Normes administratives : le ras-le-bol des patrons

Fanny Guinochet
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Olivia Grégoire & Bruno LeMaire
© Pascal Avenet/ABACA via Reuters

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Attention aux pots de fin d'année. « Si vous offrez un cocktail de Noël à vos salariés, c'est considéré comme un avantage en nature, sur lequel vous devrez payer des cotisations sociales, alors que si vous notez que c'est un séminaire de fin d'exercice, vous n'en paierez pas, c'est ubuesque ! » prévient Pierre, à la tête d'une société d'informatique d'une cinquantaine de personnes. Si cet entrepreneur préfère garder l'anonymat, c'est parce qu'il a été épinglé par l'Urssaf à ce sujet...
Des situations kafkaïennes de ce type, les chefs d'entreprise en racontent à la pelle. Tous expliquent ne plus avoir le temps de se consacrer à leurs activités tant cette inflation de règlements administratifs, de dispositions venues de Bruxelles, de codes, de protocoles les accapare et les décourage.
« Ces dernières années, le train s'est emballé : pour obtenir le financement d'une banque, postuler à un appel d'offres, exporter, il faut remplir des déclarations en matière de responsabilité sociale, de respect de la diversité, justifier votre bilan carbone, etc. », égrène Bruno Grandjean, excédé. Le PDG de Redex, PME de machines-outils employant 300 personnes, alerte : « Ce sont autant de freins à notre compétitivité. » Aussi les représentants des patrons de petites et grandes structures, Medef, CPME et U2P, ont-ils décidé d'interpeller Emmanuel Macron : « Simplifiez plus, et plus vite », exigent-ils.
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Le moment n'a pas été choisi au hasard : mardi, le chef de l'État a prévu de les solliciter. Alors que la conjoncture économique se durcit, que le chômage augmente, Emmanuel Macron veut les encourager à se mettre en ordre de bataille pour exporter et accélérer la réindustrialisation du pays. Seul hic, ces chantiers butent souvent sur les contraintes normatives. Certes des efforts ont été faits pour raccourcir les délais d'implantation d'une usine de dix-huit à neuf mois, mais, dans l'Hexagone, c'est encore près d'un semestre de plus qu'outre-Rhin. Selon l'OCDE, la France arrive en queue de peloton des pays où les normes entravent le plus la concurrence, quand le Royaume-Uni est 1er, l'Espagne 2e et l'Allemagne 4e.
Fanny Guinochet