Les Suisses rejettent la suppression de la redevance

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Le siège de la Radio Télévision Suisse, qui est financée à 75% par la redevance audiovisuelle.
Le siège de la Radio Télévision Suisse, qui est financée à 75% par la redevance audiovisuelle. (Crédits : RTS)
L'initiative populaire en faveur de la suppression de la redevance audiovisuelle suisse, l'une des plus élevées d'Europe, qui sert à financer à 75% la RTS, a été largement refusée ce dimanche.

"No Billag" : c'était le slogan de cette initiative appelant les citoyens de la Confédération helvétique à se prononcer en faveur de la fin de la redevance audiovisuelle, en référence à Billag, le nom de la société chargée de la perception de cette taxe imposée à tous. Les Suisses ont largement rejeté cette proposition très controversée lors d'une votation ce dimanche. Selon les premières projections fournies par gfs.bern pour la chaîne publique SRF, le "non" l'a emporté à 71,6% des votants et la totalité des cantons. La marge d'erreur est de 3%.

La redevance en Suisse est l'une des plus chères d'Europe : elle s'élève actuellement à 451 francs suisses (392 euros). En 2019, son montant sera abaissé à 365 francs (319 euros) soit 1,2 milliard de francs suisses pour la Radio Télévisions Suisse (RTS), qui en tire 75% de ses ressources et emploie 6.000 personnes. Cette taxe sera désormais payée par tous, même ceux qui n'ont pas de poste de télévision ou de radio, les autorités ayant fait valoir que la télévision et la radio étaient désormais regardées et écoutées sur internet.

La proposition "No Billag" a été élaborée par le mouvement de jeunesse du parti Libéral radical, notamment au nom de la liberté de choix du consommateur :

"En forçant tout ménage à payer plus de 450 francs suisses chaque année pour une redevance radio et télévision, on porte atteinte à son droit à l'autodétermination" explique l'initiative sur son site, qui ajoute dans son argumentaire que "la suppression de la redevance permettrait de libérer un pouvoir d'achat de 1,35 milliard de francs suisses chaque année".

Autre critique : "Les privilèges accordés par l'Etat à la SSR (le groupe public propriétaire de la RTS) font d'elle une entreprise quasi-monopolistique qui possède de bien meilleures armes que la concurrence. Ce qui fausse le marché."

Question de cohésion nationale

La RTS est la seule radio-TV nationale de la Confédération : elle diffuse des programmes dans les quatre langues officielles du pays (allemand, français, italien et romanche). Sa société-mère, la SSR, propose 17 stations radio et 7 chaînes tv : elle "distribue les recettes de la redevance et de la publicité à ses unités radio/tv des quatre régions linguistiques selon une clé de répartition qui soutient les régions linguistiques minoritaires" explique le groupe média sur son site, qui souligne qu'il s'agit d'une "question de cohésion nationale".

Le Parlement suisse avait recommandé le rejet de cette initiative populaire. Seule l'Union démocratique du centre, le premier parti de Suisse (droite populiste) avait apporté son soutien à cette proposition, très clivante, mais qui n'a pas fait ressortir d'antagonismes par canton.

"Le rejet le plus important de cette proposition revient à Neuchâtel avec 78,25% devant le Jura 78,09%. Côté romand, Fribourg dit non à 77,62%, Vaud à 76,47%, Berne à 75,10%, Genève à 74,80% et le Valais à 71,16%" détaille la RTS sur son site.

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Commentaires
a écrit le 04/03/2018 à 20:05 :
C'est merveilleux quand même de passer son temps à voter pour devoir se prononcer sur les lubies obsessionnelles de groupes de pression.

Ce qui est marrant avec l'extrême droite c'est le caractère totalement cahotique de leur pensée.
En supprimant la redevance c'est la quasi totalité des radios et TV locales en langues vernaculaires qui seraient disparues.
Pour un parti de culottes de peau nationalistes et attachées à leur crottin et leur patois local, ça l'aurait foutu mal.

Il aurait fallu que leur électeurs s'informent sur les grands média allemands, italiens, français...
Réponse de le 04/03/2018 à 21:18 :
Ce n’est pas l’extrême droite qui a demandé ce référendum je ne sais pas où vous avez vu ça. N’importe quoi...
a écrit le 04/03/2018 à 19:15 :
Quelqu'un n'ayant pas de TV disait que le Billag (organisme financier qui collecte) passait tous les mois vérifier qu'il n'en avait réellement pas. On peut ne pas en avoir un un jour et en acquérir une.
A quand la redevance pour tous (chez nous pareil) ? Ça fait cher 400FS et qq mais le "SMIC" à 3300€, ça permet juste de vivoter.
Souvenir de la Radio Suisse en ondes courtes, je vais essayer de la retrouver (bande 6MHz), pour la musique locale.
Ils peuvent peut-être réduire les frais de fonctionnement ? Les suisses seraient 67 millions, ça ferait moins cher chacun. :-)
a écrit le 04/03/2018 à 18:42 :
"Le Parlement suisse avait recommandé le rejet de cette initiative populaire"

Le parlement, censé représenter le peuple donc, qui ne veut pas que celui-ci s'exprime, cherchez l'erreur...

Bravo au peuple suisse mais s'il commence à s'opposer aux politiciens il risque de voter de moins en moins.
Réponse de le 04/03/2018 à 19:08 :
Disons que c'était un peu "loufoque" comme idée. Mais ça n'empêche pas de demander l''avis aux citoyens.
Il parait, d'après un jeune de l'UDC, qu'il y a trop de news par divers moyens (radio, TV, web, autre réseaux), donc les voies officielles sont devenues inutiles. A savoir si toutes les sources sont ou non vérifiées, c'est trop facile de diffuser de fausses informations (pas de déontologie des canaux) surtout en mélangeant le vrai et le faux, c'est difficile à détricoter pour chacun.
Si 10% des gens veulent voir, en payant, le journal d'informations, aura-t-il les moyens de faire des reportages ? Ou juste répéter les infos de Reuter et l'AFP ?
Réponse de le 05/03/2018 à 9:07 :
"Disons que c'était un peu "loufoque" comme idée"

Non rien de loufoque, juste la religion néolibérale qui veut éradiquer tous les services publics pour la remplacer par de la marge bénéficiaire.

Vous êtes sur un site économique, faites un minimum d'effort dans vos réponses svp, merci.

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