Tourisme : en plein réchauffement climatique, la Normandie abat ses atouts
Nathalie Jourdan
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L'agence Heula, installée près de Caen, surfe avec humour sur les poncifs.
Heula
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L'agence Heula, installée près de Caen, surfe avec humour sur les poncifs.
Heula
La supplique avait étonné à l'époque. A l'été 2016, Hervé Morin, fraîchement élu président de la Normandie réunifiée, avait demandé à Evelyne Dhéliat, la miss méteo de TF1, de remplacer sur sa carte Cherbourg par Caen, jugée plus « valorisante » pour le climat normand. « Par sa situation géographique, la presqu'île du Cotentin constitue un point plutôt froid et pluvieux qui ne véhicule pas une image sincère de notre climat », avait justifié l'intéressé dans une lettre aux responsables de la chaîne. Depuis, rien n'a changé. La pointe de la Hague sert toujours de butte témoin aux présentateurs des bulletins météo mais l'ancien ministre de la défense n'y trouve plus rien à redire. Et pour cause.
Regardé sous l'angle du tourisme, le vivifiant climat normand, qui hier constituait un repoussoir, a toutes les chances de devenir une carte maîtresse ce qu'anticipe d'ailleurs le ministère de la transition écologique. Se basant sur des « tendances futures » (mais peut-on encore parler de futur ?), les services de Christophe Béchu prédisent « une baisse de l'attractivité du Sud » et à l'inverse un regain de magnétisme des territoires moins sujets à des chaleurs écrasantes. « Des températures plus clémentes sont susceptibles d'attirer beaucoup plus de touristes en Bretagne, en Normandie sur la côte Atlantique et en montagne », peut-on lire sur leur site.
Soyons francs, la transhumance qu'entrevoit le ministère ne saute pas encore aux yeux s'agissant de la Normandie. Habituellement prisée des vacanciers pour des séjours de courte durée, elle est restée l'an dernier « à la neuvième place des régions françaises » (sur 13) pour la fréquentation touristique, comme nous le rappelle l'Insee. Pour autant, les compteurs frémissent.
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La région a ainsi connu en 2022 une poussée des nuitées touristiques de 4,1 % contre seulement + 0,3 % en moyenne française. Soit « la deuxième plus forte croissance après celle de la Bretagne et la première pour les campings (+ 16,5 % ndlr) », précise l'Institut de la statistiques dans sa dernière publication. L'embellie remonte à quelques années, signalent ses auteurs. « Elle s'inscrit dans la continuité de la progression observée entre 2017 et 2019, supérieure à 4 % chaque année », écrivent-ils.
Nathalie Jourdan