C'est un véritable symbole pour le ministre des Armées et la fameuse économie de guerre chère à Emmanuel Macron. En visite lundi à Roanne sur le site amiral de Nexter Systems, Sébastien Lecornu se devait de marquer le coup pour l'effort inédit du groupe spécialisé dans les blindés et les systèmes d'artillerie, dont notamment le Caesar qui frappe les esprits en Ukraine. Mais pas que... Ainsi, Nexter Systems a su répondre à la diligence du ministre, qui poussait les industriels à produire plus et aussi plus vite.
La filiale du groupe franco-allemand KNDS a gagné son pari. Elle fabrique six Caesar, un système d'artillerie autotracté équipé d'un canon de 155 mm d'une portée de 40 km), par mois cette année (contre deux à quatre unités par mois en 2022). Elle a également divisé le délai de production par deux, passant de 30 à 15 mois par Caesar entre la signature du contrat et la livraison au profit de tous les clients. « Avec l'économie de guerre, nous avons collectivement été obligés de nous réinventer, de bousculer nos modes de réflexion et d'action, d'innover, de faire preuve d'audace », a expliqué lundi le directeur général de Nexter, Nicolas Chamussy.
« Notre capacité de faire l'économie de guerre n'était pas qu'un slogan », a tenu à mettre au point Sébastien Lecornu, rappelant que « la guerre en Ukraine était venu bousculer le modèle ». C'est vrai pour le Caesar et pour certaines munitions, dont certaines sont fabriquées par Nexter Systems comme les obus de 155 mm. En juillet 2022, le ministère avait alors passé commande de 18 canons Caesar (85 millions d'euros) pour remplacer les 18 premières pièces livrées à l'Ukraine, qui avaient amputé de près d'un quart le parc de l'armée de terre française. Ainsi, les six premiers exemplaires vont arriver d'ici à la fin de l'année et les 12 derniers en 2024. Deux exemplaires ont très récemment été livrés à la Direction générale de l'armement (DGA), qui doit donner ensuite son feu vert à la livraison à l'armée de Terre.