L'accord du Brexit trouvé, Boris Johnson doit maintenant convaincre Westminster

 |   |  818  mots
M. Juncker a averti que la situation deviendrait extrêmement compliquée si le Parlement britannique rejette samedi l'accord trouvé pour le divorce entre le Royaume-Uni et l'UE.
M. Juncker a averti que la situation deviendrait "extrêmement compliquée" si le Parlement britannique rejette samedi l'accord trouvé pour le divorce entre le Royaume-Uni et l'UE. (Crédits : Reuters TV)
Si Boris Johnson, le premier ministre britannique, se dit "très confiant" dans l'épreuve qui l'attend, le chef du Parti travailliste, principale formation d'opposition au Royaume-Uni, ainsi que le parti nord-irlandais DUP, ont déjà annoncé leur volonté de s'opposer à ce nouvel accord.

De retour à Londres après avoir trouvé sur le fil un accord sur le Brexit avec les 27, le premier ministre Boris Johnson va s'atteler, ce vendredi, à la difficile tâche de convaincre les membres du Parlement britannique de l'adopter.

La Chambre des communes doit se réunir samedi, pour la première fois depuis la guerre des Malouines en 1982, pour une séance exceptionnelle.

Mais Boris Johnson, arrivé au pouvoir fin juillet, a perdu sa majorité à Westminster et ne dispose plus que de 288 élus, là où il aura besoin de 320 voix.

S'il échouait à obtenir un vote favorable au Parlement, Boris Johnson serait contraint de demander à Bruxelles un nouveau report de trois mois du Brexit, en vertu d'une loi votée début septembre par les députés, dont 21 rebelles de son propre camp.

Boris Johnson "très confiant"

À Bruxelles jeudi aux côtés du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, le premier ministre britannique s'est dit "très confiant".

"J'ai très bon espoir que lorsque les députés de tous les partis (l')examineront, ils verront les avantages de le soutenir", a déclaré le premier ministre britannique, qui n'a de cesse de répéter qu'il veut mettre en oeuvre le Brexit - déjà repoussé deux fois - au 31 octobre, quoi qu'il arrive.

L'accord tout juste publié, le petit parti nord-irlandais DUP, allié des conservateurs l'a rejeté. Le parti unioniste, qui compte 10 députés, a dit ne pas être "en mesure de soutenir ces propositions au Parlement", sur les questions de règlement douanier et du consentement de l'exécutif nord-irlandais au projet de Brexit.

Lire aussi : Brexit: un accord annoncé in extremis, mais déjà rejeté par le parti unioniste nord-irlandais

Une situation "extrêmement compliquée" en cas de rejet

Ultérieurement, M. Juncker a averti que la situation deviendrait "extrêmement compliquée" si le Parlement britannique rejette samedi l'accord trouvé pour le divorce entre le Royaume-Uni et l'UE.

"Si c'est le cas, nous nous trouverons dans une situation extrêmement compliquée", a-t-il déclaré à la presse au terme de la première journée du sommet européen à Bruxelles.

Le chef du Parti travailliste, principale formation d'opposition au Royaume-Uni avec 244 députés, a appelé les députés à "rejeter" l'accord entre Londres et l'Union européenne. Selon Jeremy Corbyn, "la meilleure façon de résoudre le Brexit est de donner à la population le dernier mot" lors d'un deuxième référendum, plus de trois ans après que 52% des Britanniques ont voté pour quitter l'Union européenne.

Favorables au maintien dans l'UE, les indépendantistes écossais du SNP (35 députés) et les Libéraux-démocrates (19) ont également opposé une fin de non-recevoir.

"Dans le camp du Royaume-Uni"

Ces prises de position annoncent une bataille difficile pour Boris Johnson devant le Parlement, où sa prédécesseure Theresa May a échoué à trois reprises à faire adopter l'accord qu'elle avait négocié avec Bruxelles. Jeudi, Boris Johnson a multiplié les coups de téléphone aux députés, selon Downing street, et devrait poursuivre son entreprise de persuasion vendredi.

"Il faudra bien qu'un jour dans cette assemblée (...) on prenne ses responsabilités et que ce qui a été décidé par un référendum, et soutenu par les différents gouvernements avec lesquels nous avons négocié, se mette en œuvre", a estimé le négociateur en chef de l'Union européenne Michel Barnier. Pour le président du Conseil européen Donald Tusk, "la balle est dans le camp du Royaume-Uni".

Abandon du "backstop"

Le compromis trouvé jeudi fait disparaître la disposition la plus controversée de la version de l'accord de Theresa May, qui a démissionné cet été, le "backstop". Cette clause de sauvegarde prévoyait le maintien du Royaume-Uni dans un territoire douanier unique avec l'Union européenne pour éviter le retour d'une frontière physique sur l'île d'Irlande, afin de préserver la paix après des décennies de violences.

Lire aussi : Le dico bilingue du Brexit (Backstop, "accord de retrait", "Bobs", brinos...)

Le nouveau compromis établit des règles particulières pour les douanes concernant les marchandises arrivant en Irlande du Nord, qui reste dans le territoire douanier britannique, selon que celles-ci sont destinées à y rester ou à passer dans le marché unique européen.

Il prévoit également un mécanisme de "consentement" des autorités nord-irlandaises sur la poursuite de l'application de certaines règles de l'UE dans la province britannique, après une période de quatre ans suivant la mise en oeuvre de l'accord.

Plus généralement, le texte prévoit les conditions du divorce entre le Royaume-Uni et l'UE, notamment en matière de droit des citoyens et de respect des engagements financiers. Il introduit également une période de transition jusqu'à décembre 2020.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 19/10/2019 à 10:39 :
Article qui ne va pas au fond des choses.
1) Soit le Parlement UK respecte enfin la volonté du peuple ----> sortie avec accord
2) Soit Le Parlement UK rejette ---> Boris demande une prolongation.
Cette prolongation sera refusée par n'importe lequel des 27. ---> Sortie sans accord.
En 5 lignes, tout est dit.
Réponse de le 19/10/2019 à 14:50 :
Vous savez ce que c'est la volonté du peuple?

Dernier sondage récurrent yougov du 18 oct 2019 réalisé sur 1609 personnes.

Avec le recul, considérez vous que la décision de quitter l'UE ait été une bonne chose/ une mauvaise chose/indécis? : 42% /47%/11%.

46% des sondés sont pour la tenue d'un nouveau référendum (40% contre, 14% indécis).

38% espèrent toujours une issue sans quitter l'UE, 30% accepteraient le deal proposé par Bruxelles, 17% seulement sont pour un divorce sec.

57% ne fait pas confiance dans bojo et 73% estime que le gouvernement est inepte dans ses négociations avec l'UE.

Pour faire court. Le brexit sec est la dernière chose souhaitée par les anglais mais ils se sont mis en position de devoir le subir.
On aimerait que ca serve de leçon aux peuples qui cèdent aux sirènes des populistes de tout poil.
Réponse de le 19/10/2019 à 16:57 :
"57% ne fait pas confiance dans bojo et 73% estime que le gouvernement est inepte dans ses négociations avec l'UE."

Vous en avez de bonnes, 47 % ne font pas confiance à Bojo qui ne peut rien faire contre un parlement qui ne VEUT PAS mettre en oeuvre le Brexit depuis 2 ans et ne respecte pas la volonté du peuple qui est de sortir et pas nécessairement avec accord. Il ne reste qu' à commander des élections anticipées ce qu l' UE ne veut surtout pas !
Comme le traité de Lisbonne s' asseyait sur le non des français en 2005
et installait l' arbitraire des GOPE ; ou quand les parlementaires ne représentent plus le peuple qui les a élu.
a écrit le 19/10/2019 à 1:28 :
Finalement, c'est ce Samedi 20 Octobre 2019 que le "Royaume" DIT "Uni" va réussir à se suicider pour de bon ... Après c'est un trou noir qui attend les 4 fragments de cette moribonde UK... et parions que ce sont (encore une fois ) les Ecossais qui trahiront les premiers et porteront le premier coup fatal en déchirant l'Union Jack...après suivrons les Irlandes et le pays de Galles, et resteront les Angles avec une tumeur européenne nommée London en leur sein...c'est enfin la preuve historique que le plus vaste empire connu de l'Humanité était une construction aussi prestigieuse que bancale...alors Vive la mort de l'UK, et un grand merci à tous les menteurs qui ont permis le NO au Référendum !!!
Réponse de le 19/10/2019 à 11:19 :
Hé hé, quel déploiement d' imagination qui fait craindre aux européistes qu' un brexit bien conduit et réalisé fasse couler le reste de la barque UE déjà malmenée par la prise de conscience de son bilan négatif et de son repli sur soi !
Lisez plutôt l' analyse du parti du Frexit conduit par Asselineau ce jour soit "Accord sur le Brexit : la réaction de François Asselineau" autrement plus circonstancié et analytique que vos petites broderies sur le sujet peur ou Project Fear d' un Brexit qui vous fait vraiment ..peur..
a écrit le 18/10/2019 à 21:29 :
J'ai vu un film quand j'étais jeune qui s'appelait "un jour sans fin", un journaliste était condamné à revivre indéfiniment la même journée. On négocie un accord, on fait un sommet de la dernière chance avant le Brexit, on finit par trouver un compromis, les eurosceptiques clament que le RU a réussi à prendre le dessus sur l'Europe, l'accord est rejeté par le parlement, l'UE accorde un délai au RU.
Puis on se réveille le lendemain matin : on négocie un accord.
Réponse de le 19/10/2019 à 11:24 :
Et ? De l' intérêt d' avoir un gouvernement entièrement formé pour sortir de l' UE par l' article 50 comme le propose Asselineau du parti du Frexit, le tout sera emballé en 6 mois. Vous évitez ainsi les retournement de veste des équivalents d' un Corbyn qui a ..corbyné -trahi- son électorat comme Syrisa syrisait le sien avec Tsypras.
Sortir de cet espace non démocratique et prison des peuples qu' est devenu l' UE est en réalité définitivement très facile, il suffit de prendre et dévider l' écheveau par le bon bout..
CQFD
Réponse de le 19/10/2019 à 13:56 :
Remplaçons bojo par May à la tribune du parlement, et on est revenu à la case départ.

Pas étonnant que les britanniques se disent lassés.
Réponse de le 19/10/2019 à 17:00 :
@+ 1 Parce que les parlementaires refusent depuis deux ans d' appliquer le Brexit que le live a emporté...
a écrit le 18/10/2019 à 17:04 :
Grosse partie de poker menteur , cet accord ne sera pas voté les Européens ont fait de nouvelles propositions tout en rappelant qu' ils ne devaient plus le rouvrir....Ce qui leurs donnera bonne conscience en cas de no deal , et le 31 fin de la récrée .
a écrit le 18/10/2019 à 12:54 :
La solution devrait plaire: transformer en paradis fiscal l'Irlande du Nord, comme Gibraltar. Un paradis fiscal de plus en U K ne va les choquer. L'Irlande fait déjà du dumping fiscal. Plus d'évasion fiscale plaira aux financiers.
a écrit le 18/10/2019 à 10:46 :
Maintenant la balle est dans le camps des MP anglais et je vois pas comment Boris va pouvoir convaincre une majorité après avoir offensé presque tout le monde...
Certains politiciens anglais proposent de faire un nouveau référendum sur le nouvel accord qui sera rejeté bien sur, chacun ayant son propre intérêt et sa petite idée....
Puis un nouveau référendum basé sur une synthèse faite par IA de ce que chacun veut en rédaction libre pour enfin écouter la voix du peuple....
Puis un nouveau référendum sur pourquoi ils sont à Babel alors qu'on leur avait promis Eden...
Ça va les occuper un moment.
Réponse de le 19/10/2019 à 8:55 :
Citation
"Maintenant la balle est dans le camps des MP anglais et je vois pas comment Boris va pouvoir convaincre une majorité après avoir offensé presque tout le monde..."
C'est ce que je pensais aussi mais il y a un article sur un site britannique sérieux qui indique que le vote pourrait être positif de justesse car des travaillistes et certains députés conservateurs qui avaient été exclus du parti pourraient l'approuver.
Cordialement
a écrit le 18/10/2019 à 10:16 :
Croire ou faire croire que les Anglais respecteront leur signature, c'est ajouter l'aveuglement à la naïveté; à moins qu'il ne s'agisse que de cynisme
a écrit le 18/10/2019 à 10:08 :
Le contrat de divorce ferait 600 pages et ils cherchent des stylos pour la signature, je crains le pire, pensée pour notre référendum de 2005, cette UE ne fait plus rêver.
Réponse de le 18/10/2019 à 16:03 :
Un contrat de divorce entre 2 époux ayant un patrimoine et une vie un peu compliquée, peut faire facilement 100 ou 200 pages. Alors pour le divorce entre 1 Etat de 60 M d'habitants et la première puissance économique mondiale, qui détricotent 40 ans de relations, et des centaines d'accords, oui 600 pages parait un travail remarquable de synthèse.
Réponse de le 18/10/2019 à 20:22 :
Le brexit ne fait probablement plus guère rêver non plus les britanniques...
a écrit le 18/10/2019 à 9:40 :
Nicola Sturgeon devrait demander la sortie du Uk de l'Ecosse
y a pas de raison que les ecossais soeint obliges de subir des lois technocratiques votees loin de l'Ecosse alors qu'il y a deja un parlement capable de faire ca sur Holyrood........
et en plus ca mettrait un peu d'ambiance
a écrit le 18/10/2019 à 9:39 :
Pourquoi se focaliser sur ce que décideront ou non les Députés britanniques ? Si l'Union Européenne est sure de son fait, il lui suffit de dire que le 31 octobre c'est ça ou rien... Elle doute tant que cela d'elle-même ?
Évidemment, si elle pense qu'elle va perdre gros et a mauvaise conscience sur ce qu'elle essaie d'imposer par bravache...
Réponse de le 18/10/2019 à 10:17 :
Le plus surprenant ce matin est qu'il y ait encore des journalistes ou politiciens pour croire que cet accord ait une quelconque chance d'être adopté par le Parlement britannique demain.
Le rejet est acté à 99%, donc il faudrait à cette heure se focaliser sur ce qu'on fera lundi dans ce contexte au lieu d'ergoter à l'infini sur une pos3rtie obligée au 31 octobre ou report automatique, élections au RU ou pas? Démission de Bojo ou pas? etc
Réponse de le 18/10/2019 à 11:39 :
@tartemole
On en reparle samedi soir je garde votre commentaire de côté sur à 99% voys dites...n essayez pas de comprendre le RU au prisme des médias français qui n y comprennent rien
a écrit le 18/10/2019 à 9:26 :
"Une information plus un démenti, cela fait deux informations pour le prix d'une. - Et c'est toujours la fausse qui reste dans les mémoires." Y. Audouard

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :