La réduction des exportations russes, qui devrait s'accélérer avec un embargo européen, va entraîner une modification des fondamentaux du marché mondial, avec un risque de hausse des cours, et des incertitudes sur le moyen terme.
Si les Etats-membres de l'Union européenne (UE) réunis pour un sommet européen ces lundi et mardi trouvent un accord sur un embargo sur les achats de pétrole à la Russie, le marché pétrolier pourrait s'en trouver modifié dans les prochains mois.
Selon les dernières données fournies par l'Agence internationale de l'énergie (AIE), l'Europe (y compris le Royaume Uni) devrait consommer 13,5 millions de barils par jour (mbj) de pétrole brut en 2022, soit 13,6% de la demande mondiale, majoritairement consommés dans le secteur des transports. Quant à l'offre russe, au premier trimestre, elle s'élevait à 12,6 mbj, soit 12,8% de l'offre mondiale. La Russie est le deuxième exportateur mondial de pétrole et l'Europe reste encore son premier client.
En cas d'embargo, l'AIE estime que cela "accélèrera la réorientation des flux commerciaux déjà en cours et obligera les compagnies pétrolières russes à fermer davantage de puits". L'agence anticipe qu'il y aura "une hausse constante de la production (hors Russie), (qui), associée à une croissance plus lente de la demande, en particulier en Chine (soumises à des restrictions d'activité en raison des confinements dus au Covid), permettront de parer à un déficit important de l'offre à court terme".
Compensés par les importations de l'Inde
Nombre de pays européens ont déjà réduit leurs achats de pétrole russe, comme l'atteste la chute de 40% de l'acheminement par rail de brut et de produits raffinés. Selon les données recueillies par l'AIE, la part de l'UE dans les exportations russes est passée de 50% (30% de brut et 20% de produits pétroliers) en janvier-février à 42% (25% de brut et 17% de produits pétroliers) en avril.
Pour le moment, la Russie a réussi à compenser l'arrêt des exportations vers les Etats-Unis et le Royaume-Uni qui avaient déjà imposé un embargo, en réorientant ces volumes vers l'Inde. En janvier, le géant asiatique représentait 1% des exportations pétrolières russes. En avril, 14%.
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