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Ukraine : Emmanuel Macron exhorte l'industrie de défense à passer en mode « économie de guerre »

latribune.fr

Publié le 20 janvier 2024 à 12:43 - Mis à jour le 22 janvier 2024 à 10:14

Emmanuel Macron a présenté ses vœux aux armées le vendredi 19 janvier sur la base navale de Cherbourg dans la Manche.

Emmanuel Macron a présenté ses vœux aux armées le vendredi 19 janvier sur la base navale de Cherbourg dans la Manche.

Reuters

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

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Lors de ses vœux à l'armée, le chef de l'Etat a déploré une « forme d'engourdissement satisfait » qui a gagné le secteur avant l'invasion en Ukraine et l'a appelé à développer « une capacité de production plus rapide et plus forte » pour continuer à soutenir Kiev. Des propos qui interviennent alors que la France a multiplié les annonces d'aides militaires à l'Ukraine cette semaine.
Il faut passer au « mode économie de guerre ». Tel est le message qu'a fait passer Emmanuel Macron, vendredi, aux industriels de défense français. Ces derniers étaient rassemblés pour écouter les 

vœux

du chef de l'Etat aux armées, sur la base navale de Cherbourg dans la Manche.

Une prise de parole durant laquelle il les a donc exhortés à aller plus vite pour répondre aux besoins de l'Ukraine. « La France a un rendez-vous avec son industrie de défense, une industrie en mode économie de guerre » avec « une capacité de production plus rapide et plus forte », a insisté Emmanuel Macron. Il a ainsi fustigé la « forme d'engourdissement satisfait » qui avait gagné le secteur avant l'invasion de l'Ukraine.

« Je demande à chaque patron d'être totalement concentré sur les enjeux de production et d'approvisionnement. Il ne faut plus jamais se satisfaire de délais de production qui s'étalent sur plusieurs années », a-t-il martelé devant un parterre de hauts gradés et d'acteurs du secteur de la défense.

L'occasion également pour le chef de l'Etat d'assurer, une nouvelle fois, que « nous continuerons à aider les Ukrainiens », car « on ne peut laisser la Russie penser qu'elle peut gagner (...) Une victoire russe, c'est la fin de la sécurité européenne ».

Lire aussiUkraine : Thierry Breton propose un fonds de 100 milliards pour l'industrie de défense européenne

Des propos qui font écho à ceux qu'il avait tenus lors de sa conférence de presse le 17 janvier dernier. « Nous ne pouvons pas laisser la Russie gagner, car la sécurité même de l'Europe est mise à mal. Nous devons tout faire, c'est le principal sujet à mes yeux de mobilisation », avait-il affirmé, annonçant alors sa venue en Ukraine en février pour conclure un accord de sécurité avec Kiev.

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Emmanuel Macron regrette les contrats manqués

Il a néanmoins délivré un satisfecit à l'amélioration des cadences de production du canon Caesar, du missile Mistral, de l'avion Rafale ou des radars de Thales. Pour faire face à la demande, Nexter, branche française du groupe franco-allemand KNDS, a, en effet, accéléré la production du Caesar, passant de trois ans à 18 mois pour sa fabrication et de deux exemplaires produits chaque mois à six mensuels.

De même, le ministère français des Armées s'est félicité, mercredi dernier, d'un triplement des capacités de production de munitions en France, passées de 1.000 unités produites par mois avant la guerre en Ukraine à 3.000 espérées courant 2024.

Mais «d'autres ont tardé à comprendre le changement de contexte stratégique, l'importance de pouvoir livrer viteetont, depuis un an et demi, manqué parfois des contrats et je le regrette», a cependant ajouté le chef de l'Etat.

Les annonces d'aides à l'Ukraine se multiplient

D'autant que la France a fait l'objet de critiques en raison de la faiblesse de son soutien. Elle semble toutefois y remédier. En témoignent les annonces d'aide militaire à Kiev qui se sont multipliées cette semaine. Le 17 janvier déjà, le ministère indiquait que six canons automoteurs commandés en septembre dans le cadre d'un contrat commercial direct entre Nexter et l'Etat ukrainien, « sur fonds propres de Kiev », seraient livrés « dans les prochaines semaines », 72 autres devant trouver des financements collectifs.

De son côté, Emmanuel Macron avait annoncé, le même jour, la finalisation d'un nouveau plan de livraisons d'armes : « une quarantaine de missiles SCALP et des bombes ». « La France avait développé des productions qui vont permettre de fournir beaucoup plus de matériel en particulier des chars Caesar » avait-il assuré, précisant que l'aide aller également concerner les besoins de formation de l'Ukraine.

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Dès le lendemain, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, annonçait que Paris était disposé à financer douze canons Caesar supplémentaires pour l'Ukraine, soit un investissement de 50 millions d'euros. La France a la capacité d'en produire 60 autres, a également indiqué le ministre, soit quelque 250 millions d'euros, « une somme qui me semble-t-il est accessible pour les différents budgets des alliés ».

Au total, la France a déjà cédé ou vendu à l'Ukraine 30 Caesar depuis le début de la guerre en février 2022. Le Danemark a également fourni à l'Ukraine 19 exemplaires d'une version blindée à huit roues. Monté sur camion, le Caesar peut tirer des obus de 155 mm à 40 kilomètres de distance.

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La Russie est « forcément responsable » de toute « escalade »

Prenant la parole vendredi également, Sébastien Lecornu a estimé que la Russie était « forcément responsable » de toute « escalade » et des frappes ukrainiennes sur son sol, qui se multiplient.

« S'il y a escalade, c'est condamnable, mais c'est forcément la Russie qui en est responsable. Attention à ne pas faire passer la victime pour l'agresseur », a-t-il déclaré sur LCI, tout en démentant que les missiles de longue portée Scalp français servent à frapper le territoire russe.

(Avec AFP)

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