Au Havre, le fabricant d’ammoniac Yara au défi de la décarbonation
Nathalie Jourdan
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La production d'ammoniac est une activité très émissive. Une tonne génère deux tonnes de CO2.
Yara
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La production d'ammoniac est une activité très émissive. Une tonne génère deux tonnes de CO2.
Yara
Comme tous les grands utilisateurs d'hydrogène « gris », le site havrais du groupe norvégien Yara est sous pression. Implanté dans l'estuaire de la Seine depuis les années 60, il fait partie du club des 50 industriels avec qui Emmanuel Macron a conclu « un pacte de décarbonation ».
L'établissement produit, à partir d'un mélange d'azote et d'H2, 400.000 tonnes d'ammoniac qu'il livre aux autres entités du groupe pour la fabrication d'engrais. Septième plus gros émetteur français de gaz à effet de serre, il s'est engagé à réduire de 45% ses émissions d'ici 2030. Une promesse accueillie avec circonspection par le Réseau Action Climat.
Dans un rapport paru il y a quelques jours, l'ONG pointe les maigres résultats de l'usine normande accusée de ne pas se montrer à la hauteur des aides publiques dont elle bénéficie. « L'ambition climatique du site reste pour le moment théorique et les efforts de décarbonation se font attendre », déplorent ses auteurs.
De fait. Les émissions de l'établissement n'ont guère varié à la baisse depuis 2013 hormis lorsque les prix du gaz ont atteint un pic. Elles ont même augmenté de plus de 35% entre 2019 et 2022 en raison d'un « fonctionnement à pleine capacité consécutif non pas à une dégradation mais à la résolution de problèmes techniques », justifie sa direction.
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Malgré cette hausse qualifiée « d'alarmante » par le Réseau Action Climat, Yara affirme tenir son cap. « Notre feuille de route est l'une des plus détaillées et l'une des plus abouties, assure à La Tribune Johan Labby, patron du site (et bientôt vice-président exécutif de Yara France). Nous allons réellement commencer à infléchir la courbe l'an prochain, lors du prochain grand arrêt technique ».
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Nathalie Jourdan