Déjà au chevet de l'économie du Burkina Faso, le FMI va renforcer son ancrage dans le pays avec l'attribution d'une facilité de crédit de 305 millions de dollars au pouvoir en place pour l'aider à surmonter une inflation galopante et à faire face à la crise alimentaire. En dépit d'une situation sécuritaire très compliquée et d'atteintes à la liberté de la presse, le Fonds semble convaincu par la volonté de réformes de la junte militaire.
A la peine sur le plan économique et sécuritaire, le Burkina Faso va s'appuyer à nouveau sur le Fonds monétaire international (FMI) pour tenir le choc face à une inflation galopante. L'institution internationale a indiqué qu'elle avait validé de nouvelles lignes de crédit pour le pays d'Afrique de l'Ouest, l'un des plus pauvres du monde. Il pourra ainsi emprunter jusqu'à 305 millions de dollars au cours des quatre prochaines années. Cette somme doit permettre de « renforcer la résistance face aux chocs et réduire la pauvreté » dans le pays. L'accord doit désormais être validé par le conseil d'administration de l'institution dans les prochaines semaines.
Les équipes du FMI, et notamment la mission envoyée sur place ces derniers jours, ont visiblement été convaincues par la volonté de réforme de la junte militaire du capitaine Ibrahim Traoré, au pouvoir depuis le coup d'Etat de septembre 2022. Martin Schindler, chef de mission pour le Burkina Faso, a ainsi déclaré : « Les autorités burkinabè se sont engagées à mettre en œuvre un vaste programme de réformes économiques qui s'appuie sur le plan d'action pour la stabilisation et le développement (PA-SD) du gouvernement et s'attaque aux défis auxquels le pays est confronté. »
Le pays a connu une croissance de 2,5 % en 2022, mais a subi une inflation de 14,1 %, un record sur les 10 dernières années et la plus élevée dans le Sahel, selon la Banque mondiale. L'économie nationale devrait progresser de 4,5 % en 2023, tandis que l'inflation devrait revenir à 4,9 %.
Cette Facilité élargie de crédit (FEC) de 305 millions de dollars doit ainsi contribuer à la mise en place de ce plan d'action et de ses « réformes clefs (qui) visent à réduire le déficit budgétaire à 3 % du PIB nominal d'ici 2027, tout en protégeant les plus vulnérables et en créant un espace budgétaire pour les dépenses prioritaires. La stratégie budgétaire repose sur des mesures visant à accroître la mobilisation des ressources intérieures et à rationaliser les dépenses publiques », selon Martin Schindler. Cet objectif s'accompagne de mesures de sécurité sociale et d'aides ciblées pour les ménages les plus vulnérables.
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