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ÉconomieInternational

L'UE et l'Egypte signent un nouvel accord de partenariat pour 7,4 milliards d'euros

latribune.fr

Publié le 17 mars 2024 à 10:37 - Mis à jour le 17 mars 2024 à 11:43

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi.

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L'Union européenne (UE) signe dimanche un accord de partenariat pour 7,4 milliards d'euros avec l'Egypte, en pleine crise économique, qui comprend des prêts mais aussi des aides et des investissements portant sur les questions de migration.

[Article publié le dimanche 17 mars 2024 à 11h37 et mis à jour à 12h42] Nouvel accord entre Bruxelles et Le Caire. L'Union européenne (UE) va signer ce dimanche un accord de partenariat pour 7,4 milliards d'euros avec l'Egypte, plongée dans sa pire crise économique, en majorité des prêts étalés jusqu'en 2027, mais aussi des aides et des investissements, a indiqué un responsable européen.

Dans le détail, l'accord comprend « cinq milliards d'euros de prêts dont un milliard versé avant fin 2024, 1,8 milliard d'investissements, 400 millions d'aide pour des projets bilatéraux et 200 millions d'aide pour des programmes portant sur les questions de migration », a détaillé ce haut responsable de la Commission européenne sous le couvert de l'anonymat.

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L'UE veut « coopérer dans les domaines de l'énergie, plus particulièrement dans le domaine du gaz naturel liquéfié, pour s'éloigner encore plus du gaz russe », a affirmé le responsable européen. Mais Bruxelles souhaite également travailler avec l'Egypte sur « la sécurité, le contre-terrorisme et la protection des frontières, en particulier la frontière sud », vu que « l'Egypte est sous encore plus de pression venant du Soudan » en guerre depuis près d'un an.

D'autant qu'Israël a fait monter d'un cran la pression sur l'Egypte en assurant avancer sur ses plans d'invasion de Rafah, ville palestinienne frontalière du Sinaï égyptien, où s'entassent plus de 1,5 million de Palestiniens, déplacés de guerre.

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Pour rappel, l'Egypte est un pays frontalier avec deux théâtres de guerre, la bande de Gaza et le Soudan, et où sont présents quelque 9 millions de migrants et réfugiés -dont quatre millions de Soudanais et 1,5 million de Syriens- selon l'OIM. Le Caire est également victime d'une grave crise économique et doit consacrer une bonne partie de ses ressources au remboursement de sa dette extérieure, qui a triplé en une décennie pour atteindre près de 165 milliards de dollars. Environ deux tiers des 106 millions d'Égyptiens vivent ainsi en dessous, ou juste au-dessus, du seuil de pauvreté.

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Volet migratoire

Le volet migratoire de l'accord est du même type que celui signé en juillet avec la Tunisie: les Européens attendent des pays d'origine ou de transit des migrants qu'ils stoppent les départs et qu'ils réadmettent leurs ressortissants en situation irrégulière dans l'UE, avec à la clé un paquet d'aide et des investissements. En effet, les dirigeants européens sont soucieux d'afficher leur fermeté sur l'immigration irrégulière, à trois mois des élections au Parlement où les sondages prédisent une poussée de l'extrême droite.

Mais un tel accord provoque déjà des remous. « En général, les accords migratoires avec des pays tiers ne sont pas très populaires dans ces pays, parce qu'ils sont vus comme une manière d'être les policiers de l'Union européenne (...) donc l'UE a commencé à faire des accords plus complets, dans lesquels la migration est un élément parmi d'autres », explique l'expert en questions migratoires Florian Trauner, de l'Université flamande de Bruxelles (VUB).

Dans une lettre envoyée mardi à Ursula von der Leyen en prévision de son déplacement au Caire, l'eurodéputé français Mounir Satouri (Verts), rapporteur du Parlement européen pour l'Égypte alertait quant à elle sur « la situation catastrophique de la démocratie et des droits de l'homme en Égypte ».

Pour l'ONG Refugees Platform in Egypt (RPE), l'UE veut « sous-traiter aux pays d'Afrique du Nord, en particulier l'Egypte (...) la restriction de la liberté de circulation des migrants ».

« Le schéma est le même que celui des accords bancals de l'UE avec la Tunisie et la Mauritanie: arrêter les migrants, ignorer les abus », alerte de son côté Human Rights Watch (HRW). L'ONG affirme avoir « déjà recensé des arrestations arbitraires et des mauvais traitements infligés par les autorités égyptiennes à des migrants, des demandeurs d'asile et des réfugiés, ainsi que des expulsions » vers des pays en proie aux violences.

De son côté, l'Egypte répète que depuis 2016 aucun bateau de migrants n'a quitté ses côtes. Si les embarcations ne partent plus d'Egypte, des Egyptiens arrivent toujours en Europe par la mer, partis pour la plupart de Libye ou de Tunisie vers l'Italie. Frontex, l'Agence européenne des frontières, a recensé en 2023 près de 158.000 arrivées de migrants en Europe via cette route, la plus dangereuse au monde. Une augmentation de 50% par rapport à 2022.

Une coopération qui n'est pas nouvelle

La coopération migratoire avec des pays tiers ne date cependant pas d'hier : un accord avait été signé en 2016 avec la Turquie, pour que le pays garde sur son sol les réfugiés syriens. L'UE s'est aussi engagée, de façon très controversée, à former et équiper les garde-côtes libyens. Et ce malgré les inquiétudes sur les mauvais traitements réservés aux migrants dans ce pays. Le 7 mars, un accord a également été noué avec la Mauritanie, mobilisant 210 millions d'euros et prévoyant une coopération accrue avec l'agence européenne de garde-frontières, Frontex.

De son côté, brandi comme un modèle, le « mémorandum d'entente sur un partenariat stratégique et global » avec la Tunisie a toutefois connu des débuts chaotiques, émaillés de tensions avec les autorités.

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L'efficacité de ces partenariats est également sujette à caution. Si la Turquie accueille plus de 3 millions de réfugiés syriens sur son sol, le président Recep Tayyip Erdogan n'a pas hésité à instrumentaliser la question des migrants pour faire pression sur l'UE. Quant à la Tunisie, les chiffres récents montrent une baisse des départs depuis ce pays, et une légère augmentation depuis la Libye. Pour l'OIM cependant, différents facteurs peuvent expliquer cette tendance et il est trop tôt pour faire un lien avec l'accord UE-Tunisie.

(Avec AFP)

latribune.fr

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