Les petites phrases des grands noms de la finance

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Le gotha français 
de la finance a prôné une réorientation de l'épargne lors des "Assises du financement du long terme", organisées jeudi par le président de la Caisse des Dépôts, Augustin de Romanet. Tous les grands noms de la finance étaient présents. Il faut dire que le sujet du financement de long terme inquiète beaucoup. Petit verbatim de la journée...

Les petites phrases ont fusé lors des "Assises du financement du long terme". Avec des discours parfois étonnants de la part des grands noms de la finance. Claude Bébéar (Axa) qui demande "la création d'un mouvement des indignés de la finance" (sic) et qui estime "que les patrons doivent refuser la dictature des marchés financiers". Michel Pébereau qui est "très favorable au renforcement de la régulation"... Florilège.

Laurence Parisot, présidente du Medef :

"Le taux d'investissement des PME est significativement plus bas à la fois par rapport aux grandes entreprises et à la fois par rapport aux TPE".

Gérard Mestrallet, président de GDF Suez :

"On va d'une économie d'endettement vers une économie de fonds propres".

Jacques de Larosière, président d'Eurofi :

"Nous n'aurons pas de reprise économique si les banques ne sont pas prêteuses".

Gérard de la Martinière, inspecteur général des finances

"Il y a un besoin considérable qui sera difficile à couvrir spontanément, il faut que l'Etat s'engage à ne pas modifier la fiscalité d'un contrat d'épargne à partir du moment où celui-ci a été souscrit".

Frédéric Oudéa, président de la FBF :

"Les banques ne pourront pas garder le même volume de prêts dans leur bilan et les prêts qu'elles garderont seront à court terme".

Hervé de Villeroché, de la Direction général du Trésor :

"La mise en place de Bâle 3, qui vise à améliorer la résilience du système financier, va conduire à un changement structurel. Cela aura un coût pour l'économie mais il sera absorbable pour les banques. Nous ne pensons pas qu'il remettra en cause la capacité de financement du secteur bancaire. Malgré tout, les financements de projets, les financements de long terme, le crédit à la consommation seront des activités de financement sans dépôts qui peuvent être vulnérables. Les banques vont devoir s'adapter. Face aux engagements de long terme, il faudra mobiliser des ressources de court terme, augmenter la base de dépôts et avoir une capacité d'émission longue. Concernant Solvabilité 2, il faudra modifier la répartition de la prise en charge du risque par l'assureur et par l'assuré. On le voit aujourd'hui avec la croissance des unités de compte dans les contrats d'assurance-vie, qui va dans le bon sens".

Christian Babusiaux, président de la 1ère chambre de la Cour des comptes :

"Les préoccupations sont aujourd'hui liées au rôle de l'épargne sur le financement de l'économie. Il faut l'orienter vers le financement de long terme. Fin 2010, 44% de l'épargne domestique allait vers le reste du monde, et 60% pour l'assurance-vie. Il faut assurer la stabilité de l'épargne, assurer un cadre juridique favorable aux investissements de long terme. Cela passe par un cadre fiscal qui repose sur une stratégie de moyen et long terme".

Jacques Pélissard, président de l'Association des maires de France :

"J'applaudis la nouvelle alliance CDC/ Banque Postale qui vendra des prêts à taux fixe raisonnables et non exotiques. Je salue de plus l'agence publique des collectivités locales qui sera créée et gérée par les collectivités locales sans garantie de l'Etat. Ces deux entités viendront assurer la complémentarité avec les banques sur l'offre de crédits aux collectivités, qui financent 50% du marché du BTP en France. On espère que l'on aura du coup un panel complet pour permettre aux collectivités d'investir".

Michel Pébereau, président de BNP Paribas :

"Je suis très favorable au renforcement de la régulation. Mais il est important de veiller à que ce renforcement soit également bien effectué aux Etats-Unis. Et il faut également bien s'assurer que ce financement ne soit pas nuisible aux financement des collectivités locales. La sagesse serait de faire une petite pause pour voir les impacts que la réglementation aurait sur l'économie. Susciter l'épargne de long terme, ce n'est pas facile. Si l'on veut orienter l'épargne vers le Long terme, Il faut un effet fiscal sur l'épargne de long terme. Le principe de la "full fair market value" aboutit à des difficultés. Les normes comptables ont nourri les bonus des opérateurs de marché. Tous les entrepreneurs doivent considérer que leur action est jugée à partir de la valeur de marché. On ne peut pas demander aux entrepreneurs de penser long terme quand ils doivent se préoccuper de la valeur de marché au jour le jour de leurs actifs. Ceci n'est pas adapté pour juger l'action d'une entreprise qui doit se juger sur le long terme. Le langage de la comptabilité actuelle est inadapté aux préoccupations du financement de long terme".

Claude Bébéar, fondateur d'Axa, aujourdh'ui président de l'institut Montaigne :

"Il faut que les investisseurs aient intérêt à investir à long terme. Il faut alléger la fiscalité de long terme par rapport à la fiscalité de court terme. Il faut donner envie d'investir à long terme. Il faut arrêter tout ce qui permet la spéculation de court terme : les agences de notation, les cotations au jour le jour, les résultats trimestriels. Il faut faire payer la transaction financière plus chère. Il faut que les patrons d'entreprises refusent la dictature des marchés financiers. Les analystes sont des gamins très gentils, mais qui ne connaissent pas grand chose. Je demande la création d'un mouvement des indignés de la finance".

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Commentaires
a écrit le 22/11/2011 à 21:10 :
Il y a de la haute noblesse, de la grosse bourgeoisie, mais il n'y a pas de haute finance... Alors, peut-il y avoir de "grands noms" de la finance ? Rivarol avait écrit un "Petit dictionnaire des grands hommes de la révolution"... Si quelqu'un est inspiré pour le sujet qui nous occupe, qu'il ne se gêne pas, mais est-on sûr qu'il sera lu ?
a écrit le 22/11/2011 à 18:47 :
"Cela aura un coût pour l'économie mais il sera absorbable pour les banques." Et qui se pose la question si le coût sera absorbable pour l'économie ? La méthode des banques pour absorber est connue : l'Etat injecte les fonds, les banques augmentent leurs coûts, et les citoyens-consommateurs paient deux fois ... Pardon, trois fois : j'ai oublié les licenciements !
a écrit le 21/11/2011 à 17:51 :
monsieur bébéar , vous nous avez seriné que ce qui comptait dans le produit c'était le marketing, pas le risque lorsque vous avez été président des actuaires de Françe.. aujourd'hui nos salaires ont doublé , parce que le risque prime tout. vous êtes donc l'auteur, avec d'autres de la faillite qui est pour vous qu'une recapitalisation. Mais personne ne vous écoute, même le peuple, lorsque vous dites que cela est la faute des agences de notation qui ne font que noter les conditions de marché... bébé areu
a écrit le 21/11/2011 à 11:27 :
Monsieur Bebear veut un mouvement des indignés de la finance. Avec plus de 400 k? de retraite annuelle de la part d'Axa, soit 30 SMIC, il peut se plaindre en effet. A ce prix là, je m'indignerai bien volontiers.
a écrit le 20/11/2011 à 21:54 :
Madames et messieurs de la haute finance, que de phrases d?? de tout fondement, pensez vous r?lement au peuple ou ?os portes monnaies. L'avenir nous le dira.
a écrit le 19/11/2011 à 22:14 :
Pour croire à l'épargne à long terme il faudrait avoir des gestionnaires d'épargne qui s'occupent sérieusement des placements des épargnants et ne leur fourguent pas n'importe quoi. Les sicav actions et obligations sont des placements à moyen et long terme et pourtant ceux qui ont placé dans ce genre de sicav depuis 1998 sont toujours perdants jusqu'à ce jour sauf peut-être des cas exceptionnels. Cela veut dire que ces sicav ont été conçues n'importe comment. Comment dans ces conditions avoir confiance dans les placements à long terme, il faudrait être masochiste pour y croire!
a écrit le 18/11/2011 à 18:07 :
Ces petites phrases de ''grands noms '' de la finance me feraient hurler de rire,si ce n'était pas aussi triste.Singulièrement monsieur Bébéar qui veut pas moins que supprimer les agences de notation,la spéculation à court terme,les cotations au jour le jour,les résultats trimestriels etc etc.En bref un inventaire à la Prévert.Il ne manque que la clé du champs de tir et le parapluie de l'escouade Peut être pourrait-il nous indiquer sa méthode pour réaliser ses objectifs; Merci
a écrit le 18/11/2011 à 14:04 :
La priorité des priorités est le financement du logement résidence principale en propriété et de son entretien. Vient ensuite le financement du logement locatif (entretenu aussi) à titre de résidence principale pour familles, célibataires, étudiants, personnes âgées et, enfin le logement touristique, car il faut aussi faire rentrer des devises dans la balance des services, le tout assorti d'une fiscalité non confiscatoire et stable. Quand les Français auront tous ce toit promis, alors ils pourront envisager de perdre leurs avoirs dans des "unités de compte" et autres gadgets.
a écrit le 18/11/2011 à 12:58 :
Gaffe à l'orthographe, les gars, faites un effort : "à partir du moment o(u)ù celui-ci", "des prêts à taux fixe raisonnableS et non exotiqueS", "l'agence qui sera géréE", "de veiller à CE que", "nuisible au(x) financement des collectivités locales", "arrêter tou(s)T ce qui" et l'énorme "Michel Pébereau qui est "je suis ..."
Réponse de le 18/11/2011 à 15:31 :
Gaffe à l'orthographe, les gars, faites un effort:
"des prêts à taux fixeS raisonnableS et non exotiqueS"
a écrit le 18/11/2011 à 12:52 :
Les journalistes et l'orthographe, ça s'arrange pas, même dans les journaux (autrefois) sérieux : "des prêts à taux fixe raisonnableS et non exotiqueS", "l'agence qui sera géréE"
a écrit le 18/11/2011 à 11:17 :
et le problème est que l'épargnant en veut toujours plus ! nous sommes dans une économie de rentiers
Réponse de le 18/11/2011 à 12:23 :

L'epargnant moyen il a été bien coincé jusque la... il a des retours de 3% a la banque max avec une inflation superieure, une retraite en deconfiture et un immo qui faisait du 7% par an...

Soyons clair les services financiers ont mis en place un systeme 'fumeux' qui arrive a son terme.... et les faux actifs des 15 dernieres années apparaissent pour ce qu'ils sont....

Les services financiers et l'absence de regulation sont responsables du fiasco actuel du monde occidental.

J'habite a Londres depuis 10 ans et jusqu'il y a 3 ans j'etais considéré comme un peu neuneu de n'avoir pas voulu travailler a la city.... maintenant ca commence a sentir le roussi a Canary Warf. J'espere que la purge sera forte.
a écrit le 18/11/2011 à 10:34 :
Il faut encourager les épargnants à souscrire des placements à long terme, et que l'étatt s'engage à ne pas à tout moment changer la fiscalité, car sinon actuellement personne ne s'engagera pour des placements à longs termes.
Réponse de le 18/11/2011 à 10:46 :
le probleme , est que , les prets a long terme ne sont pas specialement interessants en ce moment. !
Réponse de le 18/11/2011 à 11:13 :
Ben tout de même, l'Etat emprunte à 3,8 % sur 5 ans, c'est pas mal par rapport aux livrets et même à l'immobilier (qui ne fait mieux que si vous avez une plus-value à la vente), il faudrait que ce soit net d'impôt après tout quand les étrangers prêtent à la France, ils ne lui versent pas d'impôts sur les intérêts donc notre pays n'y perd rien.

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