Brexit : pourquoi la Cornouailles risque de regretter son choix

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Entre 2007 et 20013, les 654 millions d'euros reçus de l'UE par la comté ont servi au développement des infrastructures, au financement des universités et à la mise en place de l'internet haut-débit pour 95% de la population.
Entre 2007 et 20013, les 654 millions d'euros reçus de l'UE par la comté ont servi au développement des infrastructures, au financement des universités et à la mise en place de l'internet haut-débit pour 95% de la population. (Crédits : REUTERS/Chris Helgren)
Le deuxième comté le plus pauvre du Royaume-Uni a voté à 56,5% pour la sortie de l'Union européenne, jeudi 23 juin, notamment ses pêcheurs, qui sont ulcérés par les quotas. A l'heure actuelle, pourtant, rien n'indique que les nouvelles règles, une fois le Brexit effectif, leurs seront plus favorables.

Au cours des jours précédant le Brexit, le désenchantement était palpable, dans le comté de Cornouailles. Les Union Jack flottaient au vent, aux fenêtres et sur les voitures. Signe de l'état d'esprit des habitants de la péninsule du sud-ouest de l'Angleterre et du climat de défiance vis-à-vis de l'Union européenne et de ses institutions. Pour eux, nul doute, le Royaume-Uni devait retrouver son "indépendance", pour mettre fin, entre autres, à l'immigration et à l'"ingérence" des autres pays européens. Aux quotas de pêche, aussi, qui empêcheraient une région dépendante de l'économie maritime d'exploiter son plein potentiel et permettraient au lieu de cela à des "bateaux étrangers de venir pêcher dans [leurs] eaux puis de [leur] revendre le poisson".

Cinq jours après le référendum et le plébiscite du Leave (56,5%), les quelque 530.000 Cornouaillais commencent à déchanter. A se poser des questions sur leur avenir économique à court terme. Une fois la sortie de l'Union européenne actée, les millions d'euros de subventions qui parviennent jusqu'à leurs côtes chaque année risquent de rester à quai, à Bruxelles. De l'argent nécessaire au développement économique de la région, en grande difficulté depuis la fermeture des dernières mines de cuivre et d'étain dans les années 1990 - à la fin du XIXe, les Cornouailles produisaient 80% du cuivre à l'échelle mondiale.

Incertitude autour des subventions et des quotas de pêche

Entre 2007 et 2013, les 654 millions d'euros reçus par la comté ont servi au développement des infrastructures, au financement des universités et à la mise en place de l'internet haut-débit pour 95% de la population. Une manière de désenclaver une région éloignée de Londres tant sur le plan géographique que politique. "Maintenant que nous savons que le Royaume Uni va quitter l'Union européenne, nous allons être très vigilants sur la place accordée aux Cornouailles dans les négociations", a assuré le président du Cornwall Council John Pollard, cité par l'Independent. "Nous insistons sur le fait que les Cornouailles doivent continuer à recevoir autant d'argent que ce qui est actuellement envoyé par l'UE, soit environ 60 millions de livres par an depuis 10 ans." Dans le budget 2014-2020 de l'Union Européenne, 592 millions d'euros ont été alloués à la région. Si le Royaume-Uni sort d'ici 2018, les subventions pourraient être annulées.

Dans cette optique, le Council dit avoir reçu, avant le référendum, l'assurance du camp du Leave que les investissements se poursuivraient, même en cas de Brexit. Mais au vu des premier rétropédalages et des promesses intenables distillées tout au long de la campagne, rien n'est moins sûr. "Nous nous renseignons de manière urgente auprès des ministres concernés pour nous assurer que ce sera bien le cas", peut-on lire dans un communiqué publié vendredi.

Pour ce qui concerne la pêche, le constat est similaire. Les autorités britanniques ont annoncé mardi 28 juin que les quotas en vigueur resteraient ceux de l'Union européenne pendant encore deux ans, le temps que le processus de désengagement soit mené à son terme. Après? Le flou. "Nous pouvons bien sûr essayer de renégocier la répartition des quotas ainsi que l'accès aux réserves de poisson (partagées avec la France, notamment, ndlr), a estimé, prudente, la Fédération nationale des organisations de pêcheurs. Mais en étant réaliste, il y aura un prix à payer. Reste maintenant à savoir qui le paiera." Une nouvelle fois, rien ne dit que les pêcheurs cornouaillais tireront leur épingle du jeu, hors du carcan européen. A en croire les autorités britanniques, la tendance serait même davantage au statu quo. Quitter un mal, pour ne pas aller forcément mieux, dans les mains d'un gouvernement qui aura certainement d'autres priorités que la Cornouailles, comme cela est le cas depuis de nombreuses années. Et sans subventions, cette fois, pour acquérir les chalutiers.

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a écrit le 02/07/2016 à 15:33 :
Faire tout un article sur le risque de perte par la Cornouailles de subventions européennes sans évoquer le fait que l'état du Royaume-Uni est contributeur net au budget européen et pourrait donc largement compenser ces absences de recettes du comté, pour moi cela frise la malhôneteté journalistique
a écrit le 30/06/2016 à 19:57 :
Le journaliste qui cite le montant des subventions européennes pour le Pays de Galle a oublié de préciser quel montant cotisait le Royaume Uni pour l'Europe : ça aurait été intéressant de comparer les 2 chiffres.
Par exemple les contribuables français payent 50 milliards d'euros pour financer le conseil et le parlement européen, et a reçu 13 Milliard de subventions européenne : on sort de l'Europe, on gagne 37 Milliards d'euros pour la santé, les retraites, etc.
vivement le Franxit !
Réponse de le 01/07/2016 à 16:28 :
Au total le budget 2015 de l'UE est de 162 milliards, il n'y a que dans vos rêves que nous en payons 50. Le montant annuel des contributions de la France au fonctionnement de l'UE est de 21 milliards, ce qui laisse un différentiel de 6 milliards environ.

Pour ce qui est des coûts de fonctionnement du conseil et du parlement européen, ils sont de 8 milliards, soit 5% du total. Je vous mets au défit de trouver une entreprise privée qui fasse au moins aussi bien.

6 milliards, ce n'est pas rien mais comparé au budget total de la sécurité sociale (+/- 350 milliards), ça ne change pas la donne, en tout cas ça ne permettrait pas de faire beaucoup plus que l'existant, ainsi que Farage l'a prétendu aux anglais (surtout que leur compte est quasi équilibré).
a écrit le 30/06/2016 à 17:29 :
Ils n'ont pas spécialement tord, l'Europe, avec les Espagnols a été un désastre pour la pêche, on a l'air malin avec les quotas, qui fonctionnent un peu alors que tout a été ravagé en quelques années.
En 1975 le port des Sables d'Olonnes criée moyenne 200 tonnes années 80 (mes potes m'avaient dit ils ont ravagé leurs côtes ils vont ravager les notres)15 tonnes.
Le port de Croix de Vie, référence mondiale de la sardine en boîte et des anchois, 110 bâteaux en 1975 il en reste une vingtaine dont la plupart à l'arrêt ainsi que l'île d'Yeu.
Ne reste qu'une conserverie sur les 9, et plus un anchois car "réservés à nos maîtres espagnols!"
Comme si on n'étaient pas capables de les manger nous-mêmes au barbecue.
Moi je suis pour une frontière ou uniquement Français d'un côté Cornouaillais de l'autre, les autres on met en fourrière (façon de parler).
De toute façon on ne pourra jamais gérer les stocks s'il y a des bâteaux étrangers qui passent.
l'Europe du poisson est une énorme boulette.
a écrit le 30/06/2016 à 4:35 :
A Harpagon : Vous avez certes raison. il est facile de lire toutes les presses fussent-elles anglaises ou americaines sur le web. Encore faudrait-il que le franchouillard puisse les dechiffrer.
A voir le niveau d'anglais post bac de nos tetes blondes, on peut legitimement se poser des questions, helas en francais....Isn't ?
a écrit le 29/06/2016 à 21:40 :
Cet article rappelle une chose évidente : les problèmes qui se posent dans l'UE ne disparaissent pas comme par enchantement une fois qu'on est sorti de l'UE. Parfois ils sont mêmes plus difficiles à résoudre faute de relations institutionnalisées entre les pays. Ça sera exactement la même chose pour l'immigration ou encore les normes agricoles et industrielles.
a écrit le 29/06/2016 à 21:40 :
Cet article rappelle une chose évidente : les problèmes qui se posent dans l'UE ne disparaissent pas comme par enchantement une fois qu'on est sorti de l'UE. Parfois ils sont mêmes plus difficiles à résoudre faute de relations institutionnalisées entre les pays. Ça sera exactement la même chose pour l'immigration ou encore les normes agricoles et industrielles.
a écrit le 29/06/2016 à 19:45 :
En France c' est le big bazar .....80% de la population est d' accord , mais quand je vois l'impréparation britannique pour le plan B , là je me dis qu' en Europe nous ne sommes pas les premiers . Pour les quotas de poissons il faut savoir que les réserves halieutiques fondent comme neige au soleil , attention de ne pas scier une autre branche . ( ça va finir par faire mal ) .
Réponse de le 30/06/2016 à 11:55 :
d'autant que les quotas européens ont bien stabilisé la situation.
a écrit le 29/06/2016 à 18:03 :
Les partisans du in et du out ont fait campagne avec leurs arguments, puis les citoyens se sont exprimés via le referendum démocratique. Un choix a donc été fait.
Maintenant, que nos amis du Royaume-désuni appliquent leur choix et assument ses conséquences. What else? et ça coule de source!
Sinon tout est du flan et ça remet en cause le fonctionnement démocratique .
Réponse de le 30/06/2016 à 15:25 :
Réveillez vous ! rien n'est démocratique à Bruxelles ! c'est la loi des lobbys et des ayatollahs européistes jusqu’au-boutistes...
a écrit le 29/06/2016 à 18:00 :
56.5% mais ils vont regretter ! :-) Décidément la France a du recevoir des ordres pour la communications "absolument annoncer le chaos" :-)))) Entre temps la bourse repart à +2.5% depuis 2 jours et la Chine annonce quelle n'en a rien à faire du Brexit !
Réponse de le 30/06/2016 à 11:59 :
A part que la déconvenue est déjà au rendez-vous, par exemple la promesse de réinjecter le montant de la cotisation britannique à l'UE a déjà fait pschitt, et franchement, on se perd en conjectures sur les raisons qui poussent à temporiser l'enclenchement de la procédure de sortie...
Réponse de le 30/06/2016 à 13:57 :
Le rétablissement miraculeux du royaume-uni ces derniers jours est uniquement du au fait qu'il n'est absolument plus évident que les Anglais fassent réellement ce qu'ils ont dit qu'ils feraient. Juste après le referendum, il n'y avait aucune raison de douter de leur volonté de quitter l'union européenne. Une semaine après il y a les faits, ou plus exactement l'absence de faits.

Je trouve cette histoire de Brexit est un avertissement cinglant pour tous ceux qui voudraient en faire autant dans les autres pays de l'union. Même ceux qui disent la vouloir ne la font finalement pas, preuve que ce n'est pas si avantageux que ce que prétendent certains.
Réponse de le 01/07/2016 à 12:40 :
Pendant la guerre 39-45 la majorité des français était contre la Résistance..... qui dit majorité ne dit pas intelligence. J'ai vécu en Angleterre et je leur fais confiance pour s'en sortir. car c'est là que j'ai appris le sens du mot démocratie dont se gargarisent nos élus aux ordres de Bruxelles.
a écrit le 29/06/2016 à 17:32 :
Élémentaire mon cher Watson. Si on annule les quotas de pêche de l'UE et qu'on interdit aux étrangers de prendre le poisson des eaux britanniques, les pêcheurs pourront travailler et vendre leurs produits à des tarifs raisonnables.
Réponse de le 29/06/2016 à 18:52 :
Vivre de sa pêche, tout un programme, en effet, dans des zones très poissonneuses. Il n'est pas sûr que la Cornouailles soit auto-suffisante ainsi. D'ailleurs, le Royaume-Uni a sacrifié son agriculture malgré la leçon de la dernière guerre et n'est auto-suffisant qu'à 60 ou 70 %... donc il leur faudra bien commercer pour se nourrir. S'ils achètent tout aux Américains, cela va leur coûter cher en transport.
a écrit le 29/06/2016 à 16:24 :
C'est marrant, j'ai beau regarder plusieurs journaux, tous montrent une flopée d'exemples de regret des anglais, à croire que personne n'est satisfait et que s'il y a un nouveau référendum on aura 100% pour le remain. À d'autres.
S'il vous plaît, évitez de publier que ce que le lecteur veut voir.
Réponse de le 29/06/2016 à 18:55 :
C'est facile maintenant avec le net, il suffit de lire la presse anglaise pour savoir ce que disent les Anglais à la source.

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