Covid-19 : l'épidémie hors de contrôle aux États-Unis où l'on redoute une explosion à 100.000 nouveaux cas par jour

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Le Dr Anthony Fauci, éminent membre de la cellule de crise présidentielle sur le coronavirus, a témoigné, avec trois autres médecins des grands organismes de santé américains, devant les sénateurs, ne cachant pas sa grande inquiétude : Je ne serais pas surpris si nous atteignions 100.000 [nouveaux cas, Ndlr] par jour si on ne renverse pas la tendance.. Actuellement, 40.000 nouveaux cas sont détectés quotidiennement.
Le Dr Anthony Fauci, éminent membre de la cellule de crise présidentielle sur le coronavirus, a témoigné, avec trois autres médecins des grands organismes de santé américains, devant les sénateurs, ne cachant pas sa grande inquiétude : "Je ne serais pas surpris si nous atteignions 100.000 [nouveaux cas, Ndlr] par jour si on ne renverse pas la tendance.". Actuellement, 40.000 nouveaux cas sont détectés quotidiennement. (Crédits : Reuters)
Le Dr Anthony Fauci, éminent membre de la cellule de crise présidentielle sur le coronavirus, a reconnu hier que les autorités sanitaires n'avaient "pas le contrôle total" sur la pandémie. De 40.000 cas par jour actuellement, il s'alarme d'une explosion des contaminations à 100.000 cas par jour. Après des jours de tractations mêlant risques sanitaires, difficultés économiques, et considérations géostratégiques, les pays de l'UE ont décidé d'exclure les Etats-Unis d'une liste de 15 pays dont les ressortissants seront à nouveau bienvenus à partir du 1er juillet.

Les responsables sanitaires américains ont reconnu mardi ne pas contrôler "totalement" la pandémie et redouter une explosion du nombre de cas aux Etats-Unis, exclus d'une liste de 15 pays auxquels l'Union européenne a décidé de rouvrir ses frontières.

Vu la gravité de la situation, le candidat démocrate à la Maison Blanche, Joe Biden, 77 ans, a renoncé à organiser des meetings pour la présidentielle de novembre, contrairement à son rival républicain Donald Trump.

"Il s'agit de la campagne la plus étrange de l'histoire moderne, me semble-t-il", a souligné l'ancien vice-président de Barack Obama dans son Etat du Delaware. "Je vais suivre les consignes du docteur, pas juste pour moi mais pour le pays. Et cela veut dire que je ne vais pas organiser de meetings", a-t-il ajouté.

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[Le candidat démocrate à la présidentielle américaine Joe Biden remet son masque après avoir répondu aux questions des journalistes lors d'un déplacement électoral à Wilmington (Delaware, États-Unis) mardi 30 juin 2020. Photo : Kevin Lamarque/Reuters]

Appel à respecter les consignes de sécurité

Plus tôt, le Dr Anthony Fauci, éminent membre de la cellule de crise présidentielle sur le coronavirus, avait reconnu que les autorités sanitaires n'avaient "pas le contrôle total" sur la pandémie.

"Je ne serais pas surpris si nous atteignions 100.000 [nouveaux cas, Ndlr] par jour si on ne renverse pas la tendance", a-t-il ajouté. Actuellement, 40.000 nouveaux cas sont détectés quotidiennement.

Il témoignait, avec trois autres médecins des grands organismes de santé américains, devant les sénateurs. Tous ont appelé les Américains, notamment les jeunes, à porter un masque et respecter la distanciation physique.

Aggravation de la situation et durcissement des quarantaines

Témoin de l'aggravation de la situation, l'État de New York, qui fut longtemps l'épicentre de l'épidémie américaine mais voit depuis plusieurs semaines l'épidémie refluer, a doublé mardi le nombre d'États dont les visiteurs sont soumis à quarantaine, à 16 États représentant près de la moitié de la population américaine.

Parmi ces Etats figurent la Californie, qui compte désormais plus de 220.000 cas. Son gouverneur démocrate Gavin Newsom s'est dit mardi "inquiet" de l'impact des traditionnelles réunions de famille de la fête nationale du 4 juillet sur les contaminations.

Covid: l'UE exclut les États-Unis de la réouverture de ses frontières

Dans ce contexte, après des jours de tractations mêlant risques sanitaires, difficultés économiques, et considérations géostratégiques, les pays de l'UE ont décidé d'exclure les Etats-Unis d'une liste de 15 pays dont les ressortissants seront à nouveau bienvenus à partir du 1er juillet.

La liste des pays aux ressortissants admis dans l'UE et l'espace Schengen, qui sera révisée toutes les deux semaines, compte l'Algérie - même si ce pays a enregistré mardi 336 nouveaux cas, nouveau record quotidien de contaminations - l'Australie, le Canada, la Géorgie, le Japon, le Monténégro, le Maroc, la Nouvelle-Zélande, le Rwanda, la Serbie, la Corée du Sud, la Thaïlande, la Tunisie et l'Uruguay.

Elle inclut la Chine, mais uniquement à condition que Pékin admette sur son sol les visiteurs venant de l'UE, ce qui n'est actuellement le cas que de façon limitée.

Les critères retenus par l'UE pour cette liste - notamment un taux de nouveaux cas de Covid-19 proche ou en-dessous de 16 pour 100.000 habitants (moyenne dans l'UE) sur les 14 derniers jours - excluent les Etats-Unis, pays le plus touché tant en nombre de décès (126.141) que de cas (2.590.582).

Le seuil du demi-million de morts est franchi

Au niveau mondial, la pandémie, qui vient de franchir deux seuils symboliques --plus d'un demi-million de morts et dix millions de cas-- "est loin d'être finie" et "s'accélère" même, avait averti lundi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Selon un comptage effectué par l'AFP à partir de sources officielles, 506.818 décès et 10,3 millions de cas étaient officiellement recensés mardi à 19H00 GMT.

Le nombre des décès répertoriés dans le monde a doublé en un peu moins de deux mois (250.000 le 5 mai) et 50.000 décès supplémentaires ont été enregistrés ces dix derniers jours.

Outre les Etats-Unis, le virus continue de faire des ravages en Amérique du Sud, et semble redémarrer en Chine où l'OMS va envoyer "la semaine prochaine" une équipe, pour déterminer l'origine du coronavirus qui y est apparu en décembre.

Au Royaume-Uni, reconfinement partiel et "New Deal" de Boris Johnson

Au Royaume-Uni, la mortalité est revenue à la normale en juin, après 65.000 décès de plus que la moyenne en trois mois de pandémie. Le gouvernement a néanmoins annoncé lundi le reconfinement de Leicester et de son agglomération, soit plus de 600.000 habitants, en raison d'une flambée de cas dans cette ville du centre de l'Angleterre, la première à se voir imposer des restrictions locales.

La ville, qui se préparait comme le reste de l'Angleterre à rouvrir pubs, restaurants, cinémas et salons de coiffure samedi, a vu à la place les magasins non essentiels fermer mardi, et la plupart des écoles fermeront jeudi.

Alors que la maladie a fait 43.575 morts en Grande-Bretagne, et que le PIB doit fondre de plus de 10% cette année, le Premier ministre Boris Johnson a promis une "révolution par les infrastructures" inspirée du "New Deal" du président américain Franklin Roosevelt pour relancer une économie frappée de plein fouet par la pandémie.

Airbus supprime 15.000 postes

La pandémie continue à mettre à rude épreuve y compris des géants industriels, comme Airbus.

Très dépendant des commandes des compagnies aériennes, l'avionneur européen a annoncé mardi qu'il allait supprimer "approximativement 15.000 postes", soit 11% de ses effectifs dans le monde d'ici à l'été 2021, sans exclure des licenciements secs.

Lire aussi : Airbus veut supprimer 15.000 postes : c'est "excessif", juge Bercy

Le monde du sport est lui chaque jour un peu plus chamboulé. La Coupe d'Afrique des Nations est reportée d'un an et aura lieu en 2022 au Cameroun.

Le patron de la NBA Adam Silver a répété mardi que la saison serait stoppée si les cas de coronavirus se multipliaient à Orlando (Floride), tout en assurant que reprendre dans la "bulle" de Disney World le 30 juillet restait l'option "la plus sûre", dans un entretien au magazine Time.

Aussi grave que soit la situation, le Conseil de sécurité de l'ONU peine à accoucher d'une première résolution sur la pandémie, au risque de perdre toute crédibilité.

Après plus de trois mois de blocages, la France et la Tunisie ont demandé mardi au Conseil d'adopter une résolution appelant à une cessation des hostilités pour faciliter la lutte contre le coronavirus. Le résultat du vote, qui se fera par écrit, est attendu mercredi.

(par Ivan Couronne avec Catherine Triomphe à New York et les bureaux de l'AFP)

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Commentaires
a écrit le 02/07/2020 à 7:37 :
"Airbus veut réduire 15000 postes": Encore une fois les médias passent à côté de la réalité. Airbus va limiter les licenciement secs au sein d'Airbus tandis que les sous traitants, 5 fois plus nombreux, vont jouer le rôle de fusible avec d'ici la fin de l'année 40000 licenciements secs.... Mais ça personne n'en parle, les sous traitants sont quantité négligeables....
a écrit le 02/07/2020 à 6:38 :
On parle de la premiere economie du monde !
a écrit le 01/07/2020 à 17:21 :
Deux poids deux mesures? Que l'UE exclut les USA compte tenu de leur situation dans cette pandémie covir 19, on peut comprendre. Par contre sa position politique vis à vis de la chine est inacceptable en acceptant de lui ouvrir nos frontières.
Le covir19 est toujours d'actualité en Chine notamment à Pékin et par dessus-tout une nouvelle pandémie grippe porcine est d'actualité. De qui se moque-t-on ?
Je rappelle que la Chine est à l'origine de 5 pandémies, nos autorités ont la mémoire courte. 1957 : grippe asiatique; 1968: grippe de Hong Kong H3N2; 1997 grippe aviaire Hong Kong H5N1; 2009 grippe porcine : H1N1; 2020 covir19 et peut-être une nouvelle grippe porcine au dessus du covir 19. C'A SUFFIT LA CHINE, PAS UNE DES USA.
a écrit le 01/07/2020 à 15:30 :
C'est le taux de létalité qui est important ... et quoiqu'on en dise il est largement meilleur aux US que chez nous, pour un pays villipendé pour sa gestion et son système sanitaire cela en dit long sur la malhonnêteté du journaliste français.
a écrit le 01/07/2020 à 12:58 :
Vu l'ampleur du phénomène "Coronavirus : les États-Unis achètent le stock mondial de remdesivir" (America First)(Lexpress) en espérant que ça résolve les problèmes [pas si miraculeux que ça parait-il] mais ne pas engorger les structures hospitalières, c'est prioritaire, et avaler de l'hydroxychlorobidule à titre préventif ça ne semble pas être une bonne idée (en efficacité).
a écrit le 01/07/2020 à 11:01 :
"s'alarme d'une explosion des contaminations à 100.000 cas par jour".

Tant mieux :

14 mai 2020 ,la tribune :

Le coronavirus a infecté 4,4% de la population, encore loin des 65% nécessaires

"Il faudrait qu'environ 65% de la population soit immunisée pour que l'épidémie soit maîtrisée par la seule immunité", écrivent les chercheurs.
a écrit le 01/07/2020 à 10:17 :
Le toujours très décliniste et auto-flagellant Nicolas Baverez nous expliquait récemment que la gestion de la France dévoilait son déclassement. Que dirait-il s'il était Américain ?! Le déclassement, le vrai, il est bien là bas. Comme le disait un présentateur hier soir: "Nous, la première nation à avoir envoyé des hommes sur la Lune, ne pouvons plus prendre un vol pour Paris".

Avant, les populistes pouvaient à loisir réécrire l'histoire, la réalité, bombarder les réseaux "d'alternative facts"...mais ce virus a été un grand révélateur. Avec lui, on ne peut pas inventer un récit, la réalité crue et chiffrée vous saute au visage. Ainsi donc les USA ont eu 46 000 nouveaux cas hier. Ils approchent des 400 morts par mio d'habitants, et dans une semaine ils dépasseront le ratio français alors qu'ils ont un pays plus jeune et trois fois moins dense. Et M.Baverez réalisera probablement qu'il aurait dû attendre un peu la fin de l'histoire avant de nous pondre un énième pamphlet anti-français.
Réponse de le 01/07/2020 à 12:18 :
Quelle joie pour un médiocre de trouver PLUS Médiocre QUE Lui !
Réponse de le 01/07/2020 à 13:56 :
Médiocre = moyen. On peut effectivement qualifier la gestion française ainsi.
Ce qualitif ne s'applique pas à la gestion américaine, désolé. Catastrophique serait plus approprié. Et il ne s'agit pas de s'en réjouir, vu que les conséquences nous toucheront aussi.

Vous avez visiblement une grille de lecture et une capacité d'analyse digne d'un pré-ado, un peu à l'image de ces populistes dont vous supportez mal qu'on critique leur gestion. Grandissez un peu. :-)
Réponse de le 03/07/2020 à 13:11 :
@ clairvoyant.
Helas pour vous, ce terme signifie au sens moderne un resultat insuffisant et non moyen. La # est de taille.
On dit d'un eleve qu'il a des notes mediocres, ce qui signifie que c'est mauvais.
a écrit le 01/07/2020 à 9:11 :
Cela ne doit pas beaucoup gêner l’État profond américain, ce qui sera intéressant d'étudier fin d'année 2020 est la mortalité mondiale pour savoir si on a toujours plus de naissances que de décès.

Un phénomène dont nous sommes trop proches actuellement pour en tirer de quelconques bilans pour le moment. Mais bon "Show must go on !" nous assène le Spectacle en permanence.

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