Axa vise 100 millions de clients en Asie

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Axa ouvre un data lab à Singapour
Axa ouvre un "data lab" à Singapour (Crédits : Reuters)
Le groupe, qui compte aujourd'hui 100 millions de clients dans le monde, veut en conquérir autant en Asie dans les quinze dans à venir. Il parie sur un fort développement des classes moyennes dans cette région

Plus que jamais, alors même que l'économie chinoise ralentit, Axa mise sur l'Asie. Le groupe a organisé cette année son séminaire annuel avec la presse à Shanghai, une première, pour délivrer ce message. Avec un chiffre fort, destiné à matérialiser cette ambition : le Axa, qui affiche aujourd'hui 100 millions de clients dans le monde, en veut autant en Asie, d'ici 2030. Contre 14 millions aujourd'hui. Une perspective bien sûr assez lointaine pour ne pas trop engager l'assureur. Il s'agit surtout d'un chiffre destiné à frapper les esprits, à marquer un choix stratégique. Du reste, les annonces concrètes, à l'appui de cet engagement, sont avant tout symboliques.

Un Lab à Shanghai


Les dirigeants d'Axa ont simplement annoncé l'ouverture avant la fin de l'année d'un « lab » à Shanghai, qui, comme son équivalent à San Francisco, a pour mission de « traquer » toutes les innovations en matière digitale, d'un « data lab » à Singapour, dont l'objet sera de suivre au plus près les derniers développements en matière d'utilisation des données, et d'un nouveau bureau d'Axa strategic Ventures. Comme à Paris, celui-ci, qui sera basé à Hong Kong, investira dans des start ups innovant dans l'assurance, les technologies financières et la santé.
Ces annonces dans un contexte de ralentissement de la croissance chinoise, peuvent a priori surprendre. Bien évidemment, le groupe parie sur une croissance économique certes inférieure aux 7 à 8% des dernières années, mais encore largement supérieure aux niveaux européens. Surtout, il s'attend à un développement de quasi exponentiel des classes moyennes dans cette région.

En 2030, les deux tiers des classes moyennes en Asie


S'appuyant sur une étude de Brookings, il estime que la classe moyenne, qui représentait 500 millions de personnes en Asie en 2009, y sera forte de 3 milliards d'individus en 2030. Ainsi, alors que 28% des ménages relevant de cette catégorie étaient localisés en Asie en 2009, cette région concentrerait 65% de la classe moyenne mondiale en 2030, et 60% de sa dépense. Axa a bien l'intention de capter une part de celle-ci. L'assureur y croit d'autant plus que les de asiatiques disposent en général d'assurances publiques d'un niveau très faible (en matière de santé, notamment), qui les incite à épargner fortement. En outre, l'assurance vie y est encore sous développée. Sans parler d'une croissance exponentielle du marché automobile. Aujourd'hui, 32 millions de voitures sont vendues en Asie chaque année, soit un marché équivalent à celui de l'Europe et des Etats-Unis réunis. En 2030, ce seraient 69 millions d'autos par an que les constructeurs écouleraient dans cette région.

S'associer aux leaders


Bien évidemment, ce marché est concurrentiel. Pour tirer son épingle du jeu, Axa mise sur sa capacité technique supérieure à celle des acteurs locaux, et des associations avec des champions nationaux, pour être plus facilement commercialisé. Ainsi, l'assureur français est associé en Chine à la première banque du pays -et la première banque du monde par la taille de bilan-, ICBC. En Inde, il mise sur Bharti Group, l'un des plus grands conglomérats... Au total, il emploie 27.000 personnes en Asie.
Déjà, la région contribue à hauteur de 459 millons d'euros au bénéfice d'Axa. C'est moins de 10% de ses profits de de 2014, mais l'Asie contribue depuis 2010 à hauteur de 39% à la croissance des profits du groupe.

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