Le candidat d'En Marche! veut passer à un système de santé plus centré sur la prévention, en développant la santé connectée, et compte réaliser des économies sur les médicaments grâce aux génériques et à la lutte contre le gaspillage. Marine Le Pen mise aussi sur ces deux dernières mesures. Elle compte également supprimer l'Aide médicale d'Etat et renforcer la lutte contre la fraude à la Sécurité sociale.
En matière de santé, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, les deux candidats retenus pour le second tour de l'élection présidentielle, prévoient une série de dépenses importantes. Emmanuel Macron compte financer largement des actions de prévention pour ne pas se "focaliser sur le curatif", déployer des maisons de santé, ou encore rembourser à 100% les prothèses auditives, dentaires et les lunettes (une mesure chiffrée à 1,8 milliard d'euros par l'Institut Montaigne). Marine Le Pen veut augmenter les effectifs hospitaliers, et mise sur une proposition phare: la création d'une 5e branche dans la sécurité sociale dédiée à la dépendance et au handicap pour s'attaquer aux restes à charge des familles qu'elle estime à plus de 7 milliards d'euros par an. Pour financer ces mesures, les deux candidats prévoient notamment de réaliser des économies sur les dépenses de l'Assurance maladie, dont les réalisations ne sont pas toujours évidentes. Revue de détail.
Macron ± Le Pen : 15 milliards d'économies VS pas d'objectif chiffré
Comme Emmanuel Macron, la candidate du Front national s'engage à faire des économies sur l'Assurance maladie afin de"pérenniser son financement". Mais elle se garde d'avancer tout objectif chiffré.
Macron = Le Pen : déploiement accéléré des génériques
Médicaments à l'unité : Le Pen demande des efforts aux laboratoires, Macron reste discret sur la méthode
Autre mesure que l'on retrouve dans les programmes des deux candidats: la démocratisation des médicaments vendus à l'unité. L'ancien ministre de l'Economie chiffre un gaspillage de médicaments annuel à 7 milliards d'euros, en s'appuyant sur une étude de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), qui comptait 23.000 tonnes de médicaments non utilisés pour la seule année 2012.
Marine Le Pen vise quant à elle deux milliards d'euros d'économies et assure vouloir "imposer aux laboratoires l'adaptation de leurs chaînes de production". Toutefois, comme le candidat d'En Marche !, elle ne s'étend pas sur la question des pharmacies d'officines.
Macron et Le Pen intéressés par le potentiel de la e-santé pour réaliser des économies
Marine Le Pen évoque régulièrement les startups et le numérique dans la santé dans son programme. Dans la mesure 65, elle propose de "simplifier l'administration du système, en luttant contre la gabegie financière et en investissant dans les nouveaux outils numériques pour permettre des économies durables". Le "hic", c'est que la candidate frontiste ne s'étend pas sur cette "gabegie" et n'explique pas en quoi l'utilisation du numérique apportera des "économies durables". Egalement, dans la mesure 70, elle se dit prête à encourager les startups du numérique pour améliorer le système de santé, sans donner plus de précisions. S'intéresse-t-elle à la télémédecine et aux outils d'analyses de données pour réaliser des économies ?
Plus précis sur le sujet, Emmanuel Macron fait également l'éloge des startups, et cite abondamment la télémédecine pour faire baisser les dépenses de santé. La déployer permettrait de "s'attaquer aux frais de déplacement" grâce aux consultations à distance, avance-t-il. Il vise des économies à long terme avec un plan d'investissement de cinq milliards d'euros dans la télémédecine et l'hôpital de demain. Les établissements hospitaliers sont nombreux à être en retard dans la numérisation des dossiers des patients, notamment, posant des problèmes d'efficience.
Emmanuel Macron prône également la multiplication d'objets connectés et d'innovations dans le numérique, en proposant des procédures de mise sur le marché. La candidate frontiste compte également "faciliter et accélérer" les démarches d'accès au marché national, une mesure est plébiscitée par les lobbies du secteur.
Macron: des économies dans la chirurgie ambulatoire
Le Pen : suppression de l'Aide médicale d'Etat et instauration d'une Carte Vitale biométrique
Autre mesure phare de Marine Le Pen: la suppression de l'Aide médicale d'Etat. Les économies annuelles pour la suppression de cette aide qui permet l'accès aux soins des personnes en situation irrégulière tourneraient autour de 800 millions d'euros, selon les estimations de l'Institut Montaigne.
Enfin, la candidate frontiste compte s'attaquer à la fraude à la sécurité sociale en fusionnant carte vitale et titre identité, pour créer une carte vitale biométrique. Marine Le Pen espère réaliser un milliard d'économies (le coût annuel relevé par le Comité national de lutte contre la fraude) avec cette mesure.