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Le commerce bilatéral entre la France et le Royaume-Uni retrouve une « trajectoire de hausse »

latribune.fr

Publié le 14 juin 2023 à 05:55 - Mis à jour le 14 juin 2023 à 06:08

Rishi Sunak, Emmanuel Macron

En mars dernier, Emmanuel Macron avait accueilli son homologue Rishi Sunak pour un sommet franco-britannique.

Kin Cheung / Pool via Reuters

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Le commerce bilatéral de biens et de services entre la France et le Royaume-Uni a « retrouvé sa trajectoire de hausse pré-Covid » en 2022, après deux années de recul, a noté le 13 juin l'Institut Cross-Channel, organisme lié à la Chambre de commerce franco-britannique, dans son baromètre annuel.

Le commerce bilatéral entre la France et le Royaume-Uni retrouve des chiffres dignes de son rang. L'an dernier, le montant total des transactions de biens et services entre la France et le Royaume-Uni a atteint 111 milliards d'euros, soit une augmentation de 13% par rapport à 2019 et de 42% par rapport à 2021, selon l'Institut Cross-Channel.

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Les exportations françaises vers le Royaume-Uni ont totalisé 60 milliards d'euros en 2022 (en hausse de 14% par rapport à 2019), alors que les importations en France depuis le Royaume-Uni se sont élevées à 51 milliards d'euros (+11%), d'après ce baromètre qui met en avant des chiffres en prix courants, non ajustés par rapport à l'inflation.

La France « a continué son développement en termes d'exports de biens, tandis que le Royaume-Uni a étendu son influence en matière d'export de services », après deux années « de larges variations dues à l'impact de la pandémie de Covid-19, à la crise énergétique, à la guerre de la Russie en Ukraine et à l'inflation » résume le baromètre.

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Les équipements liés au transport et les « produits chimiques » (pharmaceutiques ou d'entretien) ont été les principaux biens échangés, représentant à eux deux plus de 30 milliards d'euros en 2022. L'énergie a représenté 6,4 milliards d'euros, avec une forte augmentation des importations françaises due notamment aux difficultés du nucléaire français. Du côté des services, ceux destinés aux entreprises (dont les activités de conseil) ont été le premier pôle d'échanges avec 11,2 milliards d'euros. La technologie a représenté 4 milliards d'euros de transactions, une hausse d'environ 60% par rapport à 2019.

Une dynamique forte qui se poursuit

« On n'est pas uniquement dans une tendance de rattrapage, mais de continuité », avec une « dynamique forte qui se poursuit au premier trimestre 2023 », a précisé à l'AFP Thierry Drilhon, président de la Chambre de commerce franco-britannique, qui rappelle aussi que cette période a été marquée par le Brexit.

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Le responsable voit en ces chiffres le début d'un « nouveau chapitre en matière de relations économiques franco-britanniques », notamment à travers la poursuite du développement d'échanges et de coopération économique dans des secteurs clés comme « l'énergie », « la pharmacie » ou encore « l'innovation technologique ».

En 2022, la France était le cinquième partenaire commercial du Royaume-Uni, représentant 6% du montant des échanges britanniques, après les États-Unis, l'Allemagne, les Pays-Bas et la Chine, selon le baromètre.

Macron avait accueilli son homologue britannique en mars

En mars dernier, Emmanuel Macron avait accueilli le Premier ministre britannique Rishi Sunak. Il s'agissait, selon les deux chefs d'Etat d'écrire le « renouveau » de l'alliance « essentielle » entre la France et le Royaume-Uni, après des années de brouilles. Du Brexit à la pandémie en passant par une vive brouille au sujet des alliances dans la région Asie-Pacifique, de multiples crises avaient d'ailleurs interrompu la tradition des sommets annuels, le dernier remontant à 2018.

Un « partenariat stratégique » avait alors été annoncé qui doit se conclure par un accord sur l'énergie nucléaire, et des investissements par des entreprises des deux pays, le tout avec comme fil rouge la décarbonation de l'économie pour lutter contre le réchauffement climatique.

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Stellantis pourrait se retirer du Royaume-Uni

 Au Royaume-Uni, Stellantis s'inquiétait mi-mai d'un durcissement prévu des « Règles d'Origine », prévues dans le traité commercial post-Brexit avec l'UE. Celui-ci imposera à partir de 2024 qu'au moins 45% de la valeur des pièces d'un véhicule provienne de l'UE ou du Royaume-Uni pour être exempté de droits de douane. Le groupe a précisé aux députés britanniques qu'il pensait à l'origine pouvoir respecter cette limite, mais que « les prix des matières premières qui ne sont pas originaires (de l'UE ou du Royaume-Uni) augmentent considérablement, de sorte que nous sommes désormais incapables de respecter ces règles d'origine ». Il souhaite notamment que l'exécutif britannique et l'UE se mettent d'accord pour repousser à 2027 l'entrée en vigueur des nouvelles règles.

Le chef de l'opposition travailliste réagissait alors sur le sujet pour apporter son soutien à Stellantis. « Nous avons besoin d'un meilleur accord post-Brexit », a martelé Keir Starmer. « Cet avertissement de Stellantis est un rappel brutal que l'industrie automobile britannique est confrontée à un avenir très incertain », acquiesce le groupe de réflexion Energy and Climate Intelligence Unit (ECIU). Celui-ci craint « la perte de milliers d'emplois et la dévastation de l'économie locale ».

(Avec AFP)

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