bruno Le Maire devant la presse, en saluant "la qualité de cette coopération entre l’État et les régions". (Crédits : Reuters)
L’État et les Régions ont annoncé mardi une enveloppe supplémentaire après un premier investissement de 400 millions, versée à part égale, pour accélérer 550 nouveaux projets de développement industriel dans les territoires dans le cadre du plan de relance.

"La relance avance malgré la situation sanitaire" a assuré le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. Près d'un an après l'annonce du premier confinement par le président de la République Emmanuel Macron, l'exécutif a décidé de muscler son plan de reconquête en faveur de l'industrie. Accompagné de la ministre déléguée à l'industrie Agnès Pannier-Runacher, de la ministre de la Cohésion des territoires Jacqueline Gourault et du président de Régions de France Renaud Muselier, le locataire de Bercy a annoncé un renforcement des fonds consacrés à l'industrie. "Le fonds d'accélération des investissements industriels dans les territoires bénéficiera de près de 300 millions d'euros supplémentaires, cofinancés par l'Etat et les Régions" a-t-il expliqué lors d'un point presse ce mardi 23 mars. Dans le détail, 157 millions sont mobilisés par l'Etat et 141,5 millions sont abondés par les Régions. Évoquant le partenariat État-Régions, la ministre de la Cohésion des territoires Jacqueline Gourault a précisé avoir déjà signé des "accords de relance" avec neuf régions, et que le dixième serait signé le 30 mars avec la région Grand Est.

Empêtré dans une crise sanitaire à rallonge, l'exécutif doit affronter une troisième vague après un laborieux début de campagne de vaccination. A cela s'ajoutent sur le bureau du ministre de l'Economie des dossiers brûlants sur de nombreuses fermetures d'usines emblématiques. Après la faillite de Greensill, l'Etat a annoncé ce lundi qu'il allait être obligé de venir au secours de l'aciérie Ascoval dans le Nord. Et les 750 suppressions de postes à la grande usine Bosch à Rodez risquent encore de faire d'immenses dégâts après toutes les annonces fracassantes de fermetures de sites en 2020.

>Lire aussi : Reconversion de l'usine Bosch à Rodez : un projet qui ne convainc personne

530 projets soutenus depuis septembre 2020

Le fonds d'accélération des investissements industriels dans les territoires, doté initialement de 400 millions d'euros, a permis de soutenir 531 projets entre le premier septembre dernier 2020 et le 18 mars selon des chiffres communiqués par Bercy. Il vise à soutenir des projets de développement ou de relocalisations d'activités industrielles. "Des créations et extensions de sites, des travaux de modernisation, nouveaux équipements, ou des centres de formation" peuvent ainsi être financés par cette enveloppe explique le dossier de presse.  Sur le front de l'emploi, cette initiative menée en coopération avec les Régions et la BPI devrait permettre de créer plus de 13.700 postes et d'en préserver près de 51.102 principalement dans les PME et les ETI.

148 territoires d'industrie

Ce fonds d'investissement s'inscrit dans une politique économique territorialisée plus ancienne. A l'automne 2018, l'ancien premier ministre Edouard Philippe avait annoncé en grande pompe le lancement des territoires d'industrie en présence d'un bataillon d'autres ministres, chefs d'entreprises et élus de collectivités. Plus de deux ans après cette annonce 148 zones ont été labellisées "territoires d'industrie" sur l'ensemble des régions françaises.

> Lire aussi : Les territoires d'industrie, l'autre réponse à la crise des "Gilets jaunes"

Une industrie en souffrance

La propagation du virus sur l'ensemble de la planète a fait trembler l'industrie tricolore et les chaînes d'approvisionnement. Si la plupart des économistes s'accordent à dire que les services ont été bien plus affectés que l'industrie en France, de grands groupes industriels ont annoncé des fermetures de sites sur le territoire hexagonal et des coupes sèches dans leurs effectifs. La fermeture des frontières pendant plusieurs mois au cours de l'année 2020 dans de nombreux pays ont limité les débouchés pour de nombreux secteurs exportateurs à l'image de l'aéronautique ou l'automobile. Le ministre de l'Economie a particulièrement insisté sur les conséquences néfastes de la pandémie sur ces deux secteurs.

"Nous avions prévu 2,2 milliards d'euros dans le plan de relance pour la reconquête industrielle. Nous avons décidé d'ajouter un milliard d'euros en plus pour cette reconquête  par le redéploiement de certaines lignes de crédits. Il s'agit de reflécher des crédits vers des secteurs où cela fonctionne [...] Dans le plan de relance, il y a la numérisation des PME, la relocalisation et le soutien aux secteurs plus spécifiques touchés par la crise comme l'automobile ou l'aéronautique. C'est sans doute le secteur le plus durement touché depuis le début de la crise" a déclaré Bruno Le Maire devant les journalistes.

L'industrie hexagonale, déjà en souffrance avant la pandémie, risque de payer au prix fort les répercussions d'une crise qui s'éternise. Le durcissement récent des mesures de restriction en France et chez certains voisins comme l'Allemagne ou l'Italie freinent grandement les échangent commerciaux au sein de la zone euro pourtant considérée comme un marché important pour ces principales puissances. Si l'industrie allemande a pu profiter du redémarrage précoce de la Chine en 2020, les moteurs de l'appareil productif tricolore toussent encore en ce début d'année.

L'économie tricolore reste actuellement sur "une ligne de crête" entre "des zones de résistance et des formes de lassitude" rappelaient récemment les économistes de l'Insee. Le prolongement de la crise sanitaire et la persistance des variants dans les chaînes de contamination repoussent sans cesse le début d'une reprise solide et synchronisée entre pays et entre secteurs. Dans ce contexte sanitaire troublé, le déploiement et le décaissement du plan de relance risquent de prendre un sérieux retard.

Lire aussi : Un an de crise : le marché du travail submergé par les vagues d'épidémie

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Commentaires
a écrit le 24/03/2021 à 7:09 :
la simplicité de réflexion fait peur
m le maire il faut avant tout des usines produire et vendre
et pas commencer par piller ce qui reste de nos industrie
oui après vous la france doit vivre
a écrit le 24/03/2021 à 3:03 :
Mais d'ou sort ce poignon de dingue ?
a écrit le 23/03/2021 à 22:56 :
Trois commentaires :
Les plans de relance comme corruption directe aux ménages, entreprises, collectivités ?
Régionalisation de la France avec une UE plus intégrée en landers ?
Est-ce que avec tous les impôts payés par les français et les entreprises depuis des décennies, cela n'est pas un juste retour des choses de recevoir maintenant ?
a écrit le 23/03/2021 à 20:28 :
Dette....= futurs impôts, futures taxes, futures redevances.....= délocalisation, chômage, pauvreté....
a écrit le 23/03/2021 à 19:02 :
Mais ;

Bruno Le Maire propose d'utiliser l'impôt sur les sociétés pour payer la dette Covid
Réponse de le 23/03/2021 à 21:11 :
Il a pas dit que le relance était la mais on avance vers elle, au même titre a partir du moment ou on est conçu on avance vers notre mort qu'elle soit le lendemain ou 120 ans après...
a écrit le 23/03/2021 à 18:11 :
Je tiens à rappeler de là où je me trouve, une petite mansarde du moyen age dans la Sarthe, certains disent un château, que les caisses sont vides !
Réponse de le 23/03/2021 à 21:13 :
Ils vont pas mes remplir pour mai 2022 sans être sur d'être élu, en plus la ils sont assure du vote anti LaREM...

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