L'Inde manque de pilotes de ligne

Si l'émergence de la classe moyenne indienne fait du trafic aérien local l'un des plus dynamiques au monde, des obstacles persistent, notamment la situation des pilotes.
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Comme tant d'autres secteurs, l'aérien profite depuis plusieurs années de la formidable croissance en Inde. Le nombre de passagers a ainsi progressé de plus de 25 % au cours des douze derniers mois et devrait continuer de croître à ce rythme dans les prochaines années. Les compagnies aériennes se sont multipliées et le pays est devenu une terre bénie pour les constructeurs, en témoigne l'annonce cette semaine d'une commande de 72 Airbus A320 Neo par la compagnie GoAir, pour un montant avoisinant les 6 milliards de dollars. IndiGo et Jet Airways avaient lancé les hostilités en renouvelant une partie de leur flotte. « En termes d'appareils, nous voyons un potentiel énorme en Inde, où il n'y a que six compagnies avec 350 avions desservant un milliard d'habitants, comparé aux 1.100 appareils en Chine », a souligné le directeur général de GoAir, Jeh Wadia. Et ce, d'autant que le PIB de l'Inde augmente à un rythme de 8-9 % par an.

Une situation qui ne va pas sans poser de problèmes. Les incidents se sont multipliés ces derniers mois. L'atterrissage houleux à Goa d'un avion d'IndiGo a permis de mettre à jour un vaste système de fraudes concernant les licences des pilotes. Alerté, le gouvernement a mis en place un comité d'experts, chargé de vérifier les licences des 4.000 pilotes que compte l'Inde. De manière plus générale, le manque de pilotes en Inde fait débat : « Il n'y a en Inde que 40 écoles de pilotage contre plus de 700 aux États-Unis.

De plus, alors que, dans la plupart des pays, les compagnies ont leurs propres programmes de formation, l'Inde est en retard et il n'existe que des organismes privés », analyse le capitaine Yashraj Tongia, directeur du programme d'entraînement de la DGCA, la direction générale de l'aviation civile indienne. Du coup, les compagnies sont tributaires de centres de formation ne répondant pas nécessairement aux standards internationaux.

En revanche, les infrastructures, longtemps considérées comme le principal frein au développement de l'industrie, se sont considérablement améliorées ces dernières années à l'image de celles de Delhi et de Bombay.

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