En Israël, Stéphane Richard (Orange) fait son mea-culpa

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Au Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, le PDG d'Orange a assuré que ses propos avaient été déformés et mal compris et qu'il avait été personnellement ébranlé devant l'effet produit par les malentendus et les distorsions.
Au Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, le PDG d'Orange a assuré que ses propos avaient été "déformés et mal compris" et qu'il avait été "personnellement ébranlé devant l'effet produit par les malentendus et les distorsions". (Crédits : Reuters)
En déclarant être prêt à abandonner une partie de ses activités en Israël, Stéphane Richard, le Pdg d'Orange, alors en déplacement en Egypte la semaine dernière, avait provoqué un tollé. C'est en urgence qu'il s'est rendu à Jérusalem (Israël) pour tenter d'éteindre l'incendie diplomatique. Il a été reçu par le Premier ministre Benyamin Nétanyahou, vendredi matin.

Les excuses vont-elles permettre de faire retomber la tempête qui s'est abattue sur le groupe ? Stéphane Richard, le Pdg d'Orange, a assuré au Premier ministre Benjamin Netanyahu, regretter "profondément" la vive controverse causée en Israël  la semaine dernière, à la suite de ses déclarations en Egypte, indique le groupe dans un communiqué ce vendredi 12 juin :

"J'ai été personnellement et profondément ébranlé devant l'effet produit par les malentendus et les distorsions auxquels ont donné lieu mes récentes déclarations sur la mise en oeuvre de notre stratégie de marque ici [en Israël]. Je regrette profondément l'impact résultant du contexte et de l'interprétation de ces déclarations."

Le Pdg d'Orange a aussi tenu à mettre un terme à la polémique:

"Cette rencontre est pour moi l'occasion de dire avec clarté et sans ambiguïté qu'Orange ne prend part à aucun boycott en Israël ou ailleurs."

La petite phrase avait déclenché un tollé diplomatique

L'affaire avait éclaté le 3 juin : Stéphane Richard est alors en déplacement au Caire, en Egypte. Le rendez-vous est stratégique, le pays, qui représente 2,9% de ses ventes globales, est un marché porteur.

Mais, lors d'une conférence de presse, le  Pdg d'Orange lâche une petite phrase, rapportée par l'AFP, qui va provoquer un tollé médiatique. "Je suis prêt à abandonner demain matin" [les liens avec Partner].

Dans l'état hébreu, ces mots passent mal. Aussitôt, le patron d'Orange est accusé de prendre part au boycott d'Israël. Et c'est Laurent Fabius, le chef de la diplomatie française qui doit éteindre l'incendie deux jours après dans un communiqué :

"S'il appartient au président du groupe Orange de définir la stratégie commerciale de son entreprise, la France est fermement opposée au boycott d'Israël."

Partner, un partenaire controversé

Le groupe de télécoms français n'a pas d'activité de communications en Israël, mais il est lié par contrat à l'opérateur israélien Partner Communications à qui il permet d'utiliser sa marque et son image en échange d'une redevance. Un accord datant de 1998 a été renouvelé en avril dernier pour durer jusqu'en 2025.

Pourtant, Orange souhaite y mettre un terme depuis plusieurs années. Il faut dire que ce partenaire est contesté. Fin mai, cing ONG et deux syndicats avaient vivement critiqué, dans un rapport, les activités de Partner dans les territoires palestiniens, et demandé au groupe Orange "de communiquer publiquement sa volonté de désengagement et de dénoncer les atteintes aux droits humains commises par Partner".

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Commentaires
a écrit le 14/06/2015 à 17:05 :
..et Fabius a perdu une occasion de se taire!
D'autant que l'on connait tous les actions peu respectables du sinistre Natanyahou.
Come on Richard, get out of this place for the Orange's sake!
Bunch of bullies, they are.
a écrit le 14/06/2015 à 16:52 :
C'est lamentable! Et la liberte de diriger une entreprise c'est ou dans tout ca?
Enfin, israel, c'est quoi?
Just kidding.
a écrit le 14/06/2015 à 7:50 :
Bienvenue dans le club, Stéphane Richard !
c'est un geste courageux que vous venez de poser envers le seul pays démocratique du coin!
... même s'il faut avouer que "Orange" en fait un peu trop dans les pays non démocratiques qui utilisent son savoir-faire pour contrôler les opposants.

I will defend Israel whatever the cost .
(je défendrai Israel , qu'importe le coût)
https://www.youtube.com/watch?v=AUfFdhIOoQM
a écrit le 13/06/2015 à 11:29 :
Le jour où les US et Israel n'auront plus leur pouvoir (et cela ne va pas tarder) j'aimerais bien savoir vers quel puissance l'Elysée va se tourner pour continuer à faire ses courbettes…
a écrit le 13/06/2015 à 10:46 :
Il se souviendra longtemps de l'humiliation subie !
Ce gouv israélien, "sûr de lui et dominateur", comme disait De Gaulle, domine la planète, commande aux puissants, met les grands PDG à sa botte.
Mais ça ne durera pas : plus dure sera la chute
a écrit le 13/06/2015 à 10:01 :
au dessus c est le soleil ...!!
a écrit le 13/06/2015 à 9:10 :
Quelle humiliation ! L'état français est le principal actionnaire de cette grande entreprise. La France s'incline devant le pouvoir. Cet épisode dit quelque chose de très important qui va beaucoup plus loin que la vente de lignes téléphoniques. Oui, ça va très très loin.....
a écrit le 12/06/2015 à 21:34 :
Le PDG d'une société qui réalise 40 milliards d'euros de chiffre d'affaires, qui vient en personne "s'excuser" auprès d'un chef d'Etat, d'une chose qu'il n'a pas faite, doit avoir un intérêt commercial évident dans ce pays! Comment cela?? Cette société n'y a réalisé que 10 millions d'euros de CA en 4 ans???! Bon alors ce geste fort doit s'expliquer par l'importance économique de ce pays! Quoi?? Ce pays a un PIB de 290 milliards de dollars (soit moins que l'Iran, Singapour, le Venezuela, la Malaisie, et à peine plus que la Grèce, le Kazakhstan...). Bon alors ce PDG doit probablement vouloir profiter du marché intérieur gigantesque de ce pays!! Comment cela??? Ce pays ne compte que 9 millions d'habitants????
Réponse de le 12/06/2015 à 22:52 :
Bonne ligne de raisonnement, et pourtant vous avez oublié un détail capital, mon cher : ce monsieur est Français et le pays en question c'est Israel. Period et point-barre, au choix. :-)
Réponse de le 13/06/2015 à 0:37 :
C'est bien là le problème :-)

Face à n'importe quel autre pays au monde ayant ces caractéristiques économiques (PIB, poids démographique et intérêt commercial dérisoires) M. Richard serait bien tranquillement resté à Paris. Israël est un "nain" économique et ne mérite pas tout le tintouin auquel nous avons eu le droit !

M. Richard est venu "s'excuser" pour ne pas paraître anti-sioniste...

Là nous sommes typiquement dans le cas d'un traitement politique d'une question qui n'est que commerciale (si Orange souhaite se retirer d'Israël c'est bien son droit).

J'espère que tous nos autres patrons du CAC ne s'abaisseront pas à l'avenir à cette ridicule prestation ! Et à l'inverse j'espère qu'Israël arrêtera de voir de la politique là où il n'y en a pas !
Réponse de le 13/06/2015 à 8:04 :
C'est drôle
Réponse de le 13/06/2015 à 9:33 :
Pour moi c'est plutôt triste, désolant, de voir à quel point a-t-elle la France tombée si bas.
Réponse de le 14/06/2015 à 16:34 :
Tout à fait avec vous, Tyrion, cette affaire n'a rien de drôle, elle est écoeurante, voire dépressive.
a écrit le 12/06/2015 à 20:24 :
La France, c'est finie.
a écrit le 12/06/2015 à 18:59 :
Il devra se prosterner et demain humblement pardon. Sa carrière est en jeu !
Réponse de le 12/06/2015 à 21:01 :
Pire que de ce prosterner il va ramener avec la cireuse et le cirage si ce n est pas plus...

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