Quand François Hollande voulait faire de la COP21 un instrument de reconquête...

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n. La conférence climatique permettait à François Hollande de « verdir » un discours jusqu'ici plutôt pâlot sur la question écologique : tergiversation sur la fermeture de Fessenheim, abandon de l'écotaxe, maintien de la construction de l'aéroport de NotreDame-des-Landes, etc.
n. La conférence climatique permettait à François Hollande de « verdir » un discours jusqu'ici plutôt pâlot sur la question écologique : tergiversation sur la fermeture de Fessenheim, abandon de l'écotaxe, maintien de la construction de l'aéroport de NotreDame-des-Landes, etc. (Crédits : © Christian Hartmann / Reuters)
À dix-huit mois de l'élection présidentielle, la conférence sur le climat avait aussi une dimension de politique intérieure. Mais les tragiques attentats du 13 novembre ont changé la donne : le « greenwashing » élyséen laisse la place au discours sécuritaire.

Pour François Hollande, la COP21 devait être une sorte d'acmé. Cela fait quasiment un an qu'il y pense. D'où tout ce battage médiatique. Pensez donc, les dirigeants les plus puissants de la planète se donnant rendez-vous à Paris à l'invitation du président français ! Le tout pour tenter de sauver le monde des conséquences du réchauffement climatique. Un sommet concret donc, loin du très symbolique rassemblement du 6 juin 2014, jour de commémoration du 70e anniversaire du débarquement en Normandie, où, là aussi, l'hôte de l'Elysée était entouré par les grands de ce monde. Certes, cette fois, il va perdre la reine d'Angleterre, mais Vladimir Poutine et le président chinois Xi Jinping seront présents aux côtés de Barack Obama.

François Hollande savait que c'était la seule occasion de son quinquennat de présider une grande conférence internationale. Les hasards du calendrier faisant que pendant ces cinq années, la France n'avait aucune présidence européenne ou internationale, du type G8. Une jolie photo en perspective donc ; toujours bon à prendre pour un potentiel candidat à un second mandat à l'Élysée, dans dix-huit mois. Surtout si la conférence se terminait sur un succès (lire pages 6 et 7)...

Une opération séduction des écologistes

En politique intérieure, l'opération COP21 à Paris permettait également de tenter de se rabibocher avec des écologistes qui ont quitté le gouvernement depuis l'arrivée de Manuel Valls à Matignon. La conférence climatique permettait à François Hollande de « verdir » un discours jusqu'ici plutôt pâlot sur la question écologique : tergiversation sur la fermeture de Fessenheim, abandon de l'écotaxe, maintien de la construction de l'aéroport de NotreDame-des-Landes, etc.

François Hollande suit de très près les soubresauts au sein d'Europe-Écologie-Les Verts (EE-LV). Les départs de Jean-Vincent Placé, François de Rugy et Barbara Pompili, partis fonder un autre mouvement, ne sont pas pour lui déplaire. Ce qu'il faut, c'est gêner au maximum Cécile Duflot pour l'empêcher d'être en situation de se présenter à la présidentielle avec le risque d'affaiblir encore un peu plus le président sortant. Sachant que le ticket pour accéder au second tour va être très cher...

Or, il n'avait pas échappé à François Hollande que quelques jours après la COP21, ce sera le deuxième tour des élections régionales... dont le résultat ne sera sans doute pas fameux pour les socialistes. Surtout, elles seront l'occasion de provoquer un remaniement gouvernemental de grande ampleur. Et l'idée de François Hollande est d'y faire entrer des écologistes dissidents d'EE-LV pour embarrasser au maximum Cécile Duflot... Jean-Vincent Placé en rêve ! Seulement, tout ce bel édifice vient de se fissurer avec les attentats qui ont ensanglanté Paris le 13 novembre. La priorité du président est maintenant moins dans la tenue et la réussite de la COP21 que dans la gestion de la très délicate période post-attentats. On est passé du vert au rouge. Le Président doit donc changer de communication, sachant qu'il pourra moins « exploiter » les éventuels bons résultats de la COP21.

"Un timonier à la barre dans la tempête"

De façon très prosaïque, à court terme, c'est d'abord la sécurité de la conférence qui doit être assurée. La présence d'autant de chefs d'État posant de gros problèmes logistiques. Les transports en commun, empruntés par des milliers de congressistes, vont également être encore plus étroitement surveillés. C'est sur leur faculté à éviter tout incident grave que seront jugés François Hollande et son gouvernement. Déjà, la marche verte du 29 novembre a été annulée, et les grands rassemblements prévus par la société civile interdits ou strictement encadrés.

À moyen terme, la communication « verte » du président n'a plus lieu d'être. Ce n'est plus cette image et ce message que l'Elysée doit envoyer. La cellule communication de la présidence va plutôt s'employer à démontrer qu'il y a un timonier à la barre dans la tempête, sachant prendre des décisions courageuses sur le territoire national comme à l'étranger. L'opération a déjà commencé avec, d'une part, le projet de loi autorisant l'état d'urgence durant trois mois, jusque fin février et, d'autre part, l'intensification des frappes militaires sur la Syrie. Bref, un François Hollande père de la Nation. Le « greenwashing », attendra. Mais il n'est pas interdit d'espérer, malgré tout, un résultat positif de la COP21, avec notamment un engagement mondial plus fort sur la réduction des émissions de CO2 et des énergies carbonées...

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Commentaires
a écrit le 29/11/2015 à 11:20 :
RECONQUETE OU PAS SI LE CHOMAGE NE RECULE PAS EST QUE HOLLANDE SE REPRESENTE LE PS VAS DANS LE MUR CAR IL NE FAUT PAS PRENDRE LES FRANCAIS POUR DES INBECILES???
a écrit le 29/11/2015 à 9:07 :
deja il a renie ses promesses d'election de 2012
alors le reste de ses paroles ne sont que mensonges
ce personnage n'a aucun courage politique seul le dernier intervenant a raison
et vous appeler cela un chef non m je dit c'est une erreur collective
due a la presence de sarko que plus personne ne veux
a écrit le 28/11/2015 à 13:03 :
FH a bien géré le post attentats. On peut lui reprocher de ne pas avoir pris des mesures plus tôt, mais aucun de ses opposants ne l'a proposé après les attentats de Janvier, ce qui me laisse à penser qu'ils n'auraient pas fait mieux. Quant à la COP 21, à part ramasser les voix des écolos, le but est plutôt la satisfaction des egos en France comme ailleurs, car même si des décisions sont prises (la France est un des moins gros pollueurs d'ailleurs), la mise en œuvre ne dépend pas du tout du gvt français.
Bref, je crois plutôt que les citoyens français attendent des résultats sur le chomage, la réforme du code du travail, la simplification, la diminution du nombre d'élus et aussi le nettoyage des écuries aussi bien à droite qu'à gauche. Il est vraiment anormal que les Balkany, Cahuzac, Sarkozy, Andrieu et tous les ripous de la République etc.... ne soient pas définitivement jugés avant 2017
a écrit le 28/11/2015 à 12:07 :
F.H. n'y a jamais cru. Il veut simplement raccrocher quelques wagons. Comment nous faire comprendre que c'est grave que le niveau des océans monte de 30 cm vers 2050 au vu de notre situation actuelle? On augmente les taxes sur l'essence en 2016 alors qu'elles ne devaient augmenter que pour le gasoil !!!! on met un peu plus d'autocars roulant au diesel défiscalisé pour les entreprises sur les routes au lieu d'investir dans la remise en état du réseau ferré. les primes pour l'installation d'éoliennes vont diminuer ce qui n'incitera plus à investir d'autant qu'elles sont le plus souvent fabriquées à l'étranger ( Espagne, Pays Bas, Chine) L'éducation doit être renforcée afin de diminuer l'échec scolaire, ce devrait être le point fort du reste du mandat du président;
a écrit le 27/11/2015 à 12:47 :
Un échec de plus????????????????????????????????? Pour notre "très cher" Président.

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