Salaires : seules 14% des entreprises envisagent des augmentations

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Sur les 14% de dirigeants qui envisagent une hausse de salaire pour leurs employés, 7% prévoient une augmentation pour seulement une partie d'entre eux.
Sur les 14% de dirigeants qui envisagent une hausse de salaire pour leurs employés, 7% prévoient une augmentation pour seulement une partie d'entre eux. (Crédits : © Ralph Orlowski / Reuters)
Interrogés en mars par OpinionWay pour CCI France/La Tribune/ Europe1 dans le cadre de "La grande consultation", les chefs d'entreprise sont plutôt confiants dans les perspectives économiques de la France. Malgré un moral au beau fixe et une conjoncture favorable, seule une minorité de dirigeants prévoit d'augmenter les salaires de leurs employés.

La confiance des entrepreneurs français s'inscrit dans la durée. Après un mois de février au plus haut, l'indicateur qui mesure la confiance des chefs d'entreprise demeure au même niveau pour le mois de mars. "Jamais autant de chefs d'entreprise ne se sont déclarés 'optimistes' (49%, +14 points) et 'confiants' (45%, +3 points) [..] L'indicateur de l'optimisme reste d'ailleurs à 123 points (stable), son deuxième meilleur score depuis la création du baromètre", souligne l'institut de sondages OpinionWay. Malgré cet optimisme, une grande majorité des dirigeants (86%) n'ont pas prévu de hausse de salaires dans les mois à venir.

Confiants sur l'économie française

Interrogés sur leurs perspectives des 12 prochains mois, 77% des répondants se déclarent confiants. Ce moral des chefs d'entreprise repose notamment sur une meilleure conjoncture économique avec une croissance qui a retrouvé les 2% en 2017 et un chômage qui baisse régulièrement. "65% des chefs d'entreprise se disent confiants pour les perspectives de l'économie française (+10 points) ce qui constitue également un plus haut historique de cet indicateur."

En revanche, les différentes annonces du président Trump relatives au renforcement des barrières douanières sur l'importation de l'acier et de l'aluminium suscitent des inquiétudes sur l'activité mondiale.

"Les craintes d'une guerre commerciale entre les Etats-Unis et ses partenaires font toutefois chuter la confiance envers les perspectives pour l'économie mondiale : 55% ont confiance dans ces perspectives (-15 points)", explique l'organisme de sondage.

Et même si le chef d'Etat américain évoque des exemptions notamment pour l'Union européenne, ses changements de position intempestifs sur la politique commerciale de la première puissance économique mondiale ne tendent pas à rassurer les entrepreneurs français et les marchés.

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Prudents sur leurs plans de développement

En dépit de cet optimisme, les patrons interrogés se montrent prudents dans leurs plans de développement dans les mois à venir. Si personne n'a prévu de réduire le nombre de salariés, 95% des répondants ont prévu de maintenir leurs effectifs et seulement 5% envisagent des embauches. Par ailleurs, cette prudence est également visible sur les projections de hausses de salaires. "14% des chefs d'entreprise ont augmenté ou envisagent d'augmenter les salaires de leurs employés", selon l'institut de sondages.  En ce qui concerne la remontée durable des taux d'intérêt, les chefs d'entreprise (52%) se déclarent en majorité peu inquiets.

Des mesures gouvernementales bien accueillies mais pas toujours connues

Les résultats de l'enquête révèlent que les mesures de l'exécutif sont bien accueillies par les chefs d'entreprise. Ainsi, 46% d'entre elles sont déjà prêtes à appliquer le règlement général sur la protection des données (RGPD), "et 17% ne le sont pas encore aujourd'hui mais le seront en mai 2018, portant à 63% le nombre de dirigeants déclarant qu'ils seront en conformité avec cette mesure lors de son entrée en vigueur".

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En revanche, la simplification du dispositif de soutien à l'exportation pour booster le commerce extérieur français est relativement peu connue : "17% en ont entendu parler et seuls 11% voient bien de quoi il s'agit." Ces taux ne sont pas très rassurants pour l'économie française qui accuse un déficit commercial persistant.

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Enfin, la mise en place d'un logiciel dans les entreprises pour évaluer les inégalités entre les femmes et les hommes est plutôt bien accueillie. "81% des chefs d'entreprise voient en cet outil une bonne chose, et 65% considèrent que ce dispositif sera efficace".  En revanche, une bonne partie des répondants émettent néanmoins des réserves.

"46% des personnes interrogées jugent qu'elle sera trop complexe à mettre en œuvre, et 40% qu'elle ne laissera pas suffisamment de temps aux entreprises pour se mettre en conformité."

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Méthode : Étude réalisée auprès d'un échantillon de 603 dirigeants d'entreprise. La représentativité de l'échantillon a été assurée par un redressement selon le secteur d'activité et la taille, après stratification par région d'implantation. Les interviews ont été réalisées par téléphone du 15 au 21 mars 2018.

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Commentaires
a écrit le 30/03/2018 à 12:29 :
Pas mieux chez orange aucune augmentation pour les salariés par contre pour les dirigeants et les représentants de l’état qui votent sa réélection des centaines de milliers d’actions gratuites pleuvent à chaque occasion
a écrit le 30/03/2018 à 10:26 :
En parlant d'augmentation:

Les syndicats de l’usine Whirlpool d’Amiens ont d’abord cru à une plaisanterie. Quand ils ont demandé une augmentation de salaire de 4 % pour les 286 salariés lors de la réunion de négociations annuelles obligatoires, mercredi 28 mars, la direction leur a proposé… un sèche-linge.
« Nous payer avec un sèche-linge, on n’avait encore jamais vu ça ! Est-ce qu’on paye les bouchers en tranches de jambon ?, s’indigne Frédéric Chantrelle, délégué CFDT. C’est du foutage de gueule. On veut du pouvoir d’achat, pas du bricolage. »
a écrit le 29/03/2018 à 21:00 :
Le credo des entreprises n'a pas changé. Elles sont là pour créer de la valeur (comprenez enrichir) pour l'actionnaire et/ou le propriétaire... et rien d'autre.

Tant que le marché du travail restera aussi déséquilibré, il n'y aura pas d'augmentation de salaire. Et les modifications de la législation du travail depuis30 ans n'ont rien amélioré puisqu'elles ont contribué à la dévalorisation de l'emploi.
a écrit le 29/03/2018 à 17:55 :
Plutôt méfiant avec les sondages Opinionway, celui-ci et l'auteur de l'article montrent bien les contradictions du système économique actuel : des indicateurs tous au vert et un président pro business ne favorisent ni embauches ni salaires . Si il n'y a pas non plus d'investissement, où passe le partage de la valeur ajoutée, dans le rachat d'actions (sous réserve de définir la taille des entreprises concernée ) ?
Il ne faut pas s'étonner d'une inflation anémique et de l'échec de la politique de l'offre ...
a écrit le 29/03/2018 à 17:07 :
De toutes façons avec le prélèvement à la source il y aura une diminution même si cela ne fait que remplacer un prélèvement par un autre ou une multitudes de prélèvements au lieu de trois. cela ne sera pas une usine à gaz mais un monstre administratif.
quand aux retraites, pour le maintient du pouvoir d'achat on attend depuis 4 ans sans sourciller.
il faudra je suppose informer tous les employeurs, toutes les caisses de retraites pour chaque individu avec tout les changement en cours d'année même pour ceux qui ne payent pas d'impôts, boujour la paperasse.
Je prend le pari qu'on va perdre au moins un point de PIB
a écrit le 29/03/2018 à 13:23 :
C'est le contraire qui aurait été étonnant. Avec un président égo-libéral, un parlement à ses pieds et donc des lois qui leur ressemblent, les patrons se comportent comme l'y incite l'exemple de la politique : moi, mon argent, et le reste n'a pas d'importance. Les salariés ?! Et puis quoi encore...

A leur décharge, l'élection de Néron le golden boy a été suivie d'une amélioration qui n'était pas tenable, que ce soit en termes d'augmentations salariales (2.7%) ou d'embauches (6.4%). Ni les embauches ni les augmentations ne devraient être déconnectées de la réalité des entreprises, et comme elles l'ont été quand Néron a été pris pour le sauveur du monde libre, un rattrapage est logique.
a écrit le 29/03/2018 à 13:14 :
C'est toujours la loi de l'offre et de la demande.
Si vos compétences ou votre expérience sont rares et recherchées, les salaires flambent (si ce n'est pas en interne....changez de boite).
Sinon c'est effectivement plus dur, mais changer d'entreprise peut être un moyen d'avoir une petite augmentation malgré tout.
Réponse de le 29/03/2018 à 14:13 :
@Jeff 29/03/2018 13:14
Vous avez écrit le seul commentaire sensé sur ce fil.
J'ajoute que la reconnaissance est le moteur essentiel et primordial pour la motivation du personnel; ce n'est pas l'argent bien qu'il faut bien pouvoir s'alimenter -:)
Cordialement
a écrit le 29/03/2018 à 12:43 :
Quelle surprise ! Pourtant, on ne cesse de nous rabattre les oreilles comme quoi la guerre des classes est terminée.
Les patrons auraient tort de s’en priver ceci dit. Les salariés se laissent faire. Ils ont accepté sans brocher la loi travail XXL de Macron, qui détruit leurs droits et ouvre la porte aux baisses de salaires en affaiblissant fortement leurs pouvoir de négociation et en les précarisant à vie. Ils sont même d’accord, souvent, pour détruire le statut de fonctionnaire ou de cheminot, afin que tout le monde soit tiré vers le bas. Ils n’ont que ce qu’ils méritent.
Tant qu’ils n’auront pas conscience que la guerre continue, que Macron est le bras armés des riches, et qu’ils sont les dindons de la farce, rien ne changera, sauf en pire.
a écrit le 29/03/2018 à 11:42 :
Tant que c'est confisqué par le fisc, aucun intérêt, je préfère défiscaliser en travaillant moins.
a écrit le 29/03/2018 à 9:18 :
" Malgré cet optimisme, une grande majorité des dirigeants (86%) n'ont pas prévu de hausse de salaires dans les mois à venir".

Et ben, qu'est -ce que ca va être quand ils vont être pessimiste.
a écrit le 29/03/2018 à 9:02 :
Le contraire m'aurait étonné de la part des patrons.
Réponse de le 29/03/2018 à 10:15 :
Ils ont bien raison, les gens du privé ne se battent plus, ils acceptent tout et les patrons l'ont bien compris.
a écrit le 29/03/2018 à 8:53 :
L'état glouton est plus généreux sur les augmentations, taxes, impôts locaux, IR , il a de l'imagination. Un état qui va encore davantage contrôler ses sujets , un état omniprésent
qui ponctionne plus de 57 % de la richesse nationale. En 2019 , prélèvement à la source, un coup pour les entreprises de 1,5 milliards d'euros. La paye entre les charges et les impôts plus un zeste de CSG, ç a va être terrible. En plus , on sera débité le 1er de chaque mois contre le 19 avec la mensualisation. Bien joué
a écrit le 29/03/2018 à 8:52 :
Alors plus le fait que les taxes dues aux multinationales augmentant vont amputer le pouvoir d'achat des français, triste économie à venir à court terme hein...

Mais bon tant que l'allemagne va tout va non ?

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