Japon : inflation record depuis plus de 30 ans, mais plus faible qu'en Europe

Les statistiques publiques japonaises font état d'une hausse annuelle des prix de 2,8% en août. Si on ignore l'année 2014, où une réforme de la TVA avait gonflé artificiellement les prix, il s'agit de l'inflation la plus forte depuis 1991 dans l'archipel. Consciente qu'il s'agit d'un choc extérieur dû à la crise énergétique et alimentaire mondiale, la BoJ ne compte pas infléchir sa politique monétaire pour l'instant.
La Banque du Japon espère que l'inflation va entraîner une hausse des salaires.
La Banque du Japon espère que l'inflation va entraîner une hausse des salaires. (Crédits : FLORENCE LO)

L'onde de choc de la crise énergétique se propage jusqu'en Extrême-Orient. Le Japon connaît une hausse annuelle des prix à la consommation de l'ordre de 2,8% en août (hors produits frais), selon les statistiques publiques. Cela constitue un nouveau sommet depuis octobre 2014 sur fond de flambée des prix de l'énergie.

Mais si on exclut l'année 2014, une année où les prix avaient été artificiellement dopés en raison d'une hausse de la TVA, l'inflation en août est la plus forte depuis 1991 dans l'archipel nippon. A 2,8% sur un an, le chiffre d'août se situe légèrement au-dessus des attentes des économistes de l'agence Bloomberg qui tablaient sur 2,7%.

Une inflation venue de l'extérieur

Cette hausse des prix s'explique d'abord par des chocs extérieurs, à commencer par la flambée des prix énergétiques consécutive à la guerre en Ukraine, qui représente près de la moitié de l'inflation observée en août, mais aussi celle des denrées alimentaires. En effet, le Japon importe près de 60% de sa consommation alimentaire.

Dans ce contexte d'inflation provoquée par des difficultés d'offre, la BoJ (Bank of Japan) n'a pas encore durci sa politique monétaire contrairement aux banquiers centraux occidentaux, confrontés à des niveaux d'inflation autrement plus violents qui frôlent parfois les 10% comme au Royaume-Uni. La BoJ continue de maintenir ses taux autour de zéro. En conséquence, le yen chute depuis plusieurs mois, notamment par rapport au dollar, ce qui pénalise les consommateurs et les entreprises dont les coûts d'approvisionnement depuis l'étranger augmentent.

Pas de durcissement monétaire en vue

Même si cela la rend impopulaire, la BoJ « ne changera pas » pas sa politique monétaire avant la fin du second et dernier mandat de son gouverneur Haruhiko Kuroda en avril prochain, « car c'est la dernière grande occasion » pour lui de vraiment raviver l'inflation au Japon d'après Yuichi Kodama, économiste de l'institut de recherche Meiji Yasuda repris par l'agence Bloomberg. En effet, la banque centrale japonaise se fixe une cible d'inflation saine de 2% hors produits frais. Elle est quasiment parvenue à l'atteindre et espère toujours que l'augmentation des prix se traduira par des hausses de salaires.

Surtout, la hausse des prix à la consommation au Japon reste « faible » comparée aux Etats-Unis et en Europe, mais « la croissance limitée des salaires signifie que même ces niveaux d'inflation comparativement modérés affectent les revenus » des ménages, rappelle l'économiste de Moody's Analytics Stefan Angrick dans une note ce mardi, qui prédit que l'inflation « risque de grimper encore davantage ».

(Avec AFP)

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