C'est peut-être la fin d'un imbroglio inédit. L'État du Nevada a mis en place la légalisation du cannabis à usage récréatif le 1er juillet 2017, en optant pour un drôle de système : une cinquantaine de magasins spécialisés sont autorisés à vendre du cannabis, mais ils n'ont pas le droit de se réapprovisionner et ne peuvent vendre que leur stock déjà constitué. Seuls les magasins spécialisés dans la vente d'alcool ont le droit de s'approvisionner auprès des producteurs de cannabis. Cette mesure avait été prise dans l'optique de protéger les magasins vendant de l'alcool face à la demande croissante de cannabis qui devait résulter de la légalisation.
Mais cette demande avait été probablement sous-estimée : les magasins spécialisés dans le cannabis se sont retrouvés à court de stock au bout de quelques jours, et les magasins de boissons alcoolisées sont trop peu nombreux pour s'approvisionner auprès des douzaines de producteurs de cannabis de cet État de l'Ouest américain. Ces producteurs s'étaient implantés dans le Nevada suite à la légalisation du cannabis à usage thérapeutique, adopté en 2000.
L'État du Nevada et la ville de Las Vegas en particulier se sont donc retrouvés dans une situation incongrue avec un cannabis à peine devenu légal, mais des magasins dédiés qui voient leurs ventes chuter et des consommateurs qui, frustrés par la pénurie, se retournent vers le marché parallèle.
Après six semaines de bataille judiciaire entre les "cannabis dispensaries" et les "liquor shops", un juge du district de Carson City, James Russell, a dû se rendre à l'évidence : "il y a un substantiel amas de preuves qu'il y a ,besoin de nouveaux distributeurs en plus des magasins de spiritueux", comme le relate le Las Vegas Sun. Le juge Russell ouvre donc clairement la voie à une généralisation du pouvoir de distribution aux magasins spécialisés dans le cannabis.
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Dans une autre affaire, liée au même imbroglio, l'avocate générale Michelle Briggs est allée dans le même sens que le juge Russell, estimant que la faveur dont bénéficiaient les magasins de spiritueux n'était pas un "due process right" - un droit du citoyen ne pouvant pas être renié par l'État - car il n'était rien d'autre qu'un droit au monopole.
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