Les assureurs auto n'ont pas encore compris l'impact des aides à la conduite

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(Crédits : Mike Stone)
D'ici 2030, plus de la moitié des véhicules en circulation dans le monde seront équipés de systèmes d'aide à la conduite, estime le cabinet Ptolemus. Alors que ces aides réduisent la fréquence des accidents, seuls deux assureurs les prennent en compte en Europe (Allianz et Liberty Mutual). Des considérations techniques peuvent l'expliquer

Le nombre de voitures équipées de systèmes d'aide à la conduite, comme un régulateur d'allure adaptatif (l'auto freine automatiquement quand elle se rapproche trop d'une autre véhicule) a augmenter de manière exponentielle, souligne le cabinet Ptolemus consulting Group, dans une étude récente. Selon les auteurs, 100 millions de véhicuels seront équipés de tels systèmes en Europe et Etats-Unis d'ici 2025, et plus de la moitié des véhicules en circulation dans le monde y auront droit, en 2030.

En France, Renault, par exemple, multiplie les modèles équipés en option -ou en série pour le haut de gamme- de telles aides à la conduite, qui réduisent la fréquence des accidents. La Renault Mégane 4 peut, par exemple, en être équipée. S'agissant des constructeurs allemands, ceux spécialisés dans le haut de gamme le proposent de plus en plus souvent. Et pas seulement: même Golf VII y a droit.  Pourtant, les assureurs ne  prennent pas en compte ce phénomène dans leur tarification. Seuls deux le font en Europe, selon Ptolemus, à savoir Allianz et Liberty Mutual.

Moins d'accidents, mais plus coûteux, selon Allianz

S'agissant d'Allianz, c'est en France qu'une offre a été d'abord lancée il y a plus d'un an. A ce jour, un peu moins de 3.000 contrats ont été signés dans l'hexagone. "Cela représente près de 10% du marché français des ces voitures équipées d'aides à la conduite" souligne François Nédey, directeur technique assurance de biens et de responsabilités, chez Allianz France. L'assureur vise officiellement 6.000 contrats de ce type d'ici la fin de l'année, pariant sur une accélération des ventes de voitures équipées d'aides à la conduite. En moyenne, le contrat Allianz permet "de réduire le coût de l'assurance d'environ 20%" par rapport à un tarif standard, estime François Nédey.

Mais pourquoi les autres compagnies ne prennent elles pas en compte ce phénomène, la montée en puissance des voitures équipées d'aides à la conduite? Cela tient sans doute à ces considérations techniques. Il n'est pas forcément aisé de tarifer de tels contrats, de bien mesurer l'impact positif pour l'assureur.

 "Il faut pouvoir calculer la différence entre le gain financier lié à la moindre fréquence des accidents et, à l'inverse, la hausse des coûts due aux réparations plus chères" explique François Nédey. Des réparations plus coûteuses en raison de cette électronique embarquée, évidemment endommagée en cas d'accident. "Cette détermination du gain net n'a rien d'évident." C'est ce qu'affirme, du reste, David Williams, directeur technique d'Axa Grande-Bretagne, dans une interview publiée dans l'étude de Ptolemus: "pour construire nos tarifs, nous devons comprendre précisément ce que les aides à la conduite apportent en termes de sécurité, et comment elles changent la manière de conduire" affirme-t-il.

Allianz peut le faire grâce à un centre de recherche en Allemagne, qui collabore de étroitement avec les constructeurs, comme Daimler ou Ford.

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Commentaires
a écrit le 23/05/2017 à 22:04 :
Plus il y a d'assistance, moins les conducteurs sont attentifs.
Cela est constaté par l'organisme chargé de la signalisation routière
On arrive dans une civilisation d'assistés, pour tout. Quel ennui
a écrit le 22/05/2017 à 23:45 :
Cela fait plus de 20 ans que je n'ai pas eu d'accident en me méfiant des autres objets qui m'approchent. Par contre, HORS DE QUESTION QUE MA BAGNOLE ME DISE CE QUE JE "DOIS" FAIRE. Soit, pas de régulateur, pas de gpèse, pas de détecteur de pluie/obscurité/enfantquipleureàl'arrière/changementdecouchedelabelle-mère/devoirlabafferquandelleparletrop/smsurgentquinousemmerde/télévisionàbordpourpass'ennuyer, etc, etc... Par contre, je sais conduire. Et même sur le verglas, ce qui semble être problématique pour un PAQUET DE PERSONNES !!
a écrit le 22/05/2017 à 21:20 :
À terme, ce seront les constructeurs qui assureront leurs véhicules comme le propose déjà Tesla et bientot ils seront propriétaires des véhicules eux-mêmes qu'ils loueront en tant que véhicules autonomes. Les assureurs verront leur marché se réduire.
La preuve, les assureurs ne savent déjà pas mesurer l'impact des dispositifs de sécurité des constructeurs. Par contre les constructeurs eux seront parfaitement à même de déterminer l'impact de leurs dispositifs. Ils auront un avantage comparatif primordial, celui de la connaissance.

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