L'Europe dispose-t-elle du cadre adéquat pour faire face au défi terroriste ?

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Les attentats à Paris place l'Europe face à plusieurs défis.
Les attentats à Paris place l'Europe face à plusieurs défis. (Crédits : © Francois Lenoir / Reuters)
Les attaques terroristes menées contre la France placent l'Europe face à plusieurs de ses échecs : diplomatique, militaire et économique. Le temps est venu d'une réelle solidarité. Un défi que l'Europe doit relever si elle veut demain pouvoir peser au niveau international.

C'est un Européen convaincu qui le dit. Alain Juppé, dans la cour de l'Hôtel de Ville de Bordeaux, n'a pas hésité à répondre à cette question : « Où est l'Europe ? » et de répondre sans ambages : « Aux abonnés absents ! » Certes, face au drame qui a frappé la France le 13 novembre, les peuples et les gouvernements de l'Union européenne ont fait preuve de leur sens de la compassion, de signes sincères d'émotion. Ils n'ont pas été seuls en cela. Mais, comme le dit le sénateur PS de la Drôme Didier Guillaume, dans une interview au Monde et à Europe 1, « la compassion, ça va un moment. » Dans ces moments tragiques, l'Union européenne doit prouver concrètement, et par des actes, sa capacité à assurer la paix sur son territoire.

L'absence de diplomatie européenne forte et unie

Cette action, c'est d'abord la capacité à construire une politique étrangère et une politique de défense cohérente. Malgré l'existence, depuis le traité de Lisbonne, d'un « Haut-commissaire aux Affaires étrangères », on serait bien en peine de définir une position diplomatique commune de l'UE sur les conflits syrien, libyen, irakien ou yéménite, au-delà évidemment des grands sentiments. L'Europe, construite pour « peser » face aux géants du monde, n'a pas réellement d'influence dans cette région. La solution à la crise syrienne - qui vient de s'étendre tragiquement en France - dépend surtout de l'entente entre Washington et Moscou. L'Europe, dans ce théâtre, ne joue qu'un rôle secondaire inaudible. On serait bien en peine de trouver une stratégie commune face à cette crise et, partant, on aura bien du mal à définir une stratégie de riposte commune. Chacun joue sa partition en fonction de son agenda national : on voit Angela Merkel se rapprocher de la Turquie de son propre chef, comme on a vu jadis la France intervenir d'elle-même en Libye ou en Irak. Du reste, a-t-on vu le premier effet de cette cacophonie dès dimanche 15 novembre : la France a répliqué seule sur le territoire contrôlé par « l'Etat islamique », sous le regard passif de ses « partenaires. » L'UE n'est pas prête à répondre de façon unie.

L'absence de politique de défense européenne

Ce premier échec amène donc à un deuxième : la politique de défense de l'Europe est inexistante. Comme le dit Alain Juppé, « nous sommes un peu seuls au Moyen-Orient, et, en Afrique, nous sommes tout à fait seuls. » Dès lors qu'il n'existe pas de diplomatie européenne cohérente et capable de peser sur les événements, il ne peut exister de stratégie de défense commune. Chaque pays agit donc à sa guise et subit ainsi seul les conséquences de ses actions. La défense européenne n'existant pas, il n'y a donc aucune solidarité financière et militaire entre les pays. La "guerre" que mène la France est une affaire française, quoi qu'en dise les responsables européens.

« Nous mènerons le combat ensemble contre ceux qui ont commis l'inconcevable contre vous », a affirmé samedi 14 novembre Angela Merkel. Mais il y faudra plus que des mots. L'Allemagne sera-t-elle prête à soutenir la stratégie de riposte française soit en intervenant aux côtés de l'armée française, soit en acceptant que l'on cesse de presser les dépenses militaires françaises au nom de la « réduction des déficits » ? C'est à ces questions qu'Angela Merkel doit répondre pour que l'on puisse juger de sa solidarité concrète.

Si la France mène, avec le Royaume-Uni, la « guerre » au nom de l'Europe, l'Europe doit assumer cette position en soutenant pleinement ces deux pays, et autrement que par des mots. Si l'Europe juge l'intervention française en Syrie néfaste, elle doit convaincre Paris de la terminer au plus vite et prendre des mesures pour organiser une autre forme de riposte. Aucune de ces deux options ne risque cependant d'être choisie. Berlin n'interviendra jamais et refusera toujours une refonte du pacte budgétaire européen. Tout se passe comme si certains gouvernements européens étaient trop heureux de disposer d'une puissance militaire en Europe qui se lance dans ces aventures, sans vraiment vouloir en assumer directement les conséquences. Ces nombreux pays se satisfont de l'intervention française en Syrie, d'autant plus qu'ils ne font pas courir de risques à leur population.

Pourtant, il existe une "clause de solidarité", l'article 222 du traité de Fonctionnement de l'UE, qui avait été appliqué par anticipation en 2004 au moment des attentats de Madrid, ainsi que  l'article 42.7 du traité de l'UE qui prévoit que " Au cas où un État membre serait l'objet d'une agression armée sur son territoire, les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir. " François Hollande a décidé de demander l'application de cet article 42.7, mettant les "partenaires européens" dans l'obligation d'apporter leur assistance à la France. C'est là un moyen de casser cette stratégie de certains pays de se "cacher" derrière d'autres et de forcer à une réponse commune. Mais cela ne règlera pas le problème de fond de la désunion européenne car les différends entre Etats européens sur la question sont profonds.

L'instrumentalisation de la crise migratoire

Car c'est là le troisième échec de l'Europe. Au-delà des grandes déclarations et des blâmes réguliers envoyés aux « nationalismes de tous bords », l'Europe reste dominée par les égoïsmes gouvernementaux et nationaux. Le débat sur la question des réfugiés le prouve avec éclat. Il n'aura fallu que quelques heures pour que la Pologne fasse le lien entre les migrants et les attentats de Paris et en fasse un prétexte pour refuser des quotas de réfugiés dont elle ne voulait pas. En Allemagne, la droite a attaqué la politique d'Angela Merkel. L'Europe, là encore, n'a aucune politique cohérente et ne parvient pas à se mettre d'accord sur l'accueil de ces populations. Les efforts de la Commission sur ce sujet (elle est muette sur les deux précédents) ont été insuffisants peut-être, vains sans doute.

Le résultat de cette cacophonie sera peut-être la fin effective de l'espace Schengen. Ce serait un échec cuisant pour l'Europe des citoyens et pour la solidarité continentale, car il sous-entendrait que les contrôles aux frontières nationales sont plus efficaces que les contrôles aux frontières de l'espace Schengen.

Evidemment, il y a là une instrumentalisation de Schengen par certains gouvernements et partis politiques qui ont la volonté d'en faire un commode bouc-émissaire pour leurs propres erreurs et leur propre pusillanimité. Mais si Schengen est devenu ce si pratique bouc-émissaire, c'est aussi parce que l'Europe n'a pas su utiliser au mieux cet espace. Les moyens donnés à l'agence Frontex ont été dérisoires. Aucune politique globale et réfléchie de l'afflux de migrants n'a été élaborée. On a longtemps espéré que le problème resterait confiné à la Grèce et l'Italie, puis chacun a agi dans la panique : ici en ouvrant les frontières, là en les fermant. Logiquement, devant cette cacophonie, un drame comme celui du 13 novembre conduit à un réflexe de renfermement sur les frontières nationales. On doit le regretter, mais, là encore, c'est un échec cuisant de l'Europe.

L'erreur de l'austérité

Un autre échec doit être souligné : celui de la politique économique. Evidemment, il serait caricatural, impossible et faux d'attribuer l'action des terroristes à des seules causes sociales et économiques. Le lien de cause à effet immédiat n'existe pas. Les pays les plus touchés par l'austérité ne sont pas ceux qui sont les plus touchés par le terrorisme. Même si l'Europe était florissante, on trouverait des personnes prêtes à commettre le pire. Mais nier absolument tout lien entre les départs de jeunes Européens vers la Syrie et la situation sociale de l'Europe serait tout aussi naïf. Une étude datant de 2011 de deux économistes de Barcelone, Jacopo Ponticelli et Hans-Joachim Vogt, menée sur une longue période (1919-2009) avait clairement tracé un lien entre « austérité » et « instabilité. » La priorité donnée aux politiques de consolidations budgétaires partout en zone euro depuis 2010 a réduit la croissance, a affaibli un tissu social souvent déjà fragile, a conduit à un affaiblissement de l'Etat, à une précarisation croissante des jeunes, à la montée de partis xénophobes qui sont autant d'arguments pour les terroristes du Moyen-Orient. La question de l'emploi des jeunes et de leur précarisation, ainsi que celle de la prospérité économique doivent être désormais posées au niveau européen. Non pas pour supprimer le risque terroriste, mais bien pour en contenir une des sources. La seule réponse militaire et policière ne saurait suffire. Et là aussi, l'Europe doit agir.

La « guerre » avec le pacte de stabilité ?

Aussi doit-on se poser cette question : l'Europe dispose-t-elle aujourd'hui du cadre adéquat pour faire face au défi terroriste ? On a jugé la France trop lente à accepter cette politique, trop « boursouflée » par sa dépense publique, on lui a fait en permanence la leçon. Mais peut-on aujourd'hui imaginer qu'il fallait aller plus loin encore au risque d'affaiblir davantage la société hexagonale ? Doit-on rappeler, après les événements du 13 novembre, l'importance d'un Etat efficace, d'un système de santé réactif et fort, d'une école certes critiquable, mais qui demeure un rempart indispensable contre la « radicalisation » ? Peut-on encore chercher à affaiblir des institutions qui, quoi qu'on en dise, ont déjà payé un lourd tribut aux « objectifs budgétaires » ?

Surtout, si la France est « en guerre » comme le martèlent les responsables politiques, ne faut-il pas lui donner les moyens de faire face ? Ne faut-il pas lui permettre d'adapter son économie à ce combat, non seulement pour lui donner les moyens de le mener, mais aussi pour atténuer les impacts de cette guerre sur son économie ? Dans ce cas, le pacte de stabilité ne peut plus décemment être un objectif de l'Etat français et d'une zone euro solidaire. On ne fait pas la « guerre » avec de objectifs de baisse du déficit budgétaire. C'est pourquoi François Hollande a devant le Congrès de Versailles affirmé que « le pacte de sécurité est supérieur au pacte de stabilité. » Mais la France devra se battre pour faire valoir sa position en Europe. La zone euro devra alors accepter cette priorité et, plus généralement, remettre en cause ses priorité.

Tous ces défis se présentent aujourd'hui à l'Europe. Elle doit les relever sans tabou et par des discussions fondées sur un objectif d'efficacité. L'UE ne peut plus se contenter de compromis boiteux destinés à satisfaire des opinions publiques réticentes. Il en va de son utilité face aux crises majeures. Et, sans doute, de sa survie.

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Commentaires
a écrit le 20/11/2015 à 1:13 :
Pourquoi les services de renseignement français n'ont-ils pas tenu compte des avertissements de la Turquie à propos des djihadistes français et belges ???
a écrit le 18/11/2015 à 7:00 :
Pendant que la France dépense pour la défense de l'Europe, d'autres organisent l'évasion fiscale et nous donnent des leçons de bonne gestion.
Cet article est excellent.
a écrit le 17/11/2015 à 17:14 :
L'Europe, c'est juste la libre circulation des biens et des personnes. Le reste...
Réponse de le 17/11/2015 à 19:00 :
Bien vu..! Le reste n' est que destruction de nos acquis.
a écrit le 17/11/2015 à 12:27 :
Depuis 40 ans, la situation au Moyen Orient a une seule cause : le pétrole.

Comme expliquait, en 2002, Laurent MURAWIEC, aujourd'hui décédé, "depuis 1973, l'Arabie saoudite et d'autres pays ont acquis avec la crise du pétrole des moyens d'action immenses. (..) avec leurs milliards, les Saoudiens ont financé mosquées, madrasa, médias, pouvoirs dans l'ensemble du monde arabo-islamique. A partir de 1979, le djihad afghan est devenu la fabrique de cadres du grand djihad antioccidental que nous connaissons aujourd'hui. D'où mon diagnostic : les Saoudiens sont présents dans tous les maillons de la chaîne terroriste. Quinze des dix-neuf pirates du 11 septembre étaient des Saoudiens".

Au lieu de continuer de dépenser des milliards pour des guerres pour rien, il est temps pour les pays européens d'investir massivement dans la réduction de la consommation de pétrole (fin du chauffage au fioul et au gaz, voitures en aluminium, développement du fret ferroviaire et fluvial) sachant que, comme l'explique, Fatih Birol, chef économiste de l'Agence internationale de l'énergie, la production pétrolière va à nouveau se concentrer massivement au Moyen-Orient après 2020.
Réponse de le 17/11/2015 à 13:16 :
@Arthur
C'est la malédiction du pétrole dont la conséquence est le retour à la barbarie. Un barbarie qui va s'intensifier si nous ne frappons pas plus fort les islamistes sur notre sol. Ils sont chaque jour un peu plus nombreux et ce sera de pire en pire.
Je pense depuis toujours que l'Islam est incompatible avec une société démocratique, mâtinée de christianisme et pour la France avec un passé colonialiste terminé par le désastre de la Guerre d'Algérie. Chacun pourra tirer ses propres conclusions de ce constat et les actions à mener.
a écrit le 17/11/2015 à 11:58 :
Facile de dire l'Europe aux abonnés absents!!!
Comment nos Politiques n'ont pu prendre conscience des drames à venir ,malgré les alertes émises par des Grands commis,qui bravant les interdits, se sont néanmoins manifestés,et dans la foulée ont été mutés,en fond de cale!!!!
Nous avons les pires Elus,mais espérons que ce drame enverra les électeurs aux urnes ,pour Ménager,cette écurie,incurie,les 2 ensembles sont indissociable..
a écrit le 17/11/2015 à 11:39 :
L'analyse méthodique est juste, mais statique méritant sa mise en perspective. On a déjà trop moqué inutilement ceux qui sautaient comme un cabri en criant Europe. Il vaudrait mieux s'inquiéter de la France d'abord, puis envisager les alliances voire compagnonnages à développer. L'histoire rien que sur un siècle est révélatrice de l'illusion sinon la supercherie qui a produit depuis plus d'un demi-siècle les résultats analysés. En 100 ans, la puissance de la France a diminué et récemment jusqu'à sa chute en 1940 ; sa libération par ses alliés, avec sa participation "supplétive" a conduit à trois Etâts à Yalta pour y conclure un répartition des rôles entre grands. Les Français ont difficilement supporté la flagrance de cet affaiblissement, vis à vis des peuples sous son obédience, mais ils ont cru à l'illusion sinon la supercherie salvatrice du condominium mercantile tissé par l'Amérique et l'Angleterre en complément de l'OTAN , cela bâti pour être un bouclier contre les Russes. Effectivement, l'incidence syrienne démasque les utopies européistes défendues avec la force de tabous. Les craquements sont multiples comme les liste l'article. Normale tout simplement est la désunion européenne puisque était factice une fausse union de vassaux antagonistes. L'entreprise de redressement de la France est un immense sujet...!
a écrit le 17/11/2015 à 11:26 :
Vos points sont intéressants. Mais peut-on arrêter de dire "l'Europe" sans la définir. Car l'échec/les échecs que vous signalez sont toujours les mêmes : une Union européenne sans pouvoir fédéral centralisé mais fonctionnant sur le principe du Pow Wow indien avec la prédominance du Conseil où tout est défini dans la juxtaposition des positions de chaque pays et le rapport de forces entre chaque chef d'état.
Je trouve savoureux que les Français crient au loup et à l'absence de solidarité européenne quand ils sont les premiers à empêcher une diplomatie européenne (Réaction méprisante de F. Hollande sur le rôle de F. Mogherini dès sa nomination ...), à freiner des quatre fers pour une défense commune (intervention unilatérale au Mali, absence quasi systématique de coopération pour avoir du matériel commun ...). Où est le grand discours de tous ces politiques qui s'étonnent de l'absence de l'Europe pour montrer aux Français qu'il est possible d'avoir des douaniers européens contrôlant l'ensemble des frontières extérieures de l'Espace Schengen, qu'il est possible d'avoir une agence européenne de renseignement centralisant toutes les informations connues ? Certes cela suppose de transférer des compétences au niveau de l'Union et de se faire confiance entre pays. On voit bien que les politiques français n'y pensent même pas. Il est plus facile d'accuser les Allemands de ne pas vouloir financer l'armée française, d'accuser les Belges de ne pas avoir de services de renseignement dignes de ce nom, de blamer les Polonais d'être des va-t-en-guerre contre les Russes ... Si la France veut impulser un changement en Europe, des solutions n'impliquant pas le repli nationaliste existent : cela demande un courage que je ne vois pas dans le pays.
a écrit le 17/11/2015 à 10:57 :
Revenons au traité de Rome seul , qui était le socle de notre aventure , on a pris un mauvais chemin et l'on s'est perdu . L'entêtement ne sert à rien . Nous récupérerons 20 milliards pour la sécurité de notre jeunesse en danger que des anormaux veulent massacrer .
a écrit le 17/11/2015 à 10:08 :
Non seulement l' "Europe" ne nous aidera pas autrement qu'en paroles mais elle nous a reproché nos dépenses destinées à assurer notre sécurité, comme celles indispensables à la société : éducation, santé, recherche, etc.
Espérons que la volonté affichée de Hollande de dépasser cette logique ne sera pas qu'un feu de paille.
a écrit le 17/11/2015 à 10:02 :
très intéressante analyse...
sur le pacte budgétaire,on peut simplement rappeler que le traité budgétaire européen n'a pas valeur constitutionnelle et donc qu'une censure par le Conseil constitutionnel sur cette base n'est pas possible ; en outre il prévoit une possibilité de dépassement en cas de "circonstances exceptionnelles"...
a écrit le 17/11/2015 à 9:34 :
Il faut arrêter de se faire des illusions ! L'Europe de De Gaulle, basée sur la France et l'Allemagne, l'indépendance (sortie de l'OTAN, force nucléaire, armée franco-allemande, etc ...) était la construction d'une puissance !
Ce projet a été détruit par tous ces atlantistes qui ont réussi à imposer un marché européen, demandé à corps et à cris par les financiers. Tous ces gens ont ouvert les frontières et organiser une immigration massive pour casser le niveau social estimé trop cher. C'est cela que voulaient Monnet, Pompidou, tous ces banquiers soutenus par les énarques, la fin de notre modèle social. Ils y sont quasiment parvenus.
Que faire ?
Reconstruire une UE historiquement cohérente, plus petite, autour de la France et des pays de l'ouest (et l'Allemagne si elle suit, sinon sans elle). Bien sûr sans les anglo-saxons et leurs alliés (Angleterre, Pologne, Etats Baltes ...) qui imposent ce marché et ne veulent surtout pas d'une puissance.
Si les Français ne comprennent pas cela, alors la disparition de la France deviendra à l'ordre du jour, elle qui a failli disparaitre suite à la 2eme guerre mondiale.
a écrit le 17/11/2015 à 9:17 :
Comme à chaque fois l'Europe doit avancer après une crise majeure. Cette dernière est double crise des migrants et terrorisme. Schengen est un dispositif extraordinaire, mais comme pour l'Euro la charrue a été quelque part mise avant les bœufs. Tous les états du continent sont concernés et c'est pourquoi je désire et croit possible de créer une vraie politique de sécurisation de nos frontières commune avec le budget qui va avec et également une mutualisation des processus d accueil des migrants. Ce sont des milliards de budget mais indispensables et créateurs d'emplois, de bâtis et d'achats de matériels. C'est une sortie par le haut et une rationalisation de frontières irrationnellement gérées.
a écrit le 17/11/2015 à 9:05 :
L allemgane ne peut pas intervenir militairement : elle n en a pas les moyens. Par ex l armee de l air a meme pas 10 avions en etat de voler ...
Pour le couplet sur la depense publique et l amelioration du sort de jeunes pourquoi pas. Mais qu est qui garanti que les depenses iront bien la et pas la ou c est le plus payant electoralement (aka les retraités) ? Les dernieres decisions de Hollande montre bien que sa priorité c est les vieux (exemption de taxe fonciere, subvention de la bulle immobiliere ...)

Et ces dettes il faudra quand meme bien un jour ou l autre les payer. donc ce qu on emprunte aujourd hui devra etre ponctionne (avec les interets) demain
a écrit le 17/11/2015 à 8:03 :
J'aurais aimé que Hollande annonce hier que la France sortirait les dépenses militaires des critères de Maastricht. Nous somme le seul pays européen, avec l'Angleterre, à maintenir une armée digne de ce nom et à assurer des missions qui concernent l'ensemble de l'Europe.
Après faut pas se raconter d'histoire, l'Europe politique est morte depuis longtemps. L'UE n'est plus qu'un syndic de propriété qui s'occupe des affaires réglementaires et courantes.
a écrit le 17/11/2015 à 3:31 :
Aujourd'hui, l'Europe est dirigée par 28 chefs de gouvernement, qui ont la main sur les fonctions régaliennes. Pourtant c'est un territoire uni, où les gens peuvent circuler librement, acheter des produits avec une monnaie commune, trouver un travail, s'installer où ils veulent.

Quelle organisation peut décemment fonctionner avec 28 dirigeants ?

Quelle entreprise peut décemment fonctionner avec 28 PDG à sa tête, dont chacun donne des orientations différentes ???

L'Europe doit être dirigée par un gouvernement démocratiquement élu, avec à sa charge les fonctions régaliennes !
Réponse de le 17/11/2015 à 8:49 :
'L'€urope doit être dirigée par un gouvernement démocratiquement élu... ! ' mais lorsque je constate le résultat du référendum de 2005 je pense que nous en sommes très très loin de la démocratie que vous souhaitez.

A la reprise de votre phrase, Je me suis permis de changer le E de €urope l'€urope ne sert que à la finance
Réponse de le 17/11/2015 à 11:58 :
Non, le reférendum de 2005 a été respecté : À l'époque, les gens disaient vouloir rejeter le volet économique du traité consitutionnel. Le traité de Lisbonne a repris tout, sauf ce volet économique.
Et vu que la plupart des décisions prises en Europe le sont par les gouvernements nationaux (dont les traités), il faut vous en prendre à eux plus qu'à Bruxelles.
a écrit le 17/11/2015 à 3:21 :
Le problème de l'Europe dans tous les domaines est qu'elle est inachevée :

Elle a une monnaie commune mais pas de gouvernance économique commune, pas de fiscalité commune, pas de réglementation commune.

Elle a fusionné les territoires en supprimant les frontières internes à l'Europe, mais sans fusionner les garde-frontières, sans fusionner les polices, sans fusionner les armées, sans fusionner les politiques étrangères.

Résultat dans tous les domaines : Chaque pays se retrouve à supporter seul son fardeau s'il en a un, chaque pays agit dans des directions opposées, et c'est la cacophonie.
a écrit le 17/11/2015 à 0:41 :
Je ne sais plus qui disait ceci : L'Europe c'est la paix, l'Europe c'est l'égalité, l'Europe c'est la fraternité des peuples... Un illuminé, sans doute...
a écrit le 16/11/2015 à 22:03 :
Le probleme de l'Europe c'est la porosité de ses frontieres ,la porosité qu'a induit Schengen .Si les pays peripheriques sont des passoires ,alors comme on peut circuler librement à l'interieur ,on voit de suite ou ça mene .Les kalachnikovs ne sont pas fabriquées dans des sous sols avec des imprimante 3D et les controles au facies ont étés condamnés par la justice française !Alors bien sur partant de là ..........
a écrit le 16/11/2015 à 21:55 :
On peine à voir le lien, si ténu soit-il, entre austérité et terrorisme, aucune forme d'excuse sociale n'étant d'ailleurs recevable.
Pour le reste la libre circulation à l'intérieur de l'espace Schengen suppose que ses frontières extérieures soient contrôlées de façon à être hermétiques-ou, à tout le moins, de réserver cette libre circulation aux seuls ressortissants de cet espace. C'est de n'avoir pas su mettre en place cette herméticité que Schengen va probablement disparaître.
a écrit le 16/11/2015 à 21:46 :
On est seul ? Et pourquoi les européens soutiendraient ils les français en Afrique de l'Ouest !Cette region est francophone avec des interets français evidents .Financier ,économique ,culturel ,interets que n'ont pas les autres pays européens .L'Allemagne ou l'Italie dépenseraient des milliards et enverraient des soldats, donc en retour des morts pour defendre des interets purement français !Allons allons ,pas de faux semblant .L'EI est partout dans cette région et nous lui faisons face .Nous avons decidés par alliance de lui faire face aussi en Irak et en Syrie et il a lui meme annoncé, il y a peu ,qu'il voulait frapper la France .Ces attentats sont la concretisation de tout cela .Pourquoi d'autres pays européens ne sont ils pas attaqués et notamment la Belgique plaque tournante semble t il des terroristes !Parce que ces pays ne sont pas directement engagés contre lui !De plus la France pays européens possedant la plus forte communauté musulmane ne pouvait que se trouver en premiere ligne des attentats .Avant l'intervention russe ,l'EI n'a jamais frappée la Russie .Depuis l'intervention de son aviation ,il y a eu l'attentat contre l'avion russe .Nous disons nous sommes en guerre contre eux ,eux l'on deja dit depuis longtemps contre nous .Il n'y a pas d'issue autrement que d'aller au bout .De ce drame affreux semble sortir quand meme une bonne nouvelle .L'EI semble febrile (attentat au Liban )ce qui peut signifier un affaiblissement de sa part .Il faut enfoncer le clou mais avant comment résoudre ce probleme de camions citernes qui par milliers franchissent la frontiere turque et font vivre Deach !Il y a pas mal de sous entendu là dessous pas trés joli à dire car on ne ferra pas croire à quiconque que depuis le debut des operations occidentales, l'aviation américaine et aussi celle des anglais et français n'ont pas réussi à tarir cette source de revenue des terroristes ............
Réponse de le 16/11/2015 à 22:37 :
Ĺ autre dingue a fait un carton au musée juif de Bruxelles, vous semblez ĺ oublié. Par ailleurs le Thalys c est autant une affaire belge que française et ils ont eu Verviers il y a peu. le Danemark, les pays bas, ĺ Espagne, ĺ Angleterre ont tous connu des attaques. En ce domaine notre intérêt est commun. Il est sans doute trop tôt pour choisir, mais le destin de l Europe est il de devenir une suisse géante? C est possible mais je ne le crois pas, sans doute mon fond franchouillard universaliste. Nous sommes un bout d Asie, en face de ĺ afrique, sur le rivage méditerranéen, et atlantique . Nos langues sont parlées sur tous les continents et nos modèles sociaux inspirent la plupart des pays. Il faudra du temps, sans doute beaucoup et se bouger mais ĺ Europe a les cartes en main pour assurer sa défense et rayonner.
a écrit le 16/11/2015 à 19:03 :
Que fait l'UE, la France finance seule les frappes en Syrie et paradoxalement, Bruxelles
noue reproche nos déficits publics.
a écrit le 16/11/2015 à 18:37 :
les français ne voulaient pas du traité de lisbonne et l'histoire leur donne raison n'en déplaise à sarkozy qui nous a imposé ce traité ; l'europe nous impose des quotas de migrants mais est incapable de protéger ses citoyens !
a écrit le 16/11/2015 à 17:57 :
On attend toujours le soutien et l'aide de l'Europe et en particulier de l'Allemagne pour l'intervention au Mali (ils ont du continuer grâce à nous à vendre leur Audi et Mercedes aux fonctionnaires maliens; je le sais, j'y ai travaillé) qui a bien arrangé tout le monde, car si elle n'avait pas eu lieu, toute l'Afrique de l'Ouest aurait été conquise par les islamistes.
Pour le reste, chacun joue sa partition en tirant au maximum la couverture à soi. La position de Merkel sur les migrants par ex. a été assez lamentable; ça arrange l'industrie allemande et puis c'est tout. Ce n'est pas cette idée de l'Europe que j'avais quand ça a été créé et développé.
Réponse de le 16/11/2015 à 21:17 :
En quoi le Mali et plus généralement la sécurité en Afrique concernent l'Allemagne? Quels intérets a t-elle à défendre la-bas? La vérité c'est quen en matière de politique extérieure, de projection de puissance, comme RG l'explique, seuls les intérets nationaux jouent. Si la France intervient en Afrique (au Moyen Orient, cela nous concerne moins, à part si on garde en mémoire les protectorats français sur la Syrie et le Liban en mémoire) ce n'est pas par délégation de l'Europe (ou d'un quelconque '"Occident démocratique") mais parceque nous y défendons nos intérets économiques (Boloré et cie), statégiques (bases militaires), culturels bien compris. Point barre. Cela explique d'ailleurs sans aucun doute votre séjour au Mali. On peut le regretter ou au contraire s'en réjouir, mais il faut avori la lucidité de le reconnaitre et arrêter avec les postures idéologiques européennes béni oui oui. (D'ailleurs, si l'Europe était véritablement une puissance olitique et économique relativement homogène, elle défendrait ses intérêts contre ceux des autres pays, ce ne serait pas les délices de la coopération et du développement harmonieux à n'en plus finir).

C'est aussi la limite du projet européen. Il ne revet pas la même signification pour les puissances qui le composent. L'Allemagne a utilisé l'Europe comme marché de libre échange pour accroitre son influence sur son aire de développement traditionnelle : les pays de l'Est. La France a, elle, a d'énormes intérets à défendre en dehors de l'Europe, qui ne la concerne qu'elle. D'où également le débat plsu pregnant je pense sur la sortie de l'Europe en France. Mais en même temps, la France utilise également des ressources de l'UE pour son influence propre : l'aide au développement que peut apporter l'UE dans ses anciennes colonies par ex( vous avez du connaitre cela). D'où, de manière plus profonde, cette divergence qui me parait inconciliable en l'état de la construction politique européenne actuelle.
Réponse de le 16/11/2015 à 21:53 :
@mjj;Le Mali ne fait il pas parti de la francophonie !Les interets de la France y sont trés nombreux et on est là bas pour defendre nos interets !Les allemands n'ont pas ces interets et c'est pas quelques Mercedes qui vont changer la donne d'autant qu'on ne voit pas trop comment des voitures françaises auraient pu les remplacer .Quand on fait la guerre il y a des morts et des depouilles mortelles qui reviennent au pays .Vous croyez que des allemands vont mourir au Mali pour des interets français !!!!!!!!!!!
Réponse de le 16/11/2015 à 21:59 :
La propagation des métastases du cancer islamiste, au Mali ou ailleurs, concerne l'Allemagne, tout autant que la France.

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