Berlin ne pourra "pas bloquer" les exportation de Nexter (Emmanuel Macron)

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L'Allemagne est l'Allemagne : les Allemands sont formidables, ils adorent les rapprochements, mais quand ils se sentent plus forts (Hervé Morin, ancien ministre de la Défense)
"L'Allemagne est l'Allemagne : les Allemands sont formidables, ils adorent les rapprochements, mais quand ils se sentent plus forts" (Hervé Morin, ancien ministre de la Défense) (Crédits : reuters.com)
"La France se prépare une fois encore à travailler pour le roi de Prusse". Comme l'a souligné le député Yves Fromion (UMP, Cher), le rapprochement entre Nexter et le groupe allemand Krauss-Maffei Wegmann suscite beaucoup de méfiances, notamment sur l'exportation.

A l'Assemblée nationale, le débat a été long et intense lundi soir sur la privatisation du groupe public d'armements terrestres Nexter en vue de son rapprochement avec le groupe allemand Krauss-Maffei Wegmann (KMW). Des débats qui ont porté en grande partie sur les problématiques d'exportations pour le futur groupe en raison des positions restrictives de l'Allemagne dans ce domaine, notamment vers les pays de la péninsule arabique, en particulier vers l'Arabie Saoudite. Le ministre de l'Économie Emmanuel Macron a été "très clair sur ce point" et a assuré qu'en "aucun cas les pouvoirs publics allemands ne pourront bloquer des exports décidés par la filiale (Nexter, ndlr) qui restera en France".

"La politique d'export est arrêtée par la holding" (qui va chapeauter les entreprises KMW et Nexter, ndlr) mais,"durant les cinq premières années, les exportations de Nexter seront décidées par Nexter".

L'opposition a pointé du doigt cette interrogation. Ainsi, Pierre Lellouche (UMP, Paris), favorable à cette opération, a toutefois expliqué que notre "gêne tient à la position de votre ami politique, monsieur le ministre, le vice-chancelier actuel, Sigmar Gabriel, qui a récemment posé un certain nombre de conditions aux exportations d'armes allemandes. Il ne faudrait pas que cette union aille à l'encontre de nos objectifs en matière de politique étrangère et qu'elle compromette nos marchés d'armement à l'exportation". De son côté, Hervé Morin (UDI, Eure) a rappelé que "personne ne peut oublier que les Allemands nous ont empêchés de vendre, il n'y a pas si longtemps, le missile Milan dans un pays du Golfe". Berlin n'a pas empêché la vente du Milan mais sa livraison en raison de la fabrication de certains sous-systèmes en Allemagne.

L'exportation, une "sensibilité politique" à Berlin

Pour autant, Emmanuel Macron a bien conscience que la politique d'export allemande présente une "sensibilité politique, mais l'option prise ici est de développer des synergies à la fois stratégique et commerciale avec notre partenaire allemand sans qu'il puisse y avoir à ce stade de blocage, mais en continuant à définir une politique commune et en traitant cette sensibilité, qui est certes une réalité, mais qui, pour être franc, pose aujourd'hui davantage plus de problèmes pour Airbus que pour ce projet commun".

Berlin a toutefois interdit à KMW d'exporter des chars de combat Leopard vers l'Arabie Saoudite, qui figure parmi les clients de Nexter à l'exportation. Mais a donné l'autorisation d'exporter 146 patrouilleurs fabriqués par le chantier naval Lürssen, dont un des sites est dans la circonscription d'Angela Merkel (Wolgast), et destinés au ministère de l'Intérieur saoudien (1,4 milliard d'euros).

En outre, répondant à André Chassaigne (président du groupe GDR, Puy-de-Dôme), qui s'opposait à cette opération - "cette fusion est vouée à l'échec car il n'y a pas de marché européen de la défense" -, le ministre de l'Économie lui a expliqué que "si nous avions la chance que le budget de la défense permette de passer des commandes et d'assurer la stabilité de Nexter, peut-être pourrions-nous nous offrir le luxe d'une réflexion différente, mais si vous privez aujourd'hui Nexter de ses capacités à exporter, vous le tuez".

KMW et Nexter se concurrencent à l'export

Pour sa part, Jean-Frédéric Poisson (UMP, Yvelines) soulève un autre problème dans le cadre de la politique d'exportation du futur groupe. Il rappelle que "les capacités d'exportation des deux entreprises ne sont absolument pas les mêmes. Entrer dans un contrat ou dans un échange avec un tel déséquilibre augure mal de la solidité future du groupe". Le carnet de commandes de KMW, qui exporte 80% de son chiffre d'affaires, s'élève à 4 milliards d'euros tandis que celui de Nexter, qui dépend à 80% des commandes nationales, à 2 milliards, hors programme Scorpion.

En outre, le blindé à roues VBCI (8x8), l'un des espoirs de Nexter à l'exportation mais jusqu'ici assez vain, se retrouve souvent face au Boxer de KMW. Le véhicule de transport de troupes tout-terrain à quatre roues motrices, l'Aravis, qui a remporté un succès à l'exportation (Arabie Saoudite), est quant à lui confronté au Dingo. Enfin dans l'artillerie, KMW, plutôt absent de ce segment de marché, oppose toutefois au Caesar, l'un des best-sellers de Nexter à l'export (Arabie Saoudite, Thaïlande et Indonésie), son PzH 2000 allemand (Grèce et Qatar), un redoutable rival.

Emmanuel Macron a tenté de rassurer mais s'est un peu pris les pieds dans le tapis. "Au-delà des complémentarités évidentes et de la non-superposition entre une artillerie chenillée et une artillerie à roues, la complémentarité géographique que nous examinons aujourd'hui dans le cadre de la préparation de l'opération par les deux sociétés montre bien que les VBCI et les Boxer ne relèvent pas des mêmes marchés internationaux, ni des mêmes doctrines d'emploi. Ainsi, le VBCI équipe le Qatar, les Émirats arabes unis et le Danemark - et hier le Canada -, qui ne sont pas les marchés vers lesquels s'oriente le Boxer. L'analyse que font aujourd'hui Jean-Yves Le Drian et la société est donc qu'il n'y a pas de risque de cannibalisation d'une entreprise par l'autre en termes de capacité à l'export, mais plutôt une complémentarité". Notons que le VBCI n'équipe malheureusement pas les pays cités par Emmanuel Macron.

"La France se prépare une fois encore à travailler pour le roi de Prusse"

Lors du débat de lundi mais celui du 19 janvier, les députés ont montré une certaine méfiance vis-à-vis de l'Allemagne. Ainsi, l'ancien ministre de la Défense, Hervé Morin a souligné que "l'Allemagne est l'Allemagne : les Allemands sont formidables, ils adorent les rapprochements, mais quand ils se sentent plus forts". Et de rappeler : "on l'a souvent vu dans l'industrie navale, où aucun rapprochement n'a été possible car DCNS est plus puissante que les entreprises allemandes : à chaque fois, nous nous heurtons donc à un obstacle".

Le 19 janvier, Yves Fromion (UMP, Cher), qui préconise d'abord un rapprochement franco-français (Thales-Nexter ou Renault Trucks-Nexter), estimait que "nous sommes face à une décision politique délibérée qui favorise la mainmise de l'industrie allemande sur GIAT, donc sur Nexter. Rappelons-nous comment les Allemands ont torpillé le rapprochement entre EADS et BAE, où ils ne trouvaient pas leur compte. Je crains que la France ne se prépare une fois encore à travailler pour le roi de Prusse, et il ne s'agit pas d'un vain jeu de mots !". Ce qu'a réfuté le ministre de l'Economie lundi : "il n'y a pas de mainmise du camp allemand, bien au contraire".

Le calendrier de l'opération

Selon le calendrier donné par Emmanuel Macron, "il est prévu de poursuivre durant trois mois les expertises techniques, qui seront suivies de trois à cinq mois de négociations, puis de trois à quatre mois devant le régulateur. Il s'agit, je le répète, d'un rapprochement au niveau de la holding, assorti pendant cinq ans d'une stabilité de l'actionnariat".

Et de rappeler que pour qui est de l'actionnariat, "les deux parties s'engagent à une stabilité de cinq ans, qui permettra aussi de voir comment fonctionne - ou non - cette première phase. Il nous faudra alors être très pragmatiques : si la première phase, qui consiste à mettre au niveau de la holding la stratégie commerciale et la stratégie de lancement, devait conduire à des impasses ou à un échec, l'intégralité des décisions opérationnelles et structurantes et de la production restant au niveau des filiales, et donc dans chaque pays, il serait possible, à l'issue de ces cinq ans et avant une décision qui viserait éventuellement à regrouper davantage d'actifs au niveau de la holding commune, de revenir en arrière".

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Commentaires
a écrit le 23/02/2015 à 15:34 :
Je cite "De son côté, Hervé Morin (UDI, Eure) a rappelé que "personne ne peut oublier que les Allemands nous ont empêchés de vendre, il n'y a pas si longtemps, le missile Milan dans un pays du Golfe". Berlin n'a pas empêché la vente du Milan mais sa livraison en raison de la fabrication de certains sous-systèmes en Allemagne."
quelle plus-value journalistique!!!! à ma connaissance, je ne connais pas un pays qui paiera un matériel non livré. donc, les Teutons ont bien empêché la vente de Milans. Point barre et c'est le début d'une longue série (on parle de chars, demander à Nexter comment ça se passe pour leurs véhicules de transport de troupe à 4 roues....
a écrit le 14/02/2015 à 10:20 :
Je pense vraiment qu'il s'en foute complètement je veux dire nos gouvernants, sinon ils n'auraient pas réfléchi une seule seconde avant de torpiller un tel projet. Les industriels allemand eux se frottent les mains et salivent d'avance. Ils vont éliminer un concurrent direct et en plus ilss vont recevoir de l'argent , qui diraient non. Sans compter qu'il vont se servir de Paris comme d'un paravent contre Berlin pour couvrir leurs actions douteuses. Monsieur Macron qui manie si bien la langue devraient commencer à préparer le sdiscours qu'ils fera pour rendre des comptes sur sa politique, quand viendra l'heure des licenciement chez Nexter. On se souviendra à ce moment que les allemands sont toujours très sérieux en affaire.
a écrit le 13/02/2015 à 15:51 :
le jeunot devrait nous expliquer pourquoi nos industries se portaient bien mieux à l’époque du Franc et aucune n’était à vendre !
a écrit le 12/02/2015 à 16:16 :
"les exportations de Nexter seront décidées par Nexter" : M. Macron est-il ignorant ou bien feint-il de l'être ? Les exportations ne sont pas décidées par les entreprises mais par les gouvernements des pays producteurs. Si une partie des produits de Nexter est fournie par KMW, alors l'Allemagne a son mot à dire. Sinon, c'est que les produits seront 100% Nexter : alors à quoi servira ce rapprochement ??
a écrit le 11/02/2015 à 22:45 :
c'est le moment de livrer en Ukraine , il y a de grands besoins pour remplacer le matériel Russe .
Réponse de le 13/02/2015 à 11:55 :
non non pour l'ukraine les US ont déja préparé les commandes d'armes l'europe assurera les paiements ...comme d'habitude !!
a écrit le 11/02/2015 à 21:46 :
quand nous avons voulu vendre des filtres à air industriels à Mercedes trucks, alors que tous les tests avaient été reconnus satisfaisants, les prix acceptés, les achats Mercedes ont avoué avoir reçu des pressions politiques pour choisir un fournisseur allemand. D'autres exemples dans l'industrie automobile, quand vous voulez.
Réponse de le 11/02/2015 à 22:22 :
j'ai travaillé 30 ans pour un fabricant international ayant des usines notamment en allemagne.
Pour avoir fréquenté les allemands régulièrement je dis qu' ils sont constant et simple sur leur façon d'agir: avec les allemands c'est "nous d'abord".
Réponse de le 15/02/2015 à 14:07 :
Alors comment expliquer que Mercedes monte des moteurs Renault dans la nouvelle serie A et serie B ???
Et Ford Allemagne des moteurs PSA ???
a écrit le 11/02/2015 à 21:39 :
Il faudra que les organisateurs de cette escroquerie à peine dissimulée (quelle mascarade pitoyable que ce délai de 5 ans pendant lequel l'Allemagne ne pourra pas bloquer les exportations en provenance de la filiale française !) rendent un jour des comptes...
a écrit le 11/02/2015 à 21:31 :
a croire que ces preneurs de décision n'ont jamais travaillé avec des industries allemandes. Par expérience je confirme un échec potentiel pour la France et une grande récupération de tout le marché de Nexter. Comment éliminé un concurrent, poursuivez cette initiative et c'est ce qui arrivera. Les allemands ne partagent pas.
a écrit le 11/02/2015 à 18:40 :
L'Allemagne qui ne bloquera pas les ventes à l'étranger. Ca me fait bien rigoler quand on voit qu'ils refusent de vendre des chars à l'Arabie Saoudite, vu l'ampleur d'un tel contrat.
Ca risque encore de faire une cession style concession de nos autoroutes.
a écrit le 11/02/2015 à 14:15 :
"en aucun cas les pouvoirs publics allemands ne pourront bloquer des exports décidés par la filiale (Nexter, ndlr) qui restera en France"

puis

"La politique d'export est arrêtée par la holding" (qui va chapeauter les entreprises KMW et Nexter, ndlr) mais,"durant les cinq premières années, les exportations de Nexter seront décidées par Nexter".

donc au final dans 5 ans il se passe ce qui est prévu: la prise de contrôle du gouvernement allemand sur les exportations françaises de blindés.

Je n'arrive pas à comprendre comment on peut arriver a être aussi incompétent.
Je ne vois que la trahison comme explication.
Réponse de le 11/02/2015 à 17:09 :
@ r
bonjour je suis arrive a la même analyse que vous , comme quoi ! nos chers Hommes politiques sont toujours aussi brillants , et dire que nous sommes diriges par ses GENS LA
Réponse de le 11/02/2015 à 18:40 :
@r
bonsoir , je me suis fait exactement la même analyse que vous ,Vu que mon précédent post a était censure je ressaye une seconde fois
a écrit le 11/02/2015 à 13:35 :
La France plonge depuis 1981. Il faut dire qu'avec cette corruption morale qui règne au plus haut depuis 2012.... C'est la chute libre.....
a écrit le 11/02/2015 à 13:26 :
la France est dans le coma ! ses dirigeants ne gèrent que leurs feuilles de paye . L'administration fait du vent . Pendant ce temps là les souris danses : intégristes , gangsters , écolos , justice américaine etc... Reste plus qu'à distribuer des Rafale à l'Egypte et poursuivre l'infiltration de nos forces par des guerrières voilées !!!
a écrit le 11/02/2015 à 13:09 :
l'Allemagne livre à israel les sous-marins "Dolphin" équipés pour lancer des missiles
à têtes nucléaires !
a écrit le 11/02/2015 à 12:47 :
Ce rapprochement avec un groupe appartenant à une famille étrangére, cassera notre industrie de défense.Comme cela les Allemands pourront gérer nos exportation comme ils le font avec M.B.D.A. Les partenaires (Thales R.T.D etc..) et les sous traitants de Nexter (très nombreux) peuvent s'inquiéter...car lorsque comme en 2008 l'industrie civile se cassera la gueule, ce n'est pas aux Allemands qu'il faudra demander à faire du sociale. De plus l'usine de Roanne (800 salariés) a sont doublon de l'autre coté du Rhin: il y en aura donc un de trop!
a écrit le 11/02/2015 à 12:26 :
y'aura toujours un composant ou une infime partie de la fabrication sera purement allemande.
Donc l'Allemagne bloquera ce qu'elle voudra. Notamment les ventes à l'Arabie Saoudite pour plaire à sa grande amie, la Turquie. L'Allemagne a d'ailleurs laissé cette dernière s'installer sans problème à Chypre et ne s'empresse pas non plus de lui mettre la pression pour ce qui concerne le soutient aux intégristes et trafics en tous genres qui polluent l'Europe.

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