Coronavirus : l'UE met 25 milliards d'euros sur la table pour lutter contre l'épidémie

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Pour que le fonds puisse atteindre 25 milliards d'euros très rapidement, je demanderai au Conseil et au Parlement cette semaine de débloquer 7,5 milliards de liquidités, a précisé Ursula von der Leyen, la cheffe de l'exécutif européen.
Pour que le fonds puisse atteindre 25 milliards d'euros très rapidement, "je demanderai au Conseil et au Parlement cette semaine de débloquer 7,5 milliards de liquidités", a précisé Ursula von der Leyen, la cheffe de l'exécutif européen. (Crédits : Reuters)
Ce "fonds d'investissement en réponse au coronavirus" est destiné aux systèmes de santé, petites entreprises, au marché du travail et aux secteurs vulnérables de l'économie. Les États membres de l'Union européenne ont par ailleurs plaidé pour un assouplissement des règles budgétaires dans ce contexte particulier. La Commission a souligné que les dépenses budgétaires exceptionnelles liées à la lutte contre l'épidémie ne seront pas prises en compte dans l'évaluation du déficit des pays concernés.

La Commission européenne a voulu rassurer, mardi, les 27 inquiets des conséquences de l'épidémie de nouveau coronavirus sur leurs économies, promettant de mobiliser "tous les instruments à disposition" pour les soutenir, dont un nouveau fonds spécialement dédié.

Ce "fonds d'investissement en réponse au coronavirus" est destiné aux systèmes de santé, petites entreprises, au marché du travail et aux "secteurs vulnérables de notre économie".

Pour que le fonds puisse atteindre 25 milliards d'euros très rapidement, "je demanderai au Conseil et au Parlement cette semaine de débloquer 7,5 milliards de liquidités", a précisé Ursula von der Leyen, la cheffe de l'exécutif européen.

Elle mettra en place un groupe de travail pour s'assurer "que l'argent arrive dans les prochaines semaines".

La Commission avait annoncé un peu plus tôt dans la journée une aide au secteur aérien, particulièrement affecté, en assouplissant temporairement les règles sur les créneaux aéroportuaires afin d'empêcher les vols à vide.

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Résister à la "tempête"

C'était une première, selon plusieurs sources: la réunion extraordinaire entre les 27 chefs d'État et de gouvernement, organisée dans l'urgence, s'est faite par visioconférence.

L'unanimité a été de mise: agir de manière coordonnée pour répondre à la propagation rapide du virus, alors que tous les États membres sont désormais touchés, en particulier l'Italie avec plus de 9.000 personnes infectées et plus de 450 décès. Et soutenir les économies qui commencent à en subir les conséquences négatives.

"Nous allons utiliser tous les instruments à notre disposition pour nous assurer que l'économie européenne résiste à la tempête", a lancé la cheffe de l'exécutif européen Ursula von der Leyen lors d'une courte conférence de presse à l'issue de la réunion.

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Assouplissement des règles

La demande était insistante de la part des États membres. "Une application flexible des règles de l'UE, en particulier en ce qui concerne les aides d'État et le pacte de stabilité et de croissance, sera nécessaire", a résumé le président du Conseil européen Charles Michel au nom des 27.

Depuis Paris, le président français Emmanuel Macron a souhaité que "la contrainte budgétaire" ne soit "pas un rempart" à d'éventuelles mesures pour soutenir l'économie.

Au cours du week-end, la Commission européenne avait déjà souligné, dans une lettre au ministre de l'Économie italien, que les dépenses budgétaires exceptionnelles liées à la réponse à l'épidémie ne seraient pas prises en compte dans l'évaluation du déficit du pays, en lien avec les règles européennes.

"La Commission européenne devrait faire preuve de souplesse sur la question des aides publiques. Et la Banque centrale européenne est appelée également à jouer un rôle important", a commenté de son côté Steffen Seibert, le porte-parole de la chancelière allemande Angela Merkel.

Mme von der Leyen a détaillé une série de mesures, portant notamment sur "les aides d'État", qui pourront "aller aux entreprises qui en ont le plus besoin".

Elle a promis d'apporter des idées lors de la prochaine réunion lundi de l'Eurogroupe (les 19 ministres des Finances de la zone euro).

La présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde a participé à la réunion. La BCE réunit ce jeudi son conseil des gouverneurs et pourrait annoncer des mesures de soutien.

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Commentaires
a écrit le 12/03/2020 à 5:24 :
La seule chose que peuvent demander les Etats ? "Ne tenons plus les règles". Peut-être sont-elles naturellement intenables et qu'un début de situation de crise fait péter le système.

Quand les peuples souffrent, la seule réponse de l'UE c'est "sauvons les entreprises".
Quand l'humain est à ce point négligé, il est clair que l'Empire ne pourra tenir.

L'UE court à sa perte, coronavirus ou non.
Réponse de le 12/03/2020 à 8:48 :
Quand les peuples souffrent? Ce sont qui que souffrents? Les francais dans leur paradise sociale?
a écrit le 11/03/2020 à 15:01 :
Faux, l' UE n' a pas de ronds propres, elle les chope dans les poches du club des contributeurs nets dont la France, pourquoi ne pas lever une bonne fois ce petit lapin qui court depuis trop longtemps ?
a écrit le 11/03/2020 à 12:58 :
gestion de la crise du coronavirus en Europe ?
Chacun pour soi et Dieu pour tous , crédo de la Commission Européenne .
cela n'empêche pas d'être un peu charitable :elle va dégager 25 milliards d'euros à distribuer aux pauvres à la sortie de la messe .
Réponse de le 11/03/2020 à 18:18 :
Possible ,

La famille Von der Leyen est de confession luthérienne et membre de l’Église évangélique d’Allemagne.
a écrit le 11/03/2020 à 12:19 :
Ah, la dépendance vis a vis du système économique actuel est tel, qu'on a besoin d'injecter des milliards gratuitement sur le dos des citoyens européens. Rien pour rappeler aux entreprises que leur modèle de pensée économique est obsolète et fragile (puisque cet évènement est semble-t-il reproduisible). Ces milliards dépensés au niveau européen et national, il va falloir obliger les entreprises à les rembourser... pour les forcer à évoluer. Comme d'habitude, politique menée sans queue ni tête.
a écrit le 11/03/2020 à 12:02 :
Des mesures simples pour sauver notre économie:

suspension du paiement des loyers pour les plus atteints
allocation spectacle vivant de 1000 euros par mois pour tous les artistes pendant les trois mois qui viennent
suspension des remboursements de crédit au cas par cas
renflouement par la BPI des grandes entreprises touchées:air france,sncf,total,banques assureurs etc...
ligne de crédit pour que les collectivités locales puissent investir plus
hausse de 2% de la TVA pour subventionner ces mesures
Réponse de le 11/03/2020 à 15:27 :
Repousser les nouvelles règles du chômage pour les travailleurs saisonniers. .
Réponse de le 11/03/2020 à 18:44 :
Le retour de " élu ps " qui voyait en Hollande le sauveur du pays.
Une hausse de la TVA provoquerait un retour encore plus fort des gilets jaunes.
Réponse de le 11/03/2020 à 22:38 :
élu ps , petite rq sur votre commentaire: vous pourriez rajouter à la fin un Post Scriptum du genre:

ps: cette liste n'est pas exhaustive...

Car il manque par ex : financement des mesures de chômage partiel, mesure essentielle pour éviter la fabrique à chômage de la crise de 2009.
a écrit le 11/03/2020 à 11:10 :
On arrose avec de l'argent public, mais il est impossible d'acheter un masque, au surplus sans ordonnance (c'est à dire autorisation).. comprenne qui pourra.
Réponse de le 11/03/2020 à 17:14 :
Les machines à fabriquer des masques, à ma connaissance, ne savent pas encore transformer directement de l'argent en masques.
a écrit le 11/03/2020 à 10:59 :
Où cette administration qu'est l'UE de Bruxelles va t elle chercher autant d'argent si ce n'est dans les poches de ses membres qui devront emprunter!
Réponse de le 11/03/2020 à 13:38 :
Et pendant ce temps là sur un autre article de la tribune, Trump lance un plan de 700 milliards et les europhobistes se moquent de l'UE qui ne met que 25 milliards sur la table. Tout est bon pour critiquer.
a écrit le 11/03/2020 à 10:08 :
Une misère en rapport des besoins de la France de l'Italie ou de l'Espagne. Mais comme d'habitude c'est Merkel qui commande et à juste titre, l'Allemagne n'en n'a pas besoin car avec un pactole d'excédents budgétaires de 200 milliards d'euros, les autres Pays, tous en déficits plus ou moins important vient voir leurs déficits gonflés beaucoup plus, comme la France qui, sans le COVID19, voit d'année en année son déficit passé largement la barre des 100% du PIB.
Réponse de le 11/03/2020 à 11:18 :
"tous en déficits plus ou moins important vient voir leurs déficits gonflés beaucoup plus, comme la France qui, sans le COVID19, voit d'année en année son déficit passé largement la barre des 100% du PIB."

Comme tous les pays du sud et pour les mêmes raison, l' appartenance à l' UE et l' euro fort qui ne profite qu' à la seule Allemagne ..
Réponse de le 11/03/2020 à 17:26 :
Réponse à Gédéon:
C'est bien connu. Sur l'air du pont d'Avignon, on peut chanter dans les pays du sud, on y danse, on y danse ; dans les pays du sud on y danse tous sans ronds. Et pourquoi diantre ? mais parce qu'on est cigale et que l'on dépense plus que ce qu'on a. La devise souveraine ou pas n'y est pour rien. Les dettes en Francs aurait fait dévaluer le Franc et on aurait été payé en monnaie de singe, sans que l'on se rende immédiatement compte peut être.Si c'était si simple, tous les pays pauvres gérant leurs propres devises seraient riches.
Réponse de le 11/03/2020 à 18:47 :
@toto Bein voyons, vous semblez mieux documenté sur la question que deux Nobel d' économie .. En 2001, ce professeur à l’Université Columbia a reçu le “prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel” (souvent appelé, par facilité, le “Prix Nobel d’économie”), pour un travail commun avec George Akerlof et Michael Spence.

Il a acquis une grande notoriété à travers le monde à la suite de ses critiques sévères contre le FMI et la Banque mondiale, critiques qu’il a publiquement formulées peu après son départ de la Banque mondiale en 2000, alors qu’il y avait travaillé comme économiste en chef.

À la veille de la Saint Sylvestre 2016, il a lancé – à son tour, après bien d’autres – , un gros pavé dans la mare des idéologues de l’euro. Comment ? En publiant dans le très chic – et très lu – magazine américain Fortune un article-réquisitoire contre le bilan de quinze ans d’euro, dont le titre se passe de commentaires : “Pourquoi 2017 pourrait voir l’effondrement de l’euro.”

Comme les lecteurs le constateront par eux-mêmes, cet article aurait pu être signé par l’un des responsables de l’UPR, tant il confirme, point par point, toutes les analyses faites par notre mouvement politique depuis sa création. À part la conclusion, bien sûr, où Stiglitz indique qu’il faudrait “plus d’Europe” pour sauver l’euro. Mais la fin de l’article indique que lui-même n’y croit plus.

Et vous savez ce qu' on dit quand on n' y croit plus, c' est là qu' il faut se retirer, avant la débandade..
Réponse de le 11/03/2020 à 23:52 :
Gedeon, on reste un peu sur sa fin avec votre champion Prix Nobel car il n'a pas publié de suite à son article réquisitoire, qui pourrait notamment s'intituler " Pourquoi 2017 n'a pas vu l'effondrement de l'euro"... dt le cours caracole à plus de 1.1 $ et ça depuis des années, malgré la crise actuelle qui a vu fondre les ppaux indices de la planète financière de plus de 20% en qcqs jours.
Vous pourriez du reste inciter ts les experts que vous citez à plancher sur "la résilience étonnante de l'euro" malgré les crises majeures subies depuis 2007, assorties des pronostics alarmistes de ces "experts" surtout en prophéties de malheur.
La où Stiglitz a raison, c'est le nanisme dont souffre l'UE comme acteur politique : il suffit pour cela de comparer les aides promises mises en jeu de part et d'autre pour accompagner cette crise: 700 mds $ d'un côté / 25 mds d'euro de l'autre.
Mais voyez, on sent comme des évolutions qui vont ds le bon sens avec par ex cette ambition de défense commune qui monte, qui monte... surtout qd on voit le gâchis des budgets militaires des pays frères qui servent plutôt à subventionner le complexe militaro industriel US, alors que l'UE dispose de ttes les briques technologiques pour la mettre en place.
En conséquence, je ne peux que vous suggérer de méditer avec profit ce vieux dicton populaire : "ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain" car l'Europe pourrait bien nous réserver d'agréables surprises, ne vous en déplaise.
Et encore un mot entre nous: à qui profiterait le crime d'une Europe faible et divisée ?
a écrit le 11/03/2020 à 9:57 :
c'est quoi ça, l'économie peut attendre. Des gens meurent à nos portes, l'Italie doit choisir qui doit vivre ou mourir. Cette Europe elle peut se faire encadrer s'il elle veut avec de pareilles décisions elle montre son incapacité à sauver les européens
a écrit le 11/03/2020 à 9:23 :
Jusqu'ici l’Europe apparaît bien absente face à cette crise et ses 25 milliards promis c'est rien du tout à l’échelle européenne. A l'heure où un premier pays la quitte, on était en droit d'attendre plus de l'UE. Malheureusement ce n'est pas le cas.
a écrit le 11/03/2020 à 9:13 :
L'argent est une chose, les dispositions nécessaires en sont une autre et là on attend.
a écrit le 11/03/2020 à 9:11 :
Quand c'est pour la santé des gens; leur éducation ou leur justice il n'y a plus de sous il faut à tout prix faire des économies, quand c'est pour la marge bénéficiaire de l'actionnaire les milliards pleuvent par dizaine.

ET pas un média pour se poser un minimum de question, bons soldats certes mais absence totale de démocratie et bien pire, d'intelligence.

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