Un plan d'action pour combler le retard numérique des PME

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(Crédits : Bpifrance)
Pour remédier au retard pris par les PME françaises en matière de numérique par rapport à leurs voisines européennes, et impliquer leurs patrons, le Conseil national du numérique (CNNum) préconise de créer un véritable écosystème autour d'une marque forte, dans un rapport public mercredi.

Selon Eurostat, seulement deux PME françaises sur trois avaient en 2015 un site internet, contre trois sur quatre en moyenne dans l'UE et plus de neuf sur dix en Finlande. Et seulement une sur huit recevait des commandes en ligne, soit deux fois moins qu'en Allemagne, d'après un rapport du cabinet Deloitte pour Facebook publié début février.

Pour combler ce retard, "l'idée c'était de ne plus avoir une planification" venant de l'État, les précédents plans gouvernementaux ayant échoué, a expliqué Amal Taleb, vice-présidente du CNNum, avant la présentation de ce rapport au ministre de l'Économie Michel Sapin et à la secrétaire d'État chargée du Commerce Martine Pinville.

"Fédérer les acteurs autour d'une marque forte"

À l'inverse, le rapport préconise "un exercice 'bottom-up' (partant de la base, NDLR), permettant à toutes les personnes qui pourraient activement servir à la numérisation des PME de faire un travail d'explication, d'accompagnement, de mise en relation", a-t-elle ajouté.

Fruit d'un travail entamé en mars 2016, le rapport propose un plan d'action destiné à "rattraper la moyenne européenne du nombre de PME qui ont mis en place des éléments de commerce connecté, et ce d'ici deux ans".

Le document préconise tout d'abord de "fédérer les acteurs autour d'une marque forte", portée par "une campagne de communication ambitieuse" à l'image de ce qui a été fait avec la French Tech pour les startups françaises.

Autour de cette marque, le CNNum plaide pour la mise en place d'un réseau d'accompagnateurs, se déclinant autour de "connecteurs bénévoles" conseillant les patrons, et de "connecteurs labellisés" fournissant des prestations payantes subventionnées par l'État.

Apte ou pas au numérique

Par ailleurs, une "plateforme de ressources personnalisée" pourrait être mise en place, pour permettre aux chefs d'entreprise de faire un "autodiagnostic de leur maturité numérique" et d'être mis en relation avec des acteurs leur permettant d'évoluer en la matière.

Le CNNum propose aussi de "développer une aide financière régionale à destination des petites entreprises" qui auraient pour projet de développer leurs ventes via le recours au numérique.

Le rapport plaide enfin pour la mise en place d'un "dispositif de soutien aux PME" s'engageant dans un tel chantier, à l'instar du soutien aux Jeunes entreprises innovantes (JEI) qui bénéficient d'exonérations fiscales et sociales.

"On n'est plus en situation de pouvoir attendre", a insisté Mme Taleb. "L'enjeu est beaucoup trop lourd et une réponse trop faible de la part des pouvoirs publics serait désastreuse économiquement parlant et presque criminelle politiquement parlant, parce qu'il y a de l'attente", a-t-elle asséné.

(avec l'AFP)

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