« Zeitenwende » à Hambourg
François Clemenceau
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Olaf Scholz et Emmanuel Macron.
Reuters
François Clemenceau
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Olaf Scholz et Emmanuel Macron.
Reuters
On ne pouvait rêver mieux. Le charmant hôtel Louis C. Jacob aux bords de l'Elbe et sa terrasse à l'ombre des tilleuls abriteront demain et mardi les travaux d'un séminaire franco-allemand très attendu. Emmanuel Macron et Olaf Scholz, ancien maire de Hambourg, seront accompagnés chacun par une vingtaine de ministres de leurs gouvernements respectifs. La France et l'Allemagne sont-elles encore fâchées ?
A Paris, l'heure n'est plus à railler la gouvernance allemande de l'après-Covid et des débuts de la guerre en Ukraine. A l'époque, on tempêtait contre cette Allemagne qui « achète son gaz à Moscou pour vendre des machines-outils à Pékin avec une main d'œuvre turque bon marché, le tout sous protection de l'OTAN ». Le changement d'époque — le fameux Zeitenwende clamé par le chancelier Scholz — a changé les dirigeants allemands. Que ce soit sur la nécessité absolue de diversifier les approvisionnements énergétiques de Berlin, de renforcer l'unité européenne ou d'investir massivement dans la défense.
Certes, on n'a pas apprécié à l'Elysée l'initiative allemande de vouloir créer une alliance continentale visant à se doter d'une défense anti-aérienne commune. Ni l'intransigeance du gouvernement allemand sur la réforme européenne du marché de l'électricité. Mais Paris constate objectivement que « le Zeitenwende est une réalité », que « les instincts pacifistes et mercantiles de l'Allemagne ont été bousculés » et qu'on saura outre-Rhin « trouver des points de convergence » avec la France sur la nouvelle politique énergétique de l'UE.
À lire également
En fait, Emmanuel Macron veut faire savoir qu'il a compris la peur de l'Allemagne de perdre son industrie la plus énergivore face à des prix du marché devenus tellement dissuasifs. Mais qu'elle doit comprendre à son tour qu'il est vain de vouloir punir la France pour les avantages acquis de sa politique nucléaire, notamment en termes de tarifs. On ne désespère pas à Paris que le vice-chancelier écologiste Robert Habeck saura se montrer « raisonnable » maintenant que le conflit à ce sujet semble être devenu « moins idéologique » et que les soupçons allemands d'un « agenda caché » français paraissent dissipés. Mais il aura fallu pour y parvenir plusieurs visites à Berlin dont celle de Bruno Le Maire le 12 septembre dernier et même celle du secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler accompagné de la conseillère Europe du président, Garance Pineau, le 26 septembre.
François Clemenceau