DIRECT - COP21 : L'accord de Paris est adopté

Par latribune.fr  |   |  9441  mots
"Il est très important dans cette dernière phase que nous puissions rappeler aux négociateurs pourquoi ils sont là", a déclaré François Hollande. (Crédits : REUTERS/Michel Euler/Pool)
Après presque deux semaines de négociations, la conférence internationale sur la lutte contre les changements climatiques est désormais dans sa phase finale. Les retards se sont cumulés ces derniers jours, reflétant la difficulté de trouver un consensus sur les sujets les plus sensibles.

Depuis le lundi 30 novembre, 152 chefs d'Etat et de gouvernement étaient réunis au Bourget pour deux semaines de négociations intenses... Lors de la 21ème Conférence des parties à la convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique - la COP 21 -, 195 pays et l'Union européenne avaient un objectif : parvenir à un accord permettant de limiter le réchauffement climatique à 2°C par rapport à l'ère préindustrielle et avant la fin du siècle. La Tribune suit en direct l'événement.

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SAMEDI 12 DECEMBRE

19:30 Le projet d'accord a été adopté

Les 195 pays ont accepté le pré-accord. Manuel Valls parle d'un "accord historique" et d'une "victoire pour la planète".

18h20 :le texte du pré-accord disponible en français

Le texte proposé a été traduit en français ici.

18h : 134 pays émergents ou en développement approuvent le projet

Le groupe G77 qui regroupent 134 pays dont la Chine et l'Afrique du Sud, ont affirmé être satisfait de cet accord, rapporte l'AFP.

16h30 : un groupe de 24 pays en développement "satisfaits" du projet d'accord

Parmi ces pays, on trouve l'Inde, la Chine et l'Arabie Saoudite.

15h45 : renvoi de la séance plénière à 17h30

15h : Greenpeace salue un "tournant"

L'association écologiste a estimé que le projet d'accord de la COP21 relègue les énergies fossiles "du mauvais côté de l'Histoire". "La roue de l'action tourne lentement mais à Paris, elle a tourné", a ajouté lors d'une conférence de presse le directeur de Greenpeace International, Kumi Naidoo.

14h10 : La France "confiante, mais rien n'est joué"

"Il faut maintenant voir ce que les gens pensent du texte. Même si on l'a élaboré avec eux, on a proposé des choix qui sont très ambitieux. Il faut donc que les pays s'y reconnaissent", a indiqué à l'AFP Laurence Tubiana, ambassadrice française et bras droit de Laurent Fabius

14h : Le texte du projet est rendu public

Ce texte fait 31 pages contre 27 lors du premier jet jeudi. Il est disponible sur le site des Nations Unies : http://unfccc.int/essential_background/library/items/3599.php?such=j&symbol=FCCC/CP/2015/L.9#beg

12h31 : la séance est levée et reprendra à 15h45.

12h30 : "Le 12 décembre 2015 peut être une grande date pour l'humanité" pour François Hollande

Le président de la République explique aux délégués qu'ils ont "l'occasion de changer le monde" et se dit fier que ce message ait été lancé depuis Paris.

12h25 : début du discours de François Hollande

"Un espoir considérable s'est levé, le monde s'est mis en marche", a souligne François Hollande.

12h20 : "le monde retient son souffle et il compte sur nous tous", conclut Laurent Fabius

Le ministre appelle les délégués à entériner l'accord présenté.

12h18 : L'accord est "juste, durable, dynamique, équilibré et juridiquement contraignant", a indiqué Laurent Fabius

Le ministre a aussi ajouté que les 100 milliards d'euros destinés aux pays en voie de développement seront un "plancher." Le projet d'accord prévoit des cycles de 5 ans pour réaliser des ajustements.

12h15 : l'accord veut contenir la hausse des températurs à 1,5 degré d'ici à la fin du siècle

C'est un objectif plus ambitieux que les 2 degrés qui étaient l'objectif de la réunion

12h : "presque au bout du chemin"

 "Nous sommes presque au bout du chemin et sans doute au début d'un autre", a indiqué Laurent Fabius en soumettant le texte de l'accord final de la COP21 sous un tonnerre d'applaudissements

10h15 : L'accord sera présenté à 11h30

"Nous avons un accord à présenter", a indiqué la présidence française de la COP 21. Il sera présenté à 11h30 par Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères aux 195 délégués des pays participants. Le texte a été relu "ligne par ligne."

10h : François Hollande au Bourget

Le président de la République, François Hollande, participera à la présentation de l'accord final de la COP21 et prononcera un discours avec le secrétaire général de l'ONU Ban-Ki Moon.

 9h : Une manifestation autorisée au Champ de Mars

Le gouvernement a autorisé vendredi une manifestation à l'appel d'un collectif d'associations contre le changement climaique qui avait été initialement interdite. Elle se tiendra ce samedi 12 décembre à 14 heures sous forme de "chaînes humaines massives,pacifiques et déterminées." Les manifestants seront à visage découverts.

VENDREDI 11 DECEMBRE

13h: les militants de Greenpeace investissent l'Arc de Triomphe

80 activistes de Greenpeace ont mené une action place de l'Etoile à Paris. Leur objectif: rappeler à François Hollande l'urgence d'avancer la transition énergétique en France et de passer aux énergies renouvelables. Une trentaine d'entre eux ont monté sur le toit de l'Arc de Triomphe et un militant s'est suspendu dans le vide, à 30m de hauteur, avec deux banderoles interpellant directement le président français: "M. Hollande : renouvelez l'énergie". Frédéric Amiel, de Greenpeace France, a expliqué:

"Ce militant suspendu dans le vide symbolise malheureusement bien l'avenir de notre planète qui ne tient qu'à un fil".

Ceux restés à terre ont dessiné autour de l'Arc de Triomphe et dans les rues adjacentes un soleil jaune de plus de 300 m de diamètre et ont tenté de déployer une banderole de 210 mètres carrés "100% renouvelables". "En France, la loi de transition énergétique existe mais l'Etat traîne des pieds. Il n'y a toujours aucune mesure de mise en œuvre, ni aucun calendrier alors que cela aurait dû être le cas bien avant la COP. Sans action concrète, le bilan de François Hollande en matière de transition énergétique sera vide", estime Frédéric Amiel.  Kumi Naidoo, directeur de Greenpeace international, et Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace France, ont par ailleurs remis ce matin à l'Elysée une pétition de plus de 100.000 demandant à François Hollande de lancer concrètement la transition énergétique en France.

11h: L'Exposition "Solutions COP21" fait son bilan

Ouverte le 4 décembre, l'exposition "Solutions COP21", qui a réuni pendant une semaine au Grand Palais quelque 500 organisations et 200 partenaires, a fermé ses portes le jeudi 10 décembre. Selon les estimations des organisateurs, plus de 42.000 personnes venues du monde entier s'y sont rendues, afin de découvrir les solutions présentées par la société civile pour rendre concrète la transition écologique, ainsi que pour assister à des conférences ou projections de films.

Selon une étude menée in situ par l'Ifop, partenaire du dispositif, 81 % des visiteurs ont affirmé en avoir tiré une meilleure information sur les solutions climat. 74 % d'entre eux se sont dit engagés à modifier leurs habitudes et leurs comportements pour limiter leur impact sur le climat. Parmi les solutions envisagées : le recyclage et la location des biens de consommation (pour 98 % des répondants) ainsi queles économies d'énergie dans le logement et les transports écologiques (pour 97 % et 95 % respectivement).

7h30: L'accord final est repoussé

Le projet d'accord final pour lutter contre le réchauffement de la planète a été repoussé de vendredi à samedi matin, a-t-on appris auprès de la présidence française de la conférence mondiale sur le climat.

"Nous préférons nous donner le temps de consulter les délégations tout au long de la journée de vendredi", avant de présenter le texte final en vue d'une adoption directe en séance plénière, a-t-on précisé de même source. Le texte "sera présenté samedi matin tôt pour une adoption à la mi-journée", a-t-on ajouté.

Lire: COP 21 : un délai supplémentaire pour un accord plus ambitieux ?

JEUDI 10 DÉCEMBRE

Lire la chronique de la journée: COP21 : les retards s'accumulent à 24h de l'échéance

11h: "Encore de difficultés" à propos des "financements"

À la veille de la clôture de la conférence pour le climat, François Hollande a indiqué qu'il y avait "encore des difficultés", notamment concernant "les financements", pour la signature d'un accord contre le réchauffement climatique, tandis qu'il recevait à l'Elysée des autorités religieuses engagées pour le climat.

Le chef de l'État a également tenu à s'adresser à l'ensemble des représentants des 195 pays participants: "Il est très important dans cette dernière phase que nous puissions rappeler aux négociateurs pourquoi ils sont là".

"Ils ne sont pas là simplement au nom de leurs Etats, ils ne sont pas simplement là au nom de l'histoire de leur continent, ils ne sont pas là simplement pour réclamer justice pour les uns ou des délais pour les autres. Ils sont là pour régler la question de l'avenir de la planète. Et c'est une responsabilité qu'ils ne pourront pas évacuer", a-t-il averti.

MERCREDI 9 DÉCEMBRE

Lire la chronique de la journée: COP21 : à 24 heures de la fin, toutes les options restent ouvertes sur les vrais sujets

17h: Les États-Unis veulent doubler leur contribution au fonds d'adaptation au changement climatique

Les Etats-Unis ont annoncé mercredi leur intention de doubler leur contribution financière au fonds d'adaptation au changement climatique destiné aux pays en développement, pour le porter à environ 860 millions de dollars par an. "Nous apporterons notre part", a déclaré le chef de la diplomatie américaine John Kerry au Bourget, "nous ne laisseront pas les pays les plus vulnérables affronter seuls la tempête".

Le conseiller spécial pour le climat du Think tank World Resources Institute Pascal Canfin a bien accueilli la nouvelle:

"C'est une annonce significative, car le financement de l'adaptation est une des principales demandes des pays en voie de développement. Cette décision démontre la volonté politique des Etats Unis d'arriver à un accord ambitieux. Il leur reste à confirmer cette bonne volonté, notamment sur la question de la date de début des cycles de révision des contributions nationales."

16h:  Fabius: "Il faut encore trancher entre "sous 2°C", "bien au-dessous de 2°C" et "sous 1,5°C""

Un premier projet d'accord sur le climat a été soumis aux 195 pays participants, qui "s'efforce de refléter aussi fidèlement que possible les compromis naissants", a déclaré en séance plénière le président de la COP21 et chef de la diplomatie française Laurent Fabius, annonçant la distribution du texte ramené à 29 pages, au lieu de 43, et qui "n'est bien entendu pas la version finale".

Laurent Fabius, qui a déclaré mardi vouloir un texte définitif "dans des délais compatibles avec son adoption formelle" vendredi à 18h00 (17h00 GMT), s'en tient à ce calendrier.

Le président de la COP21 a précisé que restaient notamment à trancher les points relatifs à la différenciation (la modulation des efforts demandé aux pays selon leur niveau de développement), aux questions financières et au "niveau d'ambition" de l'accord.

"Rien que l'exemple de l'ambition de l'accord : il faut encore trancher entre "sous 2°C", "bien au-dessous de 2°C" et "sous 1,5°C", a déclaré le chef de la diplomatie française.

15h: La France 2e de l'UE plus inventive dans les technologies durables

La France figure au deuxième rang derrière l'Allemagne en termes de nombre d'inventions enregistrées dans le secteur des technologies durables, selon une étude de l'Office européen des brevets (OEB) publiée mardi. Les entreprises françaises, qui ont déposé 12.300 brevets entre 1995 et 2011, seraient notamment en pointe pour les technologies relatives au captage et au stockage du carbone.

Lire: "La propriété industrielle oeuvre au service du développement durable"

Selon l'OEB, le producteur de gaz industriels Air Liquide est à l'origine de 283 brevets dans ce secteur. Selon l'étude, les inventions dans le secteur des technologies vertes ont été multipliées par cinq entre 1995 et 2011, mais ne représentent toujours que 6% des inventions au niveau mondial.

LUNDI 7 DÉCEMBRE

Lire la chronique de la journée: COP21  : un dispositif inédit pour aboutir à un texte d'ici jeudi

17h10: la BEI va consacrer 1 milliard d'euros à la transition énergétique en France

La Banque Européenne d'Investissement (BEI) vient de confirmer le financement à hauteur d'un milliard d'euros de plusieurs projets de grande envergure favorisant la transition énergétique en France, dans plusieurs domaines tels que le logement, l'efficacité énergétique des bâtiments, le soutien aux PME et ETI, ou encore la biomasse. Une enveloppe de 400 millions d'euros -en partenariat avec la BPCE, la Banque Postale et le Crédit Agricole SA- sera notamment dédiée à construire et à réhabiliter des bâtiments publics en France pour optimiser leur performance énergétique.

| Lire La BEI, bras financier de l'ambition climatique de l'UE

 "L'action en faveur du climat est une priorité pour la BEI : cela devrait représenter près de 40% de notre activité en France en 2015", a ajouté la ministre de l'Écologie Ségolène Royal lors de la signature avec la BEI, en présence de son Vice-Président Ambroise Fayolle.

16h05: 10 milliards de dollars déjà mobilisés pour les énergies renouvelables en Afrique

Les pays développés ont déjà mobilisé 10 milliards de dollars de financements publics pour soutenir une initiative africaine de développement des énergies renouvelables (l'AREI) sur ce continent, a annoncé lundi, en sa qualité de président de la COP21, Laurent Fabius.

Cette somme représente selon lui "le coût nécessaire pour fournir ces 10 gigawatts" de nouvelles capacités de production d'énergie verte d'ici 2020, l'objectif fixé par l'Initiative pour les énergies renouvelables en Afrique (AREI).

Le continent africain dispose actuellement de 150 gigawatts de capacité de production d'électricité. Cette initiative, officialisée la semaine dernière, vise 300 gigawatts de capacités d'énergies renouvelables d'ici 2030, a détaillé le ministre égyptien de l'environnement Khaled Fahmy.

13h30: Pékin en "alerte rouge" pollution

Pendant ce temps, la pollution fait rage à Pékin. La capitale chinoise, menacée par un nouvel épisode "d'airpocalypse", s'est déclaré lundi pour la première fois en alerte maximale "rouge".

Cette alerte doit entraîner, à partir de mardi matin et jusqu'à jeudi, un certain nombre de restrictions pour les quelque 21 millions de Pékinois, a annoncé le Bureau de la Protection environnementale de la municipalité.

| Lire Pollution atmosphérique : Pékin lance sa première alerte rouge

11h: six entreprises s'engagent en faveur des énergies renouvelables

Six grandes entreprises se sont engagées à ne consommer qu'une électricité issue à 100% des énergies renouvelables, en rejoignant lundi en marge de la conférence internationale sur le climat une initiative mondiale regroupant plus de 50 groupes. Coca Cola, BMW group, International Flavors & Fragrances, Nordea Bank AB, Pearson PLC et Swiss sont les derniers à rejoindre cette initiative baptisée 'RE100' qui regroupe 53 groupes dont Microsoft, Ikea ou Google.

Cette conversion aux énergies renouvelables permettra d'économiser 56 millions de tonnes de CO2, précise le Climate Group, une organisation qui travaille sur les mécanismes permettant la transition vers un monde bas carbone, et qui porte cette initiative. Selon le Climate Group, si le secteur privé ne consommait plus que des énergies renouvelables pour se fournir en électricité, cela pourrait permettre de réduire de 15% les émissions de CO2.

9h: Les ministres à l'oeuvre

Une semaine décisive s'ouvre lundi au Bourget, où les ministres de l'Environnement, de l'Energie ou des Affaires étrangères prennent la main dans les négociations mondiales sur le climat qui entrent dans le dur, avec nombre de points cruciaux encore disputés. Les délégations des 195 pays étaient réunies en plénière lundi matin.

Il reste formellement cinq jours pour sceller l'accord. Mais le président de la conférence (COP21), le ministre français Laurent Fabius, a même souhaité que l'accord final soit achevé jeudi, ce qui constituerait un tour de force pour des négociations qui jouent toujours les prolongations.

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DIMANCHE 6 DÉCEMBRE

20h: Des PDG de multinationales demandent un objectif clair et de long terme

Réunis autour du PDG du groupe Virgin, Richard Branson, plusieurs dirigeants de multinationales ont appelé dimanche les gouvernements à fixer un objectif clair et de long terme dans le cadre de l'accord attendu à l'issue de la COP21.

"En tant que chefs d'entreprise nous estimons que le problème est très simple. Nous avons seulement besoin que les gouvernements nous fixent des règles, (...) et nous y répondrons. Nous avons besoin d'un objectif clair et de long terme fixé par les gouvernements", a indiqué Richard Branson lors d'une conférence de presse. Il a fait état de "millions d'emplois" à créer.

Etaient installés autour de lui dimanche les patrons des groupes Unilever, L'Oréal, Marks & Spencer, Solvay, LafargeHolcim, Schneider Electric, Kering, Natura et Broad Groupe.

19h: Dix pays s'engagent à restaurer 100 millions d'hectares de forêts en Afrique

Une initiative pour remettre en état d'ici 2030 l'équivalent de 100 millions d'hectares de forêts et de terres agricoles devenues improductives en Afrique a été lancée dimanche à Paris, en marge de la COP21.  Le projet, soutenu par l'Union africaine, le ministère allemand de la Coopération et le World resources institute de Washington, est baptisé AFR100 pour "African forest landscape restoration initiative"("Initiative pour la restauration des paysages forestiers africains").

Les dix pays engagés dans ce programme sont l'Ethiopie, la République démocratique du Congo, le Kenya, le Niger, l'Ouganda, le Burundi, le Rwanda, le Liberia, Madagascar, le Malawi, et le Togo. Le programme AFR100 bénéficiera de financements de la Banque mondiale et d'investissements de la part du secteur privé.

17h: Un Conseil mondial solaire est lancé

Les principales associations régionales et nationales de l'énergie solaire ont annoncé dimanche le lancement d'un Conseil mondial solaire, qui aura pour mission d'unifier le secteur et d'accélérer son développement, lors d'une conférence internationale sur les énergies renouvelables organisée à Paris en marge de la COP21.

Le Conseil compte parmi ses membres des associations régionales et nationales du secteur, dans les pays développés et émergents, notamment l'Arabie saoudite, l'Allemagne, l'Australie, la Chine, les Etats-Unis, l'Espagne, la France, l'Italie, l'Inde, etc. Le secrétariat de cette organisation sera établi aux Etats-Unis, et son siège en Chine.

11h: le pape François exhorte au "courage"

Le pape François a appelé dimanche les ministres à faire acte de "courage" à l'heure des compromis difficiles. Il les a exhortés à adopter des "décisions importantes" pour "les générations futures".

"Pour le bien de la maison commune, de nous tous et des générations futures, tous les efforts devraient être entrepris à Paris pour atténuer les impacts des changements climatiques, et, en même temps, pour lutter contre la pauvreté et faire croître la dignité humaine. Les deux choix vont de pair", a-t-il insisté lors de l'Angelus devant des milliers de fidèles rassemblés place Saint-Pierre, en revenant sur la teneur de son encyclique sur l'environnement, publiée au printemps, "Laudado si'".

 Lire: Climat: le pape François pourfend "les intérêts du marché divinisé"

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SAMEDI 5 DÉCEMBRE

16h: Fabius choisit 14 "facilitateurs"

Afin de rendre plus fluide la deuxième phase des négociations qui s'ouvre lundi, quatorze ministres de l'Environnement, de l'Energie ou des Affaires étrangères ont été appelés par Laurent Fabius a jouer le rôle de "facilitateurs" en encadrant des groupes de travail spécifiques. Ils viennent d'Allemagne, de Bolivie, du Brésil, du Canada, d'Equateur, des Emirats Arabes Unis, de Gambie, du Gabon, de Norvège, du Pérou, du Royaume-Uni, de Sainte-Lucie, de Singapour, de Suède.

12h: Un premier texte est remis à Fabius

Après plusieurs jours d'intenses pourparlers entre négociateurs, une première ébauche d'accorda été adoptée, de 48 pages et encore assorti de très nombreuses options sur diverses questions.

 Lire: COP21: une ébauche d'accord sur le climat a été adoptée

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VENDREDI 4 DÉCEMBRE

19h30: Les maires du monde prêts à l'objectif de 100% d'énergies renouvelables d'ici 2050

Un millier de maires et d'élus locaux du monde entier réunis vendredi à Paris en "Sommet des maires" se sont déclarés prêts, dans une déclaration commune, à œuvrer pour un objectif de 100% d'énergies renouvelables dans leurs villes d'ici à 2050. Réunis à l'initiative de la maire de Paris Anne Hidalgo et de Michael Bloomberg, ex-maire de New York et envoyé spécial des Nations unies pour le climat, ils ont solennellement averti que le "changement climatique était un défi commun". Les élus, représentant 600 millions de personnes, se sont également déclarés prêts à une "réduction de 80% des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050".

Lire: Mobilisation historique d'élus locaux sur le climat autour d'Anne Hidalgo

Des stars telles que Leonardo di Caprio, Robert Redford et Patti Smith ont soutenu leur combat.

12h: l'exposition "Solutions COP21" ouvre ses portes au Grand Palais

L'un des seuls événements grand public maintenus en marge de la conférence climat malgré l'état d'urgence a ouvert ses portes vendredi au Grand Palais. Il s'agit de l'exposition Solutions COP21, dédiée aux solutions proposées par les entreprises, associations et collectivités locales pour lutter contre le réchauffement climatique. Quelque 200 partenaires seront présents jusqu'au 10 décembre pour cet événement gratuit.

La journée d'ouverture a toutefois été ternie par une manifestation menée sous la grande nef, et refoulée sans ménagement par l'important dispositif policier déployé dans et autour du Grand Palais. Plusieurs ONG, parmi lesquelles Attac, Climate Justice Action ou Les Amis de la Terre, avaient organisé une fausse visite de l'exposition, au cours de laquelle elles dénonçaient la bonne conscience verte que s'achètent selon elles les entreprises en participant à cet événement. L'un des "groupes" de "visiteurs", accompagné de journalistes qui couvraient cette manifestation, a été encerclé par de nombreux agents en civil, équipés de brassards "police" ou "sécurité", puis le militant qui avait pris la parole a été violemment sorti de la grande nef.

11h: Bloomberg à la tête d'un groupe chargé d'évaluer les risques financiers liés au climat

Le milliardaire américain et ancien maire de New York Michael Bloomberg va prendre la tête d'un groupe d'experts chargé d'évaluer les risques financiers liés au climat pour les entreprises et investisseurs, a annoncé le Conseil de stabilité financière (FSB) vendredi à la COP21.

Cette "task force", comme l'appelle le FSB -lui-même créé après la crise financière de 2008 pour superviser et surveiller les institutions financières internationales- vise à "fournir des informations aux banques, assureurs, investisseurs et actionnaires", selon un communiqué.  Elle fera également des recommandations aux entreprises sur la façon dont elles doivent publier leur exposition à ces risques, cela "afin d'aider les acteurs des marchés financiers à comprendre les risques liés au climat", qui "sont appelés à croître à l'avenir", selon Mark Carney, président du FSB et gouverneur de la Banque d'Angleterre, cité dans le communiqué.

Lire: La transition énergétique fait trembler la City de Londres

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JEUDI 3 DÉCEMBRE

Lire la chronique de la journée: COP21 : la nouvelle mouture du texte attendue samedi à midi

10h: un nouveau texte, plus court mais toujours aussi complexe

Les délégués de 195 pays chargés de négocier à Paris un accord sur le climat ont depuis jeudi matin entre les mains un nouveau projet de texte, publié le matin sur le site de la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques (CNUCCC).

S'il est passé de 55 à 50 pages, il garde encore quelque 250 options. "Le texte comporte encore plus de crochets: 1.400 au lieu de 1.250", a par ailleurs souligné Matthieu Orphelin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot (FNH), lors d'un point presse au Bourget. Or, "si la COP de Copenhague (en 2009, NDLR) a échoué, c'est notamment parce que le texte sorti de la première semaine de négociations comportait trop d'options pour la deuxième semaine", a-t-il rappelé.

Un nouveau texte est attendu jeudi soir ou vendredi matin. Les négociateurs doivent présenter d'ici samedi midi un projet d'accord le plus lisible possible, avec un maximum d'options tranchées, avant que les ministres prennent le relais à compter de lundi. Pour accélérer le rythme, le nombre de groupes de travail devrait être réduit, sur proposition du groupe de pays G77 (133 pays en développement + la Chine): quelque 12 réunions sont ainsi prévues jeudi, au lieu de 25 la veille.

8h30: Un coût lié au réchauffement climatique en nette hausse dans les années à venir

La facture des dégâts causés par des catastrophes naturelles devrait s'établir à 92 milliards d'euros en France entre 2014 et 2039, soit pratiquement le double de celle des 25 années précédentes, selon une projection de la profession publiée jeudi. Cette évaluation s'accompagne de 34 propositions destinées à améliorer les politiques de prévention et développer la culture du risque.

L'augmentation du coût des dégâts tient pour 43% à la hausse globale du niveau de richesse du pays, le changement climatique apparaissant comme le deuxième facteur, à hauteur de 30%, selon l'Association française de l'assurance (Afa) qui publie pour l'occasion un livre blanc.

"Les données montrent que le changement climatique est déjà à l'œuvre en France. 13 milliards d'euros sur les 44 milliards d'augmentation sont liés au facteur climat. La France, comme le reste du monde, est donc concernée", ont souligné Bernard Spitz et Pascal Demurger, respectivement président et vice-président de l'Afa, auprès de l'AFP.

6h30: Le reporting carbone des entreprises a besoin d'être revu

Le reporting carbone des plus grandes entreprises du monde manque de cohérence, ce qui rend presque impossible pour les parties prenantes de comparer facilement et avec exactitude les performances des entreprises. C'est ce que révèle l'édition 2015 de l'Étude sur le reporting en matière de RS réalisée par KPMG (Survey of Corporate Responsibility Reporting).

L'examen des rapports financiers et RS des 250 plus grandes entreprises du monde révèle que même si 4 entreprises sur 5 mentionnent leur bilan carbone dans ces rapports, seulement la moitié stipulent des objectifs de réduction des émissions carbone, et, parmi elles, deux tiers n'expliquent pas pourquoi ces objectifs ont été sélectionnés.

Par ailleurs, le type d'émissions signalées varie considérablement: si une majorité des entreprises évoquent les émissions issues de leurs propres activités (84 %) et de l'énergie achetée (79 %), seule la moitié (50 %) évoquent les émissions de leur chaîne d'approvisionnement. Elles sont encore moins nombreuses, moins d'une sur dix (7 %), à inclure des informations sur les émissions résultant de l'utilisation et de l'élimination de leurs produits et services.

6h: les Français sceptiques sur l'engagement des entreprises

Plus de sept Français sur dix (71%) jugent que "les mesures annoncées par certaines entreprises pour limiter l'impact de leur activité sur le réchauffement climatique ne sont pas sincères et sont juste du 'greenwashing', c'est-à-dire de simples effets de communication". C'est ce que révèle un sondage Odoxa pour BFM Business, Challenges et Aviva publié jeudi.

Quelques entreprises tirent toutefois leur épingle du jeu et sont perçues comme plus investies sur le sujet que d'autres: EDF (28% de citations), Engie et Veolia (25% chacune) et Suez Environnement (22%) sont en tête des entreprises jugées positivement. Total est placé en septième position du classement, malgré une "assez mauvaise image globale, notamment à cause de son passif environnemental", souligne  le président d'Odoxa, Gaël Sliman.

1h: le ministère américain de l'Agriculture s'inquiète de la sécurité alimentaire mondiale

Le changement climatique risque de faire obstacle à la lutte contre la malnutrition à travers le monde dans les prochaines décennies. A le souligner est riend de moins que le ministère de l'Agriculture américain, dans une étude scientifique publiée jeudi (Climate Change, Global Food Security and the U.S. Food System).

En l'absence de toute mesure de réponse, le changement climatique est susceptible d'affaiblir le progrès continu en matière de sécurité alimentaire globale, à travers -entre autres- des perturbations de la production menant à des problèmes de disponibilité locale des produits et à des augmentation des prix, ainsi qu'à travers des désorganisations dans les transports et une diminution de la fiabilité des aliments, souligne le rapport. Si ces risques sont particulièrement élevés dans les régions tropicales et dans celles plus pauvres, ces troubles pourraient aussi affecter les Etats-Unis, en raison de leur impact sur le type et le prix des produits importés ainsi que sur la demande et la logistique des exportations, met en garde le ministère.

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MERCREDI 2 DÉCEMBRE

Lire la chronique de la journée: COP21 : Après les annonces, place aux négociations

14h50: la Chine réduira ses émissions de 60% d'ici 2020

Le gouvernement chinois annonce qu'il entend réduire de 60%, d'ici 2020, ses émissions polluantes dans le secteur énergétique. Pékin prévoit aussi de réduire de 180 millions de tonnes par an d'ici à 2020 ses émissions de dioxyde de carbone provenant de ses centrales à charbon, rapporte sans autres précisions le Quotidien du peuple sur son site internet.

La Chine, actuellement en alerte orange à cause d'une vague de pollution sans précédent dans sa partie nord, s'était engagée, en juin dernier, à plafonner ses émissions de CO2 à l'horizon 2030, année où le pic des émissions chinoises devrait être atteint, selon les analystes.

14h30: 500 institutions auraient renoncé à des investissements dans les énergies fossiles

Plus de 500 institutions représentant 3.400 milliards de dollars d'actifs ont désormais renoncé à certains investissements dans les énergies fossiles, a indiqué mercredi 2 décembre l'ONG 350.org, à l'origine d'une large campagne internationale visant à comptabiliser ces engagements.

Le montant global des sommes finalement désinvesties des énergies fossiles n'a pu être calculé, pour des raisons de confidentialité, mais le nombre de collectivités, d'établissements publics et privés, de banques ou d'assurances réorientant leurs investissements vers les énergies propres est en croissance rapide, assure ce rapport présenté au Bourget, à l'occasion de la conférence de l'ONU sur le climat.

Le nombre d'institutions ayant rejoint cette campagne est passée de 181 acteurs, représentant 50 milliards de dollars d'actifs, en septembre 2014, à désormais plus de 500, se félicite l'ONG 350.org, qui tient un décompte en ligne sur l'évolution de sa "campagne de désinvestissements".

14h: Vingt villes du monde, dont Paris, engagent 10% de leur budget contre les risques, dont les chocs climatiques

Une vingtaine de villes du monde dont Paris, ont signé mercredi dans le cadre de la COP21 une promesse d'engager 10% de leur budget à des actions de "résilience", soit des initiatives de lutte contre les risques comme les chocs climatiques, mais aussi sociaux ou terroristes.

Cette promesse, qui représente un engagement de 5,2 milliards de dollars, a été signée sous l'égide du groupe "100 resilients cities", association d'échanges et de réflexions lancée par la Fondation Rockefeller, indique un communiqué.

Parmi ces 21 villes, figurent Paris, Athènes, Rio de Janeiro, Rotterdam ou La Nouvelle-Orléans.

6h: Oxfam rappelle le lien entre réchauffement et inégalités

10% des habitants les plus riches de la planète émettent plus de la moitié des émissions de CO2, alors que la moitié la plus pauvre du globe n'est responsable que de 10% des rejets polluants. C'est ce qu'assure l'ONG britannique Oxfam dans un rapport publié mercredi, à l'occasion de la COP21.

Selon ce rapport, dont le titre est Inégalités extrêmes et émissions de CO2, une personne qui fait partie des 1% les plus riches au monde "génère en moyenne 175 fois plus de CO2 qu'une personne se situant dans les 10% les plus pauvres". Et si "certes les émissions augmentent rapidement dans les pays en développement", "une grande partie de ces émissions proviennent de la production de biens consommés dans d'autres pays", rappelle Oxfam, qui précise:

"Autrement dit, les émissions associées au mode de vie de la majeure partie de leur population demeurent très inférieures à celles des habitants des pays développés".

L'ONG de conclure:

"Les pays en développement doivent faire leur part, mais c'est aux pays riches qu'il appartient de montrer la voie, et d'assumer les conséquences désastreuses de leurs modes de développement et de consommation".

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MARDI 1er DÉCEMBRE

22h30: le Congrès américain inflige un camouflet symbolique à Obama

Fausse note américaine en pleine conférence sur le climat à Paris: le Congrès américain, à majorité républicaine, a voté mardi pour annuler les nouvelles réglementations anti-carbone de l'administration de Barack Obama, un vote qui restera symbolique en raison du veto promis par le président. Le vote sur ce "Projet pour une énergie propre", qui pour la première fois impose des limites sur les émissions de dioxyde de carbone par les centrales thermiques américaines existantes, avait été planifié pour coïncider avec la COP21.

Lire: Climat : Obama serre la vis aux centrales thermiques, l'Europe applaudit

La majorité républicaine tenait à organiser ce vote pendant la conférence, "afin que le monde sache qu'aux Etats-Unis, un désaccord existe concernant l'abus de pouvoir extrême du président", a expliqué le républicain Ed Whitfield, élu du Kentucky, l'un des Etats où des mines de charbon sont encore exploitées.  Les républicains contestent, sinon le rôle des activités humaines dans le changement climatique, le coût économique de ces mesures environnementales. Ils promettent, en cas de victoire à la présidentielle de novembre 2016, de revenir sur les mesures pro-climat de l'ère Obama. Les démocrates soutiennent majoritairement l'agenda environnemental de Barack Obama.

15h50: Obama réaffirme son optimisme

Au lendemain des discours de quelque 150 chefs d'Etat et de gouvernement, Barack Obama a répété sa confiance et son engagement dans la réussite de la COP21.

"Je suis optimiste, nous allons réussir", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Paris.

Il a souligné que la lutte contre le réchauffement était "un impératif économique et de sécurité auquel nous devons nous attaquer maintenant", car au rythme actuel "nous aurons rapidement à consacrer de plus en plus de nos ressources économiques et militaires (...)" à l'adaptation aux "conséquences d'une planète qui change".

Barack Obama a aussi précisé la position américaine concernant le caractère contraignant du futur accord:

"Les procédures, qui assurent la transparence et des révisions régulières (des engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre, NDLR), cela doit être légalement contraignant", a-t-il déclaré.

Lire: Que signifie un "accord contraignant"?

Le président américain a aussi plaidé pour donner "un prix au carbone".

 A Paris, "nous cherchons un accord", a-t-il poursuivi, "qui donne la certitude aux entreprises et aux investisseurs que l'économie mondiale va fermement vers un futur bas carbone". "Cela incitera à des investissements vitaux pour combiner réduction des gaz à effet de serre et croissance économique", a-t-il déclaré.

"Nous cherchons un accord qui garantisse que les pays en voie de développement ont les ressources nécessaires pour éviter un développement sale (...) et que les nations les plus vulnérables face au changement climatique ont les ressources pour s'adapter", a ajouté Obama.

15h45: Le Foll lance une initiative de stockage de carbone dans les sols agricoles

Le ministre de l'Agriculture français Stéphane Le Foll a lancé l'initiative mondiale "4 pour 1.000". Mis en place en mars à l'initiative du ministère français de l'Agriculture, ce programme international de recherche vise à augmenter le stockage du carbone dans les sols de 0,4% par an.

"Le '4 pour 1.000' est un objectif qui combine l'enjeu de la sécurité alimentaire avec la lutte contre le réchauffement climatique et avec la fertilisation des sols", a expliqué le ministre.

Une augmentation de 0,4% par an des stocks de matière organique des sols suffirait à compenser l'ensemble des émissions de gaz à effet de serre de la planète, selon l'Institut français de recherche agronomique (Inra).

A ce jour, une quarantaine d'États soutiennent l'initiative, ainsi que plusieurs organisations internationales pour les secteurs agricole et alimentaire (FAO, Banque Mondiale, CIHEAM), des instituts de recherche, des ONG, des organisations professionnelles et des entreprises et fondations privées, souligne le ministère. L'objectif est de finaliser l'ensemble du dispositif pour la COP22 dans un an au Maroc.

11h : La France promet 2 milliards d'euros à l'Afrique pour les énergies renouvelables

Paris consacrera deux milliards d'euros au développement des énergies renouvelables en Afrique d'ici à 2020, a annoncé le président français François Hollande mardi lors d'un sommet avec des dirigeant africains, en marge de la COP21.

"Je vous annonce aujourd'hui que la France consacrera 6 milliards d'euros entre 2016 et 2020" à l'électrification du continent, a déclaré le chef de l'Etat français, ajoutant qu'elle investirait "2 milliards d'euros en faveur des énergies renouvelables".

Les 2 milliards promis pour les énergies renouvelables représenteront une "augmentation de 50% par rapport aux cinq dernières années", a précisé l'Elysée. L'Afrique recevra ainsi "une part très substantielle" de l'effort financier global consenti par la France pour lutter contre le réchauffement climatique, qui doit être lui-même porté de 3 à 5 milliards d'euros par an d'ici à 2020, a souligné François Hollande.

Pour rappel, près de 600 millions de personnes n'ont pas accès à l'électricité sur le continent africain.

9h: Les négociateurs se mettent au travail

Au lendemain des discours des chefs d'Etat, les délégations de 195 pays entament mardi leurs tractations. "Tout est ouvert, tout est possible, le pire comme le meilleur", estimait lundi soir Célia Gautier, experte en politiques climatiques auprès du Climate action network (900 ONG), citée par l'AFP.  "Nous n'aurons pas un accord parfait", a prévenu pour sa part lundi Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies, six ans après l'échec de la conférence de Copenhague, en appelant les négociateurs à "faire preuve de flexibilité et de sens du compromis".

Sur la table, un texte d'une cinquantaine de pages, divisé en grands chapitres: objectif de long terme de réduction des émissions de gaz à effet de serre, adaptation au changement climatique, financements des politiques climatiques des pays du Sud, mécanisme pour réviser régulièrement à la hausse les engagements des pays, etc.

Lire: Climat: les négociations de Bonn accouchent d'un texte imparfait

Les négociateurs doivent remettre une version élaguée du texte samedi aux ministres de l'Environnement ou de l'Energie, qui prendront la main la semaine prochaine.

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LUNDI 30 NOVEMBRE

Lire la chronique de la journée: La COP21 s'ouvre sur un festival d'initiatives

21h30: Les pays vulnérables appellent à limiter le réchauffement à 1,5°C

"Nous refusons d'être les sacrifiés de la communauté internationale à Paris".

En invoquant cet argument, les pays les plus vulnérables face aux conséquences du réchauffement climatique (dont  les Philippines, le Bangladesh, l'Ethiopie, le Ghana, le Kenya, l'Afghanistan, les Maldives, le Costa Rica, le Népal, Tuvalu, Vanuatu ou le Vietnam) ont plaidé lundi pour que la COP21 voie plus loin.

A l'occasion de la présentation d'une "déclaration" portée par 43 pays, déjà adoptée à Manille il y a quelques semaines,ces pays ont appelé la communauté internationale à s'entendre sur un objectif de limitation du réchauffement à 1,5 degré par rapport à l'ère pré-industrielle, plus ambitieux que le seuil de 2 degrés fixé depuis 2009 comme cadre global à ces négociations. Ils réclament également une "décarbonation complète d'ici à 2050", avec un pic des émissions de gaz à effet de serre mondiales "au plus tard en 2020". Les émissions de gaz à effet de serre (GES) devraient selon eux être ramenées à zéro vers 2060-2080.

Aux 29 pays du les pays membres du "Climate Vulnerable Forum" (CVF, ou V20, auquel ont adhéré lundi 9 nouveaux pays), s'ajoutent quatorze autres Etats associés à la coalition.

20h20: Modi s'oppose à une imposition de la "fin des énergies fossiles"

Après avoir lancé l'Alliance solaire internationale, le Premier ministre indien Narendra Modi a toutefois estimé lundi, lors de son intervention devant ses pairs, que la communauté internationale ne pouvait "imposer la fin" des énergies fossiles,.

"Nous avons toujours besoin des énergies conventionnelles, on doit les rendre plus propres mais pas imposer la fin de leur utilisation", a-t-il déclar.

"La justice climatique demande qu'(...) on laisse suffisamment de place pour la croissance des pays en développement", a-t-il expliqué .

Environ 300 millions sur 1,25 milliard d'Indiens restent, selon lui, privés d'électricité et l'Inde, second pays le plus peuplé au monde et quatrième émetteur mondial de gaz à effet de serre, ne compte pas renoncer à ses abondantes ressources en charbon pour leur fournir de l'énergie.

20h15: le monde est "au bord du suicide", met en garde le pape

"Je n'en suis pas sûr (du résultat de la COP21), mais ce que je peux dire, c'est que c'est maintenant ou jamais", a déclaré lundi le pape à la presse, dans l'avion qui le ramenait à Rome après une tournée en Afrique. Depuis la conférence de Kyoto en 1997, "peu a été accompli" et "chaque année, les problèmes sont plus graves", alors qu'il peut sembler, "pour employer une parole forte, que nous soyons au bord du suicide", a insisté le pontife argentin.

"La quasi-totalité de ceux qui sont à Paris veulent faire quelque chose. J'ai confiance qu'ils le feront, ils ont de la bonne volonté et je prie pour cela", a-t-il déclaré.

Le pape François a consacré au réchauffement climatique une importante encyclique au printemps, dans laquelle il a plaidé pour une forme de décroissance et une révolution énergique menant à terme à l'abandon complet des énergies fossiles.  Il a réclamé à plusieurs reprises que la COP21 aboutisse à un accord contraignant dans lequel les pays les plus riches aideront financièrement et techniquement les plus pauvres à accomplir cette révolution écologique. Il a été représenté à l'ouverture de la COP21 par le cardinal Pietro Parolin, numéro deux du Saint-Siège.

18h45: Etats et investisseurs unis pour les énergies propres

Une vingtaine d'Etats, dont la France et les Etats-Unis, qui s'engagent à doubler sur cinq ans le budget alloué à la recherche et développement dans les énergies propres, à côté d'investisseurs privés. C'est le contenu de l'initiative, baptisée "Mission Innovation", lancée lundi par François Hollande, Barack Obama et Bill Gates afin de mobiliser de larges investissements publics comme privés vers les renouvelables. Précisant que les pays impliqués représentent 80% des recherches dans les énergies "vertes", Barack Obama a souligné:

"Développer les énergies propres va créer des emplois et des opportunités dans les années à venir".

L'ex-PDG de Microsoft, Bill Gates, a pour sa part réuni un groupe de 27 investisseurs privés d'une dizaine de pays différents comptant parmi les plus grandes fortunes au monde, qui s'engagent à favoriser l'essor de ces énergies propres via "un apport sans précédent de capitaux privés dans les pays qui ont rejoint l'initiative". Le mécène a précisé à la presse avoir pour l'instant réuni dans ce cadre la somme de deux milliards de dollars.

Lire: COP21 : une coalition de milliardaires pour développer les cleantech

18h40: Hollande et Modi lancent une Alliance solaire internationale

L'objectif: fédérer des pays dotés d'un potentiel en matière d'énergie solaire, et promouvoir la coopération entre les pays industrialisés qui disposent des technologies et des financements et ces pays en développement. Avec cette ambition, François Hollande et le Premier ministre indien Narendra Modi ont lancé lundi au Bourget une "Alliance solaire internationale", s'adressant à une centaine de pays situés entre les tropiques du Cancer et du Capricorne.

"Si je regarde toutes les contributions nationales à l'effort de réduction des gaz à effet de serre, il y aura plus de 1.200 milliards de dollars d'investissement d'ici 2030. Nous devons faire en sorte qu'une partie de ces investissements aillent vers le solaire", a déclaré le président français.

Avant de souligner:

"L'énergie solaire est la plus abondante des énergies renouvelables dans les pays du Sud mais les technologies et les financements y sont encore insuffisants", souligne l'Elysée.

18h30: Etats, FMi et Banque mondial unis autour de la tarification du carbone

Une "coalition des leaders pour une tarification du carbone" a été lancée lundi par François Hollande et plusieurs autres chefs d'Etat, ainsi que la Banque mondiale, le FMI, des collectivités locales et des chefs d'entreprise du monde. "Les membres de la coalition ont adopté un plan d'action commun pour faire avancer la tarification du carbone en s'engageant à partager les expériences de politiques publiques réussies, à mobiliser les entreprises, et promouvoir le dialogue pour accroître l'utilisation du prix du carbone", explique l'Elysée dans un communiqué. Il précise:

"Il ne s'agit pas de fixer un prix unique : l'objectif doit être de promouvoir l'extension progressive de la couverture des émissions mondiales par des prix du carbone".

Lire: Prix du carbone : tout le monde en parle... mais qu'est-ce que c'est ?

16h: Obama et Poutine discutent... de la Syrie

La COP21 a été l'occasion d'une rencontre entre Barack Obama et Vladimir Poutine, qui, lundi au Bourget, se sont entretenus pendant une trentaine de minutes de la situation en Syrie et en Ukraine. Selon Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, le président américain a dit à son homologue russe qu'il déplorait que la chasse turque ait abattu un bombardier russe la semaine dernière et a convenu avec Vladimir Poutine de la nécessité de trouver une solution politique au conflit syrien. Un responsable de la Maison blanche a indiqué de son côté que Barack Obama avait répété à cette occasion au président russe que Bachar al Assad devait s'engager à quitter le pouvoir dans le cadre d'une phase de transition politique.

Les deux dirigeants ont par ailleurs parlé de la situation en Ukraine et ont insisté sur la nécessité d'une pleine application des accords de paix conclus à Minsk en février.

15h30: Pékin et Berlin insistent sur la nécessité que les pays développés tiennent leurs promesses

La promesse formulée en 2009 par les pays riches à ceux en voie de développement, de leur verser 100 milliards de dollars annuels à partir de 2020 pour les accompagner dans la transition écologique, a constitué le cœur des interventions tant du  président chinois Xi Jinping que de la chancelière allemande Angela Merkel.

"Les dégâts passés" dus au changement climatique "sont une responsabilité qui nous incombe", a souligné l'Allemande.

En rappelant que son pays s'était engagé, hors du cadre onusien, à fournir une aide de 3 milliards de dollars annuels pour des projets de coopération concernant le climat, Xi Jinping a par ailleurs appelé les pays riches à "apporter un appui financier accru" au-delà de 2020 aux pays en voie de développement.

Angela Merkel a aussi insisté sur la nécessité que les mécanismes de suivi des engagements pris par les Etats soient "juridiquement contraignants". Elle a aussi souhaité une révision "tous les cinq ans et ce dès 2020".

13h50 - "Nous avons brisé les vieux arguments de l'inaction"

"Nous avons prouvé qu'il n'y a plus de conflit entre croissance économique forte et protection de l'environnement. Nous avons brisé les vieux arguments de l'inaction [...]."

C'est en rejetant avec force l'argument selon lequel la lutte contre le changement climatique serait une mauvaise nouvelle pour l'économie que Barack Obama, le président des Etats-Unis, a espéré convaincre les dirigeants du monde à "être à la hauteur" des enjeux posés par le réchauffement climatique. Le dirigeant du deuxième pays le plus émetteur de gaz à effet de serre (derrière la Chine) a souligné, en citant Martin Luther King, que le moment inévitable où il est "trop tard pour agir" est désormais proche. En exhortant ses homologues à ne plus perdre de temps, il les a interrogés :

"Savoir que la prochaine génération bénéficiera de ce que nous faisons ici, pouvons-nous imaginer une récompense plus gratifiante ?"

Les Etats-Unis se sont engagés sur une réduction de 26% à 28% de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2025, par rapport à 2005.

12h - Ban Ki-moon exhorte à agir "beaucoup plus vite"

A l'ouverture de la conférence internationale sur la lutte contre les changements climatiques, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s'est adressé aux quelque 150 dirigeants du monde entier réunis au Bourget, en insistant :

"Paris doit marquer un tournant décisif."

     | Lire Climat : le début d'une nouvelle ère ?

"Nous devons agir beaucoup plus vite, et davantage, si nous voulons limiter sous le barre des 2° degrés Celsius (NDLR, par rapport à l'ère pré-industrielle) la hausse des températures mondiales", a-t-il souligné.

11h45 - Hollande répète qu'il veut un accord "contraignant"

Au Bourget, devant ses homologues, à l'orée de deux semaines de négociations, François Hollande a répété son ambition pour la 21e conférence des parties à la convention-cadre de l'Onu sur le changement climatique:

"Le 12 décembre, un accord doit être trouvé à Paris", a-t-il affirmé, ajoutant que "l'accord doit être universel, différencié et contraignant".

Pour François Hollande, un "grand accord" devra également prévoir "une évaluation régulière des progrès et donc mettre en place un mécanisme de révision avec des rendez-vous tous les cinq ans."

 "Nous sommes au pied du mur", a-t-il poursuivi, avant de rappeler :

 "Le plus grand danger n'est pas que notre but soit trop élevé et que nous le manquions, le plus grand danger est qu'il soit trop bas et que nous l'atteignions."

11h20 - 250 millions de dollars promis en faveur des pays en développement

La Banque mondiale a lancé une initiative pour expérimenter de nouveaux mécanismes financiers destinés à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) et à aider les pays en développement à lutter contre le changement climatique. "Ce nouveau dispositif de financement appuiera des politiques et des programmes visant à encourager une croissance sobre en carbone par le biais de paiements en échange des réductions d'émissions", explique la Banque mondiale dans un communiqué, précisant que les montants seront calculés au cas par cas.

L'Allemagne, la Norvège, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse ont déjà promis de la financer à hauteur de 250 millions de dollars. D'autres contributions devraient permettre de porter le budget du projet, baptisé TCAF (Transformative Carbon Asset Facility), à un demi-milliard. La Première ministre norvégienne, Erna Solberg, a précisé:

"Nous espérons [...] que la réduction des émissions se poursuivra au-delà de l'appui initial apporté par cette initiative, au travers, par exemple, d'instruments de tarification du carbone tels que des systèmes d'échange de quotas d'émissions et des taxes sur le carbone, ou du renforcement et de l'application des normes visant à limiter les émissions de carbone."

11h10 - La Chine et les Etats-Unis s'engagent à favoriser un accord

Barack Obama et son homologue chinois Xi Jinping ont promis de coopérer pour favoriser la conclusion d'un accord à la COP21. Au début d'un entretien bilatéral avec Xi Jinping, le président Obama a estimé que la décision de leurs deux pays de faire connaître l'an dernier leurs propres engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre avait eu un effet d'entraînement sur les autres nations.

Lundi, Pékin était, comme la veille, en alerte "orange" à la pollution -le deuxième niveau le plus élevé. Des voies rapides étaient fermées, les travaux de construction interrompus ou suspendus et les habitants étaient appelés à rester chez eux. C'est la première fois de l'année que les autorités décrètent ce niveau d'alerte, qui signifie qu'un smog intense est prévu pour trois jours consécutifs.

11h: les pays du Sud doivent être "autorisés à se développer" (Modi)

Dans une tribune publiée lundi sur le Financial Times, le Premier ministre indien Narendra Modi a prévenu que les pays développés doivent "assumer plus de responsabilités" dans la lutte contre le changement climatique que les pays en voie de développement. Ces derniers doivent en effet être "autorisés à se développer":

"Le mode de vie de quelques-uns ne doit pas exclure les possibilités" de développement des "nombreux pays qui sont toujours sur  les premiers degrés de l'échelle du développement", a-t-il souligné.

Modi souhaite que la conférence sur le climat qui s'est ouverte lundi au Bourget, près de Paris, "reflète un engagement collectif mondial mettant en balance d'un côté les responsabilités et les capacités (des pays), de l'autre les aspirations et les besoins".

"Elle devrait reconnaître que, tandis que certains ont le choix entre des styles de vie et des technologies, d'autres sont entre les privations et l'espoir", estime-t-il.

9h50 - Euronext revoit son indice Low Carbon

Euronext a annoncé le lancement d'une nouvelle version de l'indice Low Carbon 100 Europe, qui mesure la performance des 100 plus grandes sociétés européennes émettant le plus faible niveau de CO2 dans les secteurs ou sous-secteurs auxquelles elles appartiennent. La nouvelle méthodologie reposera notamment sur une évaluation désormais plus approfondie de l'empreinte carbone de chaque entreprise. La sélection des sociétés dans l'indice tiendra également compte du niveau d'émissions évitées grâce à leurs efforts d'innovation de produits et services.

     | Lire aussi 2016, le big bang de la décarbonation ?

Les groupes français sont bien représentés dans cet indice avec 19 valeurs présentes parmi lesquelles figurent Alcatel-Lucent, Eurotunnel, PSA, Renault, Schneider Electric ou encore Valeo.

7h50 - Hollande arrive sur le site de la COP21

Le président français est arrivé parmi les premiers au Bourget afin d'accueillir les arrivants suivants, avec le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius (qui présidera la COP21), sa collègue de l'Environnement, Ségolène Royal, et la secrétaire générale de la convention-cadre de l'Onu sur les changements climatiques, Christiana Figueres. Les axes routiers alentours étaient fermés depuis les premières heures de la journée.

Les 152 dirigeants participant à l'ouverture de la COP21, selon un dernier pointage de la présidence française, doivent prendre la parole à tour de rôle dans les deux salles plénières de la conférence à partir de la mi-journée. Ils auront auparavant observé une minute de silence à la mémoire des 130 personnes tuées lors des attentats du 13 novembre à Paris. Chacun aura trois minutes pour s'exprimer et donner, selon le voeu de François Hollande, une "impulsion politique" aux négociateurs des 195 pays participants, qui ont eu une première réunion dès dimanche après-midi.

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DIMANCHE 29 NOVEMBRE

4.500 personnes selon la police, autour de 10.000 d'après les organisateurs, ont contourné à Paris l'annulation d'une marche pour le climat interdite pour cause d'état d'urgence en formant une chaîne humaine sur le trottoir entre les places de la République et de la Nation. D'autres ont déposé sur le parvis de la place de la République plusieurs milliers de paires de chaussures censées symboliser les manifestants qui n'ont pu se rassembler. A la suite des débordements qui se sont produits dans l'après-midi place de la République, 341 personnes ont été interpellées, dont 317 ont été placées en garde à vue (selon un dernier bilan fourni par la police lundi).

Dès la matinée, François Hollande a commencé à recevoir des chefs d'Etat et de gouvernement venant du monde entier. Il a accueilli le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, puis déjeuné avec le Premier ministre canadien Justin Trudeau, avant de dîner avec le président chinois Xi Jinping.

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Le soir, le président américain Barack Obama, arrivé en France aux alentours de minuit, s'est immédiatement rendu avec François Hollande devant le Bataclan pour rendre hommage aux victimes des attentats du 13 novembre à Paris et aux abords du Stade de France.

Dimanche, la Tour Eiffel s'est aussi parée des couleurs de la COP21.

(Avec AFP et Reuters)