RÉGIONALES. Une « forte tradition » industrielle, une main d'œuvre « vaste et bien formée », des emplois industriels qui se maintiennent... L’Île-de-France concentre-t-elle encore la majorité des dépenses de R&D ? Qu'a fait la présidente-candidate Valérie Pécresse en cinq ans ? Que proposent ses rivaux Audrey Pulvar, Clémentine Autain, Julien Bayou et Laurent Saint-Martin ?Au lendemain des dernières élections régionales, l'industrie francilienne était la « première nationale en termes d'effectifs avec 460.000 emplois » avec une forte composante tertiaire et de nombreux centres de recherche de niveau mondial, relevait l'Institut Paris Région dans une note de janvier 2016 intitulée « Les lieux de l'industrie en Île-de-France ». Sa main d'œuvre apparaissait en outre comme « vaste et bien formée ».
Cinq ans se sont écoulés et la région-capitale conserve « une forte tradition industrielle » entre un tissu de PME-PMI, « une forte densité d'entreprises technologiques », des pôles de compétitivité de « réputation internationale » et une « des plus fortes » concentrations scientifiques et technologiques en Europe, selon les chiffres-clés 2020 de la région, établis par le même Institut Paris Région, l'Insee et la Chambre de commerce et d'industrie Paris IDF.
« L'industrie est décrite en perte de vitesse car il y a moins d'usines, moins de chaînes de fabrication, moins de chaînes de montages, mais il y a encore énormément d'emplois industriels »,assure Mickael Le Priol, économiste au Centre régional d'observation du commerce, de l'industrie et des services de la CCI Paris IDF.Avec 40% des dépenses hexagonales, «la R&D est essentiellement implantée en Île-de-France »,poursuit-il.
Un Commissariat au plan pour une « réindustrialisation verte »
Pour l'ex-communiste devenue insoumise Clémentine Autain, c'est « Valérie Pécresse [qui] a fait plonger l'économie régionale dans la crise ».
« Le nombre d'inscrits à Pôle emploi a augmenté de 140.000, un emploi industriel sur vingt a disparu et l'économie sociale et solidaire y est la moins développée de tout le pays »,écrit dans son programme la députée de la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis.
Elle, présidente du conseil régional, se constituera systématiquement « partie civile » dans les accidents de pollution industrielle « type Lafarge » et supprimera, « dès la première année de mandat », la totalité des aides et subventions à l'élevage intensif et/ou industriel. Son concurrent écologiste Julien Bayou ne dit pas autre et promet aussi bien « un plan anti-Lubrizol » - la région comptant 94 sites Seveso - qu'un plan de transition agroécologique régional afin de « sortir de l'agriculture industrielle ». Comme le gouvernement, le chef de file de « L'écologie évidemment » soutiendra l'hydrogène vert pour décarboner l'industrie.