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Entreprises & FinanceBanque

Grève aussi à la Société Générale

source Reuters

Publié le 23 novembre 2009 à 13:03 - Mis à jour le 23 novembre 2009 à 13:04

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Les organisations syndicales dénoncent l'attitude des dirigeants accusés de bloquer les négociations salariales. Mais au-delà des salaires, elles déplorent surtout la dégradation des conditions de travail.

Après l'affaire Kerviel, début 2008, et les pertes liées à la crise financière, les restructurations que mène la Société générale provoquent inquiétude et crispation parmi les salariés et pèsent sur le climat social au sein de la banque.

A la veille d'une grève nationale prévue mardi, les organisations syndicales dénoncent l'attitude des dirigeants accusés de bloquer les négociations salariales. Mais au-delà des salaires, elles déplorent surtout la dégradation des conditions de travail.

Les syndicats rappellent aussi que le scandale des stock-options, qui a provoqué en mars dernier un véritable tollé dans l'opinion publique, a profondément écoeuré les salariés, creusant un peu plus le fossé avec l'équipe dirigeante emmenée par Frédéric Oudéa, le P-DG de la Société générale.

"Au moment de l'affaire Kerviel, on a demandé à tout le monde de se serrer les coudes. Les salariés l'ont fait pour sauver leur emploi, pas forcément pour sauver leurs dirigeants", a expliqué Alain Treviglio, délégué syndical national CFDT à la Société générale, lors d'un entretien à Reuters.

"Ils ont l'impression qu'une fois l'affaire Kerviel passée, c'est reparti de plus belle. Le scandale des stock-options a été très mal vécu par les salariés", ajoute-t-il.

"A la sortie de la crise, la banque, comme les autres, cherche à reconstituer ses marges et à montrer au marché qu'elle est capable de dégager un taux de rentabilité élevé. Et elle cherche à le faire le plus vite possible", s'indigne de son côté Michel Marchet, délégué syndical national CGT.

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"Pour y parvenir, la direction générale se met dans une situation où elle risque le divorce avec les salariés", complète-t-il.

Dès vendredi, pour mobiliser les salariés autour de la grève du 24 novembre, les syndicats ont distribué des tracts dénonçant une "attitude de la direction méprisante vis-à-vis des salariés" ainsi que les "pressions commerciales" et la "souffrance au travail" éprouvée par le personnel.

PREMIER TEST SYNDICAL POUR OUDÉA

Les projets de la direction de réorganiser le travail des chargés de clientèle dans le réseau de la banque de détail inquiètent les organisations syndicales.

"On va mobiliser de nouveaux gains de productivité en automatisant certaines procédures, en dirigeant les clients vers internet, en diminuant le nombre de produits qu'on propose à la clientèle grand public. Et puis on va augmenter le nombre de comptes gérés par conseiller de 25%", souligne le syndicaliste de la CGT.

"Dans la banque de détail, ils mettent une pression énorme. Il faut toujours faire plus, sans rien en retour", proteste Alain Treviglio.

Contactée par Reuters, une porte-parole de la Société générale a indiqué que la banque se disait "très attachée aux discussions permanentes avec les instances représentatives du personnel" et qu'elle entendait maintenir ce dialogue.

Elle a en outre assuré que le processus de négociation en cours n'avait jamais été interrompu.

"Depuis deux ans, depuis l'affaire Kerviel, aucun geste n'a été fait pour les salariés alors que ces derniers ont tout donné pour sauver la banque. Les efforts ne sont pas reconnus", note Thierry Pierret, représentant syndical national CFDT.

Pour Frédéric Oudéa, devenu le nouveau P-DG de la Société générale après la départ de Daniel Bouton en avril dernier, la grève de mardi s'annonce comme un test grandeur nature face à des syndicats qui promettent un véritable bras de fer.

"Ce qui manque à la direction générale actuelle, c'est l'expérience d'un conflit avec les salariés, la mesure des rapports de force et la nécessité d'avoir à l'esprit ce conflit quand on prend les décisions et d'en tenir compte dans la négociation et le dialogue avec les représentants du personnel", prévient Michel Marchet.

"Le 24 novembre, c'est juste un coup de semonce. Ce n'est pas fini", insiste le syndicaliste.

"On a l'impression que toutes les mesures qui sont prises actuellement ne sont que financières", dit Alain Treviglio. "On ne sent pas de vision à long terme, on ne sent pas de stratégie. C'est ce qui nous inquiète".

Mais au-delà des sujets propres à la Société générale, c'est aussi plus largement le comportement des patrons de banque que dénoncent les syndicats, estimant que les leçons de la crise financière n'ont pas été tirées.

"On a l'impression qu'il y a une course mondiale des banquiers à l'anti-civisme", analyse Thierry Pierret. "Que ce soit sur la question des bonus, sur les emplois, sur les paradis fiscaux, la réponse des banquiers est toujours la même : on veut continuer à faire ce qu'on veut".

"Les marchés s'imaginent qu'après la crise financière, on va revenir au "business as usual", qu'on va continuer à se gaver de ROE (rentabilité des fonds propres, ndlr) entre 15 et 20%", proteste Michel Marchet. "Ce n'est pas sérieux".

source Reuters

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