Immobilier : le patron du promoteur chinois Evergrande placé en résidence surveillée

Xu Jiayin, le patron d'Evergrande, le promoteur chinois frappé par une dette colossale, est en résidence surveillée. Pour rappel, son groupe fait face à une pression accrue de ses créanciers.
Le plongeon boursier d'Evergrande en début de semaine montre l'inquiétude des investisseurs vis-à-vis du secteur immobilier en Chine.
Le plongeon boursier d'Evergrande en début de semaine montre l'inquiétude des investisseurs vis-à-vis du secteur immobilier en Chine. (Crédits : Reuters)

La descente aux enfers du promoteur chinois Evergrande, dont la dette est estimée à 328 milliards de dollars, entraîne aussi celle de son patron, Xu Jiayin. Aussi connu sous son nom cantonais Hui Ka Yan, le milliardaire, selon l'agence Bloomberg, a été emmené au début du mois en résidence surveillée par les autorités. Le groupe n'a pas encore réagi.

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Xu Jiayin était en 2017 l'homme le plus riche d'Asie, avec une fortune estimée à 45,3 milliards de dollars (41,2 milliards d'euros au cours actuel). Depuis les déboires de son groupe, sa richesse a considérablement fondu pour atteindre 4,3 milliards de dollars (4 milliards d'euros actuels) en 2022, selon le classement des milliardaires Hurun.

Des ex-cadres placés en détention

Mi-septembre, le groupe avait annoncé l'arrestation d'employés dans l'une de ses filiales. Le communiqué ne précisait alors ni leur nombre, ni ce qui leur est reproché. Selon Caixin, un média économique réputé, deux anciens cadres d'Evergrande ont par ailleurs été placés en détention.

En outre, en début de semaine, une filiale du groupe a annoncé être incapable de rembourser des intérêts sur un emprunt, accentuant la pression sur le groupe avant une audition prévue fin octobre de créanciers d'Evergrande devant la justice à Hong Kong. L'action chutait dans la foulée de 25%, atteignant son plus bas niveau depuis le début du mois.

Le secteur immobilier en Chine a connu ces dernières décennies une croissance fulgurante, dans un pays où l'achat d'un bien avant même sa construction permettait de financer d'autres projets. Mais l'endettement des groupes a atteint des niveaux tels que les autorités ont décidé d'y mettre le holà à partir de 2020. Depuis, l'accès au crédit s'est considérablement réduit pour ces groupes dont une partie peine désormais à terminer les chantiers, alimentant une crise de confiance avec des acheteurs potentiels qui plombe les prix.

Le rival Country Garden dans la tourmente

Cette crise a gagné ces derniers mois l'autre poids lourd du secteur, Country Garden, longtemps réputé solide financièrement. Il tente désormais d'éviter un défaut de paiement dont les conséquences seraient catastrophiques pour le secteur immobilier chinois. Selon deux créanciers cités de manière anonyme par Bloomberg, la proposition du groupe de rééchelonner un paiement de 492 millions de yuan (63 millions d'euros) a été acceptée en début de semaine dernière.

Avec ce nouveau feu vert obtenu, Country Garden aura réussi ce mois-ci à rééchelonner neuf emprunts obligataires pour un montant total de 14,7 milliards de yuans (1,9 milliard d'euros), selon les calculs de Bloomberg. L'agence de notation Moody's a dégradé ce mois-ci sa note de crédit, jugeant désormais ses emprunts obligataires comme « hautement spéculatifs » et en risque de défaut.

Country Garden avait fin 2022 une dette considérable estimée à 1.430 milliards de yuans (180 milliards d'euros). Il disposait fin juin de 147,9 milliards de yuans de trésorerie (18,6 milliards d'euros), une somme principalement destinée à achever des logements déjà payés par les propriétaires avant même leur construction.

Pour revigorer le secteur, plusieurs grandes villes dont Pékin, Shanghai et Canton ont assoupli leurs critères pour bénéficier d'un prêt hypothécaire. Les primo-accédants ont par ailleurs obtenu la renégociation des taux de leurs prêts.  Reste que les ménages « sont réticents à emprunter et à acheter alors que les taux hypothécaires sont pourtant à leur plus bas niveau depuis 14 ans », relève l'analyste Arthur Budaghyan, qui suit l'économie chinoise pour le cabinet BCA.

(Avec AFP)

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Commentaires 2
à écrit le 27/09/2023 à 10:04
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Pas très Chinois les noms des sociétés immobilières Chinoises.

à écrit le 27/09/2023 à 9:58
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Dans un pays où la fraude fiscale est punie de la peine de mort on se demande quand même comment il pourrait y avoir des magouilleurs et des magouilles ! Surtout de cette ampleur !

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