Et si Allianz rachetait Generali France ?

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Philippe Donnet, PDG de Generali
Philippe Donnet, PDG de Generali (Crédits : Reuters)
L'opération, qui ferait sens, renforcerait Allianz en France, alors que Generali juge le marché très difficile.

La rumeur court, insistante, parmi les professionnels de l'assurance : les grandes manœuvres italiennes autour de Generali, qui pourrait être racheté par la banque Intesa Sanpaolo, avec l'aide d'Allianz, auraient une conséquence directe en France, à savoir le rachat de Generali France par Allianz. Déjà, fin novembre, lors de la présentation de son plan stratégique, destiné à économiser 1 milliard d'euros, le premier assureur italien avait évoqué un « retrait des marchés les moins rentables », sans préciser lesquels. Le patron de Generali, le français Philippe Donnet, avait alors souligné combien le marché français lui apparaissait compliqué : «c'est un marché difficile, très concurrentiel, avec des bancassureurs et des mutualistes qui sont très agressifs en assurances-dommages » avait-il déclaré aux Echos.

 Le marché a intégré le rapprochement

La filiale française du groupe italien se rapprocherait donc des ex AGF (totalement intégrées par l'allemand Allianz en 2006, devenues alors Allianz France). « Cela fait tellement sens que le marché a désormais intégré ce mouvement » estime le consultant Cyrille Chartier-Kastler, qui dirige Facts & Figures. « Il y aurait une vraie complémentarité des réseaux d'agents généraux, et cela permettrait de constituer le deuxième réseau derrière Axa France » affirme-t-il, «même si celui de Generali semble plutôt en déshérence ».

De quoi redonner de la puissance à Allianz sur le marché français. « C'est d'autant plus plausible que Jacques Richier, PDG d'Allianz France, a une expérience réussie en matière d'intégration d'entreprises, avec la reprise de Gan Euro courtage ». Et « cela permettrait de réduire la base de coûts » souligne Cyrille Chartier Kastler. La logique financière est évidente, l'opération le serait moins d'un point de vue social. Déjà, les syndicats de Generali France ont prévenu qu'ils exigeaient le maintien de tous les emplois, sans quoi l'acquisition « ne pourrait avoir lieu dans la paix sociale » , selon les propos de Jean-Simon Bitter, délégué syndical FO chez Generali. Philippe Donnet avait déclaré fin novembre ne « pas avoir d'objectif de réduction d'effectifs ». Ce qui ne signifie pas que ceux-ci sont exclus.

Fin de la marque Generali en France

Selon le scénario le plus probable, la marque Generali disparaîtrait en France. Déjà, l'assureur travaille souvent sous marque blanche, notamment en assurance vie. « Donc, ce ne serait pas si sensible » estime Cyrille Chartier Kastler.

Ce rapprochement serait-il problématique du point de vue de la concurrence, étant susceptible d'être bloqué par les autorités compétentes en la matière ? Quel que soit le marché considéré, le risque apparaît très faible, voire nul, selon le consultant.

En matière de dommages aux particuliers, Allianz France est aujourd'hui le cinquième assureur français, avec 8% de part de marché, tandis que Generali France se situe à la huitième place. Le rapprochement permettrait de constituer le troisième acteur du marché, avec 13,2% de parts de marché, derrière Covéa (GMF, MAAF et MMA) et Axa. Dans le domaine de l'assurance des professionnels et entreprises, le nouveau groupe prendrait la deuxième place, derrière Axa. Même si le marché des grands risques se trouverait très concentré chez ses deux assureurs, le rapprochement devrait passer sous les fourches caudines de l'autorité de la concurrence ou de Bruxelles.

En santé/prévoyance, le rapprochement permettrait aussi de constituer le deuxième opérateur (s'agissant des sociétés d'assurance, hors Institutions de prévoyance ou mutuelles Santé).

Constituer le quatrième assureur français

Au total, Allianz-Generali France, issu du septième et du neuvième opérateur présents sur le marché français, deviendrait le quatrième assureur français, avec 11% de parts de marché, selon les estimations de Cyrille Chartier Kastler.

La principale victime de ce rapprochement serait Covéa, qui se verrait distancé en matière de risques d'entreprises et de distribution de produits d'assurance via les agents généraux.

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Commentaires
a écrit le 28/01/2017 à 14:35 :
Euh allez regarder qui est Allianz Dans le monde en tant qu assureur !
a écrit le 28/01/2017 à 12:21 :
Non, non, pas les allemands dans l' assurance, on a déjà assez de leurs voitures douteuses !

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